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Full text of "L'abbaye de Rossano : contribution à l'histoire de la Vaticane"

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anxa 
87-B 
15069 


L'ABBAYE 

DE  ROSSANO 


CONTRIBUTION 

L'HISTOIRE  DE  LA  VATICANE 


Le  sceau  byzantin-calabrais  ci-contre  est  extrait  du  Nicèphore 
Phocas  (Paris,  Didot,  1890),  de  M.Schlumberger. 


Baptiste  HOGAN 

MAG1STRO  DESIDERATISSIMO 
CARISSIMO 

/ 


PRÉFACE 


Bobbio  et  Rossano,  je  voudrais  que  ces  deux:  noms 
fussent  désormais  associés  comme  les  noms  de  deux 
abbayes  qui  ont  brillamment  et  presque  également  marqué 
dans  l'histoire  littéraire  de  l'Italie.  Des  deux,  en  effet,  il 
nous  est  resté  de  grands  souvenirs  monastiques  se  ratta- 
chant à  l'histoire  de  la  civilisation  latine  en  Lombardie  et 
de  la  civilisation  byzantine  en  Grande-Grèce,  comme  des 
deux  il  nous  est  parvenu  de  très  anciens  et  très  beaux 
manuscrits,  entrés  pour  la  plupart  dans  la  bibliothèque  du 
Saint-Siège.  Mais,  moins  heureux  que  Bobbio,  si  étudié, 
si  connu,  Rossano  est  demeuré  jusqu'ici  dans  un  oubli 
immérité.  C'est  sa  revanche  que  nous  voudrions  lui  pro- 
curer. Dans  le  mémoire  que  voici,  après  une  rapide 
esquisse  de  l'histoire  de  la  civilisation  byzantine  dans  la 
Grande-Grèce  et  particulièrement  à  Rossano,  qui  est  de 
cette  Grande-Grèce  médiévale  le  centre  le  plus  important 
et  le  plus  littéraire,  on  trouvera  l'histoire  de  l'abbaye  basi- 
lienne  de  Rossano,  Sainte-Marie  du  Patir,  et  de  ses  rela- 
tions avec  les  autres  établissements  basiliens  de  l'Italie  du 
midi;  à  la  suite,  une  reconstitution  aussi  complète,  j'espère, 
qu'elle  pouvait  l'être,  de  la  librairie  de  Sainte-Marie  du 
Patir,  et  quelques  documents  sur  les  diverses  librairies  basi- 
liennes  des  Deux  Siciles,  de  ces  librairies  dont  la  part  a  été 


iv  PRÉFACE. 

si  grande  clans  Ja  formation  des  collections  italiennes  de  la 
Renaissance;  enfin  un  essai  sur  les  origines  de  la  librairie 
de  Sainte-Marie  du  Patir,  et  à  ce  propos  quelques  vues 
nouvelles  sur  les  écoles  calligraphiques  grecques,  vues 
inspirées  des  belles  découvertes  de  M.  Delisle  sur  les 
écoles  carolingiennes.  Au  total,  un  épisode  de  cette  Histoire 
de  l'hellénisme  en  Italie,  dont  on  a  dit  avec  raison  qu'elle 
était  encore  à  faire  et  que  c'était  un  des  sujets  les  plus 
rémunérateurs  que  la  curiosité  contemporaine  ait  laissés 
à  traiter.  C'est  tout  le  plan  de  ce  mémoire. 

Et  je  le  livre  tel  qu'il  s'est  fait  au  cours  d'un  long  et 
beau  séjour  de  plusieurs  années  en  Italie,  porté  de  ville  en 
ville,  composé  d'étape  en  étape  :  telles  pages  écrites  au 
Vatican,  telles  autres  au  Mont-Cassin  ou  à  Grotta  Ferra  ta, 
telles  autres  à  Messine,  ou  à  la  Laurentienne,  ouàl'Ambro- 
sienne,  telles  notes  crayonnées  en  voiture  sur  la  route  de 
Bisignano,  et  ces  lignes  mêmes  à  Taormina.  Si  je  le  dis,  c'est 
simplement  pour  exprimer  ce  que  je  dois  à  l'empresse- 
ment de  bibliothécaires  comme  M.  Anziani,  M.  Ceriani, 
dom  Rocchi,  dom  Amelli,  M.  de  La  Ville  sur  Yllou, 
M.  le  professeur  Caracciolo,  surtout  dom  Cozza  Luzi  dont 
la  bienveillance  m'a  été  si  particulièrement  précieuse,  et, 
dans  celte  sauvage,  et  belle,  et  lointaine  Calabre,  à  l'amitié 
de  mon  compagnon  de  voyage,  M.  Edouard  Jordan,  et  à 
l'accueil  si  cordial  de  confrères  tels  que  M.  Policastri, 
primicier  de  Corigliano,  et  de  M.  Lavorato,  théologal  de 
Rossano,  de  deux  savants  évêques,  celui  de  Catanzaro  et 
celui  de  Mileto,  et  de  bien  d'autres  encore,  amis  d'un  jour, 
que  Dieu  garde! 


Juillet  1889. 


TABLE  DES  MATIÈRES 


INTRODUCTION  :  LA  GRANDE-GRÈCE  BYZANTINE. 


T.  Géographie  historique  de  la  Grande-Grèce  byzantine  du  vne  au  xie  siècle, 
p.  i-iii.  —  Que  la  Grande-Grèce  était  un  pays  latin  au  vi°  siècle,  p.  iv. 
—  Que  ce  ne  sont  pas  des  moines  qui  au  vme  siècle  y  ont  apporté  la 
culture  et  les  institutions  byzantines,  p.  v.  —  Que  la  Sicile  fut  un  pays 
grec  et  d'une  brillante  culture  au  vu6  et  au  vme  siècle,  p.  vi-vir.  —  Et 
que  les  Grecs  chassés  de  Sicile  par  les  Arabes  s'établirent  en  Grande- 
Grèce  et  l'ont  héllénisée,  p.  vnr-ix. 

II.  Institutions  byzantines  de  la  Grande-Grèce  :  centralisation  impériale, 

franchises  municipales,  hiérarchie  épiscopale  ;  liturgie,  droit,  lettres, 
art,  p.  x-xit.  —  Etablissements  monastiques,  combien  rares  à  cette 
époque,  p.  xin.  —  Légendes  monastiques  :  SS.  Elie,  Luc,  Vital,  Jean 
le  Moissonneur,  p.  xiv-xv.  —  Saint  Nil  de  Rossano,  p.  xvi-xvn.  — 
Quelles  relations  il  y  avait  entre  notre  Italie  grecque  et  l'Italie  latine, 
p.  xviii.  —  De  l'influence  de  notre  Italie  grecque  sur  la  science  et 
les  lettres  d'Occident,  p.  xix-\x.  —  De  son  rôle  politique  au  temps 
des  Otton,  p.  xxi-x\ii. 

III.  Conquête  de  l'Italie  grecque  par  les  Normands,  p.  xxni.  —  Que  la 
société  grecque  persista,  en  se  transformant,  sous  le  régime  normand, 
p.  xxiv-xxv.  —  Influence  de  nos  Grecs  sur  les  Normands,  p.  xxvi-xxvn. 

IV.  Quelles  sont  les  localités  où  survécut  l'héllénisme,  du  xi9  au  xme  siècle, 
p.  xxvii.  — Tarente,  Lecce  et  la  Terre  d'Otrante,  p.  xxviii-xxix.  —  La 
Basilicatc,  p.  xxix.  —  Le  groupe  de  la  Sila  :  Rossano  et  Crotone, 
p.  xxx.  — Les  Maléïnoi  etThéophane  Cérameus,  p.  xxxr.  —  Le  groupe 
de  lAspromonte  :  Bova,  Oppido,  Gerace,  Stilo,  p.  xxxii-xxxiii.  —  Les 
couvents  basiliens  des  Calabres,  p.  xxxm-xxxrv. 

V.  Du  renom  de  nos  Grecs  en  Occident  :  Roger  Bacon  et  Robert  Grosseteste, 

p.  xxxiv.  —  Contribution  de  l'Italie  grecque  à  la  culture  latine  du 
xme  siècle,  p.  xxxv.  —  Barlaam  de  Seminara  et  Léon  Pilatos  :  té- 
moignage de  Pétrarque  et  de  Boccace,  p.  xxxv-xxxvi.  —  Comment 
l'Italie  grecque  se  fondit  dans  l'Italie  italienne,  p.  xxxvi.  —  Ce  qui  sub- 


pi  TABLE  DES  MATIÈRES. 

sistaitde  localités  et  d'abbayes  grecques  au  xiv"  siècle,  p.  xxxvi-xxxvii. 

—  Protection  que  leur  accordait  le  Saint-Siège,  p.  xxxvii.  —  Constantin 
Lascaris   établi    à   Messine  par  Bessarion,  p.   xxxviii.  Conclusion, 

p.  XXXTX. 

Bibliographie,  p.  xxxix-xl. 

CHAPITRE  Pr  :  L'ABBAYE  DU  PATIR. 

Sources,  p.  1-2. 

I.  Les  moines  de  Rossano  au  xi*  siècle,  p.  3.  —  Commencements  de  saint 

Barthélémy,  p.  3-4-  —  Il  fonde  l'abbaye  de  Rossano,  p.  4-  —  Faveurs 
qu'il  reçoit  de  la  cour  normande,  p.  4-  —  Réforme  par  lui  inaugurée 
du  monachisme  grec  des  Caîabres,  p.  5-6.  —  Quel  accueil  il  reçoit  à 
Rome,  puis  à  Constantinople,  p.  6.  —  La  madone  de  YHodtgitria,  p.  7. 

—  Protection  qu'il  reçoit  du  comte  Roger  II,  p.  8.  —  Fondation  du 
Saint-Sauveur  de  Messine,  p.  9.  —  Mort  de  saint  Barthélémy,  p.  9-10. 

II.  Deux  colonies  du  Patir,  p.  10.  —  Saint-Élie  de  Carbone,  p.  11-12. — 

Le  Saint-Sauveur  de  Messine,  p.  i3-i5.  —  Ce  qui  nous  reste  du  cartu- 
laire  de  Sainte-Marie  du  Patir,  p.  i5-24..  —  Catalogue  des  abbés  de 
notre  monastère,  p.  24.  —  Deux  inscriptions  grecques  provenant  du 
monastère,  p.  25.  —  Cens  qu'il  payait  à  la  Chambre  Apostolique,  p.  26. 

III.  Réforme  des  abbayes  basiliennes  au  xvie  siècle,  p.  27.  — Réforme  de 
l'abbaye  du  Patir  par  le  cardinal  Sirleto,  p.  27-29.  —  L'abbaye  du 
Patir  au  xvnie  siècle,  p.  3o.  —  Elle  est  incamérée  au  commencement 
de  ce  présent  siècle,  p.  3o.  — Ses  ruines,  état  actuel,  p.  3i-3?. 

Excimsus  A  :  Le  chronographe  de  l'an  io33,  p.  33-36. 

Excursus  B  :  D'une  homélie  prétendue  de  Théophane  Cérameus,  p.  37. 

CHAPITRE  II  :  LA  LIBRAIRIE  DU  PATIR. 

Des  librairies  basiliennes  d'Italie  en  général,  p.  38. 

I.  La  librairie  de  notre  abbaye  fondée  par  saint  Barthélémy  lui-même, 

p.  38.  —  Le  cardinal  Sirleto  et  les  manuscrits  du  Patir,  p.  39-40.  — - 
Le  couvent  de  Saint-Basile  de  Urbe,  p.  41-42.  —  Dom  Pierre  Menniti 
y  recueille  les  manuscrits  encore  existant  dans  les  abbayes  basiliennes 
à  la  fin  du  xvne  siècle,  p.  4^-43.  —  Ce  qu'en  possédaient  alors  ces 
abbayes,  p.  43-44.  —  Ce  que  fournit  le  Patir,  p.  45.  —  La  collection 
de  Menniti  réunie  à  la  Vaticane,  p.  46. 

II.  Comment  j'ai  retrouvé  dans  la  Vaticane  les  manuscrits  du  Patir,  p.  47 

—  Inventaire  sommaire  de  ces  manuscrits,  p.  48-68.  —  Du  récolement 
fait  au  xvi°  siècle  des  manuscrits  du  Patir,  p.  69-70. 

Excursus  C  :  Le  codex  patiricnsls  du  Nouveau  Testament,  p.  71-74- 


TABLE  DES  MATIÈRES.  vij 

Excursus  D  :  Le  codex  patiriensis  de  saint  Hippolyte  et  de  saint  Denys  d'A- 
lexandrie, p.  75-77. 


CHAPITRE  III  :  ORIGINES  DE  LA  LIBRAIRIE  DU  PATIR. 
Objet  et  méthode  de  cette  recherche,  p.  78. 

I.  De  la  calligraphie  en  nsage  dans  les  écoles  de  copistes  à  Constantinople, 
du  xe  au  xii8  siècle,  p.  79.  —  Le  style  sévère,  p.  80.  —  Le  style  riche, 
p.  80-81.  —  Patirienses  appartenant  à  ces  deux  styles,  p.  8a.  —  Le  style 
carminé,  p.  83.  —  Patirienses  de  ce  style,  p.  83.  — Influence  des  écoles 
constantinopolitaines  sur  les  écoles  provinciales,  p.  83-84-  —  Le  sert- 
ptorium  du  Patir  au  xn8  siècle,  et  manuscrits  qui  en  sortent,  p.  84-85. 

TI.  Théorie  de  M.  Gardthausen  sur  la  minuscule  grecque  de  l'Italie  méri- 
dionale, p.  85-86.  —  Critique  de  cette  théorie,  p.  86.  —  Manuscrits 
copiés  au  xe  siècle  à  Reggio,  Bisignano,  Malvito,  Capoue,  au  Mont- 
Cassin,  p.  86-88.  —  Style  de  ces  copistes,  p.  89-90.  —  Qu'ils  subissent 
l'influence  lombarde  ou  bénéventine,  p.  90-91.  — L'école  gréco-lom- 
barde du  xie  au  xiii°  siècle:  manuscrits  grecs  copiés  à  Mili,  Messine, 
Reggio,  Stilo,  Squillace,  Mileto.  Taberna,  Carbone,  Rossano,  Casole, 
Nardo,  Brindisi,  Gallipoli,  p.  92-96.  —  Copistes  de  Messine,  de  Casole, 
de  Soleto,  de  Gallipoli,  de  Galatina,  au  xive-xve  siècle,  p.  97.  —  Copistes 
messinois  de  la  Renaissance,  p.  98. 

III.  Patirienses  où  nous  retrouvons  la  manière  de  l'école  gréco-lombarde, 
p.  99-102.  —  D'un  patiriensis  grec  copié  par  un  scribe  latin,  p.  102.  — 
De  quelques  autres  patirienses,  p.  io3-io4. 
Récapitulation  et  conclusion,  p.  io5. 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 

I.  Liste  des  monastères  basiliens  de  l'Italie  méridionale,  xve  siècle,  p.  io5. 

II.  Etat  et  liste  des  monastères  basiliens  de  Calabre,  xvie  siècle,  p.  109. 

III.  Censier  du  diocèse  de  Rossano,  xve  siècle,  p.  117. 

IV.  Inventaire  des  manuscrits  de  Grotta  Ferrata,  xve  siècle,  p.  11S. 

V.  Inventaire  des  manuscrits  de  Carbone,  xvne  siècle,  p.  120. 

VI.  Inventaire  des  manuscrits  de  Saint-Pierre  d'Arena,  xvie  siècle,  p.  123. 

VII.  Notice   de  quelques  manuscrits  de  Saint -Philarète   de  Seminara, 

xv°  siècle,  p.  124. 

VIII.  Notice  de  quelques  mauuscrits  de  Saint-Nicolas  de  Casole,  xive- 

\ve  siècle,  p.  125. 

IX.  Inventaire  des  manuscrits  du  Saint-Sauveur  de  Palerme,  xvii*  siècle 

p.  126. 


viij  TABLE  DES  MATIÈRES. 

X.      Inventaire  des  manuscrits  du  Saint-Sauveur  de  Messine,  xvi*  siècle, 
p.  128. 

XL     Inventaire  des  manuscrits  de  SS.-Pierre-et-Paul  d'Itala,  xvne  siècle, 
p.  i43. 

XII.    Souscriptions  de  copistes  grecs  d'Italie,  p.  i5i» 
Index  des  imunuscrits  cités 
Index  des  noms  propres. 


INTRODUCTION1 


LA  GRANDE-GRÈCE  BYZANTINE 

L'invasion  des  Lombards  en  Italie  (568),  en  brisant  l'éphémère 
unité  byzantine  réalisée  par  Justinien  (552),  avait  laissé  subsis- 
ter plusieurs  dominia  byzantins,  qui,  enclavés  dans  le  royaume 
lombard,  étaient  destinés  à  lui  résister  jusqu'à  la  fin  (y5 1)  et 
plusieurs  même  à  lui  survivre.  Au  nombre  de  ces  débris  de 
l'exarchat  d'Italie,  Ravenne,  Gênes,  Rome,  Naples,  dont  l'his- 
toire est  si  connue,  il  faut  mettre  ce  qu'on  appelait  à  pareille 
époque  le  duché  de  Calabre,  pays  presque  anonyme  alors,  dont 
l'histoire  est  obscure,  le  rôle  minime,  et  qui  cependant  allait  sur- 
vivre non  seulement  au  royaume  lombard  et  au  duché  de  Rome, 
mais  encore  à  l'hégémonie  carolingienne,  pour  se  trouver  tout 
à  coup  au  xc-xi°  siècle  l'enjeu  et  le  théâtre  de  la  rivalité  de  l'em- 
pire d'Orient  et  de  l'empire  d'Allemagne,  et  ne  perdre  sa  qua- 
lité de  terre  byzantine  qu'à  la  conquête  des  Normands  (io5o). 

Il  était  arrivé,  en  effet,  à  cette  Grande-Grèce  du  temps  de 
Justinien,  que  les  Lombards,  ceux  de  Rénévent,  avaient  eu  au 
début  tous  leurs  efforts  concentrés  sur  «Naples  et  sur  la  Campa- 
nie,  et  que  plus  tard,  pour  s'attaquer  à  la  Pouille  et  à  la  Calabre, 
il  leur  avait  manqué  d'être  gens  de*  mer,  ce  qu'ils  ne  furent 
jamais-.  Le  duché  lombard  de  Rénévent  s'était  donc  établi  dans 
des  limites  qui  laissaient  à  l'empire  byzantin  l'extrême  midi  de 
Tltalie.  Autharis  balayant  la  «  corne  droite  »  de  l'Italie  jusqu'à 

I.  13.  Capasso,  Le  fonti  délia  storia  délie  provincie  napoletane  dal  568  al  i5oo 
[Archiv.  stor.  napolelan.,  1876-77-80).  H.  Kiepert,  Nuova  carta  générale  deW 
Jtalia  méridionale  (1882). 


ji  INTRODUCTION. 

Reggio,  et,  les  pieds  clans  la  mer,  s'écriant  que  «  jusque-là  vien- 
drait la  terre  lombarde  »,  n'est  qu'une  légende  chère  h  Paul 
Diacre,  et  la  réalité  historique  est  que  les  Lombards  s'étaient 
montrés  seulement  aux  environs  de  Tauriano  sur  la  côte  tyrrhé- 
nienne  et  à  Canosa  au  nord  de  la  Pouille,  ceci  vers  591-596,  et 
que  ce  fut  à  cette  époque  leur  pointe  la  plus  avancée.  Constan- 
tin Porphyrogénète,  résumant  à  grands  traits  les  résultats  der- 
niers de  la  conquête  lombarde ,  pourra  écrire  que  v  les  Lom- 
bards se  rendirent  maîtres  de  tout  le  thème  de  Langobardie 
et  de  Calabre,  à  l'exception  d'Otrante,  de  Gallipoli  et  de  Ros- 
sano  ». 

Rétablissons  la  suite  des  faits.  —  A  la  fin  du  vie  siècle,  il  ne 
s'agissait  point  de  «  thème  de  Langobardie  et  de  Calabre  »,  mais 
de  1'  «  éparchie  de  Calabre  et  de  l'éparchie  de  Bruttium  ».  Le 
sort  des  deux  éparchies  fut  celui-ci.  Les  Lombards,  prenant 
contact  avec  l'éparchie  de  Calabre,  se  retranchèrent  d'abord  à 
Canosa  et  à  Acerenza,  sur  l'Ofanto  et  derrière  le  Bradano,  et 
laissèrent  ainsi  au  basileus  Bari,  Brindisi,  Oria,  Lecce,  Tarente, 
Gallipoli  et  Otrante.  Ce  ne  fut  que  peu  après  663  que  le  duc  de 
Bénévent  entama  l'éparchie  de  Calabre,  et  que,  prenant  Bari, 
Brindisi  et  Tarente,  il  ne  laissa  plus  au  basileus  que  Gallipoli  et 
Otrante.  Pour  ce  qui  est  de  l'éparchie  de  Bruttium,  les  Lom- 
bards gagnèrent  dès  le  début  la  rive  gauche  du  Crati  par  Poli- 
castro  et  Laino,  mais  ils  ne  la  dépassèrent  jamais.  Au  delà, 
couverts  par  l'imprenable  Sila,  se  pressaient  les  oppida  byzan- 
tins de  Tempsa,  Vibo,  Tropea,  Nicotera,  Tauriano,  Reggio, 
Locres,  Squillace,  Crotone,  Nicastro,  et,  en  avant  de  la  Sila, 
Cosenza  défendait  la  haute  vallée  du  Crati,  et  Rossano  la 
corniche  ionienne.  —  A  la  fin  du  vne  siècle,  l'éparchie  de 
Calabre,  réduite  à  deux  simples  présides,  vit  son  nom  transporté 
à  l'éparchie  de  Bruttium,  et  ce  qui  subsistait  des  deux  épar- 
chies constitué  d'abord  en  un  duché,  le  duché  de  Calabre,  puis 
en  un  thème,  le  thème  de  Calabre.  —  Au  ixe  siècle,  au  moment 
où  le  duché  lombard  de  Rénévent  fut  démembré  pour  former 
la  principauté  de  Salerne  et  celle  de  Bénévent  (85 1),  le  domi- 
nium  impérial  continuant  d'être  en  Pouille  réduit  à  Otrante  et 
à  Gallipoli,  la  Calabre  byzantine  n'avait  perdu  que  Cosenza.  La 
rive  droite  du  Crati  lui  restait  toutefois,  défendue  maintenant  par 


INTRODUCTION.  m 

Bisignano,  et,  c'est  Constantin  Porphyrogénète  que  je  cite, 
tandis  que  la  Sicile  était  aux  mains  des  «  Sarrasins  athées  »,  la 
Calabre  restait  aux  chrétiens  avec  Reggio,  Hagia-Kiriaki  (Locres- 
Gerace),  Crotone  «  et  quelques  autres  villes  sous  le  gouverne- 
ment de  son  stratège». 

Le  dédoublement  de  ce  thème  de  Calabre  en  deux  thèmes, 
celui  de  Calabre  et  celui  de  Langobardie  ou  «Italie»,  date  de  la 
fin  du  ixe  siècle.  La  Calabre  byzantine  s'était  défendue  contre  les 
Sarrasins  de  Sicile  et  d'Afrique,  mais  il  n'en  était  pas  allé  de 
même  de  la  Pouille  lombarde  :  Bari,  Brindisi,  Tarente  et  toute 
la  plaine  avaient  été  conquises  par  les  Sarrasins  et  avaient 
constitué  à  dater  de  853  le  territoire  du  Soudan  de  Bari.  C'est 
alors  qu'intervinrent  les  expéditions  si  heureuses  de  Basile  Ier  : 
Bari  enlevée  aux  Sarrasins  (870),  puis  Tarente  (880),  la  Pouille 
se  trouva  reconquise  par  l'empereur  tant  sur  le  Soudan  de 
Bari  que  sur  le  prince  de  Bénévent,  et  devint  une  province 
byzantine  qui  prit  le  nom  de  thème  de  Langobardie.  Jusqu'au 
milieu  du  xie  siècle  le  thème  de  Langobardie  et  le  thème  de 
Calabre  vont  constituer  le  patrimoine  impérial.  —  A  la  fin 
du  xe  siècle,  les  deux  thèmes  seront  réunis  en  un  gouverne- 
ment, et  les  deux  stratèges  auront  au-dessus  d'eux  une  sorte  de 
vice-basUeus,  le  catopanus  Italise  et  Calabriœ.  C'est  le  moment 
de  la  plus  grande  extension  du  dominium  byzantin  dans  l'Italie 
méridionale.  La  Langobardie  comprend,  en  plus  de  la  Terre 
d'Otrante  et  de  la  Terre  de  Bari,  tout  le  pays  au  nord  de  l'Ofanto, 
c'est  à  savoir  la  cote  jusqu'au  mont  Gargan  et  la  plaine  jus- 
qu'aux premiers  gradins  de  l'Apennin  dont  les  Byzantins  com- 
mandent tous  les  passages  (Troia,  Ascoli,  Melfi,  Acerenza),  et  les 
vallées  du  Basento  et  du  Bradano,  c'est-à-dire  le  pays  qui 
portera  le  nom  de  Basilicate,  avec  .les  villes  de  Gravina,  Matera, 
Tricarico  et  Tursi.  —  En  io5o,  les  Normands  trouveront  la 
Grande-Grèce  byzantine  établie  sur  ces  larges  frontières. 

Comment  et.  dans  quelles  limites  cette  province  byzantine 
s'était-elle  peuplée  de  Grecs?  Quelle  culture  ces  Grecs  y  eurent- 
ils?  Comment  enfin  cette  Grèce  italienne  survécut-elle  à  la 
conquête  normande  pour  se  perpétuer  jusqu'à  la  Renaissance? 
Ce  sont  les  questions  préalables  que  je  voudrais  résoudre  dans 
cette  Introduction. 


IV 


INTRODUCTION. 


I 


Procope,  dans  son  histoire  de  la  guerre  gothique,  passant  en 
revue  les  diverses  populations  qui  «  habitent  les  rivages  de  ce 
golfe  qui  formaient  jadis  ce  que  Ton  appelait  la  Grande-Grèce  », 
énumère  les  Calabrais  (Messapie),  les  Apuliens,  les  Bruttiens,  les 
Lucaniens;  il  nous  montre,  aux  deux  extrémités  opposées  de  ce 
«  croissant  de  lune  de  mille  stades  de  développement  »,  Tarente 
et  Rossano,  au-delà  Reggio,  plus  au  nord  la  «  forteresse  magni- 
fique que  les  Romains  appellent  Acerenza  »,  à  l'est  Otrante  et 
Brindisi;  puis,  dit-il,  «  passé  la  mer  Adriatique,  on  rencontre  pour 
la  première  fois  les  Grecs  ».  Pour  Procope  la  Grande-Grèce  de 
Justinien  est  un  pays  latin  au  même  titre  que  le  pays  des  Sam- 
nites.  —  Telle  aussi  elle  nous  apparaît  au  temps  de  saint 
Grégoire.  Si  nous  exceptons  Reggio,  qui  est  un  port  où,  comme 
à  Catane  et  Syracuse,  on  ne  doit  pas  être  surpris  de  trouver  des 
Grecs,  toutes  les  villes  de  la  Calabre  sont  latines  :  Tropea,  dont 
les  belles  inscriptions  chrétiennes  du  ve  siècle  témoignaient  déjà 
que  son  Eglise  était  purement  latine;  Nicotera,  qui  est  avec 
Tropea  une  massa  de  l'Eglise  romaine;  Tauriano,  Vibo,  Locres, 
Cosenza,  dont  les  évêques  se  réunissent  en  synode  avec  celui 
de  Tropea,  et  sous  la  présidence  du  sous-diacre  romain  Sabinus, 
pour  juger  du  différend  de  l'évêque  de  Reggio  et  de  son  clergé. 
De  même  en  Terre  d'Otrante,  où  Gallipoli  est  comme  Tropea 
une  massa  de  l'Eglise  romaine,  où  l'évêque  d'Otrante  est  chargé 
de  visiter  les  églises  de  Gallipoli,  de  Brindisi  et  de  Lecce  (Lupia), 
où  l'évêque  de  Gallipoli  est  chargé  déjuger  l'évêque  de  Tarente, 
et  où  nous  voyons  saint  Grégoire  conjurer  le  tribun  d'Otrante, 
nouvellement  débarqué  de  Ravenne,  de  se  montrer  indulgent 
pour  les  rustici  que  possède  dans  le  diocèse  de  Gallipoli  l'Eglise 
romaine,  locus  ecclesiœ  nostrœ  prop?*ius.  Des  monastères  existent 
en  maint  endroit,  fondés  sous  la  surveillance  de  l'autorité 
romaine  comme  celui  de  Tropea,  foyers  de  latinisme  comme  le 
monasterium  Vwariense  de  Squillace.  —  Enfin  cette  société 
que  saint  Grégoire  fait  administrer  par  des  clercs  romains  est  si 
bien  une  société  latine,  que  le  représentant  le  meilleur  de  la 


INTRODUCTION.  v 

latinité,  de  la  «  romanité  »,  à  cette  époque,  Cassiodore, 
lui  appartient.  Les  Aurelii  en  effet  sont  une  famille  calabraise, 
et  Cassiodore  est  né,  il  a  grandi,  il  a  débuté,  il  se  retirera  à 
Squillace  ;  clarissime,  corrector,  moine,  il  nous  révèle  tout 
ensemble  l'aristocratie  dont  il  est,  le  peuple  qu'il  a  eu  un 
instant  à  administrer,  la  communauté  où  il  achève  sa  noble  vie, 
et  ces  trois  sociétés,  qui  sont  tout  Squillace  et  tout  le  pays,  nous 
apparaissent  en  lui  purement  latines.  —  On  est  donc  en  droit 
d'affirmer,  contre  le  sentiment  des  érudits  italiens  du  siècle 
dernier,  que  jusqu'aux  premières  années  du  vne  siècle  ce  qui 
demeura  à  l'empire  byzantin  de  léparchie  de  Calabre  et  de 
l'éparchie  de  Bruttium  était  un  pays  latin  d'institutions  et  latin 
de  langue. 

Aquelle  époque  et  à  quels  événements  devrons-nous  rattacher 
l'origine  de  la  colonie  grecque  de  la  Grande-Grèce  byzantine  ? 

La  seule  solution  qui  ait  été  donnée  à  ce  problème  est  celle  qui 
explique  l'origine  de  ces  colonies  par  une  émigration  de  moines 
grecs  chassés  d'Orient  par  la  persécution  iconoclaste.  Fr. 
Lenormant,  qui  a  fait  sienne  cette  théorie  et  qui  l'a  si  brillam- 
ment exposée  dans  sa  Grande-Gi'ècc,  ne  paraît  pas  avoir  soup- 
çonné qu'elle  reposait  uniquement  sur  Y  Ilistoria  translationis 
mirifiese/imaginis  B .  M.  Virginis  exurbe  Constantinopoli  in  civi- 
tatem  Barii,  où  nous  voyons  en  effet  des  moines  grecs  du  temps 
deLéon  Tlsaurien,  fuyant  de  Constantinople  avec  la  sainte  image, 
venir  demander  asilcà  la  «  République  de  Bari  »,  mais  qui  est  un 
texte  de  fabrication  récente,  une  de  ces  falsifications  du  xvme  siè- 
cle si  nombreuses  dans  la  basse  Italie,  et  comme  Fr.  Lenormant 
lui-même  en  a  si  souvent  dénoncé  !  J'ajoute  que,  si  d'aventure  la 
légende  de  Bari  (légende  commune  à  toutes  les  madones  byzan- 
tines ou  vénitiennes  d'Italie)  avait  quelque  fondement,  il  n'en 
resterait  pas  moins  indubitable  qu'un  pays  ne  saurait  êtrepeuplé 
par  des  moines,  gens  œlcma  in  qua  nemo  nascitur.  —  C'est  à  une 
cause  plus  générale  et  plus  ancienne  quej 'attribuerai  l'hellénisa- 
tion  de  l'Italie  méridionale. 

L'Italie  du  midi,  à  la  fin  du  vie  siècle  et  au  commencement  du 
vne,  entretenait  avec  l'Egypte  et  avec  la  Syrie  de  multiples  rela- 
tions. De  même  qu'à  Rome  en  £89  on  trouvait  établi  un  EQMATION 
AAEEANAPEQN,  confrérie  d'Alexandrins  sous  le  vocable  de  saint 


vi  INTRODUCTION. 

Mennas,  de  morne  on  trouvait  à  Palerme  à  la  même  époque  des 
Alexandrins,  tels  que  ce  Petrus  alexanclrinus  negotians  linata- 
rius,  dont  M.  Salinas  a  publié  l'épitaphe  datée  de  Fan  vingt  de 
l'empereur  Maurice  (601),  ou  tels  encore  que  ces  Alexandrins 
qui,  repartant  pour  Alexandrie  après  avoir  abjuré  en  Sicile 
le  monophysisme,  obtiennent  de  saint  Grégoire  des  litterœ 
commendatitiœ  auprès  du  patriarche  Euloge  (602).  Ailleurs  nous 
voyons  saint  Grégoire  recommander  au  defensor  de  Sicile  un 
pauvre  négociant  syrien  couvert  de  dettes. — Sur  ces  entrefaites 
(6 10-61 4)  toute  la  côte  byzantine  d'outre-mer  avait  été  boulever- 
sée par  les  Perses  de  Chosroès:  Antioche  et  la  Syrie,  Alexandrie 
et  le  Delta,  la  Libye  enfin,  avaient  été  ravagées  et  «  réduites  à 
l'état  de  solitudes  ».  Puis,  au  lendemain  des  victoires  d'Héraclius, 
les  Arabes  avaient  apparu:  en  quelques  années  ils  avaient  franchi 
rOronte,  le  Nil,  les  Syrtes,  la  mer,  conquis  la  Syrie,  l'Egypte, 
la  Cyrénaïque  et  Chypre.  Et  le  résultat  de  ces  invasions  avait  été 
de  jeter  sur  les  côtes  d'Europe,  non  pas  des  moines  persécutés, 
mais  des  foules  chassées  par  la  peur  et  par  la  famine.  —  Ce  fut 
vers  la  Sicile  et  vers  Rome  qu'elles  affluèrent.  C'est  exactement 
l'époque  où  apparaît  à  Rome  pour  la  première  fois  une  colonie 
orientale  de  réfugiés:  le  pape  Théodore  (642-649)  appartient  a 
une  famille  syrienne,  «  de  civitate  Hierusolima  »,  Jean  V  (685- 
686)  a  une  famille  syrienne  aussi,  «  de  provintia  Antiochia»  ; 
nombre  ô^egumenarchia,  comme  les  appelle  le  Liber pontificalis , 
s'établissent  h  la  même  époque,  Saint-Sabas  (un  vocable  pales- 
tinien), Saint-Anastase  ad  aquas  Salvias  (un  monastère  cilicien), 
d'autres  encore  comme  ce  monasterium  Bo'ëtianum  peuplé  de 
«  nestorianitas  monachos  syros»,  dont  le  nombre  et  la  théologie 
inquiètent  le  pape  Donus  (-J-678).  Et  ce  qui  se  passe  à  Rome  se 
passe  mieux  encore  en  Sicile,  car  la  Sicile  est  le  point  naturel 
de  ralliement  des  Grecs  émigrants  des  provinces  byzantines 
d'outre-mer  :  nous  les  voyons  arriver  de  Rarca  et  de  Tripoli 
(Amaiï,  I,  io4),  d'Alexandrie  et  de  plus  loin  encore,  de  Syrie 
comme  les  parents  du  pape  Sergius,  «  natione  syrus  Antiochire 
regionis,  ortus  in  Panormo  Sicilia?  » .  Saint  Maxime  a  peint  en  maint 

endroit  de  ses  lettres  la  désolation  de  ces  émierants  dont  il  était 

o 

et  qu'il  semble  avoir  comme  suivis  en  Egypte,  puis  en  Afrique, 
finalement  en  Sicile  et  à  Rome,  où  il  arrive  pour  le  concile  de 


INTRODUCTION.  vu 

Latran  (649),  combattant  sur  toute  la  route  le  monothélisme  qu'ils 
apportaient  avec  eux. 

Le  concile  de  Latran  s'achevait  à  peine  (65o),.  que  l'on  apprit 
que  les  Arabes  venaient  d'attaquer  la  Sicile.  Aussitôt  l'exarque 
reçoit  l'ordre  de  se  porter  au  secours  de  l'île,  et  sa  campagne 
ayant  échoué  misérablement,  l'empereur  arrive  en  personne. 
Constant  II  débarque  àTarente,  en  terre  impériale;  il  traverse, 
armes  a  la  main,  le  territoire  lombard,  gagne  Rome,  et  de  Rome 
Naples,  Reggio  et  Syracuse.  A  Syracuse  il  s'établit  avec  la  pen- 
sée, assure-t-on,  d'y  fixer  la  capitale  de  l'empire  :  du  moins  il 
va  y  fixer  pour  six  ans  (il  y  fut  assassiné  en  668)  le  centre  poli- 
tique et  militaire  du  gouvernement  et  faire  de  Syracuse  le  siège 
d'une  partie  de  la  cour  et  Je  quartier  général  de  l'armée.  —  Le 
premier  effet  de  cet  événement  fut  une  sorte  d'éviction  de  la 
population  indigène,  tenue  en  suspicion  par  l'élément  byzantin 
(n'accusait-on  pas  le  pape  Martin  d'avoir  attiré  les  Arabes?),  et 
surtout  écrasée  d'impôts  nouveaux,  «  per  diagrapha  seu  capita 
atque  nauticatione. . .  et  alia  multa  perpessi  sunt,  ut  alicui  spes 
vitro  non remaneret  »,  dit  le  Liber  pojitîficalîs .  Cependant  et  par 
conséquent  la  population  grecque  devenait  prépondérante  et 
maîtresse.  Le  corps  d'armée  byzantin  donnait  naissance  à  cette 
aristocratie  militaireàlaquelleappartenait  le  pape  Conon  (i"68j), 
«  oriundus  pâtre  thraceseo,  educatus  apud  Siciliam  ».  Les  hautes 
charges  ecclésiastiques  passaient  à  des  clercs  grecs  :  le  siège  de 
Syracuse  à  une  créature  de  l'empereur,  le  grec  Georges;  le 
«  vénérable  monastère  ad  Baias  »  à  un  moine  syrien;  l'évêché 
d'Agrigente  à  saint  Grégoire,  qui  fut  un  des  orateurs  grecs  en 
renom  de  la  fin  du  vne  siècle. — Et  sans  transition,  comme  si  elle 
eût  été  dès  le  premier  jour  une  vieille  Eglise,  l'Eglise  grecque 
de  Sicile  se  trouva  étroitement  associée  à  la  vie  de  l'Eglise  by- 
zantine. On  vit  l'abbé  du  monastère  ad  %Baias  élu  patriarche 
d'Antioche  (681);  un  diacre  de  Catane  prononcer  le  sermon  de 
clôture  du  concile  de  Nicée  (787);  la  Sicile  donner  à  Rome  des 
papes  grecs  et  à  Constantinople  un  patriarche  (Methodius,  -[-  846); 
les  patriarches  (Tarasius,  -j-  806)  adresser  des  encycliques  aux 
évêques  de  Sicile,  et  ceux  de  Syracuse  et  de  Taormina  se  com- 
promettre avec  Photius  et  être  condamnés  à  Constantinople  par 
le  huitième  concile;  la  Sicile  enfin  avoir  sa  part  de  production  et 


vin  INTRODUCTION. 

d'éclat  dans  l'histoire  littéraire  de  l'Eglise  grecque  avec  des  auteurs 
comme  ce  Grégoire  d'Agrigente,  et  aussi  Pierre  de  Sicile  et 
Joseph  l'Hymnographe. 

Je  veux  en  venir  à  ceci,  à  savoir  que  la  Calabre,  qui  ne  faisait 

qu'un   avec  la   Sicile (r)  KaXocêpiaç  aTpaf/\y\q  ôouxoctov  r\v  xf\q  azpocx-fiyioot; 

StxeXîaç),  a  participé  à  la  révolution  politique  et  sociale  qui  s'est 
produite  en  Sicile  au  cours  du  vne  siècle.  Sans  doute  le  change- 
ment aura  été  plus  lent  :  la  Calabre  n'a  point  de  centras  tels  que 
Païenne  ou  Syracuse  ;  le  voisinage  inquiétant  des  Lombards  rend 
le  pays  moins  sûr  ;  les  ressources  économiques  enfin  y  sont 
moindres  qu'en  Sicile.  C'est  ainsi  que  tous  les  évêques  de  Ca- 
labre sont  présents  au  synode  romain  de  680,  comme  ils  l'ont 
été  au  concile  de  Latran  (65o)  :  Vibo,  Crotone,  Tauriano,  Tropea, 
Squillace,  Locres,  Rossano,  ajoutons  Tarente  et  Otrante.  Mais 
déjà  pourtant,  à  cette  date,  c'est  l'évêqne  de  Reggio  qui  est  choisi 
pour  représenter  les  membres  du  synode  romain  au  concile  œcu- 
ménique qui  s'ouvre  à  Constantinople  (681),  avec  le  titre  «  d'apo- 
crisiairedu  siège  apostolique»  .Acinquante  ans  delà,  les  diocèses 
de  Calabre  sont  assez  acquis  à  l'hellénisme  pour  que  Léon 
l'Isaurien  puisse  y  confisquer  tout  ce  qui  est  patrimoine  de  saint 
Pierre  et  mettre  les  évêques  de  Calabre  sous  la  juridiction  du 
patriarche  de  Constantinople,  malgré  les  protestations  du  Saint- 
Siège.  En  787,  au  concile  de  Nicée,  l'épiscopat  calabrais  apparaît 
en  corps  :  Vibo,  Crotone,  Tauriano,  Tropea,  Nicotera,  Carina, 
Gerace  (ou  Hagia-Kiriaki),  Reggio,  tandis  que  Tarente  et  Cosenza 
cités  lombardes,  restent  fidèles  aux  synodes  romains  (74^). 
L'Eglise  de  Calabre  est  devenue  byzantine  d'obédience  et  de 
langue,  et  cette  transformation  a  été  l'œuvre  obscure  de  la 
seconde  moitié  du  vne  siècle  et  des  premières  aminées  du  viu°. 

Là  est,  à  mes  yeux,  la  première  origine  de  la  colonisation 
byzantine  en  Calabre  :  les  Grecs  y  sont  venus  peu  à  peu  de 
Sicile  à  partir  de  la  seconde  moitié  du  vne  siècle.  Sans  doute  la 
vie  grecque  est  en  Calabre,  pendant  tout  le  vme  siècle,  sans  aucun 
nom,  sans  aucun  monument  qui  la  révèle  :  la  Sicile  attire  tout  à 
elle.  Mais  au  ixe  siècle  l'intense  culture  grecque  de  la  Sicile 
s'éteint,  et  aussi  soudainement  qu'elle  s'y  était  produite  au  vne. 
L'invasion  arabe,  Palerme  prise  (83 1),  puis  Messine  (842),  puis 
Syracuse  (878),  enfin  Taormina  (902),  une  résistance  longue  et 


INTRODUCTION.  ix 

sanglante  suivie  d'un  écrasement  terrible,   c'en  est  assez  pour 
expliquer  cette  ruine  subite  et  radicale  :  à  la  fin  du  ixe  siècle,  il 
n'y  a  plus  en  Sicile  ni  monastères  ni  sièges  épiscopaux,  la  pro- 
priété ecclésiastique  y  a  été  supprimée,  la  liberté  politique  des 
chrétiens  abolie  et  leur  condition  civile  rendue  intolérable  par  le 
poids  des  impôts  :  ajoutez  les  courses  de  pirates  et  des  famines  de  plu- 
sieurs années. — Que  devient  alors  la  population  grecque  de  Sicile  ? 
Chassée  par  les  vicissitudes  de  la  résistance  et  par  le  plan  même 
de  la  conquête  arabe,  du  versant  de  Païenne  sur  le  versant  de 
Syracuse,  nous  la  voyons  se  ramasser  à  l'extrémité  orientale  de 
l'île,  autour  de  Taormina,  et  de  là  émigrer  en  masse.  Le  Pélo- 
ponèse  en  recueillera  une  partie  :  ce  sont  ces  «  exilés  »  que  se- 
court saint  Pierre,  évêque  d'Argos,  ainsi  que  le  raconte  sa  Vie\ 
ce  sont  ces  émigrés  de  Catane  à  Patras,  dont  est  saint  Athanase 
évèque  de  Méthone.  Mais  c'est  surtout  la  Calabre  qui  est  le 
refuge  naturel  des  chrétiens  chassés  de  Sicile  :  nous  retrouverons 
des  Grecs  de  Castro-Giovanni,  de  Catane,  de  Taormina  à  Reggio, 
à  Hagia-Kiriaki  (Gerace)  et  dans  toutes  ces  petites  villes  épisco- 
pales  grecques  qui   apparaissent  en  Calabre  précisément  au 
ixc  siècle,  Hagia-Severini,  Paléocastro,  Aysili,  Cerenzia,  Evriali, 
Nicastro,  Bisignano,  Cassano.  —  De  cette  migration  nous  trouve- 
rons la  tr/cedans  toutes  les  vies  de  saints  calabrais  du  ixe  siècle 
et  du  commencement  du  xR  :  je  citerai  celle  de  saint  Elie  le 
Jeune.  Elie  est  né  à  Castro-Giovanni,  en  Sicile,  et  il  est  tout  en- 
fant lorsque  ses  parents,  prévenant  le  sac  de  Castro-Giovanni  par 
les  Arabes  (809),  se  réfugient  dans  un  petit  port  proche  de  Catane. 
Elie  grandit  là,  et,  s  étant  fait  moine,    il  émigré.  Il  a  espéré 
trouver  un  refuge  en  Epire,  mais  les  autorités  byzantines  sur- 
veillent avec  une  rigueur  extrême  les  abords  de  l'empire,  et  le 
gouverneur  de  Buthrotum,  prenant  Elie  et  ses  compagnons  pour 
des  Sarrasins  déguisés,  les  empêche  de  débarquer.  Ils  se  réfu- 
gient en  Calabre  et  s'établissent  aux  environs  de  Tauriano.  Le 
cas  de  saint  Elie  lui  est  sûrement  commun  avec  mille  autres. 

Et  là  est  la  seconde  source  de  riiellénisation  de  la  Grande- 
Grèce  byzantine  :  je  dirai  même  que  c'en  est  la  source  principale, 
car  la  culture  byzantine  de  la  Grande-Grèce  n'a  quelque  éclat 
qu'à  dater  du  xe  siècle,  comme  si  elle  n'était  que  la  suite  et 
l'héritage  de  la  culture  grecque  de  la  Sicile. 

b 


X 


[NT  II  ODU  CïION. 


I  [ 


Dans  les  deux  thèmes  que  constitue  la  Grande-Grèce,  le  gou- 
vernement impérial  est  représenté  par  un  nombre  très  restreint 
de  fonctionnaires.  Ils  sont  pour  la  plupart  étrangers  au  pays 
et  appartienent  à  la  noblesse  aulique.  A  la  tête  du  thème  est 
le  stratège,  c'est-à-dire  un  général  faisant  fonction  de  vice-basi- 
leus  et  réunissant  à  ce  titre  entre  ses  mains  les  attributions  de 
gouverneur  civil  en  même  temps  que  de  chef  du  corps  d'armée. 
Au-dessous  de  lui  deux  fonctionnaires  :  le  vestiarius  imperialis 
préposé  à  la  êaaiXixrj  (ràxeUa,  c'est- à -dire  au  service  du  fisc  et 
des  finances,  et  le  jadex  thematis  à  la  tête  de  l'administration  de 
la  justice  civile  et  criminelle,  tous  deux  simples  ministres  du 
stratège.  Il  n'y  a  pas  trace  d'appel  à  Conslantinople.  Le  stratège 
n'a.  pas  de  chef-lieu  de  résidence  :  il  est  représenté  dans  chaque 
cité  par  un  %o%ox-r\pr\Tf\c,  ou  lieutenant  gouverneur,  comme  lui  offi- 
cier, soit  tourmarque,  soit  taxiarque  :  auprès  du  xor.oxripy]xy]çf  les 
chartularii  ou  agents  inférieurs  du  fisc  et  les  xpltat  ou  juges. 
Mais,  tandis  que  les  T07îOTripy]Tat  sont  le  plus  souvent  des  étrangers, 
les  chartularii  et  les  kritœ  paraissent  avoir  été  toujours  des  gens 
du  pays.  Le  corps  d'armée  d'occupation,  équipé  aux  frais  de 
l'empire  et  composé  de  mercenaires,  se  recrute  pour  une  part 
dans  le  pays  même,  mais  aussi  ailleurs,  souvent  fort  loin  :  les 
historiens  normands  décrivent  les  troupes  impériales  comme  for- 
mées de  Calabrenses,  et  encore  de  Vénitiens  et  d'Arabes,  mais 
surtout  de  Cappadociens,  de  Thraces  et  de  Macédoniens.  Leur 
temps  fini,  ces  mercenaires  restent  souvent  dans  le  pays  où  ils 
ont  servi  :  on  a  vu  à  tort  dans  ce  fait  des  colonies  militaires. 

Sous  la  réserve  de  cette  centralisation  administrative  et  de 
cette  sorte  d'état  de  siège,  l'indépendance  de  chaque  castro  reste 
entière,  chacun  ayant  son  clergé,  sa  justice,  son  fisc,  sa  milice  à 
lui,  et  ne  relevant  d'aucun  autre.  Le  clergé  se  compose  de 
i'évèque,  des  clercs  de  la  [xsyâlri  éxxXvjo-ia  (archiprêtres,  prêtres, 
diacres,  sous-diacres,  chartophulax ',  skeuophulax),  et  des  hatholiki 
et  protopapœ  des  églises  suffraganles.  L'existence  d'une  noblesse 


INTRODUCTION.  xi 

ou  orclo  est  obscure,  on  trouve  cependant  des  grecs  du  pays, 
riches,  se  décorant  du  titre  de  senator,  comme  sont  les  Maléïnoi 
de  Rossano,  et  exerçant  dans  chaque  Castro  une  sorte  de  patronat 
héréditaire.  Le  castro  a  son  6a<riXcxèç  vorâptoç,  son  vopuxoç,  son 
/aptouÀâptoç,  la  plupart  du  temps  clercs.  La  législation  qui  règle 
les  contrats  est  non  pas  le  droit  lombard,  comme  on  Fa  dit  à 
tort,  mais  bien  le  droit  romain,  celui  des  novelles,  ainsi  qu'il 
convient  à  des  populations  qui  n'en  ont  jamais  connu  d'autre. 
Chaque  castro  est  obligé  de  tenir  sur  pied  un  certain  effectif 
d'hommes  d'armes  pour  sa  propre  défense  et  à  la  réquisition  du 
stratège  :  ces  milices  portent  le  doiti  de  xovuoupot  et  xovuapaToi,  dont 
les  historiens  normands  ont  fait  conterait. 

La  liturgie  en  usage  dans  les  églises  grecques  de  Calabre  est, 
tant  pour  le  calendrier  que  pour  le  rituel,  celle  de  Constantino- 
ple  :  à  peine  si  quelques  fêtes  d'origine  locale,  comme  celle  de 
saint  Fan  tin  ou  de  saint  Elie  le  Spcléote,  s'y  introduisent-elles  au 
xic  siècle;  les  fêtes  d'origine  romaine,  comme  celle  du  Corpus 
Christ i ,  sont  des  importations  latines  postérieures  au  xme  siècle. 
Mais  le  rituel  de  Constantinople  n'a  pas  dû  être  à  l'origine  le 
rituel  exclusif  de  nos  églises  de  Sicile  et  de  Calabre,  et  c'est 
un  fait  bien  remarquable  que  les  seuls  manuscrits  anciens  que 
nous  possédions  de  la  liturgie  syrienne  et  de  la  liturgie  alexan- 
drine,  celle  dite  de  saint  Jacques  et  celle  dite  de  saint  Marc, 
nous  viennent  l'un  de  Rossano,  l'autre  de  Messine,  comme  si  en 
mainte  église  de  Sicile  et  de  Calabre  le  rituel  d'Àntioche  et 
d'Alexandrie  avait  été  un  temps  en  usage.  J'en  dirai  autant  de 
la  liturgie  dite  de  saint  Pierre,  qui  est  une  traduction  grecque 
de  Yordo  missœ  romain  tel  qu'il  était  constitué  vers  la  fin  du 
vnc  siècle,  traduction  grecque  dont  nous  n'avons  qu'un  manu- 
scrit, lequel  vient  de  Rossano. 

Les  évèchés  de  Calabre  avaient  été  rattachés,  on  l'a  vu,  par 
Léon  l'isaurien  (-[-  74O?  à  la  juridiction  du  patriarche  de  Cons- 
tantinople, mais  l'organisation  ecclésiastique  du  thème  de  Cala- 
bre et  du  thème  de  Langobardie  ne  datait  que  de  Léon  le 
Philosophe  (-j-  y  11).  La  novelle  qui  réglait  Yordo  thronorum 
de  la  Grande-Grèce  distinguait  trois  provinces  ecclésiastiques  : 
Otrante  était  un  archevêché,  mais  sans  suffragants;  Reggio  était 
métropole  de  Vibo,  Tauriano,  Nicotera ,  Tropea,  Amantea; 


xii  INTRODUCTION. 

Nicastro,  Cosenza,  Bisignano,  Cassano,  Rossano,  Crotone  et 
Gcracc;  Hâgia-Severini  était  métropole  de  Cerenzia,  Evriati 
(Umbrialico),  Aysili  (Isola),  Paléocastro  et  Gallipoli,  cette  pro- 
vince toute  nouvelle  étant  comme  une  substitution  de  la  province 
ecclésiastique  supprimée  de  Sicile. 

Le  clergé  calabrais  d'alors  a  peu  marqué  dans  l'histoire  litté- 
raire. On  peut  citer  Marc  d'Otrante,  qui  fut  un  mélode  renommé 
en  son  temps  assez  pour  qu'une  pièce  de  lui  ait  pris  place  dans 
le  triodion  de  Constantinople  ;  et,  au  commencement  du  xie  siè- 
cle, Nicolas,  archevêque  de  Reggio,  dont  nous  avons  une  com- 
pilation en  forme  de  commentaire  des  épitres  de  saint  Paul.  Tout 
cela  est  fort  pauvre. 

Mais  Fart  byzantin  a  laissé  en  Calabre  de  plus  remarquables 
vestiges  :  le  baptistère  de  Hagia-Severini  (Santa-Severina),  la 
petite  église  Saint-Marc  à  Rossano,  la  Cattolica  de  Stilo,  la  basi- 
lique ruinée  de  la  Roccelletta  [Vêtus  Squillacium).  A  cette  der- 
nière appartenait  ce  bas-relief  représentant  la  Panagia  en  costume 
d'impératrice  du  vic  siècle,  que  Len  or  niant  a  signalé  le  premier 
et  qui  est  le  plus  beau  modèle  que  l'on  connaisse  de  la  sculpture 
byzantine  à  cette  époque  :  cet  adorable  bas-relief  que  j'ai  vu 
en  1889  au  bord  de  la  route  qui  mène  de  Catanzaro  à  Squillace, 
toujours  sur  la  petite  fontaine  où  Lenormant  l'a  vu,  est  sûre- 
ment une  épave  apportée  là  d'un  pays  plus  riche  et  plus  cultivé 
que  n'a  jamais  été  la  Calabre.  J'en  dirai  autant  du  somptueux 
évangile  pourpre  à  lettres  d'argent  (vi-vne  siècle)  que  possède  le 
chapitre  de  Rossano  :  les  miniatures  qui  le  décorent  et  que  j'ai 
eu  la  bonne  fortune  de  pouvoir  étudier  en  1889,  appartiennent  à 
la  tradition  ancienne  de  l'iconographie  biblique  traitée  avec 
un  art  qui  n'a  rien  de  provincial.  Je  ne  puis  rien  dire  de  l'icône 
achèropite  de  la  cathédrale  de  Rossano,  cette  antique  image 
étant  depuis  des  siècles  si  parfaitement  tournée  au  noir  qu'on 
n'en  saurait  reconnaître  le  moindre  trait. 

Au  total  cependant  la  vie  grecque  de  la  Calabre  aux  xe-xie  siè- 
cles serait  bien  insignifiante,  n'étaient  les  moines,  leurs  couvents 
et  leurs  légendes. 

Les  diplômes  byzantins  nous  font  connaître  quelques  mo- 
nastères :  Saint-Mennas,  près  de  Rossano,  donné  à  La  Cava 
en  jo86,  «  sous  Alexis  Comnène  empereur  »,  par  une  pieuse 


INTRODUCTION.  xiii 

famille  de  Rossano;  Saint-Adrien,  donné  à  La  Cava  en  1091, 
par  «  Romain,  moine,  humble  archevêque  de  Rossano  »;  dans 
l'intérieur  de  Stilo ,  Saint-Léonce  en  faveur  duquel  un  jugement 
est  rendu  en  10^9  par  «  Etienne,  vicaire  impérial,  protospa- 
thaire,  stratège  du  thème  de  Calabre  »;  le  couvent  fondé  par 
«  Mavrozicos,  taxiarque  »,  sous  le  vocable  de  saint  Léon,  évêque 
de  Catane,  dans  l'intérieur  de  Hagia-Ririaki,  «  thème  de  Ca- 
labre »  ;  Saint-André,  proche  de  Hagia-Kiriaki,  semble-t-il,  et 
donné  en  io53  à  La  Cava;  Sainte -Marie  novuTepàxou  (Montis 
Jratî),  dont  les  privilèges  sont  confirmés  en  io34  par  Constan- 
tin Opos,  «  patrice  et  catapan  d'Italie  »;  Saint- Ananias ,  près 
d'Orioli,  dont  l'higoumène  est  mentionné  dans  une  donation  a 
lui  faite  par«  Nicon,  moine,  et  son  fils  Oursoulos,  tourmarque  », 
en  ioi5;  enfin  Saint- Nicolas,  fondé  par  une  famille  grecque  à 
Monopoli,  et  en  faveur  de  laquelle  nous  avons  une  charte  d'Ar- 
gyros,  «  duc  d'Italie,  de  Calabre,  de  Sicile  et  de  Paphlagonie  ». 
Les  seuls  établissements  qui  paraissent  avoir  eu  quelque  im- 
portance matérielle,  sont  l'abbaye  de  Saint-Pierre  à  Tarente, 
fondée  vraisemblablement  à  la  fin  du  ixe  siècle,  privilégiée  par 
«  Constantin,  protospatliaire  du  Chrysotriclinium,  stratège  de 
Langobardie  »,  par  «  Michel,  patrice  et  catapan  d'Italie  », 
par  «  ^lichel ,  proconsul,  patrice  et  catapan  d'Italie  »,  etc.; 
et,  près  de  Cassano,  la  riche  abbaye  de  Sainte-Marie  de  Kur 
Zosimo.  Tous  ces  diplômes  sont  du  xe  et  du  xie  siècle. 

Mais,  mieux  que  les  diplômes,  les  légendes  nous  font  pénétrer 
dans  la  vie  de  ces  humbles  moineries  calabraises.  Les  couvents 
patronnés  et  rentés  étaient  l'exception,  en  effet.  Le  moine  était 
alors  bien  plus  souvent  ermite,  et  de  là  en  Calabre  et  en  Terre 
d'Otrante  ces  grotte  où  Ton  relève  encore  des  traces  d'inscrip- 
tions pieuses  et  d'images  peintes  à  la  détrempe  :  ainsi  au  cap  de 
Leuca  les  grotte  de  Casamiscia,  ou  de  San  Cristoforo  à  la  Cala  del 
Orso,  d'autres  ailleurs,  presque  toujours  dans  des  falaises  ou 
dans  les  hauts  rochers,  comme  les  laures  d'Orient.  Le  mona- 
chisme  était  aussi  une  fraternité,  un  tiers  ordre,  où  chacun  avait 
un  métier  et  gagnait  son  pain  :  la  profession  de  virginité  y  était 
toute  la  religion  et  la  vie  commune  un  accident.  S'il  arrivait 
que  des  frères  se  groupassent,  ce  ne  pouvait  être  sans  l'agré 
ment  et  sans  la  surveillance  de  l'évêque  :  à  l'évêque  appartenait 


xiv  INTRODUCTION. 

la  nomination  de  l'iirgoumène.  Les  moines  ne  pouvaient  pré- 
tendre à  posséder  de  biens  immeubles  non  pins  qu'à  recevoir 
aucun  ordre  sacre.  Le  droit  canonique  grec  avait  multiplié  les 
prescriptions  pour  tenir  la  confrérie  dans  l'infime  dépendance 
et  dans  la  pauvreté.  Et  c'était  justement  aussi  cette  condition 
qui  faisait  des  moines  la  partie  la  plus  détachée,  la  plus  mobile, 
la  plus  historique  de  la  population.  Ils  sont  toute  l'histoire  de 
la  Grande-Grèce  byzantine  et  quelle  histoire  ! 

Saint  Elie  (fin  du  ixe  et  première  moitié  du  xe  siècle)  est  un 
moine  sicilien  «  de  la  montagne  de  Saint-Nicon  »  :  il  a  vécu 
là  dans  la  pratique  des  plus  austères' vertus,  lorsque  les  Sarra- 
sins arrivent  et  exterminent  les  moines  ses  compagnons.  Il 
échappe  au  massacre 'par  miracle,  s'embarque  sur  le  premier 
navire  qui  fait  voile,  et  arrive  à  Rome  où  il  est  recueilli  dans 
un  œenodochiiun ,  puis  rapatrié  par  la  charité  romaine.  Le  voici 
établi  aux  portes  de  Reggio,  en  compagnie  d'un  vieux  moine, 
Arsène,  s'occupant  uniquement  à  prier  et  à  travailler  la  terre. 
Un  instant  ils  sont  obligés  de  fuir  tous  deux,  car  ils  ont  appris 
que  les  Sarrasins  vont  débarquer  en  Calabre,  et  alors  ils  gagnent 
Patras  où  l'évèque  les  accueille  avec  charité  et  les  supplie  de 
demeurer;  mais  ils  reviennent  bientôt  après  aux  environs  de 
Reggio,  que  saint  Elie  ne  quittera  plus.  Arsène  mort,  Elie  ne 
reste  point  solitaire,  car  nombre  de  moines  lui  demandent  d'être 
leur  père  :  on  s'installe  dans  d'anciennes  carrières,  et  bientôt 
autour  de  saint  Elie  le  Spéléote  s'est  formée  une  grande  co- 
lonie monastique.  Quand  les  Sarrasins  venaient,  raconte  son 
biographe,  saint  Elie  se  retirait  plus  avant  dans  la  montagne, 
pour  rentrer  au  monastère  quand  ils  s'étaient  éloignés;  parfois 
on  demandait  asile  au  caslro  le  plus  voisin.  Mais  un  jour  on  fut 
surpris,  à  l'improviste  les  Sarrasins  cernèrent  le  couvent  et  ils 
allaient  en  forcer  l'entrée,  lorsqu'une  nuée  miraculeuse  enve- 
loppa la  sainte  demeure,  et  les  infidèles  épouvantés  battirent 
en  retraite.  —  Saint  Luc  de  Corleone  est  contemporain  de  saint 
Elie  le  Spéléote;  comme  lui,  il  quitte  la  Sicile  pour  fuir  le  joug 
des  Sarrasins,  et  comme  lui  il  va  d'abord  à  Rome  prier  au 
tombeau  des  Apôtres.  Au  retour  il  vient  demander  la  robe  mona- 
cale à  un  higoumène  calabrais,  Christophe,  «  in  montibus  qui 
vocantur  Mulœ  (?), »  et  ensemble  ils  s'établissent  «ad  territorium 


INTRODUCTION.  xv 

Mercuriense  »  (le  mont  Mercure),  proche  de  la  «  Cassiana  civitas  » 
(Cassano).  Là  Christophe  ne  tarde  pas  à  mourir,  laissant  à 
Luc  la  direction  de  ses  frères,  une  communauté  de  «  terrestres 
angeli  »,  qu'il  gouvernera  jusqu'à  sa  mort.  —  Saint  Luc  d'Ar- 
mento  (mort  dans  la  seconde  moitié  du  xe  siècle)  est  né  à  Cas- 
tro-Giovanni en  Sicile,  et  lui  aussi  il  quitte  la  Sicile  pour  venir 
demander  à  la  Calabre  un  asile  tranquille.  Il  s'arrête  quelque 
temps  auprès  de  saint  Elie  le  Spéléote  ;  mais  sachant,  dit  l'hagio- 
graphe,  que  les  péchés  sans  nombre  qui  se  commettent  dans 
la  contrée  vont  attirer  sur  elle  la  colère  de  Dieu  et  que  la  Ca- 
labre va  devenir  «  la  proie  de  chiens  dévorants  »,  il  quitte  Reggio, 
et  s'en  vient  d'abord  à  Noa,  puis  il  pousse  plus  loin.  Au  bord  de 
l'Agrumento  il  trouve  un  monastère  abandonné,  Saint-Julien  ;  il 
le  rebâtit,  et  bientôt  la  solitude  se  peuple  de  moines.  De  Sicile 
la  sœur  du  saint  le  rejoint  et  fonde  tout  près  un  couvent  de 
nonnes.  Arrive  l'expédition  d'Otton  et  la  pacifique  colonie  est 
menacée  :  elle  doit  se  réfugier  tout  entière  à  Armento,  et  c'est  là 
que  le  saint  mourra.  Il  n'aura  pas  eu  à  affronter  l'armée  ger- 
manique, mais  les  Sarrasins  ne  lui  auront  pas  manqué;  ils  se 
présentent  en  effet  un  jour,  et  alors  le  vaillant  abbé  monte  à 
cheval,  prend  la  tète  de  son  monde,  moines  et  lais,  et  taille  en 
pièces  le^  infidèles.  — -  Saint  Vital,  comme  les  autres,  est  né  en 
Sicile,  à  peu  près  à  la  même  époque  que  saint  Luc  d' Armento 
qu'il  rencontrera  un  jour  sur  sa  route,  et  comme  lui  il  est  venu 
demander  asile  à  la  Calabre,  puis  à  la  Basilicate;  chacune  de 
ses  étapes,  Castro-Roseto ,  Monte-Raparo ,  Sant-Angelo  de 
Asprono,  Saint-Elie  de  Massaniello,  Armento,  Rapolla  enfin  où 
il  meurt,  marque  un  pas  de  plus  dans  la  marche  en  avant  de 
riiellénisme  calabrais.  Lui  aussi  enfin  il  se  trouve  unjour  en  pré- 
sence des  Sarrasins,  et  on  nous  le  montre,  après  qu'il  a  protégé 
la  fuite  de  son  monde,  restant  seul  pour  faire  front  à  l'ennemi: 
mais  Dieu  est  avec  lui,  une  splendeur  l'enveloppe  et  les  Ismaé- 
lites sont  terrassés. 

C'est  l'âge  héroïque  des  moines  batailleurs  et  thaumaturges; 
c'est  l'âge  aussi  des  moines  mendiants  et  errants,  des  caloyers 
en  guenille  que  le  clergé  des  villes  tient  à  distance  et  que  la 
population  regarde  de  mauvais  œil.  Saint  Jean  «  le  Moisson- 
neur »  rencontre  des  paysans  qui  fauchent,  et  ceux-ci  de  l'in- 


\vi  INTRODUCTION. 

sultcr,  «  comme  c'est  F  ordinaire  aux  moines  de  l'être  »,  ajoute 
humblement  le  biographe.  Et  la  Vie  de  saint  Nil  nous  apprend 
qu'à  l'époque  de  la  jeunesse  du  saint  on  voyait  rarement  des 
moines  par  les  villes  :  «  Rare  était  leur  robe,  pour  ne  point  dire 
méprisée  » .  —  «  Qu'allez-vous  faire  au  milieu  de  ces  animaux 
sauvages?  »  disait-on  à  Nil.  Et  n'est-ce  pas  un  compagnon  de 
Nil  qui,  cheminant  un  jour  par  le  pays,  est  poursuivi  à  coups 
de  pierres  par  une  bande  d'enfants  qui  crient  :  Sus  au  Bulgare! 
sus  au  Franc!  sus  à  l'Arménien!  Cette  génération  a  peu  con- 
tribué à  la  culture.  «  Parum  quasdam  litteras  novi  »,  disait 
saint  Vital  à  un  catapan  de  Bari.  Le  psautier  suffisait,  encore 
saint  Elie  ne  voulait-il  pas  qu'il  fût  trop  bellement  écrit  :  aussi 
voyons-nous  ses  moines  très  occupés  à  bûcheronner  et  à  faire 
de  la  résine,  et  si  dans  un  passage  il  est  question  de  la  cellule 
où.  a  demeuré  le  «  vénérable  calligraphe  »,  c'est  pour  nous 
apprendre  qu'il  n'y  est  plus  et  qu'elle  sert  de  chai. 

Tout  autre  est  la  génération  qui  suit,  plus  assise,  plus  con- 
sidérée aussi,  plus  cultivée  surtout,  et  dont  Nil  de  Rossano  est  le 
plus  illustre  exemple.  S'il  appartient  à  Rome  par  la  fin  de  sa 
carrière,  il  est  à  nous  par  sa  naissance  et  par  la  plus  féconde 
partie  de  sa  vie.  Né  à  Rossano,  et,  dès  l'enfance,  remarqué  pour 
la  sagacité  de  son  esprit  et  la  politesse  de  son  caractère,  il  a  eu 
une  jeunesse  orageuse  :  Rossano  est  une  ville  si  pleine  de  pièges 
pour  la  vertu  d'un  jeune  homme,  dit  son  biographe.  Mais 
Dieu  le  veut  à  lui  :  les  amours  coupables  sont  brisées  d'un 
coup,  il  part  sans  dire  adieu  à  sa  maîtresse  ni  à  l'enfant  qu'il 
a  eu  d'elle,  il  part  en  chantant  le  psaume  Viam  mandatorum 
tuorum  cucurri  cum  dilatasti  cor  meum,  et  il  va  cacher  «  la  fleur 
de  sa  jeunesse  »  dans  la  communauté  du  mont  Mercure.  Là  Nil 
rencontre  les  «  célestes  et  admirables  pères  Joannes  le  Grand, 
Fantin  l'Illustre,  Zacharie  l'Angélique...  ».  Il  y  rencontre  sur- 
tout des  hommes  appliqués  aux  saintes  lettres  autant  qu'à  la 
louange  de  Dieu.  A  l'aube  on  se  mettait  au  travail  :  de  prime  à 
tierce  on  copiait,  c'était  du  moins  l'occupation  cle  Nil,  «  qui  copiait 
d'une  main  rapide  et  serrée,  et  qui  remplissait  un  quaternion 
par  jour  »  ;  de  tierce  à  sexte,  on  récitait  le  psautier;  de  sexte 
à  noue,  on  lisait,  «  on  étudiait  la  loi  de  Dieu  et  les  œuvres  des 
maîtres  »,  jusqu'à  savoir  par  cœur  des  discours  entiers  de  saint 


INTRODUCTION.  xvn 

Grégoire  de  Nazianze;  de  none  au  soir,  c'était  le  temps  de  la 
récréation,  on  se  réunissait  pour  la  collatio  et  on  lisait  l'Ecriture 
en  commun.  Il  arrivait  alors  que  ses  frères  demandaient  à  Nil 
de  commenter  la  lecture  :  avec  quelle  joie  ils  recueillaient  les 
paroles  pleines  de  doctrine  qui  tombaient  de  ses  lèvres.  Il  leur 
semblait,  reportant  leurs  regards  sur  le  saint  bigoumène  Fantnr, 
qu'ils  étaient  admis  à  entendre  saint  Paul  en  présence  de  saint 
Pierre.  On  lisait  de  même  saint  Grégoire  de  Nazianze  :  il  était 
la  somme  des  moines,  on  discutait  les  passages  difficiles  et  on 
rivalisait  à  les  bien  entendre.  Ajoutez  saint  Basile,  saint  Atlia- 
nase,  saint  Jean  Chrysostome,  saint  Eplirem,  Tliéodoret, 
Théodore  Stoudite,  saint  Jean  Damascène  :  autant  d'auteurs 
familiers  à  notre  saint.  Nil  vécut  dans  ce  milieu  de  moines 
lettrés,  dialecticiens,  exégètes  ;  à  son  tour,  il  devint  le  chef  de 
la  communauté  du  mont  Mercure,  et  lorsque,  l'âge  venant, 
il  dut  songer  à  prendre  un  second,  il  choisit  Proclus,  dont 
l'iiagiographe  fait  ce  bel  éloge  que  «  c'était  un  homme  d'une 
science  universelle  et  qui  avait  fait  de  son  âme  un  trésor  des 
livres  sacrés  et  des  livres  profanes  ». 

Une  tradition  plus  policée  apparaît  dans  les  moineries  cala- 
braises du  xe  et  du  xie  siècle.  On  est  en  relation  avec  l'Athos, 
le  Stoudion  et  les  grandes  communautés  byzantines.  Saint  Elie 
de  Tauriano  est  allé  à  Jérusalem  et  au  Sinaï,  et  il  meurt  à  Salo- 
nique,  à  mi-chemin  de  Constantinople  où  il  allait  quêter. 
Saint  Luc  d'Armento  a  fait  de  même  le  pèlerinage  des  Saints- 
Lieux.  Les  moines  perdent  leur  pittoresque  sauvagerie,  la  so- 
ciété gagne  des  éléments  supérieurs  de  culture.  Et  l'influence 
s'en  fera  sentir  au  loin. 

Nos  Grecs  de  Calabre  et  de  Langobardie  en  effet  ne  vivaient 
point  à  part  et  les  yeux  tournés  vers  l'Orient  seul  :  mais  ils 
étaient  au  contraire  en  perpétuelles  relations  d'échanges  avec 
l'Italie  lombarde  et  jusqu'avec  Rome.  Saint  Nil,  à  l'époque  où  il 
était  encore  au  mont  Mercure,  était  dépêché  à  Rome  par  son 
bigoumène  pour  acheter  des  livres.  Et  plus  tard,  lorsque  le 
même  saint  Nil  quitta  le  mont  Mercure  pour  venir  demander 
asile  au  Mont-Cassin,  il  fut  reçu  comme  un  compatriote  par  le 
prince  de  Capoue  et  comme  un  frère  par  les  Bénédictins,  qui 
l'invitèrent,  lui  et  ses  moines,  à  chanter  au  chœur,  et  les  éta- 


xvni  INTRODUCTION. 

blirent  dans  un  de  leurs  prieurés,  Saint-Michel  in  V allelucio.  — 
Dans  toute  l'Italie  méridionale  lombarde  apparaissent  les  traces 
de  l'influence  byzantine  et  d'établissements  byzantins.  Bari,  toute 
latine  qu'elle  fut  et  rebelle  à  l'influence  grecque,  était  le  siège 
du  catapan  d'Italie  et  de  Calabre;  les  actes  publics,  ceux  même 
d'Argyros,  y  étaient  rédigés  en  grec;  et  le  commerce  avec 
l'Orient  grec  y  avait  fixé  une  colonie  de  familles  grecques, 
riches  et  puissantes.  Longtemps  plus  tard  on  trouvera  encore  à 
Bari  une  église  de  Saint-Nicolas  des  Grecs.  Brindisi,  ruinée  par 
les  Sarrasins  en  977,  rebâtie  peu  après  par  le  catapan  Lupus 
Protospatha,  eut  des  évêques  grecs  jusqu'à  la  conquête  nor- 
mande, assure  Nil  Doxapatri.  A  Trani,  elle  aussi  rebelle  à  l'in- 
fluence grecque,  et  où,  comme  à  Bari,  le  rite  resta  toujours 
latin,  nous  trouvons  l'église  byzantine  de  Sainte-Marie  de  Dio- 
7iisio,  avec  la  précieuse  inscription  d'un  tourmarque,  Deuterios  : 
KE-  BOI0II-  TON-  AOTAON-  SOT-  AETTEPHON-  TOPMAPKH-  Naples, 
grande  ville  latine  gouvernée  par  un  duc  byzantin,  comptait 
des  paroisses  grecques,  dont  une  de  Sainte-Marie  in  Cosniedin, 
et  au  moins  un  monastère  grec  SS.  Sergii  et  Bacchi.  Le  lec- 
tionnaire  grec  des  évangiles  n°  196,  aujourd'hui  à  Saint-Péters- 
bourg, a  été  copié  à  Salerne  en  1022,  de  même  que  le  saint 
Grégoire  de  Nazianze  Laurentianus  XXV,  26,  appartenait  à 
pareille  époque  à  des  gens  d'Amalfi.  A  Capoue,  au  xe  siècle, 
nous  trouverons  des  Grecs  réfugiés  de  Sicile  et  un  monastère 
byzantin;  à  Gaëte,  en  909,  un  notaire  qui  signe  «  Léo  greco 
latinus  presbitero  et  scriva  civitatis  ujus  ».  A  Bénévent, 
en  1 195,  on  mentionnera  encore  une  église  de  Saint-Nicolas  des 
Grecs.  — Détail  plus  significatif  peut-être,  à  partir  de  la  fin  du 
ixe  siècle  les  marchés  de  l'Italie  méridionale  se  couvrent  de 
monnaies  byzantines  :  Radelgis  et  Siginulfe,  en  85 1,  comptent 
par  besants,  «  bizantei  aurei  »;  et,  dès  cette  époque,  les  «  solidi' 
beneventani  »  font  place  aux  «  solidi  constantiniani  »,  aux  «  ro- 
manati  »,  aux  «  michalati  »,  à  peine  mêlés  de  quelques  «  mara- 
butini  »  arabes.  Enfin  les  relations  entre  Grecs  et  Lombards  sont 
assez  usuelles  pour  que  la  lex  et  consuetudo  Romanorum  ait 
force  de  droit  coutumier  en  pays  lombard  (c'est  le  cas  de  tant 
de  contrats  portés  au  Codex  diplomatie  as  Cavensis),  de  même 
que  dans  des  Tipàxeipa  vônwv  provenant  de  la  Grande-Grèce  (tel  le 


INTRODUCTION.  xix 

Parisiniis  gr.  1 384)  on  rencontre  des  fragments  de  traduction 
grecque  de  la  lex  Langobardorum  au  milieu  de  novelles  impé- 
riales. 

Réciproquement  les  relations  de  la  Latinitas  du  midi  de 
l'Italie  avec  la  Remania  sont  constantes.  L'illustre  et  riche 
famille  patricienne  d'Amalfi,  les  Mavro-Pantaleo,  possède  un 
palais  à  Constantinople  ;  et  c'est  à  elle  qu'on  doit  les  portes  de 
bronze  du  Mont-Cassin  (celles-ci  datent  de  1066),  de  Saint- 
Michel  au  mont  Gargau,  de  la  cathédrale  d'Amalfi,  de  la  basi- 
lique de  Saint-Paul  hors-les-murs,  admirables  œuvres  de 
repoussé  et  de  nielle  exécutées  à  Constantinople.  Didier,  abbé 
du  Mont-Cassin  [\  1087),  pour  «  aorner  le  pavement  de  la 
eglize  de  marmoire  entaillié  et  diverses  paintures  »,  fait  venir 
«  de  Costentinoble  et  Alixandre  homes  grex  et  sarrasins  », 
parce  qu'il  «  non  trova  in  Ytalie  homes  de  cest  art  »,  comme 
s'exprime  Aimé.  Le  même  Didier  attire  et  retient  au  Mont- 
Cassin  ce  Constantin  l'Africain,  le  premier  qui  ait  vulgarisé  en 
Occident  la  médecine  grecque  et  arabe  :  «  Evolutis  omnibus 
bonis  medicorum  auctoribns,  veteribus  et  niodernis, . . .  maxime 
Grœcis  qui  adhuc  in  hac  facultale  (ut  in  aliis  multis)  Latinis 
prrestant,  contraxi  in  arctum...  omnia  qua?  possunt  perfectum 
medicum/  efficere  »,  dira  Constantin  dans  la  préface  de  son 
manuel,  dédié  à  l'abbé  du  Mont-Cassin.  Salerne,  précisément 
à  la  même  époque,  voit  grandir  son  école,  qui  ne  fait  elle  aussi 
que  répandre  en  Occident  la  médecine  grecque  :  tel  le  lom- 
bard Gariopontus,  dont  le  Passionarias  est  une  simple  adapta- 
tion de  Galion,  tel  Alfanus,  archevêque  de  Salerne  (-j-  io85),  et 
aussi  poète  et  médecin,  auteur  de  la  traduclion  latine  du  nepl 
cpÛCTewç  àvOpwuou  de  Némésius.  Je  n'oserais  ni  embrasser  ni  contre- 
dire l'opinion  émise  récemment,  et  d'après  laquelle  Irnérius 
aurait  puisé  dans  l'Italie  méridionale  la  connaissance  du  droit 
romain,  dont  il  devait  au  début  du  xn°  siècle  fonder  l'enseigne- 
nffent  à  Bologne  et  rapatrier  l'usage  en  Occident.  Mais  c'est 
bien  décidément  en  Italie  méridionale  qu'il  faut  chercher 
l'origine  d'une  bonne  part  des  traductions  latines  qui  ont  permis 
à  nos  langues  romanes  de  puiser  dans  la  littérature  byzantine 
tant  de  légendes  et  de  romans  devenus  peu  après  si  populaires. 
Léon,  archiprêtre  de  Naples,  envoyé  à  Constantinople  par  les 


xx  INTRODUCTION. 

ducs  de  Naples  Jean  et  Marinus  (941-965),  «  cœpit  inquirere 
libros  ad  legendum  »,  et  rapporte  «  historiam  continentem  cer- 
tamina  et  viclorias  Alexandri  régis  Macedonire  »,  le  pseudo- 
Callistliène,  qu'il  met  en  latin  aussitôt  :  ce  sera  une  des  sources 
des  poèmes  d'Alexandre.  Toute  pareille  et  de  la  même  époque 
serait,  selon  M.  Gaston  Paris,  l'origine  du  roman  des  Sept  sages, 
de  la  légende  des  saints  Barlaam  et  Joasaph,  de  celle  «  du 
magicien  Héliodore,  devenue  celle  de  Virgile  en  arrivant  à 
Naples  »,  de  celle  de  saint  Alexis,  de  sainte  Catherine  d'Alexan- 
drie, de  saint  Nicolas,  de  saint  Arétbas,  de  saint  Georges,  de  saint 
Chris topbe,  sans  omettre  surtout  la  légende  de  sainte  Marie 
l'Egyptienne,  la  plus  ancienne  peut-être,  mise  en  latin  par  un 
certain  Paul,  diacre  de  l'église  de  Naples,  et  dédiée  à  Charles 
le  Chauve  (f  877). 

C'est  qu'aussi  la  période  qui  va  de  l'avènement  de  Basile  Ier 
à  la  mort  de  Nicéphore  Phocas  (867-968)  a  été  la  belle  époque 
de  l'influence  byzantine  en  Italie.  Le  rôle  de  l'empire  franc 
avait  pris  fin  avec  Charles  le  Chauve,  celui  de  l'empire  germa- 
nique ne  devait  commencer  qu'avec  Otton  le  Grand  (-j-  975)  : 
cet  interrègne  d'un  siècle  appartint  à  l'empire  byzantin.  — 
Maître  de  la  Calabre,  de  la  Pouille,  de  la  Basilicate,  de  la 
Capitanate,  et  (nominalement)  de  la  Sicile,  maître  d'Amalfi, 
Sorrente,  Naples  et  Gaè'te,  le  basileus  avait  vu  le  prince  de 
Salerne  solliciter  la  symmachie,  ce  qu'on  pourrait  appeler  le 
protectorat  de  l'Empire  (887),  et  pareil  protectorat  imposé  au 
prince  de  Bénévent  et  au  prince  de  Capoue  (892).  Guaymar, 
pour  ne  citer  que  cet  exemple,  avait  dès  lors  porté  le  double 
titre  de  princeps  et  d' imperialis  patrie ius,' et  daté  ses  actes  de 
l'année  des  «  très  saints  et  très  pieux  empereurs  ».  Je  lis  dans 
une  charte  de  donation  faite  en  899  par  Guaymar  au  couvent  de 
La  Cava,  la  clause  «...  ut  nullus  basilico,  nec  stratigo,  nec  pro- 
tospatharius,  aut  spatharius  candidatus,  aut  spatharius,  aut 
gastaldus,  aut  qualiscumque  alius  reipublicae  hactionarius,  vel 
qualiscumque  alius  servus  sanctorum  imperatorum  habeant 
potestatem  »  sur  la  chose  donnée,  si  bien  le  reipublicœ  hac- 
tionarius est  désormais  partout.  —  C'est  la  prise  de  Bari  sur  les 
Sarrasins  (868)  qui  a  décidé  de  l'hégémonie  en  Italie,  aux 
dépens  de  Louis  II,  au  profit  de  Basile  Ier  :   dorénavant,  à 


INTRODUCTION.  xxi 

protéger  l'Italie  contre  les  Sarrasins,  il  n'y  aura  plus  que  le 
basileus,  et  ses  stratèges,  et  ses  drongaires.  En  916,  le  pape 
Jean  X  et  le  roi  Bérenger  Ier  sollicitent  l'aide  de  Constantin 
Porphyrogénète  pour  chasser  les  Arabes  du  Garigliano.  Et  plus 
tard  (962)  Otton  le  Grand,  à  peine  aura-t-il  ceint  à  Rome  la 
couronne  impériale,  ne  pensera  pas  pouvoir  l'assurer  mieux 
qu'en  sollicitant,  pour  son  fils  Otton  II,  la  main  de  la  fille  du 
basileus,  la  princesse  Théophano,  si  bien  le  basileus  est 
maître  et  tuteur  de  la  meilleure  partie  de  l'Italie. 

Rome  seule  y  manquait,  mais  nul  doute  que  de  Basile  Ier  à 
Nicéphore  Phocas  le  monde  byzantin  n'eût  lentement  marché  à 
la  reprise  de  Rome.  Il  y  comptait  encore  à  cette  époque  tardive, 
le  xe-xie  siècle,  une  colonie,  des  églises,  des  couvents  :  Sainte- 
Marie  in  Cosmedin  ou  in  scliola  grœca,  Saint-Georges  au 
Vélabre,  Saint-Mennas,  Saint-Boniface,  Saint-Césaire  in  Palatio, 
Saint-Laurent  hors-les-murs,  Saint-Anastase  ad  aquas  Sahvias, 
Saints-Etienne-et-Silvestre,  Saint-Erasme.  Le  fils  de  Théo- 
phano, le  jour  de  son  couronnement  à  Rome  (mai  996), 
était  acclamé  par  la  foule  en  grec  et  en  latin,  «  hebraice,  grœce 
et  latine  fausta  acclamantibus  ».  Et  un  moment  vint  où  un 
retour  singulier  de  la  politique  put  faire  croire  au  parti  grec 
qu'il  étajt  redevenu  le  maître  des  destinées  de  Rome.  — Otton  II, 
sous  prétexte  de  revendiquer  la  dot  de  Théophano,  avait  envahi 
F  «  Italie  »,  enlevé  Bari,  puis  Tarente,  et  aurait  conquis  la  Calabre 
à  la  suite,  s'il  n'eût  eu  son  armée  taillée  en  pièces  à  Stilo  parle 
stratège  (juillet  982).  Il  était  mort  sous  le  coup  de  cette  défaite 
(décembre  983).  Le  basileus  n'avait  plus  devant  lui  en  Italie 
qu'un  enfant,  Otton  III.  Rome,  lassée  de  la  domination  alle- 
mande, se  constituait  en  respublica  romana,  et  Crescentius, 
patrice  de  cette  nouvelle  république  et  chef  du  parti  romain, 
tournait  si  bien  ses  regards  vers  Constanlinople,  qu'en  mai  997, 
expulsant  le  pape  allemand  Grégoire  V,  il  faisait  élever  sur  le 
siège  pontifical  Jean  XVI,  lequel  était  un  grec,  et  un  grec  de 
Calabre,  et  un  calabrais  de  Rossano,  et  qui  revenait  à  peine 
d'une  ambassade  à  Constanlinople. — Mais  ce  triomphe  du  parti 
romain  et  du  parti  grec  ne  fut  que  d'un  jour,  et  la  revanche 
d'Otton  III  immédiate  et  sanglante.  C'est  à  ce  moment  que 
saint  Nil,  qui,  brouillé  avec  le  Mont-Cassin,  s'était  fixé  à  Gaëte, 


XXII  INTRODUCTION. 

parut  à  Rome.  Peut-être  y  venait-il  pour  suivre  la  fortune  de 
Jean  XVI,  lequel  s'était  ouvert  à  lui  de  ses  desseins  ;  mais  il 
ne  put  qu'intervenir  auprès  de  l'empereur  pour  sauver  la  vie 
de  l'infortuné  pontife.  Et  c'est  une  page  d'histoire  d'une  rare 
noblesse  que  le  récit  de  l'entrevue  d'Otton  III  vainqueur  et  de 
saint  Nil,  celui-ci,  touché  jusqu'aux  larmes  des  paroles  du 
vieillard  et  lui  demandant  en  grâce  de  demeurer  à  Rome,  ou 
seulement  ad  aquas  Salvias,  et  l'autre,  blessé  de  la  duplicité 
du  pape  et  de  l'empereur,  refusant  tout,  et  reprenant  le  chemin 
de  Gaëte  en  disant  fièrement  au  prince  :  «  Je  ne  demande 
qu'une  chose  à  Votre  Royauté,  qui  est  le  salut  de  votre  âme  !  » 
Saint  Nil  pourtant  allait  bientôt  après  revenir,  non  point  à 
Rome,  mais  à  Tusculum,  au  couvent  grec  de  Sainte-Agathe,  où 
il  devait  mourir  (iooo),  et  non  sans  avoir  jeté  les  fonde- 
ments de  ce  qui  de\int  l'abbaye  de  Grotta  Ferrata,  illustre 
et  durable  monument  de  cette  ardeur  de  propagande  que  la 
société  byzantine  portait  si  vivante  en  elle. 


III 

La  fin  du  xe  siècle  et  les  premières  années  du  xie  virent  le 
succès  définitif  du  Saint-Empire,  l'Italie  devenir  germanique  et 
le  basileus  réduit  à  la  Grande-Grèce.  En  Grande-Grèce  même 
bien  des  causes  allaient  rendre  de  plus  en  plus  fragile  l'éta- 
blissement des  Byzantins. 

D'abord  la  lutte  perpétuelle  avec  les  Sarrasins  :  les  chroni- 
ques du  xc  et  du  xie  siècle  ne  mentionnent  que  prises  de  villes 
par  les  Sarrasins,  Reggio  (90 1),  Hagia-Agathi  (922),  Tiriolo 
(930),  Hagia-Kiriaki  (986),  Cassano  (10 1 4  et  io3i),  Bisignano 
(1020),  et  je  ne  parle  pas  de  la  Pouille,  où,  autour  d'Oria 
notamment,  l'alerte  ne  cesse, pas.  Et  partout  la  lutte  avec  ces 
corsaires  (car  ils  courent  le  pays  et  ne  s'y  établissent  pas)  est 
sanglante  et  ruineuse  :  «  Fuit  excidium  Tarent!  [a.  927]  et 
perempti  sunt  omnes  viriliter  pugnando,  reliqui  vero  deportati 

suntin  Africam  Sarraceni  comprehenderunt  sanctam  Chiriachi 

civitatem  [a.  986],  et  dissipaverunt  Calabriam. . ..  »  Et  ainsi  du 


INTRODUCTION.  xxui 

reste  de  la  chronique  de  Lupus.  L'auteur  de  la  V ie  de  saint  Nil 
fait  gloire  à  Rossano  d'être  la  première  cité  de  Calabre  : 
Pourquoi?  C'est  que,  et  tandis  que  toutes  les  autres  tombent 
tour  à  tour  aux  mains  des  Sarrasins,  seule  elle  leur  échappe 
grâce  à  la  protection  miraculeuse  et  toute  spéciale  de  laPanagia. 
—  En  second  lieu,  le  basileus  était  dans  son  propre  dominium 
un  souverain  étranger  et  détesté.  Les  reipublicœ  hactionarii 
étaient  d'une  cupidité  et  d'une  dureté  intolérables  :  qu'on  se 
rappelle  ce  jtidex  Italiœ  et  Calabriœ  à  qui  saint  Nil  refuse  de 
faire  aucun  présent,  et  ce  qui  s'ensuit.  En  Calabre,  où  la  popu- 
lation est  grecque,  on  voit,  en  921,  tout  le  pays  se  soulever 
contre  le  stratège  Jean  Muzalon,  et  se  donner  à  Landolphe, 
prince  de  Capoue.  En  Langobardie,  où  tout  est  latin,  où  les 
municipes  ont  gardé  leurs  gastaldi  et  leurs  bajuli  latins,  les 
juges  le  droit  lombard,  le  clergé  le  rite  latin  et  l'obédience  à 
Rome,  et  dont  Luitprand  pouvait  dire  à  Nicépbore  Phocas, 
«  Terram  quam  impcrii  tui  esse  narras,  gens  incola  et  lingua 
italici  regni  esse  déclarât  »,  l'animosité  contre  les  Grecs  était 
universelle.  Pour  tout  éloge  de  l'évêque  Bizantius  (~[  io35), 
l'Anonyme  de  Bari  disait  :  «  Fuit  piissimus  pater  orfanorum, 
atque  terribilis  et  sine  metu  contra  omnes  Groecos  ».  De  là,  au 
xie  siècle,  les  continuelles  insurrections  de  Conterait  ;  de  là 
l'insurrection  de  Mélo  (-j-  1020),  encouragée  par  le  pape 
Benoît  VIII  et  par  l'empereur  Henri  II;  et,  lorsque  le  catapan 
ne  suffisant  plus  à  assurer  sa  frontière  du  nord,  eut  dû  prendre 
des  Normands  au  service  de  l'empire  et  leur  confier  la  garde 
de  Melfi  et  de  Troia,  de  là  l'attitude  d'Arduin  leur  chef,  lequel, 
«  feignant  qu'il  estoit  dolent  de  la  grévance  »  que  les  gens  de 
Langobardie  «  souffroient  de  la  seignorie  de  li  Grex,  lor  pro- 
meltoit  de  vouloir  fatiguier  et  travailler  pour  lor  délibération». 

On  sait  comment  les  Normands  se  mirent,  en  iozji,  à 
«  fatiguier  »  pour  cette  bonne  œuvre,  et  comment,  en  io6r, 
ils  avaient  donné  congé  à  la  dernière  garnison  impériale  qui 
tint  encore  en  Grande-Grèce.  Je  n'ai  pas  à  entrer  dans  le  détail 
de  cette  conquête,  que  l'on  trouvera  dans  Les  Normands  en 
Italie  de  Delarc  :  je  voudrais  seulement  marquer  les  consé- 
quences qu'elle  eut  pour  nos  Grecs  de  la  Calabre  et  de  la  Terre 
d'Otrante. 


* 


XXIY  INTRODUCTION. 

Les  Normands  arrivaient  avec  un  droit  public  nouveau  pour 
le  pays,  le  feudalisme,  un  droit  privé  nouveau  aussi,  la  cou- 
tume normande,  et,  par-dessus  tout,  un  régime  ecclésiastique 
non  moins  nouveau,  celui  de  l'investiture  par  le  prince  en  même 
temps  que  de  l'obédience  au  pape.  Ce  dernier  point  était  parti- 
culièrement formel  et  menaçant.  Que  Ton  se  rappelle  les 
termes  du  serment  de  Melfi  (105g)  qui  faisait  du  duc  de'Pouille 
et  de  Calabre  le  ligius  homo  du  pape,  et  ce  au  moment  où  le 
siège  de  Constantinople  s'appliquait  à  marquer  avec  tant  d'â- 
preté  et  d'éclat  sa  séparation  d'avec  celui  de  Rome,  où  le  pa- 
triarche Michel  Cérulaire  excommuniait  les  légats  de  Léon  IX, 
et  où  l'évêque  d'Otrante  était  des  premiers  à  souscrire  à  cette 
sentence,  engageant  solennellement  avec  lui  tout  le  clergé  grec 
de  Grande-Grèce. 

La  politique  souple  et  «  réelle  »  des  Normands  trancha  les 
mille  nœuds  dé  cette  situation.  Ils  conçurent  du  premier  coup 
ce  que  devait  être  le  gouvernement  d'un  pays  qui  était,  et  qu'ils 
voulurent  voir  rester  lombard,  grec  et  arabe.  Normands,  ils 
laissèrent  aux  uns  et  aux  autres  leurs  coutumes,  et,  pour  ne 
citer  que  cet  exemple,  les  Grecs  continuèrent  de  se  marier 
«  alla  grichisca  ».  Féodaux,  ils  distribuèrent  le  pays  en  fiefs; 
mais  les  villes  ou  castra,  devenues  des  communes,  gardèrent 
leurs  institutions  antérieures,  et  nous  y  rencontrerons  jus- 
qu'au xmc  siècle  les  archontes  décorés  des  noms  sonores  de 
catapans,  d'exarques,  de  stratèges  et  de  sénateurs,  et  jusqu'à 
la  persistance  du  vieux  nom  de  thème.  Je  ne  croirais  pas  que 
la  propriété  et  la  fortune  des  Grecs  aient  souffert  du  change- 
ment de  régime,  et  que  les  barons  normands  aient  été  autre- 
ment durs  que  les  hactionarii  impériaux.  —  Les  églises  furent 
plus  éprouvées  :  en  moins  de  trente  années,  Tarente,  Otrante, 
Santa  Severina,  Reggio,  c'est-à-dire  les  quatre  églises  métro- 
politaines, et,  parmi  les  suffragantes,  Cassano,  Bisignano, 
Cerenzia,  Umbriatico,  Isola,  Nicastro,  Tropea,  furent  latinisées 
et  de  personnel  et  de  rite;  sans  parler  des  deux  sièges  nouveaux 
et  normands  de  Mileto  et  de  San  Marco.  Mais  cette  latinisation 
rapide,  comme  elle  fut  exécutée  à  coup  sur!  A  Squillace, 
l'évêque  grec  Théodore  Mesimerios,  un  bilingue,  étant  mort 
(1096),  le  siège  est  latinisé,  et  la  charte  de  Roger  s'en  exprime 


INTRODUCTION. 


XXV 


ainsi  :  «  Ego  Rogerius,  Siciliœ  cornes  et  Calabriae,  ingemiscens 
quod  in  tam  nobili  civitate,  ubi  tôt  sunt  Christicolœ,  ubi  tanta 
viget  ISormandorum  copia,  pontificalis  et  latina  nondum  extiterat 
ecclesia...,  quoniam  in  curia  nostra  Squillacensis  ecclesia  sic 

muta  erat,  sic  inntilis  erat...,  sic  a  laudibus  divinis  tacita  » 

Et  il  fonde  un  chapitre,  et  il  dote  l'église,  et  il  installe  un 
évêque.  Remarquez  bien  le  considérant  ubi  tanta  viget  Norman- 
dorum  copia.  Là,  en  effet,  où  les  Grecs  étaient  en  nombre,  le 
clergé  resta  grec  :  ainsi  à  Bova,  à  Gerace,  à  Crotone,  à  Ros- 
sano,  etc.  Et  même  en  maint  endroit  où  l'évêque  était  désor- 
mais latin,  on  laissa  subsister  comme  des  chorévêques  grecs, 
ayant  juridiction  simplement  personnelle  :  ainsi  à  Stilo,  à 
Oppido,  à  Paléocastro.  Puis,  le  nouveau  régime  définitivement 
assis,  la  cour  ne  mit  plus  aucune  différence  entre  les  prélats  de 
rite  grec  et  les  prélats  de  rite  latin.  —  Quant  aux  moines,  le 
droit  féodal,  en  leur  reconnaissant  la  faculté  de  posséder,  allait 
modifier  profondément  leur  établissement.  On  peut  avancer 
que  tout  ce  que  le  monacbisme  détenait  de  biens-fonds,  sous  le 
régime  précaire  qui  était  le  seul  dont  il  fut  capable,  tout  dis- 
parut à  la  conquête  normande  :  au  Mont-Cassin  échut  Saint- 
Pierre  de  Tarente;  à  la  Sainte-Trinité  de  Yenosa,  Saint-Nicolas 
de  Morban;  à  La  Cava,  Sainte-Marie  de  Kur-Zosimo,  Saint- 
Georges  de  Piscopio,  Sainte-Marie  de  Pertusia,  Saint-Pierre  de 
Bragalla,  Saint-Adrien  deRossano.  La  Sainte-Trinité  de  Mileto, 
fondée  en  1081  par  Roger,  fut  dotée  d'églises  et  de  couvents 
sis  à  Gerace,  à  Paléocastro,  à  Stilo,  à  Squillace,  autant  d'an- 
ciennes fondations  byzantines.  Mais,  cette  «  liquidation  »  une 
fois  ainsi  faite  au  profit  du  monachisme  latin,  le  patrimoine  du 
monacbisme  grec  se  reforma  ;  il  se  reforma  sur  un  base  juridique 
nouvelle,  qui  allait  lui  permettre  un  développement  qu'il 
n'avait  jamais  connu  auparavant;  ce  sera  l'histoire  des  grandes 
fondations  basiliennes  du  commencement  du  xiie  siècle.  —  Les 
Grecs  de  Calabre  et  de  Pouille  purent  ainsi  continuer  à  vivre 
avec  leur  coutume,  leurs  franchises,  leur  culte,  leur  langue. 
Restait  Rome.  Mais  tous  les  griefs  de  Rome  contre  les  Grecs  se 
renfermaient  dans  une  question  d'investiture  :  ni  au  concile 
de  Melfi,  en  io5(),  ni  même  au  concile  de  Bari,  en  1099,  ni 
dans  les  divers  séjours  de  papes  en  pays  normand,  nulle  part 

c 


xxvi  INTRODUCTION. 

ne  fut  soulevée  la  question  des  azimes,  ou  du  samedi,  ou  du 
célibat  ecclésiastique.  Au  surplus  les  Grecs  ne  devaient  con- 
naître de  Rome  que  son  légat  a  latere,  et  ce  légat  était  Robert 
Guiscard  lui-même,  et  après  lui  les  Roger. 

On  vit  mieux  encore,  et  une  fois  de  plus  Grœcia  capta  fer  uni 
victorem  cœpit.  On  vit  les  fils  des  Hauteville  helléniser  et  le  nou- 
veau dux  Apuliœ,  Calabriœ  et  Siciliœse  donner  pour  successeur 
régulier  d'Argyros.  Le  basileus  lui-même  (c'était  le  faible 
Michel  VII)  s'y  prêta,  pensant  ressaisir  ainsi  une  ombre  de  ses 
anciens  droits  sur  l'Italie  méridionale  :  en  1077,  il  alla  jusqu'à 
solliciter  pour  son  fils  Constantin  la  main  de  la  fille  de  Robert 
Guiscard.  Et  peu  après,  Constantin  VII  détrôné  et  sa  suc- 
cession ouverte,  Robert  Guiscard  appareilla  vers  Constanti- 
nople,  «  versus  Romaniam  animum  intendens  »  (le  mot  est  de 
Geoffroy  Malaterra),  c'est-à-dire  aspirant  à  monter  en  personne 
sur  le  trône  impérial  à  la  façon  d'un  général  byzantin,  d'un 
Nicéphore  Botoniate  (1078)  ou  d'un  Alexis  Comnène  (1081).  — 
Robert  Guiscard  mourut  en  route  :  Boëmond,  son  fils,  fut  du 
moins  prince  d'Antioche  en  même  temps  que  de  Tarente  ;  et 
le  grand-comte  Roger,  son  frère,  comme  plus  tard  le  roi 
Roger,  son  neveu,  dans  la  pompe  toute  byzantine  de  la  cour 
de  Palerme,  ne  renoncèrent  jamais  à  l'espoir  de  conquérir 
la  Romania.  La  monarchie  normande  eut  une  flotte  grecque 
commandée  par  des  amiraux  grecs.  Elle  eut  une  chancellerie 
grecque,  empruntant  à  Byzance  le  protocole  de  ses  actes,  — 
Poyéptoç  êv  Xpcenroi  tw  0ew  eùtyeêYjç  xpaxacoç  prjç  xal  xPt<7Ttav&v  êorjOo;,  etc. 
—  comme  aussi  le  dessin  et  la  légende  de  ses  sceaux  et  de  ses 
monnaies.  Elle  eut,  à  côté  même  de  ses  troubadours,  des  poètes 
grecs  :  tel  cet  Eugène,  qui  célébrait  en  vers  politiques  les 
vergers  fleuris  de  Palerme  : 

Eî<r\  7iap'  r\\j.Xv  èv  IIavop[X(p  fî)  tcoXsc 
IlXecaTwv  cpuTôiv  oévSptov  xs  xapiu^wv  yévv) 
Ko»  TravToSxrcàiv  àvOéœv  7to)ar/p6tov. 

et  le  roi  Roger,  entouré  de  ses  évêques  latins,  sous  le  feu  des 
mosaïques  byzantines  de  sa  chapelle  palatine,  put  entendre 
des  prélats  grecs  de  son  royaume  le  prêcher  en  grec,  et  le 
saluer  du  nom  d'eùaeê/,;  poiGileùç  et  de  «  majesté  impériale  ».  — 


INTRODUCTION. 


XXVII 


Un  moment  vint  même,  c'était  vers  n43,  où  la  cour  de  Pa- 
ïenne sembla  assez  pénétrée  par  l'esprit  grec  pour  que  le 
patriarche  de  Constantinople  pût  espérer  obtenir  du  roi  Roger 
qu'il  lui  restituerait  la  juridiction  des  églises  de  Sicile,  de 
Calabre  et  de  Pouille.  Etait-ce  le  vœu  secret  du  clergé  grec  du 
royaume  ?  On  peut  le  penser.  Une  négociation  fut  entamée,  et 
il  nous  en  reste  le  mémoire  Sur  les  cinq  patriarcats,  rédigé 
par  le  «  protoproèdre  des  protosyncelles  »  de  Constantinople 
Nil  Doxapatri.  Nil,  qui  était  un  orateur  disert  et  un  légiste, 
s'appliqua  à  démontrer  que  Rome  était  un  siège  de  même 
ordre  que  les  quatre  autres  sièges  patriarcaux  de  la  chré- 
tienté, l'Eglise  étant  un  corps  dont  le  Christ  était  le  chef  et  les 
cinq  patriarches  les  cinq  sens.  Mais  quoi!  pouvait-il  penser 
que  le  roi-légat  s'accommoderait  jamais  de  ce  gallicanisme 
byzantin? 

On  comprend  maintenant  que  la  conquête  normande,  loin 
d'étouffer  l'hellénisme  de  la  Grande-Grèce,  ait  été  au  contraire 
pour  lui  l'occasion  d'une  renaissance,  et  lui  ait  procuré  deux 
siècles  d'une  vie  intense  encore  et  très  largement  nationale.  Il 
me  reste  à  en  déterminer  les  principaux  foyers. 

f 

IV 

Tarente  est  entre  toutes  une  ville  latine  :  le  cartulaire  du 
couvent  de  Saint-Pierre,  lequel  est  devenu  un  prieuré  de  La 
("a va,  enregistre  cependant  des  actes  de  donation  rédigés  en 
grec  par  des  Grecs  de  Tarente,  jusqu'en  1228.  A  Lecce,  ville 
latine,  on  trouve  des  clercs  grecs  encore  en  i3i3.  A  Brindisi, 
sous  Charles  II  d'Anjou,  la  municipalité  demande  l'institution 
d'un  notaire  grec,  «  parce  que  nombre  d'habitants  de  la  ville  se 
servent  du  grec  dans  leurs*  contrats  »  ;  et  en  1369,  l'archevêque 
recourt  à  la  reine  Jeanne  pour  réduire  des  prêtres  grecs  établis 
dans  la  cité  et  qu'il  accuse  d'être  «  ignorants,  de  condition  vile, 
de  réputation  détestable,  et  uniquement  occupés  de  négoce  ». 
—  Au  sud  de  Lecce,  le  pays  est  tout  grec.  Citons  Soleto  que 
nous  retrouverons  plus  loin,  Aradeo  où  l'église  gardait  encore 


xxvm  INTRODUCTION. 

trace  de  fresques  byzantines  au  siècle  dernier,  Nolia  où  à  pa- 
reille date  on  lisait  encore  des  inscriptions  grecques  de  l'époque 
normande,  Fulciniano,  Taurisano  et  Cerrate  où  Ton  en  voit 
encore,  Zollino  dont  nous  avons  un  diplôme  grec  de  i4oi, 
Galatone  où  Bessarion  prit  le  secrétaire  qui  raccompagnait  au 
concile  de  Florence,  Altiste,  San-Cesario,  Calimera,  San-Pietro 
in  Galatina,  Maglie,  etc.  San-Stefano  enfin  (près  de  Vaste),  où 
M.  de  Simone  a  relevé  Tépitaphe  grecque  d'un  prêtre  d'Antio- 
che.  — Gallipoli  était  évêché  grec  :  au  xiie  siècle,  on  y  comptait 
au  moins  trois  églises  grecques  distinctes  de  la  cathédrale,  et 
un  monastère  grec  (Saint-Maur  in  anaphorario),  dont  on  voit 
encore  l'église  décorée  de  fresques  et  d'inscriptions  byzantines; 
au  xme  siècle,  les  diplômes  grecs  y  parlent  d'un  exarque,  de 
juges,  de  notaires,  de  tabellions,  de  maîtres  d'école,  de  clercs, 
tous  grecs  de  langue  et  de  noms;  en  i32p,  l'évêque  était  un 
basilien  de  Saint-Nicolas  de  Calamizi;  en  i33i,  un  basilien  du 
Saint-Sauveur  de  Messine.  Le  rite  ne  devait  être  latinisé 
qu'après  ce  dernier.  Nardo  avait  été  à  la  fin  du  xic  siècle,  sem- 
ble-t-il,  siège  d'un  chorévêque  grec;  en  1262,  un  visiteur 
apostolique  envoyé  par  Clément  IV  en  écrivait  «  tanta  se  hilari- 
tate  perfusum,  ut  in  Graeciam  transfretasse  videretur  »  ;  l'usage 
du  rite  grec  s'y  maintiendra  jusqu'au  xvie  siècle. 

En  Terre  d'Otrante  les  monastères  de  saint  Basile  s'étaient 
multipliés.  Le  Liber  taxarum  cite  un  monastère  à  Patù  ;  deux 
près  de  Lecce,  Sainte -Marie  de  Ferrât is  et  Sainte-Marie  de 
Cantataedri;  Sainte-Marie  de  Lovito,  près  d'Alessano;  Saints- 
Pierre-et- André  de  insula ,  Sainte-Marie  de  Calzano ,  San- 
Vito,  pourTarente;  Saint-Nicolas  de  Casole,  pour  Otrante.  — 
San-Vito  del  Pizzo  paraît  avoir  été  à  l'origine  une  colonie  de 
moines  venus  d'Orient  et  établis  en  11 17  par  Raynald  arche- 
vêque de  Tarente  :  c'étaient  peut-être  des  moines  venus  de 
Syrie  à  l'époque  de  Boëmond  II,  quand  Tarente  avait  avec 
Antioche  les  relations  que  l'on  sait.  En  1267,  le  Saint-Siège 
fera  de  San-Vito  un  prieuré  de  Casole.  — De  tous  les  couvents  de 
l'Otrantin,  Saint-Nicolas  de  Casole  est  de  beaucoup  le  premier. 
Il  date  de  1099,  et  est  une  fondation  de  Boëmond  :  doté  et 
privilégié  par  les  deux  Boëmond,  puis  par  le  roi  Roger,  les  deux 
Guillaume  et  Frédéric  II,  immédiatement  sujet  du  Saint-Siège, 


INTRODUCTION.  xxix 

Saint-Nicolas  est  la  plus  riche  abbaye  grecque  de.;  l'Italie  méri- 
dionale (le  Saint-Sauveur  excepté).  Quatre  de  ses  premiers  higou- 
mènes  sont  saints,  Joseph  (-J- 1 12  7),  Victor  (-j- 1 1 53),  Nicolas  (-[- 1 190), 
Hilarion  (-j-  1201);  le  septième  est  un  poète,  Nectarios  (-J-I235). 
Un  poète!  Il  semble  que  ce  soit  le  privilège  de  ce  coin  de  terre 
de  les  produire.  Nous  avions  eu  Marc  d'Otrante  au  vine  siècle. 
Au  xme  nous  avons  Jean  d'Otrante,  un  paatXixèç  ypa^aTcxoç,  et 
Georges  de  Gallipoli,  un  x«pToçOXa5,  qui  célébreront  en  vers 
politiques  les  hauts  faits  de  Frédéric  II.  Pour  le  xne,  voici 
Nectarios  de  Casole  et  Jean  Grassos,  son  disciple.  Saint-Nicolas 
de  Casole  restera  jusqu'à  la  fin  (il  fut  détruit  par  les  Turcs 
en  1 48 1  )  une  abbaye  littéraire,  la  plus  littéraire  de  toutes  les 
abbayes  basiliennes  :  on  y  lisait  Aristote  et  Aristophane,  on  y 
copiait  Callisthène  et  Quintus  de  Smyrne.  Galateo,  qui  l'avait 
vue  debout,  en  faisait  cet  éloge  souvent  cité  :  «  Hic  monacho- 
rum  magni  Basilii  turba  convivebat  :  hi  omni  veneratione  digni, 
omnes  literis  grœcis  et  plerique  latinis  instructi,  optimum  sui 
prœbebant  spectaculum.  Quicumque  grœcis  literis  operam  dare 
cupiebant,  iis  maxima  pars  victus,  prreceptor,  domicilium,  sine 
aliqua  mercede  donabatur  :  sic  res  graeca,  quœ  quotidie  rétro 
labitur,  sustinebatur  ». 

Enfre  la  principauté  de  Tarente  et  le  duché  de  Calabre,  clair- 
semées et  comme  égarées  au  midi  de  Salerne,  voici  un  groupe 
de  localités  grecques.  C'est  Saint- Jean  de  Piro,  riche  abbaye  qui 
possède  des  grangie  à  Policastro,  à  Sapri,  à  Torraca,  à  Rivello, 
à  Maratea,  à  Trecchina,  et  qui  sera  un  jour  commende  de  Bessa- 
rion  :  il  est  vrai  qu'à  cette  époque  moines  et  tenanciers  auront 
depuis  longtemps  cessé  d'être  grecs,  «  monaci  graeci  penitus 
defecerunt  ac  paucissimi  graeci  in  partibus  illis  reperiuntur  »,  dit 
une  bulle  de  Sixte  IV  (  1 47^).  C'est  un  peu  plus  au  nord,  dans 
le  Valdi  Mingara,  un  prieuré  uni  à  Grotta  Ferrata,  Sainte-Marie 
de  Rofrano,  avec  des  grangie  à  Laurino  (S.  M.  de  vitis),  à 
Diano,  à  Montesano,  à  Campora,  à  Sanza,  à  Sassano.  C'est,  plus 
à  l'est,  dans  la  vallée  de  l'Agri  et  sur  le  versant  du  golfe  de  Ta- 
rente, Carbone  dont  l'abbaye  nous  arrêtera  plus  tard,  et  autour  de 
Carbone  plusieurs  localités  grecques,  Episcopia,  par  exemple  : 
plus  près  de  la  mer,  Albidona,  Oriolo,  Cerchiara;  et  enfin,  plus  à 
l'ouest,  Ajcta.  La  grécité  de  ces  petits  bourgs  nous  est  attestée 


xxx  INTRODUCTION. 

par  des  diplômes  du  xue  siècle  et  du  commencement,  du  xme, 
mais  il  ne  paraît  pas  qu'elle  y  ait  persisté  beaucoup  au  delà  de 
cette  période. 

Le  cœur  de  la  Sila,  séduisante  retraite  pour  des  moines,  avec 
ses  gorges  sauvages  et  ses  impénétrables  forêts,  n'a  cependant 
pas  attiré  les  moines  grecs  dans  ses  solitudes.  C'est  un  latin,  le 
bienheureux  Joachim  (-j-  1202)  qui  conquerra  ce  désert,  en  y 
fondant  San-Giovanni  in  Fior,  et  en  y  instituant  Tordre  de  Flore. 
Mais  sur  le  revers  de  la  Sila  les  Grecs  sont  pour  longtemps 
solidement  assis.  Santa  -  Severina ,  comme  elle  s'appelle  dès 
lors,  siège  trop  important  pour  n'être  pas  donné  aux  Latins, 
restera  une  cité  grecque  cependant  :  dans  le  propre  chartrier 
de  Flore  on  trouve  mentionnés,  dans  des  diplômes  grecs  du 
xme  siècle,  lé  primicier  de  l'église  métropolitaine,  le  grand 
protopapas,  l'exarque,  les  tabellions,  les  juges  de  Santa-Sevf- 
rina,  tous  grecs. 

Cerenzia,  qui  eut  pour  premiers  évêques  latins  des  disciples 
de  Joachim  de  Flore,  aura  cependant  jusqu'au  commencement 
du  xnie  siècle  des  notaires  et  des  tabellions  grecs.  Umbriatico, 
encore  au  xme  siècle,  a  au  moins  une  paroisse  grecque  et  des 
tabellions  grecs.  A  Isola,  l'abbaye  du  Patir  possédera  un 
prieuré,  Saint-Constantin.  Aux  environs  de  Cantazaro,  je  relève 
les  localités  grecques  de  Tiriolo,  Maïda,  Amato,  Rocca-Felluca, 
Cropani,  Simeri,  et  à  Catanzaro  même  une  communauté  grecque 
assez  considérable  pour  avoir  encore  au  début  du  xive  siècle  son 
tabellion  et  son  protopapas.  Le  siège  de  San-Leone,  supprimé 
en  1 571 ,  avait  pour  titulaire  en  i3^g  un  basilien  du  couvent  de 
Saint-Nicolas  de  Flagiario  (Nicastro).  Taberna  était  grec, 
témoin  ce  «  fils  du  prêtre  Basile  de  Taberna  » ,  qui  figure  dans 
un  diplôme  de  1242.  Mais  deux  villes  seront  surtout  réfractaires 
à  la  latinisation  :  Crotone  et  Rossano. 

Crotone  avait,  au  xmc  siècle  encore,  un  chapitre,  un  évêque 
grec,  des  tabellions  et  des  juges  grecs,  enfin,  à  la  tête  du  muni- 
cipe,  un  catapan.  En  12 17,  Jean  évêque  grec  de  Crotone  était 
envoyé  par  Honorius  III  à  la  cour  de  Théodore  Ange  Comnène, 
en  Épire,  pour  négocier  la  mise  en  liberté  du  légat  Jean  Co- 
lonna  ;  son  successeur  était  par  le  même  pape  chargé  de  visiter 
et  de  réformer  les  abbayes  basiliennes  des  Calabres;  et  l'évêque 


INTRODUCTION.  xxxi 

qui  lui  succède  (ce  sera  le  dernier  évêque  grec  de  Crotone), 
Nicolas  de  Durazzo,  «  in  latina  et  grœca  lingua  peritus  », 
sera  en  1261  envoyé  par  Alexandre  IV  comme  légat  de  la  cour 
des  Paléologues. 

Rossano,  élevé  seul  de  tous  les  sièges  grecs  subsistants  au 
rang  d'archevêché  (sans  suffragances),  était  comme  la  primatiale 
de  tout  ce  qu'il  y  avait  encore  d'églises  grecques  clans  le  duché 
normand  de  Calabre.  Le  chapitre  y  était  grec,  comme  le  municipal 
Les  archevêques  l'étaient  aussi.  En  iio5,  c'est  Nicolas  Maléinos, 
un  survivant  de  l'aristocratie  byzantine  (en  1093  nous  trouvons 
un  Maléinos  qualifié  de  protospathaire  dans  un  diplôme  de 
Stilo),  et  d'une  aristocratie  encore  riche  et  puissante.  En  1167, 
une  donation  faite  par  Jean,  archevêque  de  Rossano,  à  l'abbaye 
de  Saint-Jean  de  Calovito,  porte  la  souscription  grecque  de 
vingt  et  un  clercs  du  chapitre,  parmi  lesquels  un  Michel  Maléinos 
diacre.  En  1193,  l'archevêque,  Cosmas,  sera  pris  au  Patir  dont 
il  est  abbé,  et  recevra  la  visite  solennelle  de  Tancrède  venant 
faire  ses  dévotions  à  la  Panagia  achéropite  de  la  cathédrale  ;  en 
1240,  ce  sera  un  basilien  de  Bordonaro;  en  ia55,  un  basilien  de 
Carbone;  en  i3o7,  un  basilien  de  Saint- Adrien.  Le  dernier 
titulaire  grec  siégera  de  1 348  à  1 364- — Mais  de  tous  ces  prélats 
grecs  de  race  et  grecs  de  rite,  un  surtout  est  à  retenir,  qui  se 
trouve  être  en  même  temps  l'unique  représentant  de  l'élo- 
quence grecque  au  xne  siècle,  Théophane  Cérameus.  C'est  bien 
en  effet  à  Rossano  qu'il  appartient,  ce  point  a  été  établi  par 
Mgr  Lancia  di  Brolo  dans  sa  remarquable  Histoire  de  V Eglise 
de  Sicile.  Nous  avons  de  Théophane  un  recueil  de  soixante-deux 
homélies,  d'une  grécité  élégante,  d'une  composition  habile, 
d'une  éloquence  ingénieuse  et  parfois  émue,  d'une  érudition 
toute  grecque,  et  d'une  clarté  toute  latine.  Dans  le  nombre  il 
s'en  trouve  une  prononcée  dans  la  Cattolica  de  Reggio,  une 
dans  l'église  du  Saint-Sauveur  de  Messine,  une  à  Taormina, 
d'autres  dans  la  cathédrale  de  Palerme  ou  dans  l'église  Saint- 
Étienne  de  Palerme,  d'autres  dans  la  chapelle  palatine  de  Pa- 
lerme, le  reste  dans  la  cathédrale  de  Rossano.  Il  y  en  a  une 
bien  curieuse  (la  55e),  pour  les  compliments  qu'il  y  adresse  au 
roi  Roger  présent  à  l'office,  et  pour  la  description  qu'il  y  fait  de 
la  chapelle  palatine  et  de  ses  mosaïques.  Et  je  ne  veux  pas 


xxxn  INTRODUCTION. 

oublier  celles  (la  iie  et  la  nc)  où  Tliéophane  mentionne  en 
termes  exprès  la  madone  achèropite  de  sa  cathédrale. 

Dans  la  grécité  de  l'Aspromonte  la  latinité  avait  fait  brèche 
de  toute  part,  les  Bénédictins  étaient  à  Mileto,  saint  Bruno 
i-f  i  ioi)et  ses  compagnons  dans  le  diocèse  de  Squillace.  A  Reg- 
gio,  en  1090,  on  avait  vu  saint  Bruno  élu  archevêque  par  le 
chapitre,  preuve  que  le  clergé  était  latin  :  mais  les  Grecs  y  for- 
maient cependant  une  communauté  assez  consistante  pour  y 
garder  jusqu'au  xuie  siècle  leur  prêtres,  leurs  juges  et  leurs 
notaires.  Autour  de  Reggio  la  grécité  était  au  contraire  très 
compacte:  Pentedattilo ,  Cardeto,  Santa-Agata,  Leucopetra 
étaient  des  localités  grecques.  Bova  était  un  siège  épiscopal  grec, 
et  le  restera  jusqu'au  xvie  siècle  :  les  actes  d'un  synode  diocésain 
tenu  à  Bova  à  la  fin  du  xvne  siècle  nous  apprennent  qu'on  y 
comptait  encore  cinq  grandes  paroisses  grecques,  chacune  avec  un 
protopapas.  —  Sur  la  côte  tyrrhénienne,  Seminara  était  peuplée 
exclusivement  de  Grecs  au  xne  siècle,  et  dut  le  rester  longtemps 
encore.  A  Nicotera  et  à  Tropea,  l'église  avait  passé,  dès  la  con- 
quête normande,  au  rite  latin,  mais  jusqu'au  xme  siècle  nous  y 
trouvons  des  protopapas  et  des  tabellions  grecs.  A  Vibo,  encore 
en  1283,  le  clergé  et  la  municipalité  étaient  grecs.  L'abbaye 
bénédictine  de  Mileto  était  obligée  d'entretenir  un  protopapas 
et  un  tabellion  grec,  encore  auxine  siècle.  L'évêque  de  Squillace 
(un  siège  qui  avait  passé  au  rite  latin,  dès  le  début)  était  lui  aussi 
tenu  d'avoir  au  xme  siècle  un  tabellion  grec,  et  une  partie  de  son 
clergé  était  de  rite  grec;  en  ia44?  nous  y  trouvons  un  «  baioul  » 
grec. —  Puis,  au  sud  de  Squillace,  toute  la  côte  était  grecque  : 
Stilo,  qui  était  ou  avait  été  un  temps  siège  d'un  évêque  grec  ; 
Oppido,  qui  l'était  encore  en  i3oi,  où  l'évêque  est  chargé  par 
Charles  II  d'Anjou  de  traduire  en  latin  quelques  livres  de  méde- 
cine et  reçoit  quatre  once  d'or  pour  sa  peine  et  une  pour  son 
copiste;  et  encore  en  1 349»  ou  ^e  titulaire  est  un  basilien  de 
Sainte-Marie  de  Tireto;  tout  près  d'Oppido,  la  petite  ville 
de  Sainte-Christine;  sur  la  côte,  Paléocastro  (Caulonia)  ;  mais 
surtout  Gerace  (Hagia-Kiriaki) ,  qui,  au  xme  siècle  encore , 
avait  tout  son  clergé  grec,  et  sa  municipalité  présidée  par  un 
«  stratège  ».  A  Gerace,  l'évéché  restera  aux  Grecs  jusqu'à  la  fin  du 
xv(;  siècle.  Je  relève  dans  le  catalogue  épiscopal  les  noms,  en 


INTRODUCTION. 


XXXIM 


ia53,  d'un  basilien  de  Sainte-Marie  de  Gala;  en  1260,  d'un 
basilien  de  Saint-Nicodème  de  Mammola  ;  en  1279,  d'un  basilien 
de  Saint-Philarète  de  Seminara  ;  en  i3i2,  d'un  basilien  de 
Saint-Philippe  de  Gerace;  en  i348,  d'un  Grec  de  Constantinople 
nommé  Siméon,  et  enfin,  après  plusieurs  autres,  d'Athanase 
Chalkéopylos  (1472- 1497),  dernier  évêque  grec,  lui  aussi  ori- 
ginaire de  Constantinople  et  ex-abbé  du  Patir. 

Bova,  Oppido,  Gerace,  Stilo  étaient  ainsi  les  quatre  grands 
centres  de  population  grecque  dans  l'Aspromonte,  centres 
autour  desquels  s'était  développé  le  groupe  le  plus  nombreux 
de  fondations  monastiques  grecques  que  nous  rencontrions  dans 
la  Grande-Grèce  normande.  Autour  de  Bova,  c'étaient  les 
abbayes  ou  prieurés  de  Sainte-Marie  de  Tireto,  de  Saint-Jean 
de  Castaneto,  de  Saint-Nicolas  de  Calamizi,  de  Sainte-Marie 
de  Trapezometa,  de  Saint-Michel  de  valle  Tuchi,  du  Saint- 
Sauveur  de  Calamano.  Autour  d'Oppido,  Saint-Pancrace  de 
Scilla,  Saint-Philarète  de  Seminara,  Saint- Barthélémy  de 
Trigona,  Saint- Jean  de  Lauro ,  Saint-Pierre  d'Arena,  Saint- 
Fantin  de  Seminara,  Saint-Elie  de  Calatio,  Saints-Pierre- et 
Paul  de  Ciano,  Saint-Onuphre  del  C/iao,  Saint-Laurent  d'Arena, 
Saint-Elie  de  Melicucca,  Sainte-Marie  de  Rovito,  Saint-Nicolas 
de  Droéi.  Autour  de  Gerace,  Saint-Philippe  de  Gerace,  Saint- 
Nicodème  de  Mammola,  Saint-Biaise  de  Mammola,  Sainte- 
Marie  de  Popsi.  Dans  la  région  de  Stilo  et  de  Squillace,  Saint- 
Jean  de  Stilo,  Saint-Grégoire  de  Staletti,  Sainte-Marie  de  vetere 
Squillacio,  Saint-Nicolas  de  Magliotis,  Sainte-Marie  de  Carra. 
Cette  liste  est  bien  incomplète.  —  Tous  ces  monastères  étaient 
loin  d'avoir  la  même  importance.  Le  Liber  censuum,  à  la  fin 
du  xnc  siècle,  ne  retient  que  Sainte-Marie  de  Carra,  qui,  décorée 
du  privilège  de  l'immédiateté  par  Alexandre  II,  paie  à  l'Eglise 
romaine  un  cens  de  «  I  marabotinum  ».  Saint-Grégoire  de 
Staletti  et  Sainte-Marie  de  vetei^e  Squillacio  (la  Roccelletta) 
étaient  deux  humbles  couvents  ressortissant  à  l'évêque  de 
Squillace,  mais  qui  revendiquaient  l'honneur  d'être  la  survi- 
vance, qui  du  monasterium  Castellense,  qui  du  monasterium 
Vivariense  de  Cassiodore.  Saint-Jean  de  Stilo  ne  fut  immédiatisé 
que  fort  tard,  mais  tenait  sans  conteste  le  premier  rang  des 
monastères  de  l'Aspromonte  :  c'est  là  qu'était  vénéré  le  corps 


1? 


xxxiv  INTRODUCTION. 

de  saint  Jean  le  Moissonneur,  objet  d'un  pèlerinage  célèbre  en 
Calabre  au  xnc  siècle,  et  cher  à  la  dévotion  du  roi  Roger  et  de 
sa  mère  Adélaïde.  Les  ruines  en  sont  belles  :  elles  rappelaient 
à  E.  Jordan  l'art  moitié  normand,  moitié  arabe  de  la  Martorana 
et  de  San-Cataldo  de  Païenne. 

Communes,  églises,  couvents,  et  c'est  ce  qu'il  importe  de 
marquer  à  la  fin  de  cette  statistique,  n'étaient  point  les  unités 
d'une  diaspora  sans  liens  :  ils  formaient  au  contraire  une  société, 
où  une  même  langue,  un  même  culte,  un  même  droit  consti- 
tuaient un  lien  étroit,  solide  et  comme  national.  C'était  ce 
qu'avaient  voulu  les  Normands,  et  après  eux  Frédéric  II ,  — 
voyez  le  texte  grec  des  Constitutiones  regum  regni  utriusque 
Siciliœ  de  Pierre  des  Vignes  ;  —  c'était  surtout  ce  qu'ils  avaient 
réussi  à  réaliser  dans  leur  royaume  cosmopolite  des  Deux-Si- 
ciles ,  et  c'était  une  conception  si  exceptionnelle  pour  leur 
temps,  que  personne  ne  sut  la  maintenir  après  eux. 


V 


Roger  Bacon  écrivait,  vers  1271,  dans  son  Conipendium  studii 
philosophiœ  adressé  à  Grégoire  X  :  «  Sunt  multi  in  Anglia  et 
Francia  qui  [grœco]  satis  instructi  sunt,  nec  multum  esset  pro 
tanta  utilitate  —  il  s'agissait  d'interpréter  la  Bible  grecque,  — 
ire  in  Ilaliam  in  qua  clerus  et  populus  sunt  pure  grseci  in  multis 
locis;  et  episcopatus  et  archiepiscopatus  et  divites  ac  seniorespos- 
sent  ibi  mittere pro  libris  et  pro  uno  vel  pro  pluribus  qui  scirent 
grœcum,  sicut  D.  Robertus  —  Robert  Grosseteste  (-J-  12  53)  — 
sanctus  episcopus  Lincolnensis  solebat  facere,  quorum  aliqui  in 
Anglia  usque  ad  liaec  tempora  sunt  superstites.  » 

Mais  ni  Roger  Bacon  ni  Robert  Grosseteste  n'étaient  les  pre- 
miers savants  d'Occident  à  s'adresser  à  la  Grande-Grèce  nor- 
mande pour  en  avoir  des  hellénistes.  Avant  eux,  Jean  de 
Salisbury  [-\  11 80)  avait  cité  les  traités  de  dialectique  d'Aristote 
d'après  un  «  grœcus  interpres  natione  Severitanus  »,  et  ce  grec 
de  Santa-Severina  est  identifié  avec  «  Enricus  Aristippus  », 
archidiacre  de  Catane,  plus  tard  chancelier  de  Guillaume  Ier. 


INTRODUCTION.  xxxv 

A  ce  même  Aristippe  on  devait  une  traduction  latine  du  Ménon 
et  du  Phédon  de  Platon,  qui  nous  est  parvenue.  Il  nous  ap- 
prend dans  sa  préface  au  Ménon  que,  concurremment,  le  roi 
Guillaume  lui  avait  demandé  de  traduire  les  «  opuscules  »  de 
saint  Grégoire  de  Nazianze,  et  Hugues  {-[  1161),  archevêque  de 
Palerme,  les  Vies  des  philosophes  de  Diogène  Laerce.  —  La 
cour  normande,  et  plus  tard  davantage  encore  la  cour  souabe, 
avaient  été,  si  j'ose  dire,  comme  un  office  de  traductions  soit 
de  l'arabe,  soit  du  grec  en  latin.  Rien  n'est  plus  connu  que  la 
lettre  de  l'empereur  Frédéric  II  (1232),  envoyant  à  l'université 
de  Bologne  les  versions  latines  qu'il  a  fait  faire  d'Aristote  et  de 
ses  commentateurs  arabes,  «  compilationes  variée  quœ  ab 
Aristotele  aliisque  philosophis,  sub  grœcis  arabicisque  voca- 
bulis  antiquitus  eclitre,  in  sermonialibus  et  mathematicis  disci- 
plinis...,  quas  adhuc  originalium  dictionum  ordinatione  con- 
sertas  et  vetustarum  vestium...  operimento  contextas,  vel 
bominis  defectus  aut  operis  ad  latinre  lingure  notitiam  non 
perduxit  ».  Manfred  envoyait  à  son  tour  à  l'université  de  Paris 
la  même  collection  que  Frédéric  II,  son  père,  avait  donnée  à 
Bologne  :  il  v  pouvait  joindre  une  traduction  de  plus,  celle  des 
Magna  moral  ia  d'Aristote.  Nous  l'avons  encore,  et  l'on  peut  lire 
en  titre  j  Incipit  liber  magnornm  ethicorum  Aristotelis,  trans- 
latas de  grseco  in  latinum  a  magistro  Bartholomeo  de  Messina, 
in  curia  illustrissiini  Maynfredi  serenissimi  régis  Sicilie,  scientie 
amatoris,  de  mandato  suo. 

C'était  la  contribution  de  notre  Italie  grecque  à  la  culture 
latine  du  xme  siècle. 

Au  xivc  siècle  appartiennent  deux  noms  de  Calabrais,  les 
derniers  que  la  Grande-Grèce  aient  donnés  à  l'histoire  littéraire. 
Le  premier  est  Barlaam  de  Seminara,  mathématicien  et 
théologien,  protégé  de  l'empereur  Jean  Cantacuzène,  protégé 
du  pape  Clément  VI,.  résidant  tantôt  a  Avignon,  tantôt  à 
Constantinople,  connu  surtout  pour  ses  controverses  avec 
Grégoire  de  Salonique  et  Georges  Palamas,  et  pour  avoir  appris 
le  grec  à  Pétrarque.  Le  second  est  ce  Léon  Pilatos,  que  Pétrar- 
que, qui  l'avait  connu  à  Padoue,  recommanda  à  la  Seigneurie 
pour  la  fondation  à  Florence  d'un  cours  public  de  langue 
grecque  (i35()),  et  auquel  il   demanda  de  traduire  en  latin 


xxxvi  INTRODUCTION. 

l'Iliade  et  l'Odyssée.  Pétrarque  écrivait  d'eux  :  «  Aliquot 
graecac  linguae  doctissimos  homines  nostra  aetate  Calabria  habuit, 
in  lus  duos,  Barlaam  monachum  et  Leontem  Thessalonicensem  ; 
uterque  mihi  familiaris  ,  primus  etiam  et  magister  fuerat  ». 
Et  Boccace,  qui  les  connut  lui  aussi  tous  deux,  traçait  d'eux 
ce  joli  portrait  :  «  Leontius  quidem  aspectu  horridus  homo  est, 
turpi  facie,  barba  prolixa  et  capillitio  nigro,  moribus  incultus 
nec  satis  urbanus  homo  ;  verum  litterarum  graecarum  doctissi- 
mus  atque  fabularum  archivum  inexhaustum,  etsi  latinarum 
non  satis  adhuc  instructus  si  t. . .  Barlaam  monachum  [novi], 
Calabrum  hominem,  corpore  pusillum,  praegrandem  tamen  scien- 
tia,  et  graecis  adeo  eruditum  ut  imperatorum  et  principum  Grae- 
corum  atque  doctorum  hominum  privilégia  haberet  testimonia 
nedum  his  temporibus  apud  Graecos  esse,  sed  nec  a  multis 
saeculis  citra  fuisse  virum  tam  insigni  tamque  grandi  scientia 
praeditum  ». 

Le  xive  siècle  fut  pourtant  l'époque  où  l'Italie  grecque  se  fondit 
définitivement  dans  l'Italie  italienne.  A  la  maison  de  Souabe  avait 
succédé  la  maison  d'Anjou,  peu  intelligente  des  choses  de  l'Orient, 
toute  dévouée  aux  intérêts  du  Saint-Siège.  En  1 270,  je  vois  Charles 
d'Anjou  donner  des  lettres  à  un  dominicain,  fra  Matteo  de 
Castellamare,  «  inquisitori  heretice  pravitatis  in  justitiariatu 
Calabrie  et  Vallisgrati  et  terra  Jordani  a  S.  R.  E.  constituto  ». 
Ce  fut  toute  la  politique  religieuse  des  Angevins.  Par  ailleurs, 
la  quatrième  croisade  et  le  démembrement  de  l'empire  byzan- 
tin qui  en  avait  été  pendant  un  demi-siècle  la  conséquence, 
avait  rendu  formelle  la  sécession  de  l'Eglise  grecque  de  la 
latine,  et  dès  lors  avait  commencé  une  période  de  querelles 
acariâtres  où  l'accusation  d'hérésie  avait  éclaté  de  part  et  d'autre. 
Les  Grecs  d'Italie  étaient  ainsi  mis  en  demeure  ou  de  faire 
secte  à  part,  comme  des  Vaudois,  ou  de  passer  au  romanisme. 
Or  c'était  le  moment,  où,  comme  pour  rendre  plus  aisée  la 
transition,  la  langue  italienne  devenait  la  langue  commune  des 
deux  Siciles,  preuve  que  tout  le  mouvement  social  entraînait  à 
la  fusion  des  nationalités.  Les  Grecs  italiens  devaient  devenir 
franchement  et  complètement  Italiens,  et  ils  le  devinrent. 

Il  ne  subsista  plus  que  quelques  rares  îlots  de  la  population 
grecque  ancienne.  Signalons  Altamura,  qui  possédait  encore 


INTRODUCTION.  xxxvn 

une  église  de  Saint-Nicolas  des  Grecs  à  l'époque  du  pape 
Jules  III  :  j'ai  sous  les  jeux  an  rescrit  du  cardinal  Ranuccio 
Farnèse,  adressé  «  presbiteris  elericis  et  capitulo  collegiatae 
ecclesia?  Sancti-Nicolai  Grœcorum  »,  les  autorisant  à  continuer 
à  célébrer  en  grec,  malgré  l'opposition  de  l'archiprêtre  latin 
de  la  ville.  Signalons  Soleto,  dont  on  a  publié  une  Visitatio 
exécutée  au  nom  de  l'archevêque  d'Otrante  en  1607  ■  on  J 
voit  que  le  clergé  grec  y  comptait  quatorze  prêtres,  un  diacre 
et  sept  clercs,  en  tout  vingt-deux  ecclésiastiques,  seize  ma- 
riés, quatre  veufs,  deux  célibataires  ;  mais  on  y  voit  aussi 
que  les  prêtres  savaient  à  peine  lire  les  oraisons  de  la 
messe,  que  l'arcliiprêtre  ne  l'avait  jamais  célébrée,  et  que  le 
diacre  ne  pouvait  pas  dire  par  qui  il  avait  été  ordonné.  La 
pauvreté  de  l'église  passait  l'ignorance  du  clergé  ;  quant  à  la 
malpropreté,  il  vaut  mieux  n'en  rien  dire.  Signalons  enfin  Bova 
où  la  cathédrale,  avec  son  chapitre  et  ses  clercs,  conserva  le 
rite  grec  jusqu'à  la  fin  du  xvie  siècle. 

Les  monastères  basiliens  avaient  partagé  la  décadençe  du 
clergé  séculier,  et,  comme  la  plupart  des  paroisses  grecques, 
ils  s'étaient  éteints  obscurément  au  cours  du  xive  siècle  :  leurs 
dépouilles  étaient  allées  aux  Cisterciens,  aux  Bénédictins,  aux 
Mendian/ts,  le  plus  souvent  aux  barons.  Il  n'y  avait  eu  à  sur- 
vivre que  les  monastères  qui  jouissaient  du  privilège  de  l'immé- 
diateté  :  ceux-là,  qui  étaient  en  même  temps  les  plus  riches, 
avaient  pu,  grâce  à  l'appui  du  Saint-Siège,  défendre  leur  patri- 
moine, et,  grâce  a  leur  patrimoine,  se  perpétuer;  mais  aussi, 
exempts  de  l'autorité  épiscopale,  isolés  au  milieu  de  popula- 
tions qui  leur  étaient  désormais  étrangères,  ils  ne  pouvaient 
manquer  de  tomber  dans  l'ignorance  et  dans  le  relâchement. 
Il  n'y  a  pas  lieu  d'insister  sur  cette  décadence  monastique, 
dont  nous  trouverons  sur  notre  route  trop  de  traces.  Disons 
seulement  que  le  Saint-Siège  s'appliqua  à  y  remédier  avec  un 
infini  respect  pour  la  discipline  grecque,  que  ces  moines  ne 
laissaient  pas  que  de  représenter.  Il  lui  eût  été  aisé,  en  effet, 
de  réunir  ces  quelques  couvents,  une  cinquantaine  au  total,  à 
l'ordre  de  Saint-Benoît  ou  à  celui  de  Cîteaux,  mais  il  ne  le  fit 
point.  En  i3^o,  nous  voyons  Urbain  V  ordonner  une  visite 
des  couvents  grecs,  à  l'effet  «  d'expurger  leurs  missels  de  quel- 


SXXVIH  INTRODUCTION. 

ques  erreurs  qui  s'y  sont,  dit-on,  introduites  »  :  mais  on  ne 
trouve  aucune  trace  de  cette  réforme  liturgique  dans  les  eu- 
cologes  basiliens.  En  1 3^3,  évidemment  à  la  suite  de  cette 
visite,  Grégoire  XI  se  borne  à  faire  distribuer  dans  tous  les 
couvents  de  Tordre  des  exemplaires  grecs  de  la  règle  de  saint 
Basile. 

C'est  là  tout  jusqu'à  Eugène  IV,  époque  à  laquelle  Bessarion 
écrivait  des  moines  grecs  d'Italie,  ces  paroles  souvent  citées  : 
«  La  plupart,  ignorants  de  la  langue  grecque,  autant  qu'Italiens, 
ne  savent  pas  même  lire  l'alphabet  de  saint  Basile.  D'autres, 
qui  ont  appris  à  lire  le  grec,  ne  comprennent  pas  le  sens  de  ce 
qu'ils  lisent.  Un  très  petit  nombre,  un  peu  mieux  instruits,  l'en- 
tendent que  bien  que  mal  ».  Un  chapitre  général  de  l'ordre 
de  Saint-Basile,  le  premier  qu'on  eût  vu  se  réunir,  fut  convoqué 
par  les  soins  de  Bessarion  et  d'Eugène  IV,  en  i446  :  il  y  fut 
décrété  l'institution  de  visiteurs  ordinaires,  chargés  de  l'inspec- 
tion périodique  et  de  la  réforme  des  couvents.  Le  pape  et  le 
cardinal,  qui  comprenaient  que  la  portion  italienne  de  l'ordre 
de  Saint-Basile  était  le  meilleur  des  arguments  à  faire  valoir 
pour  réfuter  les  schismatiques,  s'appliquaient  à  faire  revivre 
dans  cet  ordre  la  pure  tradition  grecque.  Et  c'est  dans  cette 
pensée  aussi  que  Bessarion  obtenait,  en  i^6i,  du  pape  Pie  II, 
qu'on  établît  à  Messine  «  gymnasia  grœca  pro  monachis  graecis 
seu  calogeris,  constituta  prœceptori  annua  mercede  aureorum 
80  1.  camer.,  solvenda  a  monasteriis  basilianis  ». 

Nous  touchons  ici  à  l'extrême  limite  de  notre  sujet,  au 
moment  où  l'hellénisme  monastique  de  la  Grande-Grèce  mé- 
diévale et  l'humanisme  de  la  Renaissance  se  rencontrent.  Le 
«  praeceptor  »,  en  effet,  choisi  pour  enseigner  au  gymnase 
basilien  de  Messine,  après  avoir  été  au  début  un  moine  émigré  de 
Constantinople,  Andronic  Gallinoto,  était,  dès  i^6y,  remplacé 
par  le  maître  helléniste  de  la  Renaissance,  Constantin  Lascaris. 
Désigné  par  Bessarion,  stipendié  par  les  couvents  basiliens  de 
Calabre  et  de  Sicile,  Lascaris  allait  enseignertrente  années  durant 
à  Messine,  et  faire  de  Messine,  pendant  cette  courte  période, 
l'heureuse  rivale  de  Venise  :  c'était  le  dernier  éclat  que  jetait 
avant  de  s'éteindre  l'hellénisme  italiote.  A  Messine,  Lascaris 
rédigea  la  première  grammaire  grecque  des  temps  modernes. 


INTRODUCTION.  xxxix 

A  Messine,  il  forma  sa  bibliothèque.  A  Messine  enfin,  il  ensei- 
gna, je  ne  disjpas  aux  caloyers  pour  qui  Bessarion  l'avait  appelé, 
mais  du  moins  à  d'illustres  élèves,  dont  fut  le  cardinal  Bembo, 
un  Vénitien.  «  Siciliam  tetigimus  »,  —  écrivait  Pierre  Bembo  à 
son  père  (1492),  lui  confiant  les  mille  regrets  que  Y  «  aëris  mira 
temperies  »  de  Messine  ne  parvenait  pas  a  consoler,  —  «  sed 
abstersit  nobis  omnera  molestiam  Constantini  Lascaris  huma- 
nissima  congressio,  qui  nos  excepit  libentissime. ...  Erudimur 
mira  ipsius  diligentia,  tu  m  amore  prope  paterno.  Omnino  nihil 
il I o  sene  humanius,  nihil  sanctius...  » 

Arrêtons-nous  sur  ce  bel  éloge  du  grand  humaniste  qui  était 
venu  demander  à  la  Grande-Grèce  basilienne  du  pain  et  une 
patrie,  en  lui  rappelant  à  elle-même  ses  propres  origines,  et  ces 
émigrés  qui  sept  siècles  auparavant  lui  avaient  donné  cette 
langue,  cette  nationalité,  cette  culture,  bien  finies  dès  lors  et 
dont  le  xvi°  siècle  ne  pourra  que  recueillir  pieusement  les 
reliques. 


Le  mémoire  magistral  de  M.  Capasso,  signalé  en  tête,  suffit  à  indiquer 
les  sources  auxquelles  j'ai  puisé  les  faits  classés  ci-dessus.  Il  ne  me  reste 
qu'à  signaler  quelques  livres  ou  dissertations  modernes  que  j'ai  utilisés, 
— -  en  outre  du  traité  si  estimable  de  Rodotà  {DeW  origine,  progresso  e  stato 
présente  del  rito  greco  in  Italia,  1758),  des  beaux  livres  de  M.  Amari  [Storia 
dei  Musulmani  in  Sicilia,  1 854-7*),  T-<î>ncia  dî  Brolo  [Storia  délia  Chiesa 

in  Sicilia,  1880),  et  de  F.  Lenormaut  [La  Grande-Grèce,  1881),  enfin  de  la 
précieuse  collection  de  l'Institut  archéologique  du  Capkole,  la  «  Biblio- 
theca  Platneriana  »,  et  sans  oublier  les  deux  très  vieux  livres  de  Barrius  et 
de  Galateus. 

H.  W.  Schulz,  Denkmàler  der  Kunst  des  Mittelalters  in  Unteritalien,  Dresde, 
1860 

F.  Hirsch,  De  Italioe  inferioris  annalibus  seec.  X  et  XI,  Berlin,  1864. 
V.  Rose,  Die  Liike  im  Dio  gènes  Laertius  und  der  al  te  ZJberselzer  [Aristippus], 
dans  le  Hernies,  1866. 

D.  Comparetti,  /  dialetti  greci  delC  Italia  méridionale,  Pise,  1866. 

A.  Salinas,  Di  un  antica  iscrizione  cristiana  rinvenuta  in  Palermo,  Palerme, 
1869.  (Un  exemplaire  à  la  bibliothèque  de  l'Ecole  française  de  Rome.) 

F.  Hirsch,  Das  Herzogthum  Benevent  bis  zum  Untergange  des  Longobardischen 
Reichs,  Leipzig,  1871. 

«  Homunculus  »,  Paralipomeni  délia  storia  délia  denominazione  di  Basili- 
cata,  Rome,  1875. 


XL  INTRODUCTION. 

G.  Beltrani,  Document i  longobardi  e  grcci  per  la  storia  delV  Iialia  méridio- 
nale nel  medio  evo,  Rome,  1877. 

A.  Rolando,  Geograjia  politica  deW  Ilalia  impériale  nei  secoli  IX  e  X,  dans 
Y  Archivio  storico  italiano,  1880. 

O.  von  Gebhardt  et  Ad.  Harnack,  Evangeliorum  codex  grsecus  purpureus 
rossanensis,  Leipzig,  1880. 

A.  Engel,  Recherches  sur  la  numismatique  et  la  sigillographie  des  Normands 
de  Sicile  et  d'Italie,  Paris,  1882. 

G.  Beltrani,  Due  reliquie  del  bizantinismo  in  Puglia,  dans  Y Archivio  storico 
napoletano,  188-2. 

F.  Brandi! eone,  //  diritto  romano  nelle  leggi  normanne  e  sveve  del  regno  di 
Sicilia,  Turin,  1884. 

O.  Hartwig,  Die  Uhersetzungs  Literatur  Unteritaliens  in  der  normann/sch- 
staufiwhen  Epoche,  dans  le  Centralblatt  fur  Bihliotliekswesen,  1886. 

F.  Brandileone,  //  diritto  bizantino  neW  Italia  méridionale  dalV  VIII  al 
XII  secolo,  Bologne,  1886. 

C.  Diehl,  Le  monastère  de  Saint-JSicolas  de  Casole,  dans  les  Mélanges  de 
V École  fi  •ançaise  de  Rome,  1886. 

M.  Schipa,  Storia  del  principato  longobardo  in  Salerno,  dans  Y drchiyio  storico 
napoletano,  1887. 

P.  Batiffol,  Inscriptions  byzantines  de  Saint-Georges  au  Vélabre,  dans  les 
Mélanges  de  l'Ecole  française  de  Rome,  1887. 

P.  Batiffol,  Das  Archiv  des  Griechischen  Collegs  in  Rom,  dans  la  Rômische 
Quartalschrift,  1888. 

P.  Batiffol,  Ungedruckte  Papstund  Kaiserurhunden  ans  basilianischen  Ar- 
chivai. Ibid. 

G.  Mandalari,  Fra  Barlaamo  Calabrese  maestro  del  Petrarca,  Rome,  1888. 

L.  G.  de  Simone  (pseudonyme  :  H.  Aar),  Gli  studi  in  Terra  d'Otranto, 
Florence,  1888  (en  partie  extrait  de  Y  Archivio  storico  italiano). 

N.  Parisio,  Due  documenti  greci  inediti  délia  certosa  di  San-Stefano  del  Bosco, 
Naples,  1889. 

Th.  Gsell-Fells,  Unter-Italien  (des  Reiscbûcher  de  Meyer),  Leipzig,  188g. 

E.  Jordan,  Monuments  byzantins  de  Calabre,  dans  les  Mélanges  de  l'Ecole 
française  de  Rome,  1889. 

P.  Batiffol,  Chartes  byzantines  inédites  de  Grande-Grèce,  dans  les  Mélanges 
de  l'École  française  de  Rome,  1890.  (J'ai  dressé  en  tête  de  ce  mémoire  la 
bibliographie  diplomatique  de  la  Grande-Grèce.) 


DE 


L'ABBAYE 

ROSSANO 


CHAPITRE  PREMIER 

L'ABBAYE  DE  SAINTE-MARIE 


L'histoire  de  l'abbaye  de  Rossano  a  fait  l'objet  d'un  petit  livre 
publié  à  Naples,  en  1 7 1 7,  sous  le  titre  de  Cronistoria  del  monistero 
e  chiesa  di  Scuila-Maria  del  Patire,  et  qui  a  pour  auteur  un 
basilien,  dom  Mariano  Rende,  abbé  du  Patir  dans  les  premières 
années  du  siècle  dernier.  Rende  a  mis  en  œuvre  la  vie  grecque 
de  saint  Barthélémy  de  Simeri,  que  nous  possédons  dans  le  texte 
original  ;  il  y  ajoute  quelques  détails  de  son  propre  fonds,  une 
description  du  couvent  et  des  alentours,  le  récit  de  plusieurs 
miracles  opérés  par  la  Vierge  Marie  en  ce  saint  lieu  ;  il  a  eu  en 
main  (assure-t-il)  quelques  diplômes,  dont  il  cite  deux  (l'un 
est  apocryphe).  Beaucoup  de  rhétorique  dans  le  mauvais 
goût  italien  gâte  l'ensemble  du  livre,  qui  est  au  total  de  peu  de 
valeur,  sans  cependant  être  négligeable1.  L'histoire  de  l'abbaye 
de  Rossano  reste  ainsi  une  œuvre  à  faire  :  mais  les  documents 

I .  Cronistoria  \  del  monistero,  e  chiesa  |  di  S.  Maria  |  del  Patire  |  delV  ordine  di 
S.  Basilio  magno  \  scritta  dal  P.  Maestro  |  D.  Mariano  |  Rende  |  abate  del  medesimo 
monistero\.  Naples,  1 71 7,  in-12,  117  pages  (Rarissime). 

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qui  nous  restent  sont  si  rares,  et  ils  laissent  subsister  de  si 
énormes  lacunes  !  Pour  les  origines  nous  avons  cette  vie  de 
saint  Barthélémy  de  Simeri,  que  je  viens  de  citer  ;  mais,  pour 
la  suite,  le  cartulaire  du  couvent,  cartulaire  où  Ughelli  a  puisé 
largement,  n'existe  plus  ;  nous  n'avons  que  les  diplômes  copiés 
et  publiés  par  Ughelli,  et  quelques  autres  venus  à  nous  par 
accident  ;  la  correspondance  inédite  du  cardinal  Sirleto  fournit 
quelques  détails  sur  la  fin  du  xvie  siècle1.  Pour  la  fin  du 
xviii0,  on  pourrait  trouver  quelques  pièces  dans  les  cartons  du 
municipe  et  des  notaires  de  Rossano  même  ;  on  me  les  avait 
offertes,  je  les  avais  acceptées,  je  les  attends  encore.  Si  peu 
qu'il  y  ait  là  d'éléments  pour  écrire  une  histoire,  je  vais  essayer 
cependant  de  reconstituer  et  d'  «  illustrer  »  de  mon  mieux  celle 
de  Sainte-Marie  du  Patir. 


I 


Il  n'y  a  sur  l'origine  de  l'abbaye  du  Patir  qu'un  document 
de  valeur2  :  c'est  la  vie  (en  grec)  du  fondateur  et  premier  higou- 
mène  du  couvent,  saint  Barthélémy.  On  n'en  connaît  qu'un  seul 
manuscrit,  daté  de  l'année  i3o8,  le  Messanensis  29;  une  version 
latine  de  ce  texte  grec  avait  été  donnée  par  le  Père  Gaëtano,  en 
1657,  dans  ses  Vitse  sanctorum  siculorum\  les  Bollandistes  ont 
depuis  publié  le  texte  original,  mais  d'après  une  copie  faite  pour 

1.  Bolland.,  Acta  sanctorum  septembris,  VIII,  810  et  suiv.  Ughelli,  Italia 
sacra  (Rome,  1644-1662,  tom.  IX).  Sur  la  correspondance  inédite  du  cardi- 
nal Sirleto,  que  l'on  me  permette  de  renvoyer  à  mon  petit  livre,  La  Vati- 
cane  de  Paul  III  à  Paul  ^(1890),  lequel  est  presque  entièrement  extrait  de 
ladite  correspondance. 

2.  Ughelli  ^IX,  382)  a  publié  une  autre  pièce  concernant  l'origine  du 
sanctuaire  du  Patir;  c'est,  dit-il,  un  document  «  ex  grœcis  codicibus  in  la- 
tinum  versum,  mihique  a  nobili  viro  eruditoque  Carolo  Blasco  canonico 
rossanensi  transmissum  ».  Mais  cette  pièce  renferme  des  erreurs  si  énormes 
(un  saint  Nil,  inconnu  d'ailleurs,  vivant  jusqu'après  1080;  Roger  envoyé  en 
Calabre  par  son  frère  Robert  qui  vient  d'être  fait  duc  de  Pouille,  en  1090), 
que  je  n'y  veux  voir  qu'une  forgery  de  basse  époque  et  sans  la  moindre 
autorité.  —  Elle  a  été  reproduite  par  les  Bollandistes  {op.  cit.,  p.  802),  qui 
pensent  que  Nil  y  est  mis  pour  Barthélémy,  et  que  la  pièce  tout  entière 
dépend  de  la  vie  grecque  de  Barthélémy.  Je  le  croirais  volontiers. 


L'ABBAYE  DE  SAINTE-MARIE. 


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eux  au  xviie  siècle  et  assez  fautive.  Je  citerai  d'après  le  texte  même 
du  Messanensis,  que  j'ai  collationné  en  1889.  Quant  à  l'époque 
précise  où  cette  vie  a  été  rédigée,  on  ne  peut  la  déterminer  que 
par  conjecture  :  je  croirais  l'auteur  de  la  fin  du  xne  siècle  et 
postérieur  d'une  cinquantaine  d'années  à  la  mort  du  saint  (1  i3o) 
dont  il  est  l'historiographe.  Je  le  résumerai  brièvement. 

Au  moment  où  les  Normands  mirent  la  main  sur  Rossano 
(1060),  les  montagnes  qui  avoisinent  la  ville  et  que  la  ville  pro- 
tégeait, étaient,  comme  au  temps  du  grand  saint  Nil,  remplies  de 
Jaurès  monastiques  qui  en  faisaient  un  véritable  aytov  opoç.  On 
voit  encore  dans  la  terre  d'Otrante  de  ces  sortes  de  laures  : 
cellules  éparses,  toutes  du  même  plan,  creusées  dans  les  bancs 
de  tuf  calcaire  :  chacune  de  ces  cellules  était  l'habitation  d'un 
moine;  souvent  on  y  retrouve  des  restes  des  peintures  dont  elles 
étaient  à  l'origine  entièrement  revêtues1.  Et  dans  la  montagne 
du  Patir  on  montre  encore  et  j'ai  visité  la  Grutta  de  santi 
padri  :  dans  un  pli  raviné  de  la  montagne,  au  plus  épais  du 
maquis,  auprès  d'une  mince  cascade,  un  creux  de  rocher  abrité 
par  un  petit  mur,  où  une  tradition  locale,  au  moins  antérieure  au 
xviie  siècle,  voit  la  propre  laure  de  saint  Nil. 

Dans  une  laure  de  la  montagne  de  Rossano  vivait,  vers  les 
dernières  années  du  xic  siècle,  un  moine  nommé  Barthélémy.  Il 
y  était  venu  de  Simeri,  qui  est  dans  le  voisinage  de  Catanzaro, 
attiré  sans  doute,  après  beaucoup  d'autres,  par  la  renommée  de 
l'aytov  ôpoç  rossanien,  et  il  habitait  avec  quelques  autres  saints  per- 
sonnages au  bord  d'un  torrent,  Tipô;  ttvt  x£tWP<î>  ™o  MsXityjvou  Xsyo- 
pivw  :  nous  verrons  un  Militinum  figurer  encore  dans  un  censier 
du  diocèse  de  Rossano  au  xve  siècle2.  C'est  là  que  Barthélémy 
fut  formé  à  la  vie  ascétique,  là  qu'il  reçut  «  l'habit  angélique  », 
et  c'est  de  là  qu'il  partit  pour  se  retirer  en  un  lieu  plus  solitaire 
encore  de  la  Sila,  où  il  prétendait  vivre  la  parfaite  vie  érémitique. 
Cependant  le  renom  de  sa  vertu,  éclatant  malgré  lui,  attira 
auprès  du  saint  ermite  nombre  de  jeunes  hommes  désireux  de 
l'imiter,  et,  comme  Barthélémy  était  tenté  de  leur  donner  congé 
pour  rester  fidèle  à  la  solitude,  il  fut  détourné  de  ce  dessein  par 

,    1.  F.  Lenormant,  Gazette  archéologique,  1882,  p.  isî3;  et  i883,  p.  204. 
2.  Pièces  justificatives,  p.  117. 


L'ABBAYE  DE  SAINTE-MARIE. 


une  apparition  de  la  Mère  de  Dieu,  qui  lui  dit  :  «  Cesse  de  rêver 
de  solitude,  je  veux  te  voir  demeurer  ici  et  y  établir  une  école 
d'âmes,  ^xG>v  9povrtcrTrip:ov.  »  Il  s'agissait  de  bâtir  un  monastère. 

Le  cas  de  Barthélémy,  jusque-là  assez  banal,  va  se  caractériser 
à  dater  de  ce  moment.  Le  droit  canonique  byzantin,  en  effet,  ne 
reconnaissait  pas  aux  moines  la  faculté  de  posséder  :  ils  n'avaient 
que  l'usufruit  de  leurs  monastères,  la  nue  propriété  appartenant 
au  particulier,  au  patron,  qui  les  avait  établis  ou  à  l'évêque1.  Il 
était  assez  naturel  que  des  réguliers  préférassent  le  patronat  d'un 
riche  laïque  à  celui  de  l'ordinaire.  C'est  ainsi  que  Barthélémy 
eut  recours,  non  point  à  l'archevêque  de  Rossano,  mais  h  un 
«  homme  puissant  auprès  des  rois  de  la  terre,  Christodule  Àm- 
miras  ».  Ce  «  Christodule  Ammiras  »,  vraisemblablement  de 
race  grecque,  était  un  des  grands  officiers  de  la  cour  du  comte 
Roger,  1'  «  amiral  Christodule  »  :  son  nom  figure  avec  ce  titre 
parmi  les  souscriptions  d'une  charte  du  couvent  du  Saint-Sauveur 
de  Palerme,  Christodulus  iustitiarius  et  admiraldus ,  servus 
domini  mei  magni  comitis  Rogerii,  et  il  est  mentionné  dans  la 
plus  ancienne  charte  du  Patir,  fidelem  meum  admiratum  domi- 
num  Christodulum ,  comme  l'appelle  Roger2.  Le  biographe 
ajoute  à  ce  sujet  un  mot  fort  important  :  c'est  que  ce  fut  par 
l'intermédiaire  de  Christodule  que  Barthélémy  entra  en  rela- 
tions avec  Roger,  disons  mieux,  avec  la  comtesse  Adélaïde. 
Je  crois  entrevoir  là  une  suite  curieuse  de  la  politique  nor- 
mande. 

Prise  en  1060,  Rossano,  qui  était  une  cité  où  l'aristocratie 
grecque  était  nombreuse  et  solidement  assise,  ubi  Grseci  maxima 
ex  parte  principabantur ,  Rossano  avait  accepté  avec  peine  la 
suzeraineté  normande.  En  1093,  l'archevêque  grec  étant  mort 
et  le  comte  Roger  ayant  voulu  donner  le  siège  vacant  à  un  latin, 
le  mécontentement  de  la  cité  grecque  s'était  traduit  en  une 
rébellion  :  Guillaume  de  Grantménil  s'était  présenté  alors  et  la 
ville  s'était  donnée  à  lui;  Roger  avait  dû  marcher  contre  là  cité 
rebelle,  et  il  ne  l'avait  recouvrée  qu'en  lui  promettant  un  arche- 

1.  Photius,  Syntagma  canonum,  tit.  XI  (Migne,  Patrol.  gr.,  CIV,  835). 

2.  O.  Caietan.,  Vitœ  sanctorum  siculorum  (Palerme,  1667),  animadv.  p,  49» 
Ughelli,  IX,  387.  Cf.  Montfaucon,  Paleeographia  grxca,  p.38i. 


L'ABBAYE  DE  SAINTE -MARIE. 


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vêque  grec1.  C'est  dire  si  le  parti  grec  de  Rossano  était  encore 
un  élément  à  ménager.  Or  à  ce  moment  (ce  devait  être  entre 
iioi  et  no4)  le  comte  Roger  venait  de  mourir  (juillet  11.01), 
laissant  deux  fils  en  bas  âge  et  la  régence  aux  mains  de  leur 
mère,  Adélaïde;  l'autorité  de  la  comtesse,  assurée  en  Sicile, 
était  précaire  en  Calabre,  que  le  duc  de  Pouille  ambitionnait  de 
rattacher  à  son  duché.  Les  barons  normands  de  Calabre  étaient 
fort  sollicités  en  ce  sens,  mais  il  n'en  pouvait  aller  de  même 
des  Grecs,  La  politique  de  la  régence  devait  dès  lors  travailler 
surtout  pour  ces  derniers  ;  et  de  là  une  orientation  assez  nouvelle 
dans  la  politique  normande  à  leur  égard  :  au  lieu  de  réduire  ou 
de  négliger  les  Grecs,  on  va  les  combler  pour  les  mieux  attacher 
à  la  suzeraineté  comtale.  Les  fondations  faites  par  la  cour  nor- 
mande en  faveur  des  Grecs  de  Calabre  datent  toutes  de  ces  pre- 
mières années  du  xuc  siècle,  et  n'ont  pas,  je  crois,  d'autre  sens. 
A  Rossano  donc  on  ne  se  contenta  pas  de  maintenir  et  de  doter 
l'archevêché  grec,  importante  concession  faite  à  l'aristocratie 
grecque  de  la  cité  ;  mais  encore  toute  cette  population  à  demi 
errante  de  moines  et  d'ermites  grecs,  dont  on  ne  s'était  point 
soucié  jusque-là,  on  résolut  de  la  gagner,  elle  aussi.  Barthélémy 
fut  l'instrument  de  cette  politique. 

Il  'fut  de  plus  l'instrument  d'une  notable  réforme  dans  le 
régime  canonique  du  monachisme  grec.  Je  l'ai  dit  déjà,  le  droit 
canonique  byzantin  ne  reconnaissait  pas  aux  monastères  la  faculté 
de  posséder  ;  mais  il  n'en  allait  pas  de  même  dans  le  droit 
normand,  aux  yeux  duquel  un  abbé  était  à  cet  égard  assimilé  à 
un  évêque  ;  c'était  le  régime  des  abbayes  bénédictines  établies 
par  le  comte  Roger  à  Santa-Eufemia,  à  Mileto,  etc.  La  cour 
normande  entendait  fonder  et  doter  selon  ce  régime  les  abbayes 
grecques  qu'elle  établirait,  et  voir  ces  abbayes  baroniser  comme 
les  autres.  L'amiral  Christodule,  dit  notre  biographe,  fit  con- 
naître Barthélémy  à  Roger  et  aux  siens,  auxquels  le  Seigneur 
inspira  de  pourvoir  libéralement  à  la  fondation  du  monastère  : 
c'était  le  premier  pas.  Le  monastère  une  fois  bâti,  Barthélémy, 
sur  l'ordre  de  la  cour,  reçut  la  prêtrise  et  fut  fait  abbé  du  mo- 

i.  Gaufr.  Malaterr.,  Historia  sicula,  IV,  21  et  22  (Migne,  Patrol.  lat., 
CXLIX,  1199). 


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L'ABBAYE  DE  SAINTE-MARIE. 


nastère  :  le  passage  du  droit  monastique  grec  au  droit  latin  était 
accompli.  Et  pour  le  consacrer,  le  monastère  (chose  inouïe  dans 
le  droit  byzantin  *)  fut  déclaré  exempt  de  la  juridiction  épisco- 
pale  :  à  telles  enseignes  que  Barthélémy  reçut  la  prêtrise  des 
mains  de  l'évêque  de  Belcastro,  sufFragant  de  Santa-Severina2. 
L'archevêque  de  Rossano,  Nicolas  Maléïnos,  lequel  appartenait 
à  une  famille  grecque  très  nombreuse  et  très  redoutée,  fit  vai- 
nement à  cette  nouveauté  une  opposition  acharnée  ;  mais  Bar- 
thélémy, poussant  à  bout  l'avantage  du  droit  nouveau,  partit 
pour  Rome  et  sollicita  de  la  cour  romaine  le  privilège  de  l'im- 
médiateté.  Le  pape,  Pascal  II,  y  consentit  sans  peine,  et  l'im- 
munité du  Patir  fut  consacrée  par  une  bulle  datée  de  uo55. 
L'abbaye  grecque  de  Rossano  était  fondée  ainsi  par  les  Nor- 
mands, sur  le  type  des  abbayes  bénédictines,  sous  l'immédiate 
juridiction  de  la  cour  romaine,  et,  cela  fait,  Barthélémy  partit 
pour  Constantinople. 

Car,  poursuit  notre  hagiographe,  les  moines  de  l'abbaye 
avaient  besoin  de  manuscrits  pour  l'interprétation  de  la  Sainte- 
Ecriture,  étant,  à  l'exemple  de  Barthélémy,  très  appliqués  et 
très  exercés  à  cette  étude.  De  plus,  l'église  élevée  par  Barthé- 
lémy sous  le  vocable  de  la  Mère  de  Dieu  avait  besoin  de  vases 
sacrés  et  d'icones.  Barthélémy,  accompagné  de  quelques  moines 
de  son  couvent,  partit  pour  la  Nouvelle  Rome,  «  la  reine  des 
villes,  »  et  s'en  vint  trouver  les  très  religieux  princes  Alexis 
(1081-1117)  et  Irène,  lesquels  tenaient  alors  avec  une  grande 
gloire  les  rênes  de  l'empire.  Il  fut  reçu  par  eux  et  par  tout  le 
sénat  avec  une  haute  vénération,  et  il  recueillit  des  dons  nom- 
breux et  magnifiques,  icônes,  manuscrits,  vases  sacrés4. 

1.  Voy.  cependant  Millier,  Historlsche  Denkmdler  in  den  Klostem  des  Atkos 
(ap.  Miklosich,  Slavische  Bibliothek,  I,  Vienne,  1859),  p.  i5i,  où  l'indépen- 
dance spirituelle  des  moines  de  l'Athos  est  reconnue  par  l'empereur 
Constantin  Doukas,  et  l'évêque  de  Hierissos  évincé  de  sa  juridiction  sur  la 
Sainte-Montagne  (1060). 

2.  ruvaixô«o).tç,  dit  la  vie  de  saint  Barthélémy  :  j'identifie  ce  nom  avec 
le  Gcnecocastrum  du  provincial  d'Albinus  et  le  Geneocastrum  du  Liber  censuum 
(  éd.  Paul  Fabre,  p.  24). 

3.  Voy.  plus  loin,  page  16. 

4.  Le  récit  du  voyage  de  Barthélémy  au  mont  Athos,  tel  que  le  rapporte 
notre  hagiographe,  me  paraît  très  inconsistant  :  je  ne  m'y  suis  donc  pas 
arrêté.  Il  y  est  question  d'un  riche  patricien  de  Constantinople,  Basile  Ka- 


L'ABBAYE  DE  SAINTE-MARIE. 


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Je  conjecture  que  c'est  k  cet  épisode  qu'il  convient  de  ratta- 
cher l'origine  du  culte  rendu  au  Patir  à  la  Mère  de  Dieu  sous  le 
vocable  de  Nêa-Hodigitria.  La  cathédrale  de  Rossano  avait  une 
icône  miraculeuse,  une  image  achéropite  de  la  Vierge;  l'abbaye 
eut  aussi  la  sienne,  et  ce  fut  une  image  de  la  madone  constanti- 
nopolitaine  connue  sous  le  nom  de  X Hodigitria,  Notre-Dame  la 
conductrice,  chère  aux  gens  qui  courent  le  péril  de  mer1. 
Au  xvie  siècle ,  on  vénérera  encore  au  Patir  une  icône  de 
YHodigitria,  et  je  l'ai  vue  moi-même  dans  l'église  de  Saint- 
Pierre  à  Corigliano  où  elle  est  aujourd'hui,  mais  ce  ne  saurait 
être  celle  de  saint  Barthélémy  :  c'est  un  panneau  à  fond  d'or 
peint  sur  ses  deux  côtés,  portant  au  revers  le  Christ  en  croix 
entouré  de  la  Vierge  et  de  saint  Jean,  de  face  la  Théotokos  à 
l'Enfant  Jésus  sur  ses  bras  (comme  les  madones  de  saint  Luc) 
avec  l'exergue  : 

mp  er 

II  NEA  OAHrHTPIA 

En  bordure,  au  bas,  une  élégante  inscription  en  lettres  d'or  nous 
apprend  que  cette  icône  fut  faite  par  ordre  d'Athanase  Chalkéo- 
pylo^,  archimandrite  du  Patir,  lequel  mourut  en  1 497 2. 

L'abbaye  était  donc  fondée,  dotée,  privilégiée,  meublée,  et 
n'avait  plus  qu'à  se  développer  en  paix.  Elle  devint  vite  une 
communauté  florissante  et  considérée.  Notre  hagiographe  relève 
avec  complaisance  que  nombre  d'higoumènes  de  laures  du 
pays  et  d'au  delà  demandèrent  à  y  être  admis  comme  simples 
moines,  et  que  la  communauté  fournit  en  peu  de  temps  plu- 

limeris,  qui  s'étant  pris  d'une  grande  affection  pour  saint  Barthélémy,  lui 
aurait  donné  le  couvent  de  Saint-Basile  qu'il  possédait  au  mont  Athos.  Saint 
Barthélémy  aurait  réformé  ce  monastère  (pu6[xc'(raç),  et  «  c'est  pourquoi 
[j-é-^pt  rr,ç  <77j[j.spov,  <x>;  cpa<7c,  t"o  (J-ovaarrjptov  xou  KaXaêpou  Ttapà  toÎç  eY^wpîoiç  èuovo- 
y-âÇETîu».  Aucune  trace  de  saint  Barthélémy,  ni  de  B.  Kalimeris,  ni  du  cou- 
vent de  Saint-Basile,  dans  l'histoire  de  l'Athos  (voy.  Langlois,  Le  mont 
Jthos  [introd.  au  Ptolémée  photolithogr.  de  Didot],  1667). 

1.  Sur  cette  madone,  voy.  Jeta  sanctorum  octoèris,Yl\ï ,  298,  et  G.  Schlum- 
berger,  Mémoires  de  la  Soc.  des  antiquaires  de  France,  XLIV  (i883),  p.  22. 

2.  AQANASIOU  •  <I>IAiniIOY •  XAAKEOI1TAOS  ■  APXIMANAP1THS* 
THI  •  MHTPI  •  TOT •  0EOT  ■  SQTHPIAS  •  TÛN  •  IIPOSEPXOMENQN  •  XAPIN 
Cf.  Amato,  Crono-istoria  di  Corigliano  Calabro  (Corigliano,  1884),  p.  89 


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L'ABBAYE  DE  SAINTE-MARIE. 


sieurs  évêques  aux  églises  grecques  de  Calabre.  Il  cite  «  Cos- 
mas  et  Isaac,  hommes  très  excellents  et  très  saints,  qui  vinrent 
se  mettre  sous  la  direction  de  Barthélémy,  et  firent  tant  avec 
lui  pour  l'accroissement  du  monastère...  »  Il  parle  des  étran- 
gers et  des  pèlerins  qui  recevaient  journellement  l'hospitalité 
au  couvent.  Il  rapporte  comment  les  pauvres  y  trouvaient  tou- 
jours porte  ouverte,  et  comme,  en  un  temps  de  grande  famine, 
Barthélémy  nourrit  par  miracle  toute  la  population  du  pays. 
L'abondance  régnait  là  avec  la  vertu,  et  la  main  de  Dieu  était 
sur  le  monastère,  témoin  le  jour  où  Barthélémy  sauva  par  ses 
prières  un  de  ses  navires  sur  le  point  d'être  capturé  corps  et 
biens  par  des  pirates  sarrasins,  car  le  monastère  possédait  jus- 
qu'à des  navires,  et  les  prières  du  saint  abbé  avaient  une  telle 
efficace.  Un  événement  imprévu  allait  même  produire  la  vertu 
de  Barthélémy  sur  un  plus  grand  théâtre. 

Il  était  revenu  de  Constantinople  à  Rossano,  lorsque  «  deux 
moines  d'un  couvent  de  Saint-Michel  de  Mileto  »,  —  j'ai 
montré  ailleurs  qu'il  s'agit  là  proprement  de  l'abbaye  béné- 
dictine de  Mileto1,  —  prenant  ombrage  de  la  prospérité  de 
l'abbaye  grecque  de  Rossano,  conspirèrent  la  perte  de  l'abbé  ; 
ils  l'accusèrent  près  du  roi  Roger  de  concussion  et  d'hérésie.  Je 
ne  vois  pas  bien  ce  que  la  concussion  vient  faire  ici;  mais  le 
chef  d'hérésie  est  bien  autrement  significatif.  Remarquez  en  effet 
comme  jusqu'ici  aucune  exception  de  doctrine  n'a  été  soulevée 
par  personne  ;  Barthélémy  est  allé  à  Constantinople  et  à  Rome, 
il  est  l'obligé  delà  cour  byzantine  et  le  sujet  de  la  cour  romaine, 
sans  que,  ni  l'une  ni  l'autre,  surtout  l'autre,  lui  aient  demandé 
de  répudier  quoi  que  ce  soit.  Et  notez  que  cette  attitude  de  la 
cour  romaine  à  l'égard  des  Grecs,  soit  moines,  soit  clercs,  de 
l'Italie  méridionale  persistera  jusqu'au  delà  du  xme  siècle; 
abbés  et  évêques,  alors  même  qu'ils  seront  sous  l'immédiate 
juridiction  du  Saint-Siège,  ne  seront  inquiétés  par  lui  ni  pour 
leur  symbole,  ni  pour  leur  rituel.  C'est  un  cas  unique  que  cette 
accusation  d'hérésie  portée  au  xne  siècle  par  ces  moines  de 
Mileto  contre  l'abbé  de  Rossano;  et  j'ai  hâte  d'ajouter  que 
l'abbé  de  Rossano  en  sortit  indemne.  La  cause,  en  effet,  fut 


i.  P.  B.,  Chartes  byzantines  inédites  de  Grande— Grèce  (ubi  supra). 


L'ABBAYE  DE  SAINTE -MARIE. 


9 


portée  devant  le  roi  Roger  et  Barthélémy  mandé  à  Messine  pour 
y  comparaître  devant  une  sorte  d'inquisition;  mais  le  procès 
tourna  si  parfaitement  à  la  justification  de  Barthélémy,  que 
Roger  lui  offrit  incontinent  de  fonder  à  Messine  un  monastère 
grec  sur  le  modèle  de  celui  de  Rossano. 

Ce  fut  là  l'origine  de  l'abbaye  du  Saint-Sauveur  de  Messine, 
établie  à  l'endroit  même  où  l'on  avait  pensé,  dit-on,  dresser  le 
bûcher  de  Barthélémy,  c'est-à-dire  à  cette  pointe  de  l'isthme 
qui  entoure  de  son  croissant  l'admirable  port  de  Messine,  une 
langue  de  terre  terminée  par  un  phare,  lingua  fari.  Au  Patir 
Barthélémy  prit  douze  moines,  qui,  sous  la  conduite  d'un  autre 
religieux  du  Patir,  nommé  Luc,  établirent  la  première  abbaye 
grecque  de  Sicile.  Le  Saint-Sauveur,  en  effet,  était  un  des  tout 
premiers  monastères  grecs  que  la  monarchie  normande  insti- 
tuait en  Sicile;  Barthélémy  obtint  qu'il  aurait  juridiction  sur 
tous  ceux  qui  seraient  fondés  à  l'avenir,  assurant  ainsi  au  mona- 
chisme  grec  tel  qu'il  l'avait  réformé  comme  un  monopole  et 
privilège  royal1. 

Le  Saint-Sauveur  établi,  Barthélémy  rentra  à  Rossano  pour 
y  attendre  sa  fin  qui  approchait.  Il  choisit  pour  lui  succéder 
dans  la  charge  d'higoumène  de  Sainte-Marie  un  de  ses  religieux, 
qui/ comme  le  premier  archimandrite  de  Messine,  portait  le  nom 
de  Luc  ;  il  lui  imposa  les  mains  «  ainsi  que  Moïse  avait  fait  au 
fils  de  Nun  »,  et  à  quelque  temps  de  là,  le  17  août  n3o,  il 
mourut.  On  l'enterra  dans  l'église  même  de  l'abbaye,  qui  en 
mémoire  de  lui  ne  devait  plus  s'appeler  désormais  que  l'abbaye 
du  Père. 

De  saint  Barthélémy  de  Rossano  il  ne  restera  point  de  souve- 
nir littéraire  comme  de  l'archevêque  Théophane  ou  de  Nec- 
tarios  de  Casole:  il  n'aura  été  ni  un  orateur,  ni  un  mélode.  Et  sa 
physionomie  de  saint  n'aura  pas  davantage  le  caractère  singulier 
et  presque  romanesque  de  celle  de  saint  Nil.  Barthélémy  a  été 
un  organisateur,  il  l'a  été  éminemment,  mais  rien  de  plus:  il  est 
l'homme  de  la  réorganisation  monastique  qui  suit  en  Grande- 
Grèce  la  conquête  normande.  Ce  rôle  lui  marque  sa  place  dans 

1 .  R.  Pirri,  Sicilia  sacra  (1647),  ^1  4  et  suiv.  La  date  exacte  de  la  fondation 
du  Saint-Sauveur  n'est  pas  connue  :  on  doit,  je  crois,  la  placer  un  peu 
avant  1129.  Cf.  Bolland.,  Acla  sanctorum  septembvis,  VIII,  806. 


19  L'ABBAYE  DE  SAINTE-MARIE. 

l'histoire  religieuse  du  moyen  âge  grec  tout  à  côté  de  saint 
Athanase  et  de  saint  Christodule,  les  deux  initiateurs  de  la  réforme 
monastique  au  xe  siècle. 


II 

Si  nous  voulons  voir  de  près  ce  qu'est  l'histoire  d'une  abbaye 
basilienne  du  xnc  au  xve  siècle,  ce  n'est  pas  au  Patir  qu'il 
la  faut  chercher  :  Barthélémy  en  effet  une  fois  disparu,  la  source 
des  renseignements  est  tarie.  C'est  a  Messine  et  à  Carbone  que 
l'on  doit  aller  pour  avoir  quelques  clartés  sur  cette  période. 

Carbone  est,  comme  Messine,  une  colonie  du  Patir,  non  plus 
en  Sicile,  mais  en  Basilicate  *.  C'est,  dans  une  vallée  ouverte  au 
midi,  sur  un  affluent  du  Sinni,  le  Serrapotamo,  une  terre  fertile 
etgiboyeusede  chênaies,  de  vignes  et  de  châtaigneraies.  Dès  1069 , 
nous  y  constatons  l'existence  d'un  centre  monastique  :  on  nous 
parle  d'un  higoumène,  «  le  bienheureux  Luc  »,  qui,  partant  en 
pèlerinage  pour  la  Terre-Sainte,  témoigne  par  écrit  que  son  cou- 
vent est  une  fondation  de  saint  Luc  d'Armento,  lequel  a  eu  pour 
successeur  le  bienheureux  Biaise,  puis  Mennas  «  qui  fut  fait 
esclave  »,  puis  «  Etienne  surnommé  Théodule  ».  A  peine  les  Nor- 

1.  Sources  :  P.  E.  Santorio,  Historia  monasterii  carbonensis  (Rome,  1601); 
P.  Menniti,  Chronicon  carbonense  (inédit),  Archiv.  Vatican.,  dossier  Basiliani; 
Ughelli,  Italia  sacra,  VII,  108  et  suiv.  ;  P.  B.,  Ungedr.  Papst-und  Kaiser urk. 
aus  basilianischen  Archivait  (Rômische  Quartalschrift,  1888,  p.  36  et  suiv.).  Sous  le 
titre  de  dossier  Basiliani,  je  désigne  une  layette  de  pièces  du  xvie  au  xvme  siè- 
cle provenant  du  couvent  de  Saint-Basile  de  Urbe,  procès-verbaux  des  cha- 
pitres, actes  de  visites,  registres  de  lettres  et  autres  pièces  concernant  le 
gouvernement  de  l'ordre,  enfin  plusieurs  manuscrits  et  brouillons  de  Men- 
niti. Je  ne  saurais  dire  comment  ce  paquet  est  parvenu  aux  Archives  du 
Vatican.  Voy.  cependant  quelques  détails  sur  les  archives  romaines  en  1798- 
1799  dans  le  Bulletin  de  la  Société  nationale  des  antiquaires  de  France  pour 
1889,  p.  io6-n3.  Les  pièces  du  dossier  Basiliani  ne  sont  ni  classées  ni 
numérotées. 


L'ABBAYE  DE  SAINTE-MARIE. 


mands  sont-ils  établis,  que  nous  voyons  une  famille  normande, 
les  Chiaramonti,  prendre  le  patronat  d'un  couvent  grec  à 
Carbone.  Puis  interviennent  dans  un  patronat  tout  semblable 
Robert  Guiscard,  Boëmond,  Robert  le  Sénéchal,  finalement 
(ii 3g)  le  roi  Roger.  Tout  cela  est  très  confus.  Ce  qui  est  net, 
c'est  que,  le  couvent  grec  de  Carbone  ayant  perdu  son  abbé, 
Vital  successeur  d'Etienne  surnommé  Théodule,  les  moines 
a  grand"  istanze  e  preghiere  obtiennent  pour  abbé  un  moine  de 
Rossano  nommé  Nil. 

Qui  est  ce  Nil  de  Rossano  ?  Je  le  trouve  mentionné  comme 
abbé  de  Carbone  dans  deux  diplômes  de  Boëmond  II,  prince 
d'Antioclie  (1120  et  1126),  dans  un  diplôme  d'Alexandre 
Chiaramonte  (1126),  dans  un  contrat  daté  de  n  29,  dans  un 
diplôme  du  roi  Roger  (1 132)  ;  il  dut  mourir  entre  1  i36et  1 139. 
C'est  tout  ce  que  l'on  sait  de  lui,  ajouté  à  ce  fait  qu'il  était  de 
Rossano.  Mais  ce  fait  nous  autorise,  je  crois,  à  voir  en  lui  un  disciple 
de  saint  Barthélémy,  mandé  a  Carbone  pour  réunir  en  une  com- 
munauté régulière  sur  le  modèle  de  celle  du  Patir  la  population 
monastique  des  montagnes  de  Raparo,  et  à  voir  dans  l'abbaye 
de  Saint-Élie  de  Carbone  une  colonie  issue  de  l'aycov  6po;  rossa- 
nien,  selon  ce  que  nous  dit  le  biographe  de  saint  Barthélémy,  ut 
muita  ex  hoc  uno  domicilia  monachorum  derwarint*. 

Nil  de  Rossano,  premier  abbé  de  Saint-Elie  de  Carbone,  a  pour 
successeurs  les  abbés  Hilarion,  Euthymius,  Luc,  Cyrille,  Barthé- 
lémy, Hilarion  II  :  c'est  la  belle  époque  de  l'abbaye,  comme  en 
fait  foi  son  cartulaire.  J'y  relève  la  charte  (n45)  par  laquelle 
l'abbé  obtient  justice  contre  le  «  catapan  de  la  vallée  duSinni»; 
la  charte  (1  i5g)  par  laquelle  l'abbé  obtient  gain  de  cause  contre 
l'évêque  deMarsico  par-devant  l'archevêque  de  Palerme  et  l'abbé 
de  La  Cava;  la  charte  (1 167)  par  laquelle  l'abbé  est  chargé  parle 
roi  Guillaume  II  «  de  la  réforme  des  monastères  de  Calabre,  de 
Pouille,  de  Sicile,  et  de  la  province  de  Salerne  jusqu'au  Lao  »  ;  la 
charte  (1 172)  par  laquelle  l'abbé  obtient  gain  de  cause  par-devant 
le  roi  Guillaume  II,  contre  l'évêque  d'Anglona  ;  la  charte  (1 1^3) 
par  laquelle  l'archevêque  de  Bari  reconnaît  à  l'abbaye  la  pro- 
priété de  l'église  de  Saint-Siméon  sise  à  Bari  et  donnée  par  Robert 


1.  Bolland.,  Acta  sanctorwn  septembris,  VIII,  818. 


L'ABBAYE  DE  SAINTE-MARIE. 


Guiscard.  Les  faveurs  de  la  cour  normande,  non  plus  que  celles 
de  la  cour  souabe,  ne  manqueront  pas  à  l'abbaye  :  tous  les  princes 
normands  figurent  dans  son  cartulaire  ou  dans  ses  diptyques  à 
titre  de  bienfaiteurs  insignes  :  Robert  Guiscard,  Boëmond,  le  roi 
Roger,  les  deux  Guillaume,  Tancrède,  ajoutons  Constance  et 
Frédéric  II.  Carbone  paraît  avoir  incorporé  à  sa  mense  toutes  les 
propriétés  basiliennes  de  Basilicate  et  au  delà  :  les  monastères  de 
Sainte-Marie  à  Scanzano,  de  Saint-Nicolas  à  Pertoso,  de  Saint- 
Nicolas  à  Senise,  de  Saint- André  à  Rotondo,  de  SS.  Philippe  et 
Jacques  à  San-Chirico,  de  Saint-Michel  à  Castronuovo,  de  Santi- 
Quaranta  et  de  Sainte-Marie  de  Schiavoni  à  Cerchiara,  de  Saint- 
Barthélemy  à  Tarente,  de  Saint-Michel  à  Raparo,  de  Saint-Phi- 
lippe à  Teana,  etc.,  les  églises  de  SS.  Philippe  et  Jacques  à 
Sarcori,  de  Saint-Philippe  de  Palatiis  à  Senise,  de  Saint-Philippe 
de  Beniamino  à  Teana,  de  Saint-Siméon  àBari,  de  Saint-Pierre  <i<? 
Guarino  à  Policoro,  etc.  *.  La  prospérité  de  notre  riche  abbaye 
se  maintient  jusque  vers  le  milieu  du  xme  siècle. 

Mais  à  dater  de  cette  époque  le  déclin  commence  et  il  va  se 
précipiter.  A  la  chute  de  la  maison  de  Souabe,  Saint-Élie  a  beau 
passer  sous  la  protection  immédiate  du  Saint-Siège,  les  brèches 
se  multiplieront  dans  sa  fortune  :  le  cartulaire  ne  marquera  plus 
de  donations  princières,  mais  quelques  legs  insignifiants  de  par- 
ticuliers, beaucoup  de  contrats  de  vente  et  trop  de  procès  :  les 
barons  du  voisinage  usurperont  les  terres  abbatiales,  et  les  uassali 
ne  payeront  plus  ni  dîmes  ni  fermages.  Les  seigneurs  de  Bisignano 
achèveront  la  ruine  du  couvent  :  c'est  en  1477?  l'abbé  part  pour 
Naples  pensant  obtenir  justice  contre  les  Bisignani,  mais  ceux-ci 
le  dénoncent  à  Rome  comme  un  «  fauteur  de  rixes  et  un  démo- 
niaque »  ;  il  est,  sur  un  rescrit  de  Sixte  IV,  cité  à  comparaître 
devant  Tofficialité  diocésaine  d'Anglona,  qui  lui  donne  tort,  le 
déclare  déchu  de  l'administration  de  l'abbaye,  le  jette  en  pri- 
son, et  la  cour  romaine  sanctionnant  l'arrêt  met  l'abbaye  en 
commencle.  Saint-Élie  de  Carbone,  qui  ne  comptait  plus  à  ce 
moment  que  cinq  moines,  n'aura  désormais  pas  plus  d'histoire 
qu'une  ferme. 

i.  Voy.,  à  la  fin  du  Chronicon  carbonense,  une  liste,  dressée  par  Menniti, 
des  propriétés  et  juridictions  de  l'abbaye  de  Carbone. 


L'ABBAYE  DE  SAINTE-MARIE. 


r3 


Autre  est  la  fortune  du  Saint-Sauveur  de  Messine1. 

Le  bâtiment  de  style  espagnol,  flanqué  d'une  église  de  ce 
même  style  pompeux,  que  Ton  rencontre  sur  la  gauche  au  sortir 
de  Messine  par  la  route  du  Phare,  San-Sah>atore  de  Grec/',  n'est 
point  le  couvent  primitif,  celui  de  saint  Barthélémy.  Le  Saint- 
Sauveur  n'est  là  que  depuis  i54o,  où  Charles-Quint  détruisit  le 
vieux  couvent  de  llngua  fari  pour  élever  à  la  place  le  forte  del 
San-Salvatore  qui  commande  encore  aujourd'hui  le  port  et  le 
détroit.  Situé  à  l'origine  ad  apicem  isthmi,  au  milieu  du  mouve- 
ment des  navires  et  des  flots  et  comme  entre  la  Sicile  et  la 
Calabre,  la  grande  abbaye  grecque  de  Messine  était  dans  une 
situation  incomparable,  qui  à  elle  seule  l'eut  désignée  à  être  le 
premier  des  monastères  basiliens  du  royaume  normand. 

Ici  encore,  comme  à  Saint-Elie  de  Carbone,  deux  périodes 
exactement  coïncidentes  :  l'une  de  prospérité  jusqu'au  milieu  du 
xme  siècle,  l'autre  de  déclin  implacable  jusqu'au  xve.  Il  suffit  de 
parcourir  le  cartulaire  du  Saint-Sauveur  pour  s'en  rendre  compte. 

Voici  d'abord  une  série  de  bulles  pontificales  consacrant  Fim- 
médiateté  et  les  privilèges  de  l'abbaye,  délivrées  par  Alexan- 
dre III,  Célestin  III,  Innocent  III,  Honorius  III,  Grégoire  IX, 
Alexandre  IV,  Clément  IV,  Martin  IV,  Nicolas  IV,  Boniface  VIII, 
Clément  V,  Jean  XXII,  Clément  VI,  Urbain  VI,  Calixte  III, 
Sixte  IV,  etc.  Les  bulles  consacrent  et  protègent  les  droits 
ecclésiastiques  :  voici  qui  les  crée.  La  monarchie  normande  est 
représentée  par  une  longue  série  de  chartes  grecques  :  du  roi 
Roger,  instituant,  dotant  et  protégeant  l'abbaye  (n3o  et  suiv.); 
lui  conférant  ( 1 1 36)  la  propriété  de  l'église  de  la  Théotokos 
tîjç  pfvaç  sise  au  mont  Etua,  ou  (1140)  du  couvent  de  Saint- 

1.  Sources  :  Cartularium  Sancti-Salvatoris  Messanensis  (inédit)  dans  le  Vatican, 
lat.  8201;  R.  Pirri,  Sicilia  sacra,  III,  i-5o;  P.  B.,  V archive  du  Saint-Sauveur 
de  Messine  [Revue  des  questions  historiques,  1887,  p.  555  et  suiv.);  R.  Starrabba, 
Di  un  codice  vaticano  contenente  i  privilegi  delï1  archimandritato  di  Messina 
(Archivio  storico  siciliano,  1887,  p.  4^5  et  suiv.). 


i4 


L'ABBAYE  DE  SAINTE- MARIE. 


Georges  de  Siacca  élevé  par  le  comte  Roger  en  souvenir  des 
chrétiens  qui  furent  massacrés  là,  vnep  py-fair^  twv  ènéïos  âvaipeGsvcwv 
XptffTiavôv  ;  exemptant  (1146)  de  toute  douane  les  bateaux  de 
l'abbaye,  soit  qu'ils  viennent  de  Calabre,  soit  qu'ils  viennent  de 
Sicile;  confirmant  (1148)  à  l'abbaye  la  propriété  de  la  terre 
d'Agro,  que  lui  conteste  «  Amuras  »  et  quelques  autres  ôç<pixiàXtoi. 
Puis  voici  (1 167)  un  diplôme  du  roi  Guillaume  II  et  de  sa  mère 
Marguerite  confirmant  au  Saint-Sauveur  la  propriété  de  Saint- 
Nicolas  de  Drosi;  un  autre,  de  l'empereur  Henri  VI  (1195) 
renouvelant  tous  ceux  de  Roger,  de  Guillaume  Ier  et  de  Guil- 
laume II;  autant  (1196-1197)  de  l'impératrice  Constance  ;  autant 
(1200)  de  l'empereur  Frédéric  II,  et  du  même  (1210)  la  dona- 
tion d'une  terre  en  Calabre  en  payement  des  vingt-deux  mille 
trois  cent  cinquante  florins  d'or  fournis  par  l'abbaye  au  chance- 
lier du  royaume  de  Sicile,  cum  pro  exequendis  servitiis  nostris 
apud  Messanam  pecunia  plurimum  indigeret. 

Normands  et  Souabes  ont  fait  du  Saint-Sauveur  une  abbaye 
opulente  et  puissante.  Elle  possède  :  en  Sicile,  l'église  Saint-Léon 
et  l'église  Saint-Etienne  à  Messine,  Saint-Nicolas  de  Yse,  Saint- 
Jean  de  Psichro,  Saint-Nicolas  de  Pellera  (alias  naXépcç),  Saint- 
Mercure  de  Traîna,  Saint-Nicolas  de  Canne to  (al.  too  KaXanîtÇou), 
Saint-Nicandre  de  sancto  Nico  (too  àyîou  Ncxwvo;),  Saint-Rarbaros 
de  Demenna,  Saint-Pierre  de  Deca,  Saint-Elie  de  Scala-Oliveri, 
Saint  Jacques  de  Calo,  Sainte-Marie  de  Mallimachi,  Saint-Pierre 
de  largo  flumine  (™a  itXatù  %oza\io^ ,  Santa- Venere  de  Venella 
(ày.  Ilapa<7xeu7)  toS  BsvéXou),  Saint-Théodore  de  Milazzo  (al.  tov  MuXwv), 
Sainte-Anne  et  Saint-Nicolas  de  Monforte,  Saint-Georges  de 
Troclo  (tfflv  TpôxXwv).  En  Calabre,  elle  possède  Saint-Pancrace 
d'Umbriatico,  Saint-Nicolas  de  Drosi,  Saint-Vit  de  Buzaiw, 
Saint-Théodore  de  Nicotera,  Sainte-Jérusalem,  Saint-Conon, 
Saint-Jean  de  Frulizano,  Catona,  Kerufulli,  Tuchi.  —  L'abbaye 
a  juridiction  en  Sicile  sur  Saint-Nicandre  de  Messine,  le  Saint- 
Sauveur  too  7ip£aêuTépou  SxoXaplou5  Sainte-Marie  de  Massa,  Saint- 
Pierre  d'Agro,  Saint-Philippe  de  Messine,  Saint-Pierre  d'Itala, 
le  Saint-Sauveur  de  Plaga  (t^ç  rcXaxàç),  Saint-Elie  de  Embola, 
Saint-Rasile  de  Traîna,  Saint-Philippe  de  Demenna  (al.  de  Fra- 
galà),  Saint-Michel  de  Rrolo,  Sainte-Marie  de  Gala,  Saint-Gré- 
goire de  Gesso.  En  Calabre  sur  Saint-Phil arête  de  Seminara, 


L'ABBAYE  DE  SAINTE-MARIE. 


Saint-Jean  de  lauro,  Saint-Fantin,  Saint-Pancrace  de  Scilla  *. 
L'abbé  du  Saint-Sauveur  a  ainsi  juridiction  sur  presque  tous  les 
établissements  basiliens  de  Sicile.  Il  a  seul  le  titre  d'archi- 
mandrite. Dans  ses  terres  et  obédiences  il  a  banc  de  justice 
au  civil  et  «  juridiction  quasi  épiscopale  »  au  canonique.  Il  a 
les  insignes  pontificaux  et  le  droit  de  faire  porter  la  croix  devant 
lui  comme  un  métropolitain.  Il  est  sûrement,  avec  l'abbé  béné- 
dictin de  Montreale,  le  plus  grand  seigneur  régulier  du  royaume. 

Avec  l'arrivée  des  Angevins  le  déclin  commence.  Aucune 
trace  de  la  maison  d'Anjou  dans  le  cartulaire  de  Messine,  non 
plus  que  dans  celui  de  Carbone.  Il  faut  descendre  jusqu'au  roi 
Martin  (1397)  et  *l  Alphonse  Ier  (i422)  pour  rencontrer  une  in- 
tervention de  la  cour  de  Naples  en  faveur  de  l'archimandritat, 
pendant  que  nombre  de  ses  droits  sont  envahis,  que  les  bulles 
pontificales  fulminent  en  vain  l'excommunication  contre  les  usur- 
pateurs de  ses  biens,  et  que  le  cartulaire  s'emplit  de  sentences 
de  procès.  Nous  arrivons  ainsi  péniblement  à  la  Renaissance  et  à 
la  date  de  i456,  où  le  cartulaire  enregistre  une  sentence  du 
cardinal  camerlingue  de  la  S.  E.  R.,  excommuniant  les  déten- 
teurs de  biens  du  Saint-Sauveur,  à  la  requête  de  Pierre  Balbo, 
procureur  du  «  Révérendissime  cardinal  de  Nicée  »  :  l'abbaye 
vienj.  d'être  mise  en  commende  et  c'est  à  Bessarion  qu'elle  a  été 
dévolue. 


Telles  sont,  pour  ces  deux  abbayes  issues  de  celle  de  Rossano, 
les  lignes  générales  de  leur  chronique  du  xn°  au  xve  siècle  :  il 
importait  de  les  marquer  pour  suppléer  aux  énormes  lacunes 
que  présente  le  cartulaire  rossanien.   Ce  cartulaire  en  effet, 

1.  J'ai  suivi  rémunération  de  la  bulle  d'Alexandre  III,  Ier  novembre  1175 
(Jaffe,  Regesta  pontificum  romanorum,  n°  11S10).  Notez  cependant  que  Saint- 
Nicolas  de  Calamizi  était  en  Calabre,  diocèse  de  Reggio,  et  non  en  Sicile. 
Saint-Nicandre,  diocèse  de  Messine,  avait  été  fondé  en  iog4  par  Roger  : 
voy.  le  diplôme  de  fondation  délivré  au  «  moine  Biaise  »  dans  le  Vatican, 
lat.  8201,  fol  92.  De  Saint-Nicolas  de  Drosi  le  même  ms.  nous  fournit  plu- 
sieurs chartes  intéressantes,  la  plus  ancienne  est  de  ni3  et  délivrée  par 
Roger  [II]  à  1'  «  abbé  Méthodius  »  (//>/*/.,  fol.  97).  La  terre  de  Tucbi  est 


L'A  BBAYE  DE  SAINTE  -  MARIE. 


Ughelli  l'a  connu  et  utilisé  :  Plura  et  pêne  innumera  monumenta 
in  membranis  tum  grsecc  tum  latine  scripta  propriis  libuit  oculis 
usurpare,  nous  dit-il1.  Mais  il  y  a  fait  trop  peu  d'emprunts  à 
notre  gré,  pauca  exscripsimus  :  et  aujourd'hui  toute  trace  de  ce 
riche  chartrier  a  disparu.  Je  vais  dresser  l'inventaire  sommaire 
des  pièces  que  nous  en  connaissons. 

1105.  Roger,  comte  de  Calabre  et  de  Sicile,  à  Barthélémy, 
abbé  du  monastère  de  la  Sainte-Mère  de  Dieu  ocligitria  :  il  lui 
confirme  la  propriété  de  la  terre  de  Saint-Pierre  de  Corigliano, 
de  la  terre  de  Saint-Maur  de  Rossano,  laquelle  comprend  elle- 
même  les  casalia  de  Cefalino,  San-Giorgio  et  La  Cona.  Mes- 
sine, septembre  6612  (MCIII),  indiction  12.  Charte  grecque, 
authentiquée  d'une  bulle  d'or,  souscrite  par  l'évêque  de  Messine, 
Goffridus,  et  quelques  barons2. 

1105.  Pascal  II,  souverain  pontife,  à  Barthélémy  :  il  exempte 
le  monastère  de  la  juridiction  du  siège  de  Rossano,  et  le  met 
sous  l'immédiate  protection  de  saint  Pierre.  Cette  bulle  est 
mentionnée  dans  la  bulle  d'Innocent  III,  que  l'on  trouvera  plus 
loin,  et  avec  sa  date  dans  [la  souscription  du  Vatieanus  2o5o5. 
Elle  manque  aux  Regesta  de  JafFé  (20  édit.). 

1111.  La  comtesse  Berthe  de  Loritello  à  l'amiral  et  protono- 
taire Christodule  :  elle  lui  cède  Saint- Apollinaire  de  Cojichili\le 
Coscile],  ci-devant  propriété  de  'Asxyiytivou  ÏIopT^sXXYjç,  pour  que 
donation  en  soit  faite  au  monastère  de  la  vswBYiYTjTpiaç  Tousiavou  et 
au  très  chaste  vieillard  l'higoumène  Barthélémy  et  à  ses  succes- 
seurs.Fait  à  Messine,  novembre  6620  (MCXI),  indiction  5.  Charte 
grecque,  authentiquée  d'une  bulle  de  cire,  souscrite  de  huit  noms4. 

mentionnée  dans  un  diplôme  de  Frédéric  II,  daté  de  1202  (ibid.,  fol.  i5); 
le  lazaret  de  Catona  dans  une  bulle  d'Innocent  III,  23  juin  I2i5  (ibid., 
fol.  44)  ;  Saint-Pancrace  de  Scilla  dans  un  acte  de  son  prieur,  Néophite, 
daté  de  1829  (ibid.,  fol.  364).  Sur  ce  dernier  monastère,  voy.  Minieri- 
Riccio,  Saggio  di  codice  diplom.  (1878),  suppl.,  I,  6,  et  A.  Salinas,  Di  un  di- 
ploma  grcco  del  mon.  di  San  Pancrazio  di  Scilla  dans  YArchiv.  stor.  siciL,  1882. 

1.  Ughelli,  IX,  385. 

2.  Ughelli,  IX,  386:  version  latine  ancienne.  Incipit  :  Bonum  et  optimum 
ante  Deum  est  omnes  benefacientcs. 

3.  Pièces  justificatives,  p.  i54- 

4.  Montfaucon,  Palxographia,  p.  396  :  en  grec  d'après  l'original  apparte- 
nant alors  à  l'archive  de  Saint-Basile  de  Urbe.  Incipit.  :  SiycXXcov  yeva(ji.evov 
-rcap'  è|xoO  BépTY)ç.  Sur  les  Loritelli,  voy.  A.  Engel,  Numismatique,  p.  46. 


L'ABBAYE  DE  SAINTE-MARIE.  17 

1412.  Hugues  de  Chiaramonte,  fils  d'Alexandre  de  Chiara- 
monte,  et  ses  frères,  à  Barthélémy,  abbé  du  monastère  de  la 
Sainte-Mère  de  Dieu  néaodigitria  :  fis  confirment  à  l'abbé  et  à 
ses  successeurs  la  terre  de  Saint-Apollinaire  donnée  «  ecclesise 
Patiri  »  par  «  Fulco  de  Balbeuerig  Cbristodulo  Ammiral  » .  Fait 
li...,  mars  11 12,  indiction  5.  Charte  souscrite  par  Henri, 
évêque  de  Nicastro,  et  quelques  autres.  Apocryphe1. 

lifl  2.  Fulco  de  Basugerio,  à  la  requête  de  Christodule  Am- 
miratus,  confirme  la  donation  faite  par  ce  dernier  de  la  terre 
de  Saint-Apollinaire  à  l'abbaye  de  la  Sainte-Mère  de  Dieu.  Fait 
à. ..,  novembre  11 12,  indiction  5.  Charte...,  souscrite  par  Fulco 
de  Basugerio  et  quelques  autres.  —  Rende  dit  de  ce  diplôme  : 
«  E  l'originale  autentico  in  carta  membrana,  suggellata  col  sug- 
gello  del  comte  Ruggerio  :  conservasi  nell'  archivio  del  mo- 
nistero,  insieme  colli  stromenti2  ».  Apocryphe. 

1122.  Mabilia  [fille  de  Robert  Guiscard]  et  Guillaume  de 
Grantménil  [mari  de  Mabilia]  à  Barthélémy,  abbé  du  mona- 
stère de  la  Sainte-Mère  de  Dieu  de  néa  odygitrea  :  ils  lui  font 
donation  de  tout  ce  qu'ils  possèdent  entre  les  deux  fleuves  Crati 
et  Conchili  [le  Coscile,  affluent  de  la  rive  gauche  du  Crati]. 
Suit  la  délimitation  du  domaine.  Fait  à...,  août  663o  (MCXX1I), 

1.  Ughelli,  IX,  559  :  en  latin  «  ex  Patiri  tabulario  ».  Incipit  :  Ego  Hugo 
de  Claramonte  films  Alexandri.  Le  diplôme  ci-après  du  roi  Roger  (n3o)  men- 
tionne l'église  de  Saint-Apollinaire  comme  appartenant  dès  cette  époque  à 
l'abbaye,  et  un  Hugues  de  Chiaramonte  comme  ayant  fait  des  donations  à 
l'abbaye.  11  n'y  aurait  donc  pas  lieu  de  s'étonner  de  voir  au  cartulaire  figurer 
à  cette  date  des  diplômes  mentionnant  et  Saint-Apollinaire  et  Hugues  de 
Chiaramonte.  Malheureusement  pour  notre  diplôme,  il  appert  du  cartulaire 
de  Saint-Elie  de  Carbone  que  Hugues  de  Chiaramonte  vivait  vers  1074- 
1077,  et  qu'il  eut  pour  fils  Alexandre  et  Richard  de  Chiaramonte,  lesquels 
vivaient  encore  vers  11 26- n 45  :  d'où  la  difficulté  d'admettre  en  11 12  un 
Hugues  fils  d'Alexandre.  Ajoutez  que  l'abbaye  n'a  commencé  de  porter  le 
titre  de  Patir  qu'après  n3o.  Ajoutez  l'expression  inouïe  :  «  Fulco  de  Bal- 
beurig.  Christodul.  Ammiral  ».  Autant  de  raisons  de  soupçonner  ce  diplôme 
d'être  de  fabrication  tardive.  —  Voy.  plus  loin,  pag.  35. 

2.  Rende,  Cronistoria,  p.  89,  en  latin.  Incipit  :  Ego  Fulco  de  Basugerio 
notum  facio.  Impossible  d'admettre  que  cette  pièce  latine  soit  un  diplôme 
original  du  xne  siècle,  et  que,  émanant  d'un  particulier,  Foulques  de  Basu- 
gerio (inconnu  d'ailleurs),  elle  soit  authentiquée  du  sceau  de  Roger.  Cette 
pièce  a  pu  être  fabriquée  à  l'occasion  du  procès  de  l'abbaye  du  Patir  contre 
les Bisignani,  en  i5io.  Rapprochez-la  delà  pièce  apocryphe  ci-dessus,  attri- 
buée à  Hugues  de  Chiaramonte. 


18  CHAPITRE  PREMIER. 

indiction  i5.  Charte  grecque,  souscrite  par...  (les  noms  man- 
quent)1. 

1128.  Mabilia,  «  fille  du  bienheureux  Robert  Guiscarcl  », 
à  Luc,  abbé  du  monastère  de  pâtre  et  matris  id  est  norœ  odi- 
gytrea  :  elle  lui  confirme  les  propriétés  et  droits  énumérés  par 
la  bulle  de  N.  S.  P.  le  pape,  c'est  à  savoir  le  droit  de  pacage 
au  printemps  et  en  été  sur  les  terres  de  la  couronne  à  Isola,  plus 
la  propriété  de  l'église  de  Saint-Constantin  donnée  à  l'abbaye 
par  Jean,  évêque  dTsola,  y  compris  les  terres  dépendantes  de 
ladite  église  et  le  moulin  de  Céramida,  propriété  à  laquelle  la 
princesse  ajoute  la  donation  d'un  groupe  de  terres  attenantes  à 
celles  de  l'évêque  d'Isola.  Fait  à...,  février  6636  (MCXXVIII), 
indiction  10.  Charte  authentiquée  d'une  bulle  de  cire, 
souscrite  du  nom  de  Mabilia2.  Apocryphe. 

1150.  Le  roi  Roger  à  Luc,  abbé  du  monastère  de  la  Sainte- 
Mère  de  Dieu  et  véaç  ôôyiyiTpîaç  tou  %axp6c,  :  il  confirme  à  l'abbé,  qui 
vient  d'être  investi  par  «  notre  domination  »  de  la  charge  abba- 
tiale, toutes  les  propriétés  que  le  couvent  a  reçues  des  princes 
ses  prédécesseurs,  de  lui  ou  d'autres  donateurs  :  c'est  à  savoir, 
dans  le  Val  di  Crati,  la  terre  toO  'Actxyitttqvou  Uop^èllriç,  comprenant 
l'église  de  Saint- Apollinaire,  donation  de  l'amiral  Christodule; 
le  couvent  de  Sainte-Marie  ^xaXbwVj  au  diocèse  de  Mileto; 
l'église  de  Saint-Constantin  à  Isola  ;  la  terre  de  Saint-Maur, 
donation  de  l'amiral  Christodule;  la  terre  de  Rocca  di  Santa- 
Severina,  donation  de  Guillaume  de  Grantménil,  et  toutes  autres 
dépendances  sises  à  Rossano,  à  Saint-Maur  et  dans  le  Val  di 
Crati  ;  sont  confirmés  tous  les  diplômes  délivrés  au  monastère 
par  Hugues  de  Chiaramonte  et  Guillaume  de  Grantménil.  Fait 
à  Messine,  mai  6638  (MCXXX),  indiction  8.  Charte  grecque, 
authentiquée  d'une  bulle  d'or,  souscrite  par  le  roi  Roger5. 

1.  Ughelli,  IX,  387  :  version  latine.  Incipit  :  Qui  in  religioso  et  honesto 
seu  venerabili  consentit  persévérant.  Sur  Mabilia  et  Guillaume  de  Grantménil, 
voy.  A..  Engel,  Numismatique,  p.  2-3. 

2.  Ughelli,  IX,  680:  en  latin.  Incipit  :  Quoniam  ego  Mabilia  de  providentia. 
Dans  ce  diplôme  la  date  est  fausse,  car  à  l'année  6636  correspond  l'indic- 
tion  7;  l'adresse  est  fausse,  car  Luc  n'était  pas  abbé  en  1129  et  le  mona- 
stère ne  portait  pas  le  nom  de  Patir  [de  pâtre)  avant  n3o;  enfin,  en  1222, 
lors  du  procès  de  l'abbé  du  Patir  et  du  prieur  d'Isola,  aucune  mention  ne 
sera  faite  de  ce  diplôme. 

3.  Montfaucon,  Palseographia,  p.  397  :  en  grec,  d'après  une  copie  de  l'ar- 


L'ABBAYE  DE  SAINTE-MARIE.  19 

1164.  Robert,  évêque  d'Umbriatico,  confirme  les  privilèges 
du  prieuré  de  Saint-Étienne,  fondé  et  doté  par  les  rois  Roger  et 
Guillaume,  au  profit  de  l'abbaye  de  Sainte-Marie  du  Patir,  à 
condition  que,  le  7  août  de  chaque  année,  le  prieur  donnera  à 
la  cathédrale  d'Umbriatico  une  mesure  d'huile  et  trois  cierges, 
l'évêque  s'engageant  en  retour  à  fournir  au  prieur  les  saintes 
huiles.  Fait  à...,  Ier  décembre  6673  (MCLXIV),  incfietion  i3. 
Charte  grecque,  dressée  par  Filotetto  (?),  moine  abbé  Sanctœ-M 'ci- 
vilise (?),  souscrite  par  l'évêque  Robert1.  Très  suspect. 

1189.  Roger  de  Durci,  commissaire  royal,  rend  un  arrêt  dans 
le  procès  pendant  entre  Nestorius,  abbé  du  Patir,  et  un  sieur 
Gérard,  au  sujet  d'un  tenimentum  aliéné  illicitement,  quarante 
ans  auparavant,  par  Cosmas,  depuis  archevêque  de  Rossano, 
alors  abbé  du  Patir.  Fait  à...,  juillet  1189,  indiction 

1198.  On  lit  dans  le  Liber  censuum  :  «  In  archepiscopatu  Rosa- 
nensi  qui  nullum  habet  suffraganeum. . . ,  monasterium  Sancte 
Marie  de  Patiro  imam  unciam  auri  annis  singulis,  ratione  exem- 
ptionis  per  felicis  recordationis  dominum  Innocentium  III,  anno 
domini  MCXCVIII,  septimo  kalenclas  maii,  pontificatus  eius  anno 
primo  concesse,  prout  constat  per  bullam  eius  que  registrata  est 
libro  secundo  diversorum  domini  Paulipape  II,  fol.  CCXVIIP.  » 
Cette  bulle  du  a5  avril  1198  manque  aux  Regesta  de  Potthast. 
Le  texte  qu'en  donne  le  recueil  manuscrit  des  Dwersn  de  Paul  II, 
—  collât.,  y  est-il  dit,  origiualibus  aiitiquissimis  bullis  et  con- 
cordat, signé  Gaspar  Blondus,  —  ce  texte  est  le  même  que 
celui  de  la  bulle  d'Honorius  III  ci-après*. 

chive  de  Saint-Basile  de  Urbe.  Trinchera,  Sjllobus  grxcarwn  membranarum 
(i865),  p.  i38  :  en  grec,  d'après  une  copie  de  l'archive  de  Naples.  Incipit  : 
Eùaeëou;  ôiavoéaç  xoù  (3a<nXcx-?îç  <piXo<ppo<rvvï)ç.  C'est  une  copie  ancienne  vidi- 
mée  par  «  Cosmas,  humble  moine  et  archevêque  de  Rossano  »  et  quelques 
autres,  dont  un  auvà-uop  MaXévoç. 

1.  Grotta  Ferrata  ms.  Z,  ô,  XXXII  :  copie  du  xvir2  siècle.  Incipit  :  Toi 
ôe/eaSpicov  {Jlyjv.  Trjç  ivôcx.  iy'  Etç  ty]V  npiôx-qv  èyo)  PoTcépxoç  èXéco  6eou  è'iziaY.oizoç 
e'jpcaç..  A  noter  que  ce  prieuré  de  Saint-Etienne  n'est  mentionné  dans  au- 
cune autre  de  nos  chartes,  non  plus  que  celui  de  Sanctse—Marinœ . 

1.  Ughelli,  IX,  389  :  «  Cosmas...  cujus  prima  mentio  in  cartulario  Patiri 
habetur  anno  11 87  et  clarius  in  veteri  membrana  eiusdem  scripta  anno  11 89, 
mense  iulii,  ind.  7,  continente  exemplar  iudicii  Rogerii  de  Durci,  etc.  » 
Ughelli  analyse  seulement  le  document. 

3.  Liber  censuum  (éd.  Paul  Fabre),  p.  23. 

4.  Archiv.  Vatican.,  Paul '.  Il '.  Diver.  cam.  1467  adi^o,  lib.  II,  fol.  2i8'-220. 


20 


CHAPITRE  PREMIER. 


12IG.  Honorius  III  à  Nicodème,  archimandrite  du  monastère 
de  la  B.  V.  Marie  de  Patirio  :  à  l'exemple  de  Pascal  II,  le  pape 
prend  sous  sa  protection  et  celle  de  saint  Pierre  le  monastère  du 
Patir  et  tout  ce  qu'il  possède  de  biens,  dont  l'énumération  suit. 
C'est  à  savoir  :  la  terre  même  où  s'élève  le  monastère  et  tout  ce 
qui  en  dépend;  l'église  de  Sainte-Marie  de  Orsino,  celle  de  Saint- 
Nicolas  de  Lista  (y  compris  les  ecclésioles  de  Saint-Biaise  et  de 
Sainte-Marie  de  Câbla),  celle  du  Saint-Sauveur  à  Brindisi,  celle 
de  Saint- Apollinaire  de  Conchili,  celle  de  Sainte-Marie  de  Scalito, 
celle  de  Saint-Pancrace  de  Grœca,  celle  de  Saint-Onufre  in  Ca- 
lonati,  celle  de  Saint-Nicolas  de  Peniga,  celle  de  Sainte-Hélène 
de...,  celle  de  Saint-Constantin  de  Otece,  celle  de  Sainte-Marie 
de  Alimento,  celle  de  Saint-Nicolas  de  Donna,  celle  de  Saint- 
Denys  de  Casubono;  les  «  casalia  »  de  Crepacore,  de  Labonia, 
de  San-Giorgio,  de  Cefalino,  de  Lilacconi;  un  «  casale  apud 
Cassanum  »,  un  autre  «  apud  Rossanum  ».  L'abbaye  aura  le  pri- 
vilège du  for  pour  tous  clercs  ou  laïques  qui  dépendent  d'elle  ; 
plus  l'exemption  de  la  juridiction  de  l'ordinaire,  à  charge  toute- 
fois de  recourir  à  lui  pour  les  saintes  huiles,  les  ordinations  et 
les  consécrations  d'autels  ou  d'églises;  enfin  le  droit  d'instituer 
notaires,  protopapas  et  autres  officiers  dans  ses  «  casalia  »  et 
églises.  Fait  à  Spolète,  le  27  août,  l'an  Ier  du  pontificat,  indic- 
tion 4 1  • 

1222.  Luc,  archevêque  de  Cosenza,  désigné  par  le  Saint- 
Siège  pour  connaître  du  différend  qui  se  débat  entre  l'abbaye 
du  Patir  et  le  couvent  de  Saint-Julien  d'Isola.  au  sujet  d'un 
tenimentum  sis  à  Isola,  se  déclare  incompétent,  et  envoie  les  par- 
ties se  pourvoir  à  leur  choix  devant  la  cour  royale  ou  à  Rome. 
Fait  à  Cosenza,  le  27  juin  1222,  indiction  10,  Charte  latine, 
authentiquée  du  sceau  archiépiscopal,  souscrite  par  l'archevêque 
et  trois  de  ses  chanoines.  —  Dans  cette  sentence  de  l'archevêque 
de  Cosenza  sont  citées  :  i°  «  . . .  Quasdam  literas  impériales  apertas 
cum  setacera  bullatas,  quibus  mandabatur justitiariis  et  camerario 
Calabrise,  ut  non  molestarent  monasterium  Patiri  in  possessioni- 
bus...  et  omnibus  quœ  in  eisdem  literis  apertis  ipsi  monasterio 

1 .  Ughelli,  IX,  392.  Potthast,  Regesta pontificum  romanorum,  n°  35y.  Incipit  : 
Regularem  vitam  eligentibus. 


L'ABBAYE  DE  SAINTE-MARIE. 


2  I 


imperialis  auctoritas  confirmabat  »  ;  il  s'agit  vraisemblablement 
là  d'un  diplôme  de  Frédéric  II,  empereur  depuis  1220;  —  20  une 
sentence  de  Michel  de  Rossano,  camerarius  Calabriœ,  confir- 
mant au  Patir  la  propriété  du  tenimentum  de  Saint- Julien  d'Isola, 
et  tout  ce  que  l'abbaye  y  tient  des  donations  du  comte  Raynerius 
Marchîsottus  et  du  comte  Etienne,  son  fils,  laquelle  sentence  est 
dite  être  rédigée  en  grec1. 

1225.  Frédéric  II,  empereur  des  Romains  et  roi  de  Sicile, 
désigne  Luc,  archevêque  de  Cosenza,  et  Terrisius,  évêque  de 
Cassano,  à  procurer  un  accord  entre  l'abbé  de  Saint*Jean  de 
Flore  et  l'abbé  du  Patir,  au  sujet  de  pâturages  de  la  Sila  que  les 
deux  abbayes  revendiquent  chacune  pour  soi.  Fait  à  Crotone,  le 
1 8  mai  1 223,  indiction  11.  —  Ce  diplôme  est  textuellement  inséré 
dans  le  suivant. 

1225.  Luc,  archevêque  de  Cosenza,  et  Terrisius,  évêque  de 
Cassano,  font  consentir  les  deux  parties  à  reconnaître  à  Flore  la 
propriété  des  pâturages  en  question,  au  Patir  le  droit  de  pacage 
sur  les  pâturages  susdits,  mais  à  charge  au  Patir  de  payer  à  Flore 
le  jour  de  Noël  cinq  mesures  d'huile  pure  et  de  bonne  qualité. 
Fait  à  Cosenza,  le  23  août  1223,  indiction  11.  —  Charte  latine, 
authentiquée  du  sceau  des  deux  évêques,  souscrite  par  eux,  déli- 
vrée e#  deux  expéditions,  l'une  souscrite  par  l'abbé  et  douze 
moines  du  Patir,  l'autre  par  l'abbé  et  d©uze  moines  de  Flore2. 

1246.  Guillaume,  évêque  de  Strongoli,  juge  du  différend  qui 
se  débat  entre  l'abbaye  du  Patir  et  l'abbaye  de  Flore,  au  sujet 
de  l'aqueduc  d'un  moulin  de  l'abbaye  de  Flore,  auquel  le  Patir 
prétend  avoir  le  droit  de  faire  une  prise  d'eau  pour  le  service 
d'un  moulin  d'une  de  ses  fermes,  Sainte-Hélène,  condamne  Flore 
à  reconnaître  le  droit  du  Patir  sur  l'aqueduc,  et  le  Patir  à  payer  un 
droit  de  mouture  à  Flore.  Fait  à  Strongoli,  mars  1246,  indiction  4, 
la  49e  année  du  règne  de  Frédéric  II.  —  Charte  latine,  dressée 
par  Pierre,  notaire  public  de  Strongoli,  souscrite  par  Guillaume, 
évêque  de  Strongoli  et  quelques  notables.  Y  inclus  la  requête  de 
Flore  et  celle  du  Patir,  cette  dernière  au  nom  de  l'archimandrite 
Nimphus,  et  souscrite  par  Barlaam,  prêtre,  moine  et  ecclésiarque 

1.  Ughelli,  IX,  5o7  :  en  latin,  «  ex  tabulario  Patiri  ».  Incipit  :  Prsesenti 
scripto  notum  facimus. 

2.  Ughelli,  IX,  290.  Incipit  :  Nos  Lucas  Dei  gratta  cusentinus. 


22  CHAPITRE  PREMIER. 

du  Patir,  par  Romain,  Nicodème,  Miletus  (?),  «Laurent,  Germain, 
Néophyte,  Nectarios,  prêtres  et  moines,  par  Nil  et  Sacca  (?),  dia- 
cres, par  Adrien  et  Jacques,  moines  du  Patir1. 

1275.  Grégoire  X,  souverain  pontife,  «  literas  dirigit...  ad 
favorem  monasterii  de  Paûrio  contra  detentores  bonorum  ejus- 
dem...  dat.  Lugduni  id.  mardi2».  Cette  bulle  était  insérée  dans 
la  pièce  qui  suit.  Elle  manque  aux  Regesta  de  Potthast. 

1275.  Roger,  archevêque  de  Santa-Severina,  publie  la  bulle 
ci-dessus  de  Grégoire  X.  Fait  à  Santa-Severina,  le  5  juillet  1275, 
indiction,  35. 

1281.  Charles  Ier,  roi  de  Naples,  à  la  demande  d'Ambroise, 
abbé  du  Patir,  confirme  les  propriétés  et  privilèges  de  l'abbaye. 
Fait  à  Naples,  novembre  1281,  indiction  9.  Charte  latine,  vidi- 
mée  par  Ange,  archevêque  de  Rossano,  et  onze  autres  personnes4. 
—  Analysant  cette  pièce,  Ughelli  note  que  les  donations,  «  mo- 
nasterio  ab  regibus  Siciliae  aliisque  principibus  viris  elargitae  » 
qu'elle  confirme,  ont  été,  avant  d'être  confirmées,  traduites  en 
latin  :  «  Donationes  vero  confirmatœ  translata?  dicuntur  e  grœco 
in  latinum.  » 

1285.  Ange,  archevêque  de  Rossano,  donne  a  Paul,  abbé  du 
Patir,  l'église  et  le  couvent  de  Saint-Nicolas  de  Calopezzato,  à 
charge  de  réparer  et  de  desservir  ladite  église,  d'y  reconnaître 
la  juridiction  de  l'ordinaire  et  de  payer  à  l'archevêque  un  cens 
annuel  de  douze  tarins  d'or.  Fait  à  Rossano,  le  19  janvier  1285, 
indiction  1 3,  la  4e  année  de  pontificat  de  Martin  IV s. 

1294.  Charles  II,  roi  de  Naples,  pourvoit  à  ce  que  les  habitants 
du  casale  de  Crepacore,  dépendance  du  Patir,  lesquels  ont  été 
chassés  de  leurs  habitations  «  a  guerre  turbine  »,  et  se  sont  réfu- 

1.  Ughelli,  IX,  728.  Incipit  :  Rationis  ordo  requirit. 

2.  Ughelli,  IX,  683. 

3.  Ughelli,  IX,  683.  «  Subscripsit  in  fine  in  hœc  verba  :  Nos  Rogerius 
Dei  gratia  Sanctse-Severinœ  archiepiscopus,  additis  quibusdam  groecis  litteris 
manus  ejusdem,  quemadraodum  et  alii  testes  eodem  modo  se  subscripse- 
runt,  ut  in  exemplari  ejusdem  tabularii  Patiri  observavimus.  » 

4-  Ughelli,  IX,  400,  donne  une  simple  analyse  de  cette  pièce,  qui,  dit-il, 
«  in  sœpe  citato  Patiri  tabulario  extat  ».  Le  vidimus  de  l'archevêque  est 
donné  textuellement  par  Ughelli  :  «  Ego  Angélus  Rossanensis,  archiepisco- 
pus  grœcus,  visis  et  perlectis  authenticis  priviîegiis  et  instrumeutis,  hiis  [sic] 
translatis  capitulis  [sic]  fideliter  transumptis,  propria  manu  suscripsi.  » 

5.  Ughelli,  IX,  401.  Incipit  :  Humanarum  rerum  auctoritas. 


L'ABBAYE   DE  SAINTE- MARIE.  23 

giés  à  Corigliano,  puissent  revenir  habiter  Crepacore,  et  mande 
au  «  justitiarius  Vallis  Gratis  »  d'y  tenir  la  main.  Fait  à  Foggia, 
le  2  juin  1294?  indietion  71. 

1204.  Charles  II,  roi  de  Naples,  fait  restituera  l'abbaye  du 
Patir  la  barque  de  bac  «  ad  passagium  hominum  et  animalium 
pra?tereuntium  »,  que  l'abbaye  entretenait  dans  sa  «borga»  de 
Racanello,  et  qu'avait  fait  supprimer  Guillaume  de  Jlneto,  sous 
prétexte  que  la  dite  «  borga  »  était  sise  sur  ses  terres  de  Cassano. 
Le  roi  mande  à  Roger  de  Sangineto,  «  justitiarius  Vallis  Gratis  », 
de  faire  exécuter  cette  ordonnance.  Fait  à  Barletta,le  5  juin  1294, 
indiction 

1359.  Théodore,  archimandrite  de  l'abbaye  zfiq  NsoôiyiTpsfaç  too 
àyîou  TCarpôç,  cède  en  emphytéose  au  sieur  ïoucppiôoç  OOpaéAXoç,  de 
Corigliano,  les  bois  d'oliviers  sis  au  lieu  appelé  Pavoç  sur  le  terri- 
toire de  Corigliano,  et  la  terre  dite  twv  /.aXâjjiwv,  sise  sur  le  terri- 
toire de  Rossano,  pour  vingt-neuf  ans  et  contre  une  redevance 
annuelle  de  huit  tarins  d'argent.  Fait  au  Patir,  septembre  [1309] , 
la  8e  année  du  pontificat  d  Innocent  VI,  «  pape  de  Rome  »,  sous 
le  règne  de  Louis  [de  Tarente,  le  mari  de  la  reine  de  Naples, 
Jeanne  Irc],  «  roi  de  Jérusalem  et  de  Sicile,  duc  de  Pouille,  prince 
de  Capoue,  comte  d'Anjou,  de  Provence,  de  Forcalquier  et  de 
Piémont  ».  Charte  grecque,  dressée  par  Denys,  yapxouXàptoç  de 
l'abbaye,  souscrite  par  Nil,  ecclésiarque ,  Jacques,  Nicéphore, 
Laurent,  Gabriel,  Paul,  Romain,  Nicodème,  moines  de  l'abbaye3. 
Il  ne  paraît  pas  que  ces  six  derniers  religieux  sussent  écrire. 

1560.  Gautier  Nani,  secretus  du  duché  de  Calabre,  juge  du 
différend  qui  se  débat  entre  l'abbaye  de  Sainte-Marie  de  Patirio 
et  le  municipe  de  Rossano,  au  sujet  de  la  délimitation  de  leurs 
terres  respectives  :  suit  la  délimitation  des  dites  terres.  Fait  à 
Rossano,  l'an  18  du  règne  de  Jeanne  Ire,  l'an  i3  du  règne  de 
Louis  [son  mari],  «  roi  de  Jérusalem  et  de  Sicile,  duc  de  Pouille, 

1.  Archiv.  de  Njiples,  Reg.  ang.  1294.  M,  n°  LXXI,  fol.  3-27.  Incipît  :  Scri- 
ptum  est  capitaneo  et  justiciario  vallis  gratis...  Pro  parte  religiosoram.  Inédit. 

1.  Ibid.  Incipît  :  Scriptuin  est  Rogerio  de  Sangineto  militi  capitaneo  et  justi- 
ciario vallis  gratis...  Habet  religiosoram.  Inédit. 

3.  Archivio  storico  italiano,  1868,  p.  12-20  :  publiée  par  J.  Mûller,  d'après 
une  copie  du  xvne  siècle  conservée  à  Grotta  Ferrata.  Les  nombreuses  erreurs 
du  commentaire  de  Mûller  sont  relevées  par  H.  Aaar  [Luigi  deSimoneJ  dans 
le  même  Archivio,  1882,  p.  238.  Incipit  :  "Etsi  ano  x^ç  èvo-apxou  oWovoyAa.;. 


24  CHAPITRE  PREMIER. 

prince  de  Capoue,  comte  de  Provence,  de  Forcalquier  et  de 
Piémont  »,  en  présence  de  Grégoire,  archevêque  de  Rossano, 
d'Aquinos,  juge  royal  de  Rossano,  et  de  Léon  Malenus,  notaire 
roval  pour  le  duché  de  Calabre,  etc.  Charte  latine,  authentiquée 
du  sceau  du  notaire  royal,  souscrite  en  grec  par  l'archevêque  et 
par  le  juge  de  Rossano,  en  latin  par  les  autres  *. 

1510.  Ferdinand  [V,  roi  de  Castille],  d'Aragon,  de  Sicile,  de 
Naples  et  de  Jérusalem,  et,  en  son  nom,  Raymond  de  Cadorna, 
vice-roi  des  deux  Siciles,  confirme  à  l'abbaye  du  Patir  la 
propriété  du  casale  de  Saint- Apollinaire,  que  lui  contestait 
Bernardin  de  San-Severino,  prince  de  Bisignano.  Fait  à  Naples, 
le  12  mars  ioio2. 

Au  total  vingt-cinq  diplômes,  dont  trois  apocryphes. 

La  liste  des  successeurs  de  saint  Barthélémy,  que  Ton  peut 
tirer  des  chartes  ci-dessus,  est  loin  d'être  complète  ;  nous  rele- 
vons les  noms  et  les  dates  que  voici  : 

Luc  (i  i3o). 
Cosmas  (i  1 49)- 
Nestorius  (i  189). 
Nicodème  (1246). 
Nimphus  (12 16). 
Ambroise  (1281). 
Paul  (ia85). 
Théodore  (1359). 

Il  faut  ajouter  à  ces  noms  celui  de  Biaise,  que  nous  aurons  à 
relever  plus  loin,  et  qui  doit  être  attribué,  je  crois,  au  xive  siècle, 
enfin  celui  d'Athanase  Chalkéopylos,  dont  nous  avons  vu  le 
nom  inscrit  sur  l'icône  de  Corigliano.  Ughelli,  qui  le  mentionne 
comme  étant  mort  en  1487  évèque  de  Gerace,  nous  apprend  en 
outre  qu'il  était  originaire  de  Constantinople.  Il  était  en  effet 
de  ces  nombreux  Grecs  réfugiés  à  Messine  après  la  prise  de 
Constantinople3,  et  nous  avons  même,  composée  par  lui  à 

1.  Ughelli,  IX,  402  :  «  e  veteri  documente)  tabularii  Patiri  ». 

2.  Rende,  Cvonistoria,  p.  92,  donne  le  texte  intégral  du  document  «  di 
cui  conservasi  l'originale  nell'  archivio  del  Monistero  ».  Cf.  Rodotà,  Rito 
greco,  II,  193. 

3.  Voj.  au  British  Muséum  le  ms.  Harley  5662,  copié  à  Messine,  en  i4?3, 


L'ABBAYE  DE   SAINTE-MARIE.  25 

l'époque  où  il  était  évêque  de  Gerace,  et  dédiée  à  Antoine  Pe- 
trucci,  secretarius  maior  du  roi  Ferdinand  V,  une  version  latine 
du  livre  de  Lucien  Sur  la  danse1. 

C'est  tout  ce  qui  nous  est  venu  de  littéraire  de  l'abbaye  de 
Rossano.  On  y  joindra  deux  inscriptions  en  vers  politiques, 
contemporaines  de  l'abbé  Luc,  chacune  d'elles  gravée  «  in 
marmoreo  vase  »,  vraisemblablement  deux  bénitiers  ou  fonts 
baptismaux  : 

a\ 

PHrOC  KPATAIOT  TOIG  XPONOIG  POrEPIOT 
TOT  1IANOCIOT  AOTKA  TQN  MONOTPOIIQN 
APXEIN  AAKONTOC  CKEYOC  EIPrAGTAI  TOAE 
riEMLITIi  CAPAKOGTH  nPOG  E3AK0CIQ 
EKTH  TE  XIAIAAI  IIAPOAQ  XPONQN 


b\ 

TH  KEAEYGEI  TOY  AriQTATOY  HMQN  IIATPOC  KAI  MErAAOT 
APXIMANAPITOY  KYPOY  AOYKA  MHNI  MAPTIQ  INAIKTIQNOC  ir 
ETOYC  TXMr  • 

/  TON  KOIAANANTA  THN  KOAYMBH0PAN  AOTE 
CQZOIC  TANAOYA^ON  TAIC  iIPO$HTQN  IIPECBIAIG 

ÏG  XG 
NI  KA 

Ces  deux  inscriptions,  relevées  au  Patir  au  siècle  dernier,  ont 
disparu  depuis. 

par  Léon  Clialkéopylos.  Le  ms.  Harley  5694  et  le  ms.  Sloane  746  portent 
en  ex  libris  :  a  Libro  Jo.  Chalceopylus  Constantiuopolitanus.  » 

1.  Dans  le  ms.  Parisinus  gr.  3oi3.  «  Athanasii  episcopi  Hieracensis  et 
Oppidensis  »,  porte  la  préface  (fol.  1). 

2.  Placentini,  De  siglis  veterum  Grœcorum  (Rome,  1757),  p.  1 54  (cf.  Boeckli, 
C.  I.  G.,  8727)  :  «  In  marmoreo  vase,  quod  in  templo  nostri  cœnobii,  vulgo 
Patiro  nuncupati,  servatur  Régis  potentis  temporibus  Rogerii,  S.  Lucamona- 
chorum  prxfecturam  habente,  pas  hoc  effectuai  est ,  anno  6645  [MCXXXV1-IIJ.» 

3.  Placentini,  op.  cit.,  p.  116  :  «  In  urna  marmorea  histralis  aquae  pro  in- 
fantibus  baptizandis  Jussu  S.  P.  N.  et  magni  archimandritm  Lucœ,  mense 
marlio,  ii/d.  i3,  anno  6643  [MCXXXV]  :  qui  excavavit piscinam,  o  Verbum^  salva 
Gandulphum  prophetarum  precibus.  J.-C.  vincit.  » 


26 


CHAPITRE  PREMIER. 


Il  faut  renoncer  à  dresser  d'une  façon  satisfaisante  le  terrier 
de  l'abbaye  ;  du  moins  nous  savons  ce  qu'elle  paye  de  cens  à  la 
Chambre  Apostolique.  Elle  est  taxée  dans  le  Liber  censuum 
à  une  once  d'or  par  an,  le  Saint-Sauveur  à  un  florin  d'or. 
Dans  le  Liber  taxarum  camerse  apostolicse  (xve  siècle)  elle  est 
portée  pour  80  florins,  le  Saint-Sauveur  pour  5oo,  Carbone 
pour  66.  Ajoutons  que  dans  le  censier  inédit  cité  plus  haut  du 
diocèse  de  Rossano,  censier  daté  de  1 4^7,  l'abbaye  est  portée 
pour  un  cens  de  quatre  onces  :  «  Archimandrita  Ste  Marie  de 
Patiro  tenetur  soluere  untias  quatuor1  ». 

C'est  dans  ces  quelques  faits  que  se  résume  la  courte  histoire 
de  l'abbaye  de  Sainte-Marie  du  Patir  du  xiie  au  xve  siècle. 
Remarquez  comment  ici,  de  même  qu'à  Messine  et  de  même 
qu'à  Carbone,  la  période  de  prospérité  est  close  au  milieu  du 
xme  siècle,  et  comment  la  fin  du  xme  siècle  et  le  xive  constituent 
une  période  d'obscur  déclin.  Ce  qui  reste,  après  ce  siècle  et  demi 
de  décadence  continue,  de  la  religion  basîlienne  du  temps  de 
saint  Barthélémy,  lorsque  le  concile  de  Florence  et  le  zèle  de 
Bessarion  rappellent  l'attention  du  Saint-Siège  sur  les  mona- 
stères grecs  de  l'Italie  méridionale,  nous  le  savons  déjà;  nous 
allons  le  voir  mieux  encore  dans  les  efforts  faits  au  x\e  et  sur- 
tout au  xvie  siècle  pour  réformer  l'abbaye  du  Patir. 


III 


L'abbé  du  Saint-Sauveur  de  Messine  écrivait,  en  i58i,  les 
lignes  suivantes  sur  la  culture  et  sur  la  vie  des  religieux  grecs 
de  l'Italie  méridionale  :  «  Quanto  alla  lingua  sono  tutti  cosi 
ignoranti  che  dicendo  io  a  un  monaco,  priore  vechio  e  dei  piu 
principali,  che  mi  déclinasse  il  nominativo  rcaxyip,  per  esser  il 
primo  nome  del  Pater  Noster,  non  ne  sepe  dir  niente,  e,  vedendo 
che  io  ne  conosceva  la  verità,  mi  confessarono  tutti  i  monaci  che 
non  sanno  gramatica.  Ma  che  dico  io  di  gramatica  ?  Monaci  ho 
trovato  cbe  dicendo  missa,  quando  arrivavano  alla  epistola  et 
ail'  evangelio,  bisognava  accostarsi  ail1  altare  uno  degli  altri  che 


1.  Pièces  justificatives,  p.  117. 


L'ABBAYE  DE  SAINTE-MARIE.  ?9 

sapesse  légère  manco  maie  et  recitasse  la  epistola  e  l'evange- 
lio,  per  ch'  il  resto  délia  missa,  corne  erano  monaci  vechi,  lo 
dicevano  di  memoria  cosi  difituosamente  corne  V.  S.  I.  puo  giu- 
dicare.  —  Quanto  alla  vita  poi  sono  cosi  cattivi  che  non  mi  par 
clie  si  debbano  numerar  fra  monaci  mali,  ma  fra  laici  pessimi  : 
e  per  dir  in  somma  particolarmente  délia  dishonestà,  ho  trovato 
in  un  monasterio  tre  diaconi  fîgli  di  tre  monaci  di  questa  reli- 

gione,  et  ho  trovato  tanto  peggio  »  Il  vaut  mieux  laisser  le 

reste  inédit1. 

Le  chapitre  général  de  Tordre  tenu  par  Bessarion  en  1466, 
celui  de  i5o4  réuni  à  Saint-Nicolas  de  Calamizi  par  le  cardinal 
D.  Grimani,  avaient  été  impuissants  à  ranimer  la  ferveur  dans  ces 
communautés  isolées,  restreintes,  immobiles,  à  donner  quelque 
autorité  aux  abbés  conventuels  délégués  des  commendataires, 
non  plus  qu'à  inspirer  aux  religieux  le  respect  d'une  règle  qui 
ne  les  assurait  point  contre  la  famine  :  et  le  scandale  en  deve- 
nait si  public  que  Philippe  II  parlait  de  supprimer  l'ordre.  La 
cour  romaine  pensa  qu'il  valait  mieux  le  réformer,  et  commit 
le  soin  de  cette  réforme  au  cardinal  G.  Sirleto. 

Calabrais  de  naissance  (il  était  né  à  Guardavalle  près  de 
Stilo),  grec  d'éducation  (il  avait  été  élevé  par  un  grec  de  Ta- 
rente)^  helléniste  de  carrière,  pourvu  de  l'évêché  de  San-Marco, 
puis  de  l'évêché  de  Squillace  et  de  l'abbaye  basilienne  de  Sainte- 
Marie  de  Carra,  préfet  de  la  congrégation  dite  de  la  Réforme 
des  Grecs,  laquelle  embrassait  le  service  de  l'Orient  grec  catho- 
lique, le  cardinal  Sirleto  connaissait  de  toute  façon  à  fond  les 
conditions  de  la  réforme  qu'on  lui  confiait,  et  il  s'y  appliqua  avec 
une  suite  et  une  fermeté  qui  aboutirent.  Mais  ce  ne  fut  pas  sans 
peine,  et  je  dois  dire  que  c'est  du  Patir  que  vinrent  à  Sirleto  les 
plus  grands  ennuis. 

«  J'avais  toujours  pensé,  lui  écrivait  en  1667  le  vicaire  géné- 
ral de  Rossano,  que  Votre  Eminence  viendrait  en  personne 
visiter  l'abbaye  ;  j'aurais  alors  exprimé  à  V.  S.  Rme  le  désir  de 
l'archevêque  et  de  tout  son  clergé,  qui  est  de  voir  ces  moines 
rester  dans  leur  couvent,  où  nous  n'aurions  cure  de  savoir  ce 
qu'ils  font,  au  lieu  qu'ils  se  répandent  à  Corigliano  et  ailleurs  et 


1.  Àrchim.  de  Messine  à  Sirleto,  22  mai  i58i  (Vatican,  lat.  6ig5.  fol.  821). 


28 


CHAPITRE  PREMIER. 


s'y  comportent  disonestamente,  tenendo  le  concubine,  fando 
tante  sorte  de  industrie  et  mercantie,  committendo  molti  eccessi 
et  delitti,  senza  super iore  che  le  correga  ».  En  i5^2,  c'était  au 
tour  des  syndics  de  Rossano  d'écrire  à  Sirleto  pour  le  conjurer 
de  châtier  les  moines  du  Patir  et  de  «  mettre  en  leur  place  des 
gens  de  bonne  vie  ».  En  1 574,  c'était  l'archevêque  (Lancelotti) 
qui  dénonçait  à  Sirleto  l'abbaye  comme  «  un  asile  d'hommes 
dyscoles  »,  et  lui  assurait  qu'un  brigand,  un  foruscito,  pendu 
naguère  à  Bisignano,  avait  avoué  qu'il  avait  pour  complices  les 
moines  du  Patir;  et  n'étaient-ce  pas  eux  qui  naguère  s'étaient 
jetés  sur  les  troupeaux  de  l'archevêque  en  criant  «  Tue,  tue  !  » 
et  avaient  roué  de  coups  les  deux  clercs  qui  les  menaient  paître1  ? 

Certes  Sirleto  n'entendait  pas  tolérer  de  tels  abus,  mais  il  se 
heurtait  au  mauvais  vouloir  du  commendataire,  Fiescho,  évêque 
de  Savone,  toujours  prêt  à  parler  d'exemption  quand  Lancelotti 
parlait  de  scandale.  «  Avec  l'aide  de  Dieu,  écrivait  Sirleto  au 
cardinal  Charles  Borromée,  le  saint  archevêque  de  Milan,  nous 
ferons  ce  qu'il  faut  faire  ;  mais  puisque  Mgr  de  Savone  est  abbé 
commendataire  de  Sainte-Marie  du  Patir,  je  souhaiterais  que 
V.  S.  le  persuadât  de  nous  aider2.  »  Puis,  lorsqu'une  visite 
générale  des  monastères  grecs  de  l'Italie  méridionale  eut  été 
exécutée  et  un  chapitre  tenu  à  Saint-Philarète  de  Seminara  pour 
accepter  la  réforme  (1679),  —  réforme  qui  faisait  désormais  de 
l'ordre  de  saint  Basile  une  congrégation  ayant  à  sa  tête  un 
général,  élu  par  tout  l'ordre,  avec  juridiction  sur  tout  l'ordre 
et  droit  de  nomination  et  de  déplacement  des  prieurs  et  digni- 
taires de  tout  l'ordre,  —  réforme  qui,  maintenant  l'exemption 
de  l'ordinaire,  évinçait  en  outre  les  commendataires  du  spirituel, 
la  mense  du  couvent  devant  être  distincte  de  la  merise  du  com- 
mendataire et  fixée  parle  général;  —  et  lorsque  cette  réforme, 
confirmée  par  Grégoire  XIII  (i58o)3,  eut  été  reçue  partout  sans 

1.  D.  Francesco  à  Sirleto,  2 5  avril  1567  [Vatican,  lat.  6184,  fol.  262). 
Syndics  de  Rossano  an  même,  10  septembre  1 568  et  14  juillet  1672  [Vatican, 
lat.  6184,  fol.  189,  et  6i85,  fol.  78).  Lancelotti  au  même,  27  août  1574  et 
18  février  1675  [Vatican,   lat.  6ig3,  fol.  84  et  21 5). 

1.  Fiescho  à  Sirleto,  18  mars  1674  [Vatican,  lat.  6192,  fol.  36).  Sirleto  à 
Borromée,  2  mai  1576  [Vatican,  lat.  6946,  fol.  209). 

3.  Dullarium  romanum  (i638),  II,  326. 


L'ABBAYE  DE  SAINTE-MARIE.  29 

résistance1,  il  n'y  eut  qu'au  Patir  que  commendataire  et  com- 
munauté parurent  conjurés  pour  lui  faire  échec. 

En  entendant  parler  de  réforme,  les  moines  se  répandirent 
en  plaintes  bruyantes,  dont  tout  Corigliano  retentit.  Le  prieur, 
mandé  à  Rossano  par  le  vicaire  général,  déclara  «  con  multa 
furia  »  qu'il  ne  reconnaîtrait  jamais  le  général  de  l'ordre  et  qu'il 
n'y  aurait  au  Patir  d'autre  autorité  que  celle  du  prieur,  «  che  in 
tal  loco  fa  corne  esso  vole  et  che  non  ha  superiore  nessuno  ». 
11  fallut  recourir  au  bras  séculier  pour  purger  le  couvent  de  cet 
énerçumène  et  d'un  sien  confrère,  ensemble  une  redoutable 
paire  de  Tsxvoiuotoi.  Fiescho,  qui  ne  voyait  en  eux  que  des  hommes 
d'affaires  «  intelligenti  délie  cose  pertinenti  ail'  abbatia  », 
exigea  qu'ils  fussent  réintégrés  au  couvent  :  la  cause  dut  être 
portée  à  Rome,  et  finalement  le  prieur,  convaincu  en  outre 
d'escroqueries,  fut  mis  en  prison  avec  ordre  de  l'y  tenir  sous 
bonne  garde.  Entretemps  Fiescho  opposait  mille  chicanes  à  la 
séparation  de  la  mense  de  la  communauté  et  de  la  mense  de  la 
commende  :  ici  encore  on  dut  en  appeler  à  Rome,  et  Sirleto  fut 
délégué  pour  vider  la  querelle  de  l'évêque  de  Savone  et  du 
général".  Dieu  sait  pourtant  si  Fiescho  était  un  commendataire 
tendre  pour  ses  moines!  En  i58o,  la  portion  congrue  qu'il  leur 
faisait  pétait  loin  de  suffire  à  la  subsistance  des  plus  mortifiés; 
quant  aux  bâtiments,  c'est  à  peine  s'ils  comptaient  six  cellules 
habitables,  et  les  réparations,  décidées  quelque  temps  aupara- 
vant pour  remettre  en  état  cinq  nouvelles  cellules  et  faire  un 
réfectoire  et  une  cuisine,  avaient  été  interrompues  à  peine  après 
avoir  été  commencées3. 

La  régularité  rentra  au  Patir,  et  avec  la  régularité  le  silence 

1.  Ruflb  (abbé  général)  à  Sirleto,  20  août  et  20  octobre  i58o  {Vatican, 
lat.  6193,  fol.  593  et  614).  Cf.  Sirleto  à  Mendoza,  fin  février  15^6  [Vatican, 
lat.  6946,  fol/  209). 

2.  Sirleto  à  RufFo,  26  novembre  i58oet  6  janvier  i58i  [Vatican,  lat.  6946, 
fol.  299  et  3o2).  Le  même  à  l'archevêque  de  Rossano,  20  mai  i58i  [ibid., 
fol.  3io).  Toscani  à  Sirleto,  20  juin  i58i  [Vatican,  lat.  6194,  fol.  89).  Vi- 
caire général  de  Rossano  au  même,  22  juin  et  17  août  i58i  [ibid.,  fol.  92 
et  118).  Archevêque  de  Rossano  au  même,  25  septembre  i58i  [ibid., 
fol.  i46)-  Jugement  de  Sirleto  entre  Ruffo  et  Fiescho,  i58o  [Vatican, 
lat.  6792,  fol.  3). 

3.  RufFo  à  Sirleto,  20  août  i58o  [Vatican,  lat.  6ig3,  fol.  593).  Sirleto  à 
Fiescho,  Ier  novembre  1576  [Vatican,  lat.  7093,  fol.  309). 


CHAPITRE  PREMIER. 


qu'elle  porte  toujours  avec  elle  :  l'abbaye  grecque  de  saint 
Barthélémy  vécut  deux  siècles  encore  de  cette  demi-vie  des 
institutions  vieilles  au  point  de  n'avoir  pas  la  force  de  mourir. 
Dans  le  dossier  Basiliani  de  l'Archive  Vatican  je  ne  retrouve 
rien  d'elle,  sinon  un  bref  du  29  juillet  1702,  accordant  à  l'abbaye 
l'indulgence  de  l'autel  privilégié  pour  le  «  suntuoso  altare  di 
marmo  »,  nouvellement  restauré,  sur  lequel  est  placée  1'  «  anti- 
chissima  e  miracolosa  imagine  délia  Santissima  Vergine».  Ajou- 
tons-y un  contrat,  daté  de  1754,  par  lequel  le  Patir  vend  aux 
Franciscains  «  una  grangia  nella  terra  di  Scaliti,  diocesi  di 
Mileto1  ».  La  communauté  finit,  partagée  entre  les  travaux  des 
champs  et  les  exercices  de  dévotion  :  chaque  samedi,  au  temps 
deMariano  Rende,  les  gens  des  environs  y  venaient  en  nombre, 
accomplir  des  vœux  ou  se  confesser,  et  le  i5  août,  fête  de  la 
Vierge,  la  foule  y  était  si  grande  à  gagner  l'indulgence  plé- 
nière,  que  l'église  ne  la  pouvait  contenir2. 

Aujourd'hui,  de  couvent  ni  de  sanctuaire  il  n'y  en  a  plus  sur 
la  sainte  montagne  de  Y Hodigitria.  Supprimé  à  la  suppression 
générale  des  ordres  religieux  qui  suivit  de  près  l'arrivée  au  trône 
de  Naples  de  Joseph  Bonaparte  (1806),  il  est  devenu  dès  lors  une 
simple  ferme.  —  Nous  y  sommes  montés,  le  29  avril  1889, 
mon  ami  Edouard  Jordan  et  moi,  à  cheval,  par  des  sentiers 
extraordinaires,  car  les  routes  existent  à  peine  sur  ces  hauts 
lieux.  Nous  traversâmes  des  bois  d'oliviers,  pour  remonter 
ensuite  le  lit  d'un  fiumare  desséché,  le  Cino,  puis  pour  gravir 
la  pente  abrupte  et  ravinée  de  la  montagne  à  travers  un  maquis 
de  chênes,  de  buis,  d'oliviers  francs,  fourré  de  myrtes  en  fleur 
et  de  fougères,  et  pour  atteindre  après  deux  heures  de  marche  le 
petit  plateau  où  s'élevait  l'abbaye.  —  Il  est  plus  vrai  de  dire 
qu'elle  subsiste  encore,  mais  dans  quel  état!  A  gauche  de  l'entrée 
est  l'église,  que  le  baron  Compagna,  propriétaire  de  la  terre, 
a  fait  naguère  recouvrir  et  badigeonner  :  une  abside  flanquée  de 
deux  absidioles  en  cul  de  four  forme  le  chevet;  la  nef  (plus 
récente),  partagée  en  trois  par  deux  rangs  de  piliers  reliés  par 

1.  Registre  de  dom  Sciommari,  procureur  de  l'ordre,  p.  48  et  83  (Archiv. 
Vatican.,  dossier  Basiliani). 

2.  Rende,  Cronistoria,  p.  104. 


L'ABBAYE  DE  SAINTE-MARIE.  3i 

des  arcs  en  tiers-point,  n'a  jamais  en  de  voûte;  le  chevet  et  le 
portail  latéral  de  droite  sont  romans,  le  portail  de  la  façade 
est  ogival  ;  les  murs  de  la  nef  ont  dû  être  recouverts  de  fresques, 
mais  tout  a  disparu  sous  le  badigeon;  le  pavé  est  de  mosaïque 
grossière,  noire  et  blanche,  et  au  bas  de  la  nef  on  lit,  en  une 
large  inscription  de  mosaïque  (xive  siècle?)  : 

BLASIVS  VENERA  BILIS  ABBAS 
HOC  TOTVM  IVSSIT  FIERI 

Après  avoir  longtemps  servi  de  grange,  l'humble  église  abba- 
tiale a  dû  à  un  vœu  du  propriétaire  d'être  nettoyée  et  cou- 
verte :  cependant,  à  l'époque  où  nous  l'avons  visitée  on  n'y 
avait  point  encore  relevé  l'autel  ni  rétabli  le  culte,  et  ce  veuvage 
avait  bien  grand  air.  —  La  porte  latérale  de  gauche  de  l'église 
s'ouvre  sur  un  cloître  carré,  sur  les  trois  côtés  duquel  s'aligne 
un  étage  de  bâtiments,  cloître  et  bâtiment  en  bonne  bâtisse  du 
x.vne  siècle,  et  dont  une  inscription  nous  apprend  qu'elle  est  due 
au  cardinal  Ch.  Barberini,  commendataire,  et  qu'elle  date  de 
Mais  depuis  le  cardinal  Barberini,  pas  un  maçon,  j'en  ai 
peur,  1/ a  passé  par  le  couvent,  à  en  juger  par  ce  que  l'on  y 
voit  de  toitures  et  de  voûtes  éventrées  et  de  brèches  aux  murailles. 
Quatre  ou  cinq  familles  de  tenanciers  ont  niché  dans  les  quel- 
ques cellules  qui  tenaient  encore.  — Braves  gens!  ils  nous  ont 
donné  pour  une  heure  une  hospitalité  aussi  cordiale  que  simple  : 
j'ai  béni  le  pétrin  et  les  petits  enfants;  puis,  pour  nous  faire 
honneur,  un  gars  ayant  accordé  une  mandoline  et  attaqué  une 
chanson  (ce  n'était  pas  un  Iwjitakiojil),  tout  ce  que  le  Patir 
comptait  de  jeunesses  s'est  mis  a  danser  une  ballata.  Cela  se 
passait  dans  un  angle  ébréché  du  corridor  abbatial,  et  j'aurais 
dû  en  demander  pardon  à  saint  Barthélémy  et  à  saint  Basile..., 
comme  aussi  d'avoir  contemplé  avec  tant  de  complaisance 
l'admirable  horizon  du  Patir,  qui  m'en  rappelait  d'autres  de 

I.  Eminentissiml  principis  |  Karoli  card.  Barberini  abb.  commend.  |  pietate  ac 
munificentia  \  templum  fatiscens  atriumque  collapsum  |  instawata  |  anno  Domini 
1672. 


32  CHAPITRE  PREMIER. 

la  Grèce  propre  :  la  sombre  Sila,  la  claire  vallée  du  Crati,  la 
courbe  si  élégante  du  rivage  de  Sibari,  puis,  au  delà,  les  lignes 
neigeuses  du  Pollino,  et  à  perte  de  vue,  à  nos  pieds,  la  mer 
Ionienne,  dans  l'exquise  tiédeur  et  dans  la  fine  lumière  d'un 
matin  d'avril. 


EXCURSUS  A 


LE  CHRONOGRAPHE  DE  L'AN  io33 

A  la  date  du  12  septembre  1890,  on  trouvera  dans  les  Comptes 
rendus  des  séances  de  ï  Académie  des  inscriptions  et  belles -lettres  une 
notice  de  moi  sur  les  sources  de  la  Chronique  de  Cambridge.  Cette 
chronique  arabe  anonyme,  dont  nous  ne  possédons  qu'un  manuscrit, 
lequel  appartient  à  la  bibliothèque  de  l'Université  de  Cambridge  (de  là 
son  nom),  cette  chronique  a  été  éditée  par  M.  Amari,  après  Caruso 
(1720)  etDi  Gregorio  (1790)  *.  M.  Amari  la  tient  pour  un  «  vero  gio- 
eillo»,  et  c'est  eu  effet  un  document  de  première  valeur  pour  l'his- 
toire de  la  Sicile  au  ixe  et  au  xe  siècle  :  j'en  aurai  dit  tout  le  prix  en 
disant  que  c'est  une  chronique  de  même  forme  et  de  même  valeur 
que  celle  de  l'Anonyme  de  Bari  et  celle  de  Lupus  Protospatha. 

J'ai  démontré  dans  la  notice  en  question  que  la  Chronique  de  Cam- 
bridge était  une  adaptation  arabe  non  chrétienne  d'une  chronique 
grecque  chrétienne,  et  de  cette  source  grecque  j'ai  donné  un  frag- 
ment retrouvé  par  moi  dans  les  marges  d'un  manuscrit  grec  de  la 
Bibliothèque  Nationale. 

Je  n'ai  pas  à  revenir  sur  cette  démonstration  et  sur  cette  publi- 
cation. / 

Mais  il  importe  de  signaler  un  autre  fragment  de  cette  même  chro- 
nique grecque,  fragment  plus  étendu  et  plus  complet  que  mon  frag- 
ment de  Paris.  Il  a  été  utilisé  pour  la  première  fois  par  Mgr  Lancia 
di  Brolo2,  à  qui  il  avait  été  signalé  par  dom  Cozza-Luzi  II  appartient 
à  la  bibliothèque  du  Vatican,  Vatican,  gr.  191 2,  recueil  de  fragments 
divers  mis  ensemble  au  xvne  siècle.  Notre  chronique  grecque  tient 
un  cahier  de  cinq  feuillets,  dont  je  conjecture  qu'ils  ont  dû  former 
anciennement  les  gardes  d'un  manuscrit  plus  volumineux.  L'écriture 
est  de  bonne  cursive  gréco-lombarde  du  xie  siècle. 

En  titre  on  lit  : 

-j-  Xpovoypàçrjv  <îùv  Gw  xocô&ç  01  k6ôo\Lr\v.ovza.  e!a8e|ôcoxaaiv  ip^^veutat  xac  0? 
lomoi  êiyiyrjTat  àito  'AôàjA.... 

Suit,  sur  le  type  de  la  Chronographia  brevis  de  Nicéphore,  une 
chronique  commençant  à  Adam  et  se  poursuivant  jusqu'à  l'empereur 
Michel  et  l'an  du  monde  6542  :  Le  basileus  Romain  régna  cinq  années 
et  il  mourut  :  en  sa  place  règne  le  basileus  Michel.  An  6S42.  Cet  expli- 

1.  M.  Amari,  Biblioteca  Arabo-Sicula  (1880),  ,  276-293.  Cf.  Préface,  p.  yn. 

2.  Lancia  di  Brolo  dans  sa  Storia  délia  Chiesa  in  Sicilia. 

3 


34  EXCURSUS  A. 

cit  de  la  première  partie  delà  chronique  marque  exactement  l'époque 
où  a  été  arrêtée  et  par  conséquent  composée  cette  chronique,  l'an- 
née io33. 

La  seconde  partie  de  la  chronique,  complètement  distincte  de  la 
première,  porte  en  titre  : 

•j*  'Acp'  ou  eî<7v}>.8ov  ot  Sapocxtvot  eîç  StxsXtav. 

Nous  retrouvons  à  partir  de  là  le  texte  du  fragment  de  Paris,  et 
quelque  chose  de  plus.  Je  n'en  donnerai  pas  une  ligne,  voulant  lais- 
ser à  dom  Cozza-Luzi,  qui  me  l'a  communiqué,  tout  l'honneur  de  le 
publier.  Je  ne  retiens  que  les  cinq  notes  marginales  de  seconde  main 
qui  accompagnent  le  document. 

Dans  le  manuscrit  de  Paris,  il  n'y  a  aucun  détail  qui  nous 
puisse  permettre  de  déterminer  l'origine  de  notre  fragment  chrono- 
graphique.  Mais  il  n'en  est  heureusement  pas  de  même  du  manuscrit 
du  Vatican.  Là,  en  effet,  en  marge  du  texte  de  notre  chronographe, 
une  main  de  bien  peu  postérieure  à  celle  du  copiste  a  ajouté  quel- 
ques notes  singulièrement  précieuses,  l'une  (fol.  7')  est  ainsi  con- 
çue :  «  L'an  6633  [=1 125],  ind.  3,*par  la  miséricorde  du  Christ  notre 
Dieu  vrai,  j'ai  reçu,  moi  Jean,  prêtre  de  l'Invisible,  la  prêtrise  en  la 
fête  de  Pâques  ». 

-J-  to0  Itouç  fiylo'  tyjç  ô'  cvô.  euôoxt|a  yy  aXy]6tvou  6u  7]|J..  e|ôei;a}j..  syà>  tw. 
îtpeç.  tou  aoJpaxoO  [sic]  ttjv  lepcoauv/iv  elç  t.  ewpx.  j  tou  Ttao-ya. 

■  Une  autre  (fol.  6')  s'exprime  ainsi  :  «  L'an  [6638=1129],  ind.  8,  je 
suis  devenu,  moi  Jean  humble  prêtre  de  l'Invisible,  protopapas  de  la 
cité  de  Gassano,  au  mois  de  septembre,  le  3,  un  mardi  ». 

•j*  Iv  ïi.  fîykr\  tvô.  r\  lysvàp..  |  lyw  ca>.  èltxyiaxoç,  7rpeç.  tou  |  àopaTOU  upto- 
TOTiaTiàç  affTSWç  xaercavou  ii.y).  [  getz.  eîç  Tàç  ô'  r\\).kpa  o' . 

D'où  il  appert  que  notre  chronographe  était  en  n  29  aux  mains 
d'un  protopapas  de  Cassano,  à  l'entrée  du  Val  di  Crati,  à  six  lieues 
de  Rossano. 

Une  troisième  note  (fol.  6)  nous  donne  les  détails  suivants  : 
«  L'an  6639  [=ii3i],  indiction  9,  au  mois  de  février,  un  mardi, 
le  10  du  mois,  s'est  reposé  dans  le  Seigneur  le  bienheureux  arche- 
vêque de  R...,  le  seigneur  Nicolas  ». 

-j-  tou  Itouç  jTxhft'  tvô.  6'  tw  <pe.  [J.7) .  rjfx.  y'  eîç  t.  s'  p.Y] .  J  àvercauaaTO  iv  xto 
ô  [xaxaptwTaTOç  âpyiZ'Kiay.o'KOç  po J|]|||||||||||||  J  x.  vtxo^aoç. 

Qui  est  cet  archevêque  ?  Ce  siège  archiépiscopal  de  R.. .  ne  peut  être 
que  Reggio  ou  Rossano.  Or  à  Reggio  l'archevêque  s'appelait,  préci- 
sément en  1 1 3 i ,  Guillaume1.  Reste  Rossano,  où,  à  la  date  de  no5, 
nous  avons  trouvé  mentionné  l'archevêque  Nicolas  Maléinos  (voy* 

1.  Ughelli,  IX,  436. 


EXCURSUS  A. 


35 


page  6)  :  serait-ce  le  même  Nicolas  dont  on  fixe  ici  la  mort  à  l'an 
ii3i  ?  La  liste  épiscopale  de  Rossano  étant  ici  en  déficit,  l'identifica- 
tion des  deux  Nicolas  ne  souffre  pas  difficulté1. 

Une  quatrième  note  (même  fol.)  ajoute  :  «  L'an  6638  [=  n3o], 
ind.  9,  au  mois  d'août,  un  mardi,  le  29  du  mois,  s'est  reposé  dans 
le  Seigneur  le  très  saint  seigneur  Rarthélemy  notre  père  ». 

-j-  xoO  Itouç  f\y^kr\'  ivô.  r\  t&>  \lt[.  aùyoûffT.  vjtcç  7)|j.é.  y'  |  elq  t.  t6'  tou 
ccùtou  evearto.  \iy\.  àvexocûatxxo  ev  xa>  ô  àyiwTaTOç  |  7CY]p  Yifx&v  x.  6ap0oXto|jt.aïoç. 

Et  ce  Rarthélemy  ne  saurait  être  autre  que  le  fondateur  de  notre 
abbaye.  Où  l'on  voit  que  notre  protopapas  de  Cassano  s'intéressait 
à  l'archevêque  grec  de  Rossano  et  à  l'abbé  de  Sainte-Marie.  Pourquoi  ? 
L'évêque  de  Cassano  étant  latin,  le  protopapas  avait  peut-être  été 
ordonné  par  l'archevêque  grec  de  Rossano.  Quanta  l'abbé  de  Sainte- 
Marie,  il  lui  donne  le  titre  de  «  notre  père  »,  titre  qu'il  n'a  point 
donné  à  l'archevêque.  Serait-ce  qu'il  était  attaché  au  service  d'une 
ecclésiole  sise  sur  un  cr.sale  de  l'abbaye  et  à  la  nomination  de  l'abbé? 
Ne  savons-nous  pas,  en  effet,  que  l'abbaye  possédait  «  un  casale  apud 
Cassanum  »  (ainsi  s'exprime  Honorius  III  dans  la  bulle  de  12 16)  ? 
Remarquez  que  ce  casale  n'est  pas  énuméré  par  le  roi  Roger  dans  la 
charte  de  ii3o,  ce  qui  permet  de  croire  qu'il  était  une  acquisition 
postérieure  à  ii3o.  Or  une  cinquième  et  dernière  note  (fol.  7)  est 
ainsi  conçue  :  «  Au  mois  de  juillet,  le  27  du  mois,  un  lundi,  l'an  6639 
[=  1 1 3 1  ] ,  a  été  donnée  cette  terre  de  Cassano  par  le  seigneur  Alexan- 
dre de  Chiaramonte  <fidéle>  du  très  orthodoxe  roi  Roger.  » 

xa|crtavou  rcapà  xoù  x.  àXeîjàvôpou  |  toO  xXspep.T.  tou  ôpOoôo^wTocTou  pcyoç  |  pw- 
yeptou. 

«  Terre  de  Cassano  »  n'est  pas  synonyme  de  «  cité  de  Cassano  »  :  il 
s'agit  là,  non  d'une  ville,  mais  d'une  terre,  d'un  casale.  Est-ce  le 
«  casale  apud  Cassanum  »  de  la  bulle  d'Honorius  III? 

C'est  une  simple  conjecture  que  je  ne  crois  pas  pouvoir  affirmer 
davantage.  Il  reste  acquis  que  le  Chronographe  de  io33  était  en  1129- 
1 1 3 1  aux  mains  d'un  protopapas  domicilié  à  Cassano  et  en  relations 
avec  notre  abbaye  du  Patir,  dont  il  appelle  l'abbé  «  notre  père  ». 

1.  La  suite  archiépiscopale  de  Rossano,  en  tenant  compte  des  observa- 
tions de  Mgr  Lancia  di  Brolo,  serait  ainsi  restituée  : 
1091,  Ro[main?]  (-j-  ioo,3). 
no5,  Nicolas  (f  ii3i). 
1  i3i(?)-i  144,  Théophane. 
1 145  sqq.  Deuys. 


m 


EXCURSUS  B 


D'UNE  HOMÉLIE  PRÉTENDUE  DE  THÉOPHANE  CÉRAMEUS 
J'ai  dit  [Introd.,  p.  XXI)  que  l'on  connaissait  de  Théophane  Céra- 


Migne  (Paris,  1864)  dans  le  tome  CXXXII  de  sa  Patrolog.  gr.  Mais  il 
en  existe  un  certain  nombre  d'inédites,  notamment  dans  un  manu- 
scrit grec  de  Madrid  décrit  par  Iriarte1;  et,  au  nombre  des  homélies 
inédites  décrites  par  Iriarte,  il  s'en  trouve  une,  la  soixante-cinquième 
[Cod.  Madritemis,  XVI,  fol.  176),  intitulée  :  cO[xi)aa  pvjôeïffa  xoi[j.7]8évToç 
tou  àocôi^ou  itaTpoç  BapÔoXopiacou  xai  jjiepixT]  ôi7\fr\aiç  toO  filou  gcùtoO.  Incipit  : 
IlaTptxrjÇ  jj.v^jjl7jç  éopT7]V  ayofJLSV  ari\i.epov. 

Cette  même  homélie,  mais  sans  nom  d'auteur,  se  retrouve  en  grec 
dans  le  Messanensis  29  (le  même  manuscrit  qui  nous  a  fourni  le  texte  de 
la  vie  de  saint  Barthélémy),  fol.  11 1 ,  et  c'est  dans  ce  manuscrit  que  je  L'ai 
lue.  Mgr  Lancia  di  Brolo  s'appuie  sur  cette  homélie  qu'il  croit  authen- 
tique pour  fixer  la  date  la  plus  haute  de  la  vie  de  Théophane2.  Mon 
sentiment  diffère  ici  de  celui  du  savant  archevêque  de  Montreale. 

Cette  txepixr]  ôt7fyy)crcç  dépend  de  la  vie  grecque  de  saint  Barthélémy  de 
Simeri  :  elle  ne  renferme  pas  un  fait  qui  ne  se  retrouve  dans  ladite  vie. 
Si  donc  cette  vie  est  de  la  fin  du  xne  siècle,  comme  je  l'ai  conjecturé, 
cette  homélie  devrait  être  reportée  au  moins  au  xme.  L'auteur  de 
cette  homélie  déclare  d'ailleurs  parler,  non  aux  funérailles,  mais  à 
un  anniversaire  de  la  mort  de  saint  Barthélémy,  anniversaire  qui  est 
une  fête  liturgique.  Et  nous  avons  son  nom  :  il  s'appelle  Philagathus, 
il  est  moine,  moine  grec  et  «  disciple  de  saint  Barthélémy  ».  Com- 
ment a-t-on  pu  le  prendre  pour  un  prélat  et  le  confondre  avec  l'ar- 
chevêque Théophane  ? 

Mon  impression  est,  en  outre,  que  ce  Philagathus,  «  moine  et  phi- 
losophe »,  est  l'auteur  d'une  bonne  part  des  homélies  attribuées  à 
l'archevêque  Théophane.  Le  départ  entre  les  discours  du  moine  cala- 
brais (ne  serait-il  pas  de  l'abbaye  de  Saint-Barthélemy  de  Trigona?) 
et  les  discours  de  l'archevêque  de  Rossano  serait  aisé  à  faire,  et 
peut-être  le  tenterai-je  un  jour. 

1.  Reg.  biblioth.  madrit.  codd.  gr.  (1769),  p.  54-70. 
2  Archivio  storico  napoletario,  1876,  p.  4°8-4IO« 


CHAPITRE  11 


LA  LIBRAIRIE  DE  SAINTE-MARIE 


La  découverte  faite,  il  y  a  quelques  années,  dans  le  trésor  de 
la  cathédrale  de  Rossano,  du  manuscrit  des  Évangiles  connu 
aujourd'hui  sous  le  nom  de  Codex  rossanensis,  n'a  pas  peu  contri- 
bué à  appeler  l'attention  sur  les  librairies  grecques  de  l'Italie  mé- 
ridionale. On  s'est  souvenu,  à  ce  propos,  en  quelle  estime  elles 
avaient  été  auprès  des  érudits  et  des  collectionneurs  du  xvie  siècle, 
et  ce  qu'en  écrivait  don  Paëz  de  Castro  au  roi  Philippe  II,  dans 
son  mémoire  Sur  l'utilité  de  fonder  une  bonne  bibliothèque  :  «  H  y 
a  dans  les  couvents  de  la  Sicile  et  de  la  Calabre  de  vieux  et  pré- 
cieux manuscrits  grecs,  qui  n'y  servent  plus  à  rien  et  se  détério- 
rent chaque  jour  sans  profit  pour  personne  :  les  prieurs  viennent 
parfois  à  Rome  en  offrir  comme  cadeaux  aux  cardinaux  ou  leur 

proposer  d'en  acheter.  Il  faudrait  visiter  ces  couvents1        »  On  a 

relevé  aussi  comme  Janus  Lascaris,  envoyé  en  Orient  par  Laurent 
de  Médicis  pour  y  acheter  des  manuscrits  grecs,  n'avait  eu  garde 
de  manquer  à  passer  par  la  Terre  d'Otrante  pour  chercher  là 
aussi  ce  qu'il  allait  chercher  au  mont  Athos,  en  Crète  et  à 
Constantinople,  et  que  ce  détour  n'avait  pas  peu  répondu  à  son 
attente  9. 

Ce  que  sont  devenues  ces  librairies  basiliennes  de  la  Grande- 

1.  Ch.  Graux,  Essai  sur  les  origines  du  fonds  grec  de  VEscurial  (i 880),  p.  28. 

2.  K.  K.  Mùller,  Nette  Mittheilttngen  ùber  Janos  Lascaris  und  die  Mediceische 
Bibliolhek  dans  le  Centralblatt  fur  Bibliothekswcsen,  1884,  4°3  et  suiv. 
Lascaris  traverse  la  Pouille  en  i4{Pi  et  J  recueille  :  à  Corigliano,  «  chez  le 
prêtre  Georges  »,  un  exemplaire  de  Y Etymologicum  magnum,  des  commen- 
taires de  Nicétas  de  Serres,  du  Ilpbç  "EXXrjvaç  de  Macarius  Magnès,de  l'Enlè- 


38  CHAPITRE  II. 

Grèce,  depuis  le  xvi°  siècle,  je  vais  essayer  de  le  dire  à  propos 
de  la  plus  remarquable  d'entre  elles,  celle  de  Sainte-Marie,  et 
comment  je  suis  arrivé  à  retrouver,  au  moins  en  partie,  cette 
librairie  elle-même. 


I 


La  plus  ancienne  mention  que  nous  rencontrions  de  la  librai- 
rie de  Sainte-Marie  est  dans  la  vie  de  saint  Barthélémy.  J'ai  cité 
déjà  le  passage  où  il  est  rapporté  que,  les  disciples  de  Barthélémy 
ayant  besoin  de  manuscrits  pour  l'étude  de  la  sainte  Écriture  à 
laquelle,  à  l'exemple  de  leur  maître,  ils  étaient  très  appliqués, 
l'abbé  partit  pour  Constantinople  et  en  rapporta  des  manu- 
scrits :  'Eiceiô/j  xai  (3t6Xwv  îepwv  o\  xoùxov  auvàa-xyjTat  eîç  \ielèxY\v  twv  ôetwv 
ypatpôv  xai  àvàXy]<piv  TtpocsôéovTO. . . ,  Ttpoç  ttjv...  véav  cPw[X7]v  ônzccipei,  xai... 
tîoXXoïç  xz  Tcapà  Tcâvuwv  xai  rcXoucrioiç  toïç  %apia\i.oiGi  oeZtovxai  Iv  xe  <7£6a<7|juaiç 

eixoàt  xai  ptéXoc;.  *.  Plus  tard  Barthélémy  fonda  l'abbaye  du  Saint- 
Sauveur  de  Messine,  et  son  biographe  nous  rapporte  qu'il  par- 
tagea avec  le  nouveau  couvent  le  trésor  de  l'abbaye  mère  :  ...  ôoùç 

aÙToïç  y][j.icru  ^cêXïa,  xai  Ta  y)[u<n>  eîxovocfuàcrta,  xai  xà  ixepcc  xei|xr|Xta  Le 
biographe  qui  présente  ainsi  Barthélémy,  si  j'ose  dire,  comme  un 
bibliophile,  ne  nous  dit  pas  qu'il  ait  été  aussi  un  copiste,  mais 
un  manuscrit  provenant  de  la  librairie  du  Patir  a  quelque  appa- 
rence d'avoir  été  écrit  par  le  saint  lui-même  :  nous  aurons  à  y 
revenir. 

Voilà  donc  la  librairie  de  l'abbaye  fondée  avec  l'abbaye  elle- 

vement  d'Hélène  de  Coluthus,  de  la  Prise  de  Troie  de  Tryphiodore,  de 
Chœroboscus,  des  commentaires  de  Nicétas  le  Paphlagonien  ;  —  à  Monte- 
sardo,  un  prieuré  dépendant  de  Casole,  «  chez  l'abbé  »,  un  exemplaire 
encore  du  Hpb;  "EXXvjvaç  de  Macarius  Magnès,  un  Héphestion,  un  Ara  tus, 
un  saint  Grégoire  de  Nysse  (in  canticum),  un  saint  Jean  Chrysostome  (epi- 
stolse),  un  commentaire  anonyme  de  la  Logique  d'Aristote,  un  Galien. 

1.  Bolland.,  ActaSanctorum  septembrisYHl,  821.  Cod.  messanensis  29,  fol.  219. 

2.  Op.  cit.  p.  825.  Cod.  cit.  fol.  221.  Cf.  (pour  mémoire)  F.  Matranga,  II 
monastero  dei  Greci  del  SS.  Saïvatore  delV  Acroterio  di  Messina  e  San  Luca 
primo  archimandrita  autore  del  Cartofilacio  o  sia  délia  raccolta  dei  codici  greci 
di  quel  monastero,  Messine,  1887.  (Tiré  à  part  des  comptes  rendus  de  l'Ac- 
cademia  Peloritana  de  ladite  année.) 


LA  LIBRAIRIE  DE  SAINTE-MARIE.  39 

même  au  début  du  xne  siècle  :  nous  la  retrouvons  au  xvi°  et  c'est 
Sirleto  qui  nous  la  découvre. 

Sirleto,  en  effet,  n'avait  pas  eu  avec  le  Patir  que  les  relations 
que  l'on  a  vues.  Le  cardinal  "chargé  de  la  réforme  de  l'ordre  de 
saint  Basile  était  un  théologien,  un  érudit,  un  helléniste,  et  j'ai 
dit  ailleurs  comment  il  s'était  appliqué  de  longue  date  à  l'étude 
des  monuments  de  l'antiquité  ecclésiastique,  dont  l'intérêt  gran- 
dissait alors  si  singulièrement  au  feu  des  controverses  contempo- 
raines: la  théologie  avait  fait  de  lui  un  collectionneur  de  manu- 
scrits grecs1.  C'était  lui,  à  Rome,  qui  expédiait  Antoine  Eparque 
en  Grèce  à  la  découverte,  qui  confiait  des  listes  de  desiderata 
aux  missionnaires  qui  partaient  pour  Candie  ou  pour  Rhodes  : 
aucune  nouveauté  n'arrivait  à  Rome  sans  passer  par  ses  mains. 
Il  savait,  mieux  que  don  Paèz  de  Castro,  ce  que  les  couvents 
grecs  de  l'Italie  méridionale  pouvaient  posséder  encore  de 
manuscrits  :  ordonnant  la  visite  canonique  desdits  couvents,  il 
ne  pouvait  manquer  d'avoir  la  main  à  faire  noter  ce  qui  s'y  trou- 
verait de  précieux. 

Il  n'avait  même  pas  attendu  à  i58o  pour  le  faire.  Dans  une 
lettre  du  16  avril  i582  il  écrit  :  «  Il  y  a  quelques  années,  dans 
l'abbaye  de  Sainte-Marie  Hodigitria,  vulgairement  de  lo  Patire, 
qui  est  jin  très  antique  monastère  de  moines  de  saint  Basile,  on 
a  découvert  un  manuscrit  de  la  liturgie  de  saint  Marc,  des  caté- 
chèses de  saint  Cyrille  de  Jérusalem,  du  traité  de  saint  Denys 
d'Alexandrie  contre  les  disciples  de  Noè't,  d'Hippolyte  martyr 
contre  l'hérésie  de  Noët  et  contre  Paul  de  Samosate  :  je  m'occu- 
perai de  les  faire  copier,  pour  qu'ils  puissent  servir  au  bien  pu- 
blic2. »  C'était  en  i58a  que  le  cardinal  écrivait  ces  lignes  au 
chanoine  de  Saint- André.  Dès  i56i  François  Torres  écrivait  à 
Sirleto  :  «  J'ai  trouvé  à  Venise  une  homélie  de  Sophronius  sur 
saint  Pierre  et  saint  Paul,  Catini  manu  scripta.  Il  me  semble  que 

1.  La  Vaticane  de  Paul  III  à  Paul       p.  3j  et  suiv. 

2.  Joann.  a  S.  Andréa,  Divina  liturgia  sanctï  apostoli  et  evangelistee  ISlarci 
(Paris,  i583),  préface.  Le  ch.  de  Saint-André  était  entré  en  relations  avec 
Sirleto  six  ans  auparavant;  il  lui  écrivait,  le  12  juin  1576  :  «...  Occurrit 
mihi. . .  fr.  Claudius  de  Sainctes,  Parisiensis  theologus,  nunc  Ebroicensis 
episcopus,  qui  nobis...  liturgiam  D.  Marci  evangel.  in  tuae  abbatiœ  Sanctœ 
Marias  Patir  prope  Neapolim  bibJiotheca  haberi  renunciavit  »  {Vatican,  lat. 
6192,  fol.  5o6). 


40  CHAPITRE  IL 

j'en  ai  vu  un  exemplaire  grec,  et,  si  je  me  souviens  bien,  il  est 
porté  au  catalogue  du  Patir  :  regardez-y,  je  vous  prie  :  Et  si 
bene  mi  ricordo  sta  in  quello  indice  del  Patir,  guardatelo  di 
gratia  »*.  Kn  d'autres  termes,  dès  i56i  le  cardinal  Sirleto  pos- 
sédait par-devers  lui  un  index  des  manuscrits  du  Pâlir2. 

Il  y  a  plus,  car  Sirleto  obtint  de  la  communauté  du  Patir, 
non  seulement  cet  index,  mais  même  des  manuscrits.  Le  petit 
traité  «  Hippolyti  martyris  adversus  Noëtii  baeresim  »,  par 
exemple,  qui  en  i582,  on  vient  de  le  voir,  était  encore  au  Patir, 
fut  apporté  à  Rome  à  Sirleto  (-J-  1 585)  :  ce  petit  traité  fait  partie 
d'une  collection  canonique,  aujourd'hui  Vaticanus  i43i  .  Et  en 
même  temps  que  je  constate  dans  la  collection  de  Sirleto  la 
présence  de  ce  manuscrit  envoyé  par  la  communauté  du  Patir, 
je  constate  dans  la  collection  de  Grotta  Ferrata  l'entrée,  posté- 
rieure à  i5^5,  de  manuscrits  provenant  eux  aussi  du  Patir  :  c'était 
une  époque  de  renouveau  pour  Grotta  Ferrata  que  celle  où  le 
cardinal  Sirleto  était  protecteur  de  l'ordre,  et  son  ami  le  cardi- 
nal Alexandre  Farnèse  commendataire  de  l'abbaye  de  saint  Nil  : 
et  c'est  à  leur  érudite  complicité  que  j'attribuerais  volontiers 
l'arrivée  à  Grotta  Ferrata  de  ces  manuscrits  du  Patir3.  Ce  fut  le 
seul  bénéfice  que  Sirleto  retira  de  la  réforme  de  l'ordre  de 
Saint-Basile  :  le  Patir  y  gagnait  d'être  pillé,  mais  c'était  par  de 
doctes  mains,  et  la  science  n'y  a  pas  perdu. 

La  science  perdit  moins  encore  à  ce  que  fit  Pierre  Menniti  au 
Patir  :  mais  c'est  là  une  matière  plus  large,  où  toutes  les  librai- 
ries basiliennes  furent  embrassées  en  même  temps  que  celle  du 
Patir,  et  qui  demande  quelque  développement. 


A  dater  de  1 63 1  Rome  posséda  un  couvent  basilien,  Saint- 

1.  Fr.  Torres  à  Sirleto,  17  oct.  i56i  [Vatican,  lal.  6189,  fol.  671).  Plus 
loiu  Torres  ajoute  :  «  Desidero  sapere  se  e  venuto  il  mio  Cirillo  di  Cala- 
bria  ».  Je  conjecture  qu'il  s'agit  du  ms.  des  catéchèses  de  saint  Cyrille  que 
nous  retrouverons  plus  loin  dans  la  collection  du  Patir. 

2.  Je  n'ai  malheureusement  pas  trouvé  trace  de  ce  précieux  index  dans 
les  papiers  du  cardinal  que  possède  la  Bibliothèque  Vaticane,  et  dont  j'ai 
dépouillé  le  volumineux  dossier  avec  le  plus  grand  soin. 

3.  La  Vaticane  de  Paul  III  à  Paul  V,  p.  H2-n3.  ' 


LA  LIBRAIRIE  DE  SAINTE-MARIE.  41 

Basile  de  Urbe  :  c'était  un  noviciat,  et  aussi  la  résidence  du  pro- 
cureur de  la  congrégation,  et  enfin  (à  partir  de  la  fin  du  xvne  siè- 
cle) la  résidence  du  général,  bien  modeste  fondation,  installée 
d'abord  dans  le  quartier  des  Monts,  à  San-Giovanni  inMercatello, 
puis  (car  l'on  n'avait  pas  pu  réunir  1 5  3oo  écus  pour  payer  l'immeu- 
ble!) réfugiée  dans  un  casin  de  iooo  écus,  à  l'ombre  du  palais 
Barberini,  au  bord  d'une  ruelle  qui  s'appelle  aujourd'hui  encore 
via  di  San  Basilio.  L'humble  couvent  de  Saint-Basile  de  Urbe  ne 
laissa  pas  que  d'avoir  quelque  éclata  ses  débuts.  Rome  était  à  ce 
moment  toute  aux  Barberini,  qui  étaient  tous  gens  de  lettres,  de- 
puis Mathieu  (Urbain  VIII),  qui  faisaitdes  vers  grecs,  jusqu'à  Fran- 
cesco,  le  secrétaire  d'Etat,  qui  traduira  Marc-Aurèle  (1667)  et 
fera  imprimer  Georges  Pachymère  (1666- 1669)  :  ils  furent  à 
Rome,  le  cardinal  Francesco  surtout,  les  promoteurs  d'une  re- 
naissance d'arrière-saison,  dans  laquelle  Saint-Basile  a  sa  place. 
Francesco  institua  une  Accademia  basilia/ia,  qui  devait  être  une 
sorte  de  Grœcia  orthodoxa  en  action,  où  Allatius,  Holstenius, 
Arcudi  et  d'autres,  tous  théologiens  et  hellénistes,  devaient  traiter 
des  points  de  controverse  gréco-romaine.  Et  ce  fut  Saint-Basile 
de  Urbe  qui  donna  l'hospitalité  à  cette  réunion  de  savantes  gens 
(1 635- 1640).  Le  début  était  bon  pour  l'humble  couvent,  mais 
cet  éclat  dura  peu,  l'académie  mourut  en  1640,  et,  les  Barberin 
tombés  en  disgrâce,  les  temps  devinrent  durs  pour  leurs  clients. 
Ajoutez  qu'à  Rome  un  peu  de  faste  n'a  jamais  nui  à  la 
considération  de  la  vertu,  et  que  les  Basiliens  étaient  beso- 
gneux1. 

Tous  les  couvents  de  l'ordre  dans  l'Italie  méridionale  criaient 
maintenant  misère.  Et  lorsque,  en  1682- 1690,  le  chapitre  eut 
décidé  de  faire  imprimer  un  missel  et  un  bréviaire  grecs,  car 
tous  ceux  de  la  religion  étaient  «  rotti  e  laceri  » ,  il  se  trouva 
des  religieux  pour  accuser  le  général  auprès  d'Innocent  XI 
«  d'avoir  durement  extorqué  leur  pécule  à  de  pauvres  couvents  » 
sans  pain.  Le  général  était  à  ce  moment  Apollinaire  Agresta 
(•J*  1695),  dont  la  vie,  remplie  d'extraordinaires  histoires  de  bri- 
gands, est  capable  de  donner  quelque  idée  de  ce  qu'était  la 

1.  Sur  Saint-Basile  de  Urbe,  voyez  pour  plus  de  détails  Rodotà,  II,  180 
et  suiv.,  et  Revue  des  questions  historiques,  1889,  p.  ig3-2o8. 


/t2  CHAPITRE  M. 

Calabre  basilienne  au  xvnc  siècle1.  Il  eul  pour  successeur  daus 
sa  charge  de  général  Pierre  Menniti. 

Pierre  Menniti  était  un  religieux  mal  exercé  aux  choses  de  la 
science  2,  et  qui  cependant,  en  ne  pensant  qu'être  soucieux  du 
bon  ordre  de  sa  congrégation,  rendit  à  la  science  un  service 
exceptionnel.  Elu  général  (16  mai  1696),  il  avait  entrepris 
aussitôt  la  visite  des  abbayes  basiliennes,  et  au  retour  il  écri- 
vait :  «  C'a  été  pour  notre  cœur  une  grande  affliction  que  de 
voir,  dans  les  maisons  de  nos  provinces  italiennes,  à  commencer 
par  Saint-Basile  de  Urbe,  tout  ce  qu'elles  possèdent  de  chartes 
de  papes,  d'empereurs,  de  rois,  de  princes,  abandonné  par  l'in- 
curie des  religieux  aux  injures  de  la  poussière  et  de  la  pourri- 
ture, alors  que  ce  sont  là  les  titres  mêmes  de  notre  ordre! 
Aussi  avons-nous  décidé  de  réunir  ces  restes  et  de  les  tirer  des 
ténèbres.  »  Il  avait  résolu  en  effet  de  centraliser  en  deux 
dépôts  toutes  les  archives  basiliennes,  l'un  au  Saint-Sauveur 
de  Messine  pour  la  province  de  Sicile,  l'autre  à  Saint-Basile  de 
Urbe  pour  les  provinces  d'Italie  :  j'ignore  ce  qu'il  en  advint  pour 
la  Sicile,  mais  il  es't  sûr  que  Menniti  réunit  à  Rome  un  fonds 
important  de  bulles  et  de  diplômes,  recueillis  à  Grotta  Ferra  ta, 
à  Rossano,  à  Carbone,  à  Saint-Pierre  d'Arena,  à  Saint-Jean  de 
Piro,  etc.5.  —  Puis,  ce  qu'il  avait  fait  pour  les  chartes  et  pièces 
d'archives,  il  l'entreprit  pour  les  manuscrits.  Il  ne  savait  que 
trop  quels  risques  courait  le  peu  qui  restait  de  volumes  anciens 
dans  les  librairies  basiliennes  :  au  cours  même  du  siècle  on 
avait  vu  nombre  des  manuscrits  de  Grotta  Ferrata  passer  chez 

1 .  Voy.  la  si  curieuse  Vita  del  Rmo  P.  M.  D.  Apollinare  Agresta,  descritta 
dal  P.  M.  D.  Giuseppe  Sirgivanni  (inédite,  Archiv.  Vatican. ,  dossier  Basiliani). 

2.  Voy.  de  Menniti  le  petit  livre  intitulé  Vantica  e  pia  Iradizione  délia  sagra 
lettera  délia  gran  madré  di  Dio  sempre  virgine  Maria  scrilta  alla  nobile  ed  esem- 
plare  clttà  di  Messhia,  Rome,  17 18. 

3.  Menniti  rêvait  d'entreprendre  le  codex  diplomaticus  de  l'ordre  de  saint 
Basile.  Voyez  ce  qu'il  en  dit  dans  la  préface,  p.  XIV,  de  son  Didatterio 
basïliano  (Rome,  1710).  L'œuvre  n'aboutit  pas  :  il  nous  en  est  parvenu  cepen- 
dant en  manuscrit  un  cahier  rédigé  par  Menniti  et  intitulé  Summa  bullarum 
et  constitutionum  apostolicarum  pro  ordine  S.  P.  N .  Basilii  magni,  aliorumque 
colle  et  aneorum  eumdem  ordinem  spectantium,  anno  MDCCVIl  (Archiv.  Vatican., 
dossier  Basiliani).  Pour  tout  ce  qui  est  des  archives  basiliennes  je  ne  puis 
que  renvoyer  à  mes  Ungedruckte  Papst-  und  Kaiserurkunden  ans  basilianisclien 
Archiven. 


LA  LIBRAIRIE  DE  SAINTE -MARIE.  43 

les  Barberini,  de  Saint-Jean  de  Stilo  chez  les  Corsini,  du  Saint- 
Sauveur  chez  Barocci  :  il  n'était  que  temps  d'assurer  contre 
l'incurie  et  contre  la  pauvreté  des  religieux  ce  qu'ils  possédaient 
encore  de  vieux  livres.  Donc,  de  même  qu'on  l'avait  fait  pour 
les  archives,  on  commencerait  par  inventorier  \aroba  manoscritta 
de  chaque  couvent;  on  ferait  plus,  on  créerait  quatre  dépôts, 
aa  Saint-Sauveur  et  à  Saint-Pierre  d'Itala  d'une  part,  à  Grotta 
Ferra  ta  et  à  Saint-Basile  de  Urbe  de  l'autre,  où  l'on  centralise- 
rait tous  les  manuscrits  des  couvents  basiliens  soit  de  Sicile,  soit 
desCalabres.  Le  projet  fut  exécuté  au  cours  des  années  1697- 1699. 

La  collection  de  manuscrits  grecs  du  couvent  de  Saint-Basile 
de  Urbe  fut  ainsi  la  création  propre  de  Menniti,  et  elle  fut  le  dé- 
pôt de  tout  ce  que  les  couvents  des  Calabres  possédaient  encore 
de  manuscrits  littéraires  à  la  fin  du  xvne  siècle.  Je  dis  littéraires, 
car  Menniti  voulut  former  une  collection  surtout  littéraire,  et  il 
abandonna  à  Grotta  Ferrata  la  plupart  des  manuscrits  de  chœur 
recueillis  dans  les  couvents  calabrais  :  ainsi  s'explique  le  tout 
petit  nombre  des  livres  liturgiques  qui  se  rencontrent  à  Saint- 
Basile,  au  regard  de  leur  anormale  abondance  à  Grotta  Ferrata; 
ainsi  s'explique  la  présence  a  Grotta  Ferrata  de  la  collection  des 
menœa  aisément  reconnaissables  de  Saint-Elie  de  Carbone, 
comme/  aussi  de  plusieurs  manuscrits  liturgiques  dont  nous 
sommes  assurés  qu'ils  étaient  encore  au  Patir  en  1664- 1693. 

A  la  collection  de  Saint-Basile  de  Urbe,  les  dix-sept  couvents  qui 
formaient  à  cette  date  la  province  de  Calabre  contribuèrent  fort 
inégalement.  Sainte-Marie  de  Scalito  (Mileto)  était  une  simple 
ferme  du  Patir,  tenue  par  un  moine  et  un  lai;  Sainte-Marie 
de  Melicucca  et  l'Hôpital  d'Amantea  n'étaient  rien  de  plus 
considérable;  de  même  Sainte-Marie  de  Trapezometa1,  Saint- 
Onuphre  et  Sainte-Marie  de  Rovito2.  Saint-Philarète  de  Seminara 

1.  On  lit  dans  le  Laurentianus  IX,  6  (fol.  358),  en  marge  de  l'homélie  sur 
SS.  Pierre  et  Paul  'Eyéveto  [xeià  to  è£eX6eîv,  la  note  anonyme  (xviie  siècle)  que 
voici  :  «  Hsec  homelia  habetur  etiam  in  codice  ms.  monasterii  Grœcorum 
S.  Salvatoris  in  urbe  Messana  inter  opéra  S.  Joannis  Chrjsostomi.  Item 
fuit  reperta  in  Calabria  in  monasterio  Stae  Mariœ  dicto  a  Trapizometa  et 
in  latinum  versa  a  Dno  Constautino  Lascares  viro  eruditissimo.  » 

2.  Acta  dietœ  generalis  o.  1701.  (Archiv.  Vatican.,  dossier  Basilianï)  :  on  y 
trouvera  un  état  des  couvents  de  Calabre  et  de  Sicile  à  cette  date.  Tout  le 
présent  paragraphe  dépend  de  cette  pièce. 


44  CHAPITRE  II. 

était  en  1700  une  commende  de  225  écus  et  une  communauté 
de  quatre  moines  et  deux  lais,  mais  la  librairie  du  couvent,  très 
pauvre  dès  la  fin  du  siècle  précédent,  avait  été  souvent  visitée 
par  des  trafiquants  de  manuscrits1.  Saint-Basile  délia  Torre,  qui 
comptait  quatre  moines  et  trois  lais,  est  un  couvent  dont  je  n'ai 
rien  trouvé.  Saint-Nicodème  de  Mammola  (cinq  moines  et  trois 
lais),  qui  avait  eu  pour  commendataire  le  cardinal  Antoine  Carafa 
en  1 586,  est  dans  le  même  cas.  Enfin  Saint-Adrien  de  Rossano 
(six  moines  et  deux  lais)  possédait  bien  une  petite  collection  de 
livres  tant  grecs  que  latins  :  mais  toute  trace  en  est  perdue2. 
Saint-Pierre  d'Arena  au  contraire,  dont  nous  connaissons  la 
librairie  telle  qu'elle  existait  en  1579,  et  dont  nous  savons  qu'il 
possédait  à  cette  date  environ  quatre-vingt-dix  volumes  manu- 
scrits, dut  fournir  plusieurs  pièces  àMenniti  :  j'en  reconnais  cer- 
tainement une  dans  la  collection  de  Saint-Basile,  peut-être  deux 
(Vaticani  2048  et  2082).  De  Saint-Jean  de  Stilo,  qui  avait  dû 
être  transféré  peu  auparavant  (1662)  à  Stilo  même  pour  se  dé- 
fendre contre  les  brigands  qui  volaient  aux  moines  jusqu'à  leurs 
chemises,  Menniti  reçut  au  moins  deux  volumes,  et  vraisembla- 
blement davantage  (Vaticani  1963  et  2008).  A  Saint-Barthélemy 
de  Trigona,  Menniti  trouva  quelques  livres  de  chœur  (Vaticani 
2o5i-2o52).  Mais  ce  furent  surtout  Saint-Elie  de  Carbone  et  le 
Patir  qui  constituèrent  la  collection  de  Saint-Basile  de  Urbe,  et 
Menniti  lui-même  en  fait  foi,  quand  en  tête  du  catalogue  de  sa 
collection  il  fait  mettre  que  les  manuscrits  en  venaient  «  e  plu- 
ribus  Calabriae  et  Lucaniœ  monasteriis,  praesertim  Carbonensi  et 
Pateriensi  ». 

Nous  possédons  ce  catalogue  de  la  collection  de  Saint-Basile, 
dont  la  rédaction  avait  été  confiée  par  Menniti  à  un  de  ses  reli- 
gieux, dom  Jean-Chrysostome  Scarfô,  savant  homme  dont  Mu- 
ratori  faisait  cas3  :  ce  catalogue,  très  détaillé  et  accompagné  de 

1.  Acta  visitationis  a.  i58i  {Vatican,  lat.  64i5,  fol.  81).  Peu  avant  1 585, 
Fr.  Accidas  trafique  de  mss  à  Seminara  :  voyez  les  Vaticani  i536-i537  qu'il 
en  rapporte. 

2.  Cf.  Acta  visitationis  a.  1734  (Archiv.  Vatican.,  dossier  Basiliani). 

3.  Scarfô,  Poésie  varie  (Venise,  1738),  p.  82.  Je  lis  dans  une  lettre  de  Mu- 
ratori  (ibid.,  p.  107)  :  «  Conosco  la  persona  e  il  merito  grande  del  mai  ab- 
bastanza  laudato  P.  D.  Gian-Grisostomo  Scarfô...  Ma  sopratutto  con  piacere 
ho  inteso  la  raccolta  dalui  fatta  délie  iscrizioni  délia  Calabria  per  lasperanza 


LA  LIBRAIRIE  DE  SAINTE-MARIE. 

bonnes  tables,  est  encore  en  service  au  studio  de  la  Bibliothèque 
Vaticane1.  Nous  possédons  aussi  un  inventaire  sommaire  des  ma- 
nuscrits de  Saint-Elie  de  Carbone,  inventaire  rédigé  dans  la 
seconde  moitié  du  xvne  siècle,  avant  le  transfert  à  Rome  de  la 
librairie  du  couvent.  Enfin  il  n'a  tenu  qu'à  un  accident  que  nous 
ne  possédions  pareil  inventaire  des  manuscrits  du  Patir.  Mont- 
faucon,  qui  était  à  Rome  au  moment  où  Menniti  installait  sa  col- 
lection (i 698-1 701),  qui  fréquenta  chez  Menniti  et  obtint  d'étu- 
dier à  loisir  ses  manuscrits  grecs2,  Montfaucon  reçut  de  lui  une 
copie  d'un  inventaire  du  Patir.  J'ai  sous  les  yeux  le  Plan  de 
V ouvrage  qui  aura  pour  titre  Bibliotheca  bibliothecarum,  et  j'y 
Jis  que  Montfaucon  fit  copier  toutes  les  pièces  qui  y  devaient 
figurer  et  qu'il  en  fit  dresser  la  table  générale  par  un  de  ses 
confrères,  dom  Jean  Le  Maître,  et,  ajoute-t-il,  «  je  fis  relier  le 
tout  en  deux  volumes  in-folio,  en  1720  ».  Il  nous  reste  de  ces 
deux  volumes,  sensiblement  plus  riches  que  la  Bibliotheca 
bibliothecarum,  seulement  la  table  générale  des  i3î2  catalogues 
qu'ils  contenaient  :  le  3  Ie  est  l'inventaire  des  manuscrits  du  Saint- 
Sauveur,  le  33e  celui  de  Saint-Basile  de  Urbe,  le  34e  celui  de 
Grotta  Ferrata  ;  le  32e  était  l'inventaire  des  «  Manuscrits  de 
Patyrion3  ».  Des  quatre  inventaires,  c'est  celui  des  «  Manu- 
scrits dé  Patyrion  »  qui  n'a  pas  été  inséré  dans  la  Bibliotheca 
bibliothecarum,  et  dont,  par  surcroît,  la  copie  a  disparu. 

di  poterie  avère  a  tempo  da  inserirle  nel  mio  Thésaurus  novus  veterum  inscri- 
ptionum,  il  quale,  se  a  Dio  piacerà,  sarà  terminato  entro  il  corrente  anno.  » 
Voy.  en  effet  le  Thésaurus  de  Muratori,  p.  1817  et  1818,  et  cf.  Mommsenn, 
C.  I.  L.,  t.  X,  p.  lxii. 

1.  Le  titre  est  :  «  Elenchus,  et  Catalogus  Librorum  groece  mss.  qui  in 
Bibliotheca  Collegii  S.  Basilii  de  Urbe  reperiuntur  transvecti  e  pluribus 
Calabriae,  et  Lucaniae  Monasteriis  prsesertim  Carbonensi,  et  Pateriensi  ordi- 
nisS.  P.  N.  Basilii  Magni,  studio,  et  cura  Rmi  P.  Magistri  D.  Pétri  Menniti 
eiusdem  ordinis  Abbatis  Generalis,  circa  annos  Dûi  1697  et  1699.  »  Le 
nom  de  Scarfô  n'y  figure  pas. 

2.  Dïarium  italicum,  p.  210  et  suiv. 

3  Parisinus  lat.  i3o68,  fol.  i.  Cf.  Parisinus  suppl.  gr.  418,  fol.  245.  Je  lis 
dans  ce  dernier  :  «  Catalogi  manuscriptorum  quos  collegit  ac  non  paucos 
manu  sua  descripsit  D.  Bernardus  de  Montfaucon...  3i.  Catalogus  mss. 
monasterii  S.  Salvatoris  Messanensis  missus  a  D.  Etiennot,  p.  428.  — 
32.  Manuscrits  de  Patyrion,  p.  454-  —  33.  Manuscrits  des  RR.  PP.  Basiliens 
de  Messine  [entendez  Rome],  p.  455.  —  34.  Mss.  Cryptae  ferratae.  scripsit 
Bern.  de  Montfaucon,  p.  462- ». 


46  CHAPITRE  II. 

Il  est  sûr  que  Menniti  ne  laissa  au  Patir  aucun  manuscrit.  J'ai 
sous  les  yeux  un  Inventorie  ciel  monistero  del  Patirc  dressé  en 
ij5i,  et  j  y  vois  que  le  chœur  possède  deux  anastasimi,  un 
pentecostarion ,  un  menœum  totius  anni,  tous  livres  in-folio,  un 
pentecostarion  petit  format,  un  bréviaire  grec,  deux  psautiers, 
un  missel  (avec  un  propre  copié  à  la  main  contenant  l'office  de 
saint  Nil  et  de  saint  Barthélémy)  :  c'est  là  tout,  et  il  n'y  a  là  que 
des  volumes  imprimés.  Par  ailleurs  notre  hwentario,  qui  énumère 
en  détail  toutes  les  pièces  du  mobilier  conventuel  et  jusqu'aux 
chaudrons  de  la  cuisine,  ne  mentionne  ni  archive,  ni  bibliothèque  : 
tout  ce  que  la  communauté  possédait  de  livres  était  au  chœur1. 

Quant  à  la  collection  même  de  Menniti,  elle  ne  devait  pas# 
demeurer  longtemps  à  Saint-Basile  de  Urbe.  Elle  y  était  encore 
en  17485  au  moment  où  Bianchini  publiait  son  magnifique  Evan- 
geliarium  quadruplex,  pour  lequel  un  basilien,  dom  Vitali,  avait 
rédigé  une  description  très  remarquable  des  manuscrits  bibli- 
ques de  la  collection  de  Saint-Basile'2.  Mais  en  1780  elle  avait 
passé  au  Vatican  :  le  détail  des  circonstances  m'est  inconnu,  je 
crois  comprendre  que  la  collection  fut  achetée  personnellement 
par  le  pape  Pie  VI  et  par  lui  donnée  à  la  Bibliothèque  Aposto- 
lique3. 

Fondée  ainsi  au  début  du  xne  siècle,  découverte  et  exploitée 
par  les  érudits  romains  du  xvie,  transférée  à  Saint-Basile  de  Urbe 
à  la  fin  du  xvne  et  au  Vatican  vers  1780,  la  librairie  de  Sainte- 
Marie  du  Patir,  dont  nous  ne  possédons  cependant  aucun  des 
deux  inventaires  qui  en  ont  été  dressés,  peut-elle  être  retrouvée 
et  reconstituée,  plus  heureuse  en  cela  que  les  autres  librairies 
basiliennes  des  Calabres?  C'est  le  problème  bibliographique  que 
nous  avons  maintenant  à  résoudre. 

1.  Acta  d'tetœ  generalls  a.  i^i  (Archiv.  Vatican.,  dossier  Basiliani). 

2.  Bianchini,  Evangeliarium  quadruplex  (Rome,  1748),  t.  I,  p.  DVI-DXXV. 

3.  PIVS  VI  |  CODICES  BASILIANOS  |  BIBLIOTHECLE  VATICAN^  | 
DONO  DEDIT  ANNO  MDCCXXC,  dit  une  inscription  peinte  au-dessous  da 
portrait  du  card.  Zelada,  dans  la  galerie  nord  de  la  Vaticane.  Cf.  parmi  les 
inventaires  du  studio  da  la  Vaticane  l'Eupstripcov  twv  y.oSixôiv  âXVrçvcxûiv  -rcàXou 
tou  xoivoêïou  tou  àyîou  BaaiXeîou  èv  aarec  àyopaaOévxtov  uapàtâ)  axpa>  ocp^tepet  H»j> 
exxw  ètù      S.  TtotpS.  8s  ZsXaôa  tï|ç  ày.  sxxa-  (3i6Xio6Y)xaptou  (inachevé). 


LA  LIBRAIRIE  DE  SAINTE-MARIE. 


II 


Menniti  met  en  notre  main  le  fil  qui  va  nous  guider  dans  cette 
recherche.  Il  a  pris  soin  en  effet  d'inscrire,  en  tête  d'un  certain 
nombre  de  volumes  de  la  collection  de  Saint-Basile  de  Urbe,  le 
nom  de  l'abbaye  dont  ils  provenaient,  et  c'est  ainsi  que  les 
mss  Basiliani  81,  82,  98,  io5,  etc.,  portent  à  leur  feuillet  initial 
de  garde  la  mention  :  «  Ex  Biblioth.  Mon.  S.  M.  de  Patirio  ». 
Premier  critérium.  —  On  se  rappelle  aussi  que,  dès  avant  i56i, 
le  cardinal  Sirleto  possédait  un  inventaire  des  manuscrits  du 
Patir1,  inventaire  qui  suppose  un  récolement  :  de  ce  récolement 
je  trouve  la  trace  sur  plusieurs  des  manuscrits  dont  l'ex-libris 
ci-dessus  nous  assurait  déjà  qu'ils  provenaient  du  Patir.  Ainsi  le 
ms.  Basilian.  81  porte  en  tête  de  son  fol.  1,  écrite  à  l'encre, 
d'une  main  du  xvie  siècle,  l'inscription  :  «  Libro  i4o  ».  En  tête  du 
fol.  1  du  ms.  Basilian.  98,  la  même  main  a  écrit  :  «  Libro  4  MM  »• 
En  tête  du  fol.  1  du  ms.  Basilian.  io5,  la  même  main  a  écrit  : 
«  Libro  24  »  :  mais  ici,  immédiatement  à  la  suite,  une  main 
différente  et  un  peu  antérieure  avait  inscrit  déjà  le  titre  du  vo- 
lume, c'est  à  savoir  :  «  Sancto  basilio  homelia  sop.  la  genesis  ». 
En  tête  du  fol.  1  du  ms.  Basilian.  82,  la  cote  a  disparu,  mais 
on  lit  très  distinctement  le  titre  de  première  main  :  «  |||||||||||||||||l|||||lario 
de  sancli  ».  Ces  restes  du  récolement  du  xvie  siècle,  nous  les 
retrouvons  sur  nombre  d'autres  manuscrits,  lesquels  ne  portent 
pas  l'ex-libris  ci-dessus  indiqué  de  la  main  de  Menniti.  Deuxième 
critérium.  —  Ces  deux  critériums  m'ont  permis  de  reconnaître  un 
premier  groupe  de  manuscrits  dont  la  provenance  rossanienne 
est  très  rigoureusement  assurée.  A  ces  manuscrits  j'en  ai  joint 
quelques  autres  dont  la  provenance  rossanienne  était  établie  par 
la  présence  sur  leurs  marges  ou  leurs  gardes  de  grafïites  d'origine 
rossanienne.  Tel  est  le  Vaticanus  1648,  sur  un  feuillet  duquel 
on  lit  le  grafïite  :  «  Ego  frater  Nicodemus  monacus  ecclesiae 
Santa?  Maria?  de  Patiro  ».   Troisième  critérium.  —  Enfin  je 


1 .  Voy.  p.  4°- 


48  CHAPITRE  II. 

me  suis  cru  autorisé  h  rattacher  à  la  collection  ainsi  formée 
quelques  manuscrits  qui  m'ont  paru  être  de  la  même  main  que 
des  volumes  de  ladite  collection. 

Ceci  dit,  j'énumère  et  je  décris  sommairement  les  manuscrits 
retrouvés  par  moi  de  la  librairie  du  Patir. 

Vaticanus  1 6 1 1 . 

Nicétas  de  Serres,  Catena  in  Lucam,  xne  siècle,  parchemin, 
grand  format  (377  X  290  mil!.),  deux  colonnes  pour  le  commen- 
taire, 32o  fF.  Manque  :  le  premier  quaternion  et  les  derniers 
feuillets.  Reliure  Pie  IX.  A  la  fin  du  xvie  siècle  à  Grotta  Ferrata, 
«  Sine  caractère  »,  c'est-à-dire  non  coté1.  En  tête  (fol.  1)  du 
récolement  fait  au  Patir  au  xvie  :  «  Libro  33  santo  nichita  diacono 
Expositione  sop.  sancto  luca  evangelista  ».  A  la  fin  du  livre  II 
(fol.  1 58),  en  marge,  le  copiste  anonyme  du  manuscrit  a  mis  la 
date  du  mois  où  il  commença  de  copier  le  livre  II  «  pour  l'école  de 
Saint-Pierre  [?].  »  (Voy.  aux  Pièces  justificatives  la  Souscription 
n°  1.)  Fol.  248,  en  marge,  gralfites  d'une  main  latine  du 
xve  siècle. 


V aticanus  1628. 

Saint  Jean  Chrysostome,  homélies  diverses,  xie  siècle,  par- 
chemin, grand  format  (4 10  X  288  mill.),  deux  colonnes,  225  fF. 
Intact.  Reliure  Urbain  VIII.  Entête  (fol.  1)  du  récolement  fait 
au  Patir  au  xvie  siècle  :  «  Libro  9  de  sancto  Jôi  chrisostomo  sop. 
li  laudi  homilia.  » 

V aticanus  i636. 

Homiliaire,  xie  siècle,  parchemin,  grand  format  (346X260 
mill.),  deux  colonnes,  243  ff.  Intact.  Reliure  Grégoire  XV.  A 

1.  Un  catalogue  des  mss.  de  Grotta  Ferrata  fut  rédigé  en  1675  et  nous 
l'avons  encore  (La  Vaticane  de  Paul  III  à  Paul  V,  p.  go  et  n4)«  Dans  ce 
catalogue  chaque  ms.  est  coté  par  une  lettre  ou  deux  de  l'alphabet  grec. 
De  là  les  mss  entrés  peu  après  1 et  non  portés  au  catalogue  sont  dits 
sine  caractère. 


LA  LIBRAIRIE  DE  SAINTE -MARIE.  49 

la  fin  du  xvie  siècle  à  Grotta  Ferrata,  avec  la  cote  «  XX  ».  En 
tête  (fol.  4)»  du  récolement  fait  au  Patir  au  xvie  siècle  : 
«  Libro  4i.  sermonario  de  santo  andrea  archiepo  diCandia  ».  Ce 
ms.  a  été  copié  par  Léon,  prêtre,  en  mai  1064  (Ss.  n°  2). 

Vaticanus  1640. 

Saint  Jean  Chrysostome,  Homilise X X XU 1  inGenesim, xie  siè- 
cle, parchemin, très  grand  format  (427 X  285  mill.), deux  colonnes, 
209  ff.  Intact.  Reliure  Grégoire  XV.  A  la  fin  du  xvie  siècle  à 
Grotta  Ferrata,  «  s.  car.  »,  c'est-à-dire  non  coté.  En  tête  (fol.  2), 
du  récolement  fait  au  Patir  au  xvie  siècle  :  «  Libro  10  de  sanlo 
Ioâni  bucca  doro  sermoni  admonitorii  de  la  quadragesima  ». 

Vaticanus  1642. 

Nicétas  de  Serres,  Catena  in  Lucam  (liv.  Ier),  xic  siècle,  par- 
chemin, grand  format  (363  X277  mill.),  deux  colonnes,  295  ff. 
Intact.  Reliure  Grégoire  XV.  A  la  fin  du  xvie  siècle  à  Grotta 
Ferrata,  «  s.  car.  »,  c'est-à-dire  non  coté.  En  tète  (fol.  1),  du 
récolement  fait  au  Patir  au  xvie  siècle  :  «  Libro  34-  La  inter- 
pretatione  sop.  sancto  luca,  fatto  da  sâto  nichita  ».  Fol.  1 53, 
169,  274»  graffites  et  notes  marginales  d'une  main  latine  du 
xvu  siècle. 

V aticanus  1648. 

Saint  Jean  Chrysostome,  Expositio  in  I  Cor.,  xe  siècle,  par- 
chemin, grand  format  (34oX225  mill.),  deux  colonnes,  3i5  ff. 
Manque  :  le  premier  quaternion.  Reliure  Grégoire  XV.  A  la  fin 
du  xvi°  siècle  à  Grotta  Ferrata,  «  sine  car.  »,  c'est-à-dire  non 
coté.  Fol.  3i5',  d'une  main  du  xve  siècle,  le  graffite:  «Ego  frat. 
nicodimus  m  on  a  eu  s  ecclie  ste  marie  de  patiro.  »  Fol.  i',  9'.  25, 
34',  44)  45,  192,  211',  212',  247',  280,  287',  diorthotemata 
d'une  main  grecque  du  xme  siècle1. 

1.  Cette  main,  que  nous  retrouvons  dans  ]e  Vaticanus  1994  ci-après,  et 
qui  est  aisément  reconnaissable  à  ses  ligatures  de  même  qu'à  l'encre  ver- 
dissante qu'elle  emploie,  —  cette  main  dis-je,  serait  à  rapprocher  de  celle 

4 


5o 


CHAPITRE  II. 


V aticanus  1649. 

Théodorgt,  Expositio  in  Paul.,  xiiu-xiiic  siècle,  parchemin 
grand  format  (325  X  a5o  mill.),  deux  colonnes,  137.  ff.  Intact. 
Reliure  Grégoire  XV.  A  la  fin  du  xvic  siècle  à  Grotta  Ferrata, 
«  sin.  caract.  »,  c'est-à-dire  non  coté.  En  tête  (fol.  I),  du  réco- 
lement  fait  au  Patir  au  xvie  siècle  :  «  Libro  66  » . 

V aticanus  1 654- 

Saint  Jean  Chrysostome,  Expositio  inPhilipp.  et  Heb.,  xie  siè- 
cle, parchemin,  grand  format  (390X290  mill.),  deux  colonnes, 
211  ff.  Intact.  Reliure  Grégoire  XV.  A  la  fiu  du  xvie  siècle  à 
Grotta  Ferrata,  «  s.  car.  »,  c'est-à-dire  non  coté.  En  tête  (fol.  5), 
du  récolement  fait  au  Patir  au  xvie  siècle  :  «  Libro  tercio  d. 
sancto  Joâni  crhisostomo  [sic]  sop.  la  epla  de  paulo  ad  philip- 
pensis  [sic]  ».  Passim  notes  marginales  à  demi  effacées  d'une 
main  grecque  du  xme  siècle. 

V aticanus  i656. 

Saint  Jean  Chrysostome,  Expositio  in  Heb.,  xie-xne  siècle,  par- 
chemin, grand  format  (3oo X 245  mill.),  deux  colonnes,  182  ff. 
Intact.  Reliure  Grégoire  XV.  A  la  fin  du  xvie  siècle  à  Grotta 
Ferrata,  «  sine  caract.  »,  c'est-à-dire  non  coté.  En  tête  (fol.  3), 
du  récolement  fait  au  Patir  au  xvie  siècle  :  «  Libro  secûdo  Sancto 
Jôi  chrisostomo  sop.  le  epistole  de  paulo  ad  hebreos  ». 

V aticanus  I659. 

Saint  Jean  Chrysostome,  In  II  Cor Col.  et  I  Thess.,  xe  siècle, 
parchemin,  grand  format  (3 20  X  2  35  mill.),  deux  colonnes, 
448  ff.  Manque  :  les  premiers  feuillets.  Reliure  Grégoire  XV.  A  la 
fin  du  xvie  siècle  à  Grotta  Ferrata,  «  s.  car.  »,  c'est-à-dire  non  coté. 

qui  a  couvert  de  scholies  certains  feuillets  du  célèbre  Faticamis  1 209  (fol.  i2o5', 
1206,  1239,  etc.). 


LA  LIBRAIRIE  DE  SAINTE-MARIE.  Si 

Entête  (fol.  i),  du  récolement  fait  au  Patir  auxvic  siècle  :  «  Libro 
i4  de  Sermoni  de  Sancto  Jôi  archiepo  >». 

Vaticanus  1680. 

Saint  Jean  ChrysostoiME,  Expositio  in  Math.,  xie siècle,  parche- 
min, très  grand  format  (400X200  mil].),  deux  colonnes,  4^9  ff. 
Manque:  les  premiers  feuillets.  Reliure  Grégoire  XV.  A  la  fin 
du  xvie  siècle  à  Grotta  Ferrata,  «  s.  car.  »,  c'est-à-dire  noncoté. 
En  tête  (fol.  2),  du  récolement  fait  au  Patir  au  xvie  siècle  : 
«  Libro  6  de  sto  ioan.  grisostomo  Homelia  sop.  li  euangelii  de 
sto  matteo  ». 

Vaticanus  1970. 

Euchologe,  xiii'  siècle,  parchemin,  petit  format  (161  X  116 
mill.),  à  pleine  page,  242  ff.  Mutilé  de  part  et  d'autre.  Reliure 
Pie  IX.  Ancien  Basilian.  9.  En  tête  du  fol.  i9(olim  1),  Menniti 
a  écrit  :  «  Ex  libris  Monasterii  S.  Maria?  de  Patirio  j  Rossanen 
ords.  S.  Basilii  Magni  »\  Ce  ms.  est  celui  dont  parle  Sirleto  dans 
sa  lettre  (citée  plus  haut)  au  P.  Jean  de  Saint-André,  du  16  avril 
i582,  ej  où  il  signale  le  texte  de  la  liturgie  de  saint  Marc  \ 

V  alicanus  1 97 1 . 

Euthalius,  Expositio  in  Act.,Cath.  et  Paul.,  xc-xic  siècle,  par- 
chemin, petit  format  (160X118  mill.),  deux  colonnes,  247  ff. 
Intact.  Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  10.  En  tête  (fol.  1),  du 
récolement  fait  au  Patir  au  xvie  siècle  :  «  Libro  69.  ordinacioni 
secôdo  Ullllllllllllllllllllllllllllllilll  prologo  e  epistole  ».  Fol.  208',  à  la  marge  in- 
férieure, le  nom  (vraisemblablement  du  copiste)  :  NEIAOT  MX. ,  Nil, 
moine. 

1.  Et  au  bas  du  même  feuillet  il  ajoute  :  «  In  hoc  libello  continëtur  litur- 
girc  S.  Pétri  Apli.  S.  Marci  Apli  et  evangelistœ,  et  S.  Jacobi  Apli  custodiendus 
[sic]  diligenter  nam  ex  hoc  libro  exscripta  fuit  liturgia  S.  Marci  et  fuit 
transmissa  cuidam  canonico  parisiensi  [Jean  de  Saint-André]  qui  typis 
eam  mandavit  cum  nimio  honore  huic  bibliothecre  ».  Le  reste 
rogné. 

2.  Cet  important  ms.  a  été  depuis  décrit  et  collationné  par  M.  Swainson, 
The  greek  liturgies  (Cambridge,  1884). 


52 


CHAPITRE  11. 


Vaticanus  1990  (ff.  89-179')1. 

Homilïaire,  xie-xne  siècle,  parchemin,  grand  format  (33o  X^35 
mill.),  deux  colonnes.  Mutilé  de  part  et  d'autre.  Reliure  Pie  IX. 
Ancien  Basilian.  29.  Fol.  i35'  et  1 44%  essais  de  plume  d'une 
main  du  xvne  siècle,  [qui  a  inscrit  son  nom  au  fol.  1(32'  :  «  Gio 
Chrisolillllllllll  Verchio  città  di  lossano  ».  Ce  Jean  Chry- 

sostome  Vercliio  fut  abbé  du  Patir  dans  les  premières  années  du 
xvine  siècle. 

Vaticanus  1991  (ff.  43-124')  2. 

Vies  de  saints,  xue  siècle,  parchemin,  grand  format  (320X240 
mill.),  deux  colonnes.  Mutilé  de  part  et  d'autre. Reliure  Pie  IX. 
Ancien  Basilian.  3o.  En  tête  du  premier  feuillet  (fol.  43),  du 
récolement  fait  au  Patir  au  xvie  siècle  :  «  Libro  147.  legendario  de 
sancto  polieucto  marti  » . 

Vaticanus  idem  (ff.  i25-i5o'). 

Vies  de  saints,  xme  siècle,  parchemin,  même  format,  deux 
colonnes.  Mutilé  de  part  et  d'autre.  En  tête  du  premier  feuillet 
(fol.  125),  du  récolement  fait  au  Patir  au  xvie  siècle  :  « 
Legendario  de  sancti  ». 

Vaticanus  1992  (ff.  11 8-274')  3« 

Saint  Grégoire  de  Nazianze,  Orationes  XVI,  xiie  siècle,  par- 
chemin, moyen  format  (290  X  23o  mill.).  deux  colonnes.  Manque  : 

1.  Trois  mss,  tous  trois  mutilés,  reliés  en  un  volume  par  les  soins  de 
Menniti.  Il  n'est  pas  impossible  que  le  premier  (fF.  1-88'),  homiliaire 
xi*  siècle,  et  le  troisième  (fF.  180-280'),  homiliaire  x"  siècle,  proviennent 
également  du  Patir. 

2.  Quatre  mss,  tous  trois  mutilés,  reliés  en  un  volume  par  les  soins  de 
Menniti.  Il  n'est  pas  impossible  que  le  premier  (fol.  1-42'),  homiliaire 
xii*  siècle,  et  le  quatrième  (fol.  151-167'),  vies  de  saints  xne  siècle,  pro- 
viennent également  du  Patir. 

3.  Deux  mss,  mutilés,  reliés  en  un  volume  par  les  soins  de  Menniti.  Je 
ne  puis  rien  dire  de  la  provenance  du  premier  (fF.  1-117'),  S.  Grég.  Naz. 
Orationes  XVI,  xii'-xiii'5  siècle. 


LA  LIBRAIRIE  DE  SAINTE-MARIE.  53 

le  premier  quaternion,  et  la  fin.  Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basi- 
lian.  3i.  Ce  ms.  a  été  copié  par  Barthélémy,  moine  et  prêtre, 
et  achevé  le  3  juin  i  io4  (Ss.  n°  3)  1  :  ce  copiste  est  le  même  que 
celui  du  Vaticanus  2021  ci-après. 

Vaticanus  1993  (ff.  1  - 1 3 1  ')  2. 

Synaxaire,  xii°  siècle,  parchemin,  moyen  format  (282  X  235 
mill.),  deux  colonnes.  Mutilé  de  part  et  d'autre.  Reliure  Pie  IX. 
Ancien  Basilian.  32.  Je  lis  au  fol.  27'  :  «  Die  pin1°  jenar.  i55o  | 
In  qslo  jorno  for.  [=furono]  amaczati  |  tre  jovenj  d.  coranù 
[  =  Corigliano]  atorno  lo  |  monrio  et  li  amaczar.  li  albanisi.  » 
Fol.  82'  :  «  Die  2  aprile  1 568  |  e  morto  fr.  fabio  ||||||t  essa  |  nimo 
conduto  allo  moniste  |  rio  et  morto  in  rossano.  »  Fol.  28'  : 
a  a  die  p°.  jenuari.  1070.  |A  ditto  la  pa  missa  fra  Jo.  bar10  |  de  la 
gla[?]  cô  gra.  de  la  madona  |  santa  de  lo  patir.  »  Fol.  i3i',  de 
la  même  main:  «  1 5 j8- 1 5j9  ». 

Vaticanus  1994- 

Saint  Grégoire  de  Nazunze,  Orationes  XVI,  xie  siècle,  par- 
chemin, moyen  format  (225  X  283  mill.),  deux  colonnes,  225  ff. 
Manqup  :  le  premier  feuillet  du  premier  quaternion,  et  la  fin. 
Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  33.  Fol.  4',  5,  6,  i5,  16,  21', 
courtes  scholies  marginales  d'une  main  grecque  du  xnie  siècle,  la 
même  que  dans  le  V aticanus  1648  ci-dessus. 

V aticanus  1995. 

Ménologe  (2-20  oct.),  xie  siècle,  parchemin,  grand  format 
(280X205  mill.),  deux  colonnes,  268  ff.  Mutilé  de  part  et 
d'autre.  Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  34.  Ce  ms.  fait 
partie  d'une  suite  que  nous  allons  rencontrer  ci-après  [V ati- 
cani  2o3^,  etc.). 

1.  Au-dessous  de  la  souscription  (fol.  219),  Menniti  a  écrit  :  «  Uiclo 
anno  1104  vivebat  S.  Bartholomœus  Semeriensis,  qui  forsan  hune  librum 
scripsit  ». 

i.  Deux  mss,  mutilés,  reliés  en  un  volume  par  les  soins  de  Menniti.  Le 
second  (ff.  i3'2-3o4  ),  synaxaire  xie-xn°  siècle,  n'offre  aucun  indice  de  pro- 
venance. 


CHAPITRE  II. 


V aticanus  1997. 

Vies  de  saints,  xine  siècle,  parchemin,  moyen  format 
(200X200  mill.),  à  pleine  page,  1780*.  Intact.  Reliure  Pie IX. 
Ancien  Basilian.36.  En  tête  (fol.  1),  du  récolement  fait  au  Patir 
au xvie  siècle  :  «Libro  72  uita  potrum  ».  Fol.  17,  en  graffite  : 
u  Io  D.  Gio.  Batista  Galanti  di  Corg00  [=Corigliano].  Hoggi  1. 
10  di  settebro  i65i  |  nel  venerabile  mon10  del  Patiro  ».  Fol.  63, 
de  même  :  «  Io  D.  Giouanni  Ruffo  délia  città  |  di  Rossano  feci 
nouitio  in  questo  monastero  nel  anno  1677.  »  Ce  ms.  a  été 
copié  par  «  Dosithée,  prêtre,  chartreux  dans  la  montagne  du 
monastère  du  Militino  »  qui  était  encore  en  1 4^7,  nous  l'avons 
vu,  un  couvent  du  diocèse  de  Rossano  (Ss.  n°  4). 

V aticanus  1998 

Saint  Basile,  j4scetica,xif  siècle,  parchemin,  moyen  format 
(26.5  X  210  mill.),  à  pleine  page,  194  ff.  Mutilé  de  part  et 
d'autre.  Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  '5j,  En  tête  (fol.  1), 
du  récolement  fait  au  Patir  au  xvie  siècle.  «  Libro  82  Expo- 
sitiohllllllliliu  » . 

Vaticanus  1999  (ff.  1-119)1. 

Saint  Jean  Chrysostome,  Homiliœ  in  Genesim,  xne  siècle,  par- 
chemin, moyen  format  (255  X  i85  mill.),  deux  colonnes.  Mutilé 
de  part  et  d'autre.  Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  38.  Ce 
ms.  a  été  copié  par  le  même  copiste  que  le  Vaticanus  1992  ci- 
dessus  et  que  le  Vaticanus  2021  ci-après. 

Vaticanus  2000  (ff.  i55-2o4)2. 

Vies  de  saints,  xne  siècle,  parchemin,  moyen  format 
(253  X  180  mill.),  deux  colonnes.  Manque  :  les  premiers  feuillets. 

1.  Trois  mss  mutilés  reliés  en  un  volume  par  les  soins  de  Menniti.  Le 
second  (ff.  120-175'),  Chrysostome  xne  siècle,  le  troisième  (ff.  176-216'),  item, 
ne  présentent  aucun  indice  de  provenance. 

2.  Trois  mss  mutilés  reliés  en  un  volume  par  les  soins  de  Menniti.  Tous 


LA  LIBRAIRIE  DE  SAINTE-MARIE.  5,5  * 

Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  39.  Ce  ms.  a  été  copié  «  par 
le  moine  Pacbôme,  avec  le  concours  de  notre  père  spirituel  Bar- 
thélémy, moine,  26  juin  1102  »  (Ss.  n°  5).  J'identifie  ce  Barthé- 
lémy avec  le  fondateur  de  notre  abbaye. 

Vaticanus  2001 . 

Vies  de  saints,  xiie  siècle,  parchemin,  moyen  format 
(a35  X  180  mill.),  deux  colonnes,  3o5  ff.  Intact.  Reliure  Pie  IX. 
Ancien  Basilian.  4o.  En  tête  (fol.  1),  du  récolement  fait  au  Patir 
au  xvie  siècle  :  «  Libro  10  d.  S.  Joanne  Damasceno  de  mortuis  ». 
Ce  ms.  a  appartenu  à  l'origine  à  «  Paul,  higoumène  du  monastère 
de  la  Mère  de  Dieu  de  Cerrate  »  (Ss.  n°  6). 

Vaticanus  2002. 

Tetkaevangelium1,  xi°  siècle,  parchemin,  moyen  format 
(247  X  190  mill.),  deux  colonnes,  i32  ff.  Mutilé  de  part  et 
d'autre.  Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  \  \ .  Ce  ms.  a  été  copié 
par  «  Constantin,  protopapas  de  Taberna,  et  achevé  le  6  sep- 
tembre ioj2,  Georgilas  étant  stratège  de  Calabre  »  (Ss.  n°  7). 
En  têt#  (2e  fol.  de  garde),  Menniti  a  écrit  :  «  ex  Biblioth.  Mon. 
S.  M.  de  Patirio  ». 

Vaticanus  20o3  (ff.  159-274) 2 • 

Saint  Maxime,  Centuriœ,  xne-xiue  siècle,  parchemin,  moyen 
format  (240X170  mill.),  à  pleine  page.  Mutilé  de  part  et 
d'autre.  Reliure  Pie  IX.  Ancien  Bas  ilian.  Entête  du  premier 
feuillet  (fol.  159),  du  récolement  fait  au  Patir  au  xvie  siècle  : 
«  Libro  60  » . 

trois  renfermant  des  vies  de  saints.  Le  premier  (ff.  i-i54),  xe  siècle,  copié 
pour  «  Léonce,  prêtre  »,  sans  date,  et  le  troisième  (ff.  205-267),  xe-xne  siècle, 
ne  présentent  pas  d'indice  de  leur  provenance. 

1.  Gregoiy,  Prolegomena  (au  N.  T.  gr.  de  Tischendorf),  p.  5o4- 

2.  Deux  mss  mutilés  reliés  en  un  volume  par  les  soins  de  Menniti.  Le 
premier  (ff.  1-121),  S.  Grégoire  de  Nazianze,  Orationes  XVI,  xne  siècle, 
n'offre  aucun  indice  de  provenance. 


56 


CHAPITRE  II. 


V aticanus  0.004. 

Satst  Jean  Chrysostome,  Expositio  inJoan.,  xie-xuc  siècle,  par- 
chemin, moyen  format  (235  X  162  mill.),  deux  colonnes,  293  ff. 
Mutilé  de  part  et  d'autre.  Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  43. 
En  tête  (2e  fol.  de  garde),  Menniti  a  écrit  :  «  ex  Biblioth.  Mon. 
S.  M.  de  Patirio  ». 

V aticanus  2006. 

Jean  Philagathus1,  homélies,  xme-xive  siècle,  bombycin,  moyen 
format  (269  X  170  mill.),  à  pleine  page,  269  ff.  Mutilé  de  part 
et  d'autre  et  au  cours  du  volume.  Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basi- 
lian. 4^-  Au  verso  du  3e  fol.  de  garde  de  la  main  de  Menniti  (?)  : 
«  Patieriensis  [sic]  » . 

F  aticanus  2010. 

Vies  de  saints  ,  xie  siècle ,  parchemin ,  moyen  format 
(245  X  170  mill.),  à  pleine  page,  235  ff.  Manque  :  les  derniers 
feuillets.  Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  49.  En  tête  (fol.  1), 
du  récolement  fait  au  Patir  au  xvie  siècle  :  «  Libro  i3  vita 
prum  ». 

V aticanus  201 7. 

Lectionnaire  des  évangiles2,  xiie  siècle,  parchemin,  moyen 
format  (220  X  160  mill.),  deux  colonnes,  120  ff.  Intact.  Reliure 
Pie  IX.  Ancien  Basilian.  56.  Fol.  119',  un  obit  du  xive  siècle 
environ  :  «  Le  21  janvier  a  été  enterré  Thomas  ;  il  a  été  enterré 
dans  l'église  de  la  T.  S.  Mère  de  Dieu,  à  laquelle  il  a  laissé  un 

verger        »  Fol.  120'  (d'une  main  différente,  mais  a  peu  près  de 

ia  même  époque),  un  autre  obit  :  «  Le  12  octobre  1 346,  a  été 
enterrée  Constantia;  elle  a  laissé  à  l'église  de  la  T.  S.  Mère  de 
Dieu  un  verger5  »  J'identifie  cette  «  église  de  la  T.  S.  Mère 

1.  Voy.  plus  haut,  p.  36. 

2.  Gregoiy,  Prolegomena,  p.  709. 

3.  Fol   119'  :  ►£<  iavvoua?>  xa'.  èxifu'9.  ou  ôoû*.  toû  60  xo^a;-  xaî  £Ta<pi  et;  ty)v 


LA  LIBRAIRIE  DE  SAINTE-MARIE.  57 

de  Dieu  »  avec  l'église  cathédrale  de  Rossano  (voy.  le  V atica- 
nus 2019  ci-après). 

V aticanus  2019 

Nomocanon  ,  xme  siècle,  parchemin,  moyen  format 
(208  X  167  mill.),  à  pleine  page,  166  ff.  Manque  :  les  premiers 
feuillets.  Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  58.  Fol.  i55',  une 
note  de  la  main  du  copiste  :  «  ...Le  19  septembre  1236,  ma 
femme  a  été  enterrée  dans  la  vénérable  église  de  la  T.  S.  Mère 
de  Dieu  achéropite  \ . .  »  C'est  l'église  cathédrale  de  Rossano. 
Fol.  1 65',  d'une  grosse  écriture  du  xvie  siècle  :  «  Ce  nomocanon 
est  un  legs  de  Rabd...2  ». 

V aticanus  2021. 

Saint  Siméon  (de  Chios),  homélies,  xne  siècle,  parchemin, 
petit  format  (1 85  X  i5o  mill.),  à  pleine  page,  i4o  ff.  Manque  : 
les  deux  premiers  quaternions.  Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basi- 

|r(Ttepayc.  Qxôûv.  xat  acpîspotr.  aùx/jv.  xntôpYjv  17.  |  auv  ôévop.  aùxou  nXicriov. 
ay.it£Xo.u*.  ôojxevc  |  [j.opaÇtT.  xa\  uXcatov  xi  rcox.  -rcéxpou  ffepyt.  xat  auv/oxi  |  (la  der- 
nière ligne  est  rognée).  —  Fol.  120',  de  cette  main  différente  mais  contem- 
poraine, un  inventaire,  malheureusement  très  altéré  :  >J<  Taux,  etcrstv  xà 
êtêllllllllllllllllllllll  |  vixcoX.  xllllllllllllllllllllllll  I  èv  «pwtov  lllllllllllllllllllllllll  I  xa\  aic.o.  xa\  X(£t)xoupy. 
xa\  x$.||||||||||||||||  |  y.a\  àvayv«><mxbv  xb  llllllllllllllllll  |  EUXoXoy.  llllllllllllll  xa\  «Mxfatov  lllllllllllllllll 
IpoXôy.  £-/wv  xàç  àxo'jXïjO.  Hlllilllllilll  xaxavuxxtxbv.  xa\  s  llllllllllll  |  exépov  xa\  fjuviov.  xa\ 
lllllllllllll  |  7roxupia,  etc.  Puis  de  la  même  main  :  -f-  jjwj.  oxxw.  £Îç  x\  tê'  èxotjnrjô.  Y| 
ôouX.  xou  |  Ou  xiovaxàvxÇta.  y]  6uyax.  xou  %ox.  taSxtvo'j  |  xyjç  <7£pyY)vr]ç.  xb  exoç  /Tovô 
xr,;  ivô.  tô'.  xat  etç  aqnépwaev  |  et;  tov  vabv  xr,ç  ûuepay.  6xô"û  xaiv  yevvYjxovov  * 
xunoupi.  ev  eiç  x.  aOx.  |  xaip..  ^Xiq.  twâvvY)  xoXo^oupS.  xat  avxtaûvop.  xou  aô*e. 
aùxfj;.  |  xat  0  Oç  àvauayae  aùx/jv. 

1.  >J<  xaxà  xbv  àuptXX.  jr?iva  elç  x-  tYj'  xy)  ày.  xat  fJieyaX.  xptx-  aipa  6'.  |  tv8.  Ç'.  ex. 
,£"4^.6',  èyevvYjQ.  y)  buyàxYjp  è(j.oO,  |  atvàxopoç  xy}ç  xptx.  y)  èv  xài  ay.  [3aima[Ax.  ovo- 
{xaaOeïaa  âXçalllllllll  |  |3ao-tX£Ûovxo;  Y)jJ.&>v,  xoù*  ôsoc-Itîxou  (xyX-  (3aa-iXé(o;  |  xat  aùxo- 
xpâxopoç  ptotxv.  xai  aùyouor.  cppsôôsptxou,  |  ôexâxa)  xexàpxw  XP0VW  aùxou  (3acrt- 
Xsia;.  Pa<7i|Xsûovxoç  Se  atxeXta;.  xptaxoa-xto  I6S6 jAto.  |  UpoucraX^  8s.  èvvàxt*). 

►î^  xaxà  xbv  aeitxp.  {J^va,  sïç  x.  iyj',  r\[Ksp.  xpir.,  7tpb  êairép,  îvS.  6',  |  ex.  ,£"4^8',  y) 
auuÇyo.  ètxou  atv.x-po.  xy]ç  xptxv.,  xup.  youap.ep.  |  èyévvY]cr£  Tiatôtov  ôeûxepov  apasv, 
oucp  a)vo[xàaa{i.£v  |  [At'-/aY|X.  urap  ou  p.eyaXv)  -/aPa  tap'  Y][j.tv  èyeyovei.  oyuw  8è  |  (3a- 
6:caç  iauspaç  xaxaXaëouaYjç,  xoa  r,  Tupopriôeîaa  [xot  auÇuyoç,  |  xb  uvâ  xto  xw  napéôwxe, 
xat  Y|[xep.  xexpaô.  xou  p-/]6'.x.  ^vb?  ecç  x.  tû'  |  èv  xc'f/..  èxaçY)  èv  xài  TiavcsTtx.  vaâi  x^ç 
ûuspayîaç  8xou  t%  àxipo7ionqx.  |  'xaxaXei'^aaâ  (j.ot  xà  pyjô'.x.  8uo  ua[xcptX.x.  [xot 
xéxva-  xr(v  aXcpâ^av,  xai  xbv  |  [zt-/a^X,  oiç  0  6ç  §a>r)  upoxouYiv  xat  au^Yjatv  èxetVY)  8s, 
acpeatv  à(xapxt(ov  |  xat  àvarcauertv  èv  xotç  xaiv  Sixatwv  ^opo'tç. 

i.  ïfr  ptëXtov  Xsyo^evov  xpovtxbv  |  èx-  xav'  xbv  vojxoxàvovav  |  àçiépoo-tç  xou  paë8. 


58  CHAPITRE  11. 

liait.  60.  Ce  ms.  «  a  été  achevé  le  6  mai  iioj,  copié  par  Barthé- 
lémy, moine  »  (Ss.  n°  8).  Ce  copiste  est  le  même  que  celui  du 
Vaticanus  1992.  Dans  une  note  manuscrile  de  dom  Neofilo 
Rodino,  je  lis,  à  la  suite  d'une  transcription  de  la  souscription 
de  notre  ms.  :  «  Questo  libro  del  S.  Simeone  F  ho  trovato  in 
Calabria  in  un  monasterio  del  N.  P.  S.  Basilio  Magno  detto 
per  nome  o  patir,  vicino  di  una  terra  chiamata  Corigliano. . . 
Napoli  i653,  24  ài  giugno1.  » 

Vaticanus  20 34- 

Saint  Grégoire  de  Nazianze,  Orationes  XVI,  xie  siècle,  par- 
chemin, grand  format  (33o  X  240  mill.),  deux  colonnes,  284  ff. 
Mutilé  de  part  et  d'autre.  Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian. 
En  tête  (2e  fol.  de  garde),  Menniti  a  écrit  :  «  Ex  Biblioth.  mon. 
S.  M.  de  Patirio  ». 

Vaticanus  2o35. 

Saint  Jean  Chrysostome,  homélies  diverses,  xie  siècle,  parche- 
min, grand  format  (320  X  240  mill.),  deux  colonnes,  216  ff. 
Mutilé  de  part  et  d'autre.  Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  fj\.  En 
tête  (2e  fol.  de  garde),  Menniti  a  écrit  :  «  Ex  Biblioth.  monrii 
S.  M.  de  Patirio  ». 

V aticanus  2o36. 

Saint  Jean  Chrysostome,  homélies  diverses,  xie  siècle,  par- 
chemin, grand  format(3io  X  226  mill.),  deux  colonnes,  278  ff. 
Mutilé  de  part  et  d'autre.  Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  ^5. 
En  tête  (2e  fol.  de  garde),  Menniti  a  écrit  :  «  Ex  Biblioth.  monrii 
S.  M.  de  Patirio  ». 

V aticanus  2o3j. 

Ménologe  (ier-i6  nov.),  xie  siècle,  parchemin,  grand  format 
(3oo  X  210  mill.),  deux  colonnes,  3i2  ff.  Mutilé  de  part  et 
d'autre.  Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  76.  En  tête  (2e  fol.  de 


1 .  Vaticanus  2098. 


LA  LIBRAIRIE  DE  SAINTE-MARIE.  59 

garde),  Mermiti  a  écrit  :  «  Ex  Bibliotli.  Mon.  S.  M.  de  Patirio  ». 
Ce  ms.  fait  partie  de  la  même  suite  que  le  Vaticanus  1990  ci- 
dessus. 

Vaticanus  2o38. 

Ménologe  (4-i 4  déc),  xie  siècle,  parchemin,  grand  format 
(3ooX  210  mill.),  deux  colonnes,  298  fF.  Mutilé  en  tête. 
Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  77.  En  tête  (2e  fol.  de  garde), 
Menniti  a  écrit  :  «  Ex  Bibliotli.  Mon.  S.  M.  de  Patirio  ».  De  la 
même  suite  que  le  précédent. 

Vaticanus  2089. 

Ménologe  (17-28  nov.),  xie  siècle,  parchemin,  grand  format 
(3ooX  2o5  mill.),  deux  colonnes,  355  fF.  Mutilé  de  part  et 
d'autre.  Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  78.  En  tête  (2e  fol.  de 
garde),  Menniti  a  écrit  :  «  Ex  Bibliotli.  Monrii.  S  M.  de  Pati- 
rio ».  De  la  même  suite  que  le  précédent. 

V aticanus  2040. 

Ménologe  (ij-26  déc),  xie  siècle,  parchemin,  grand  format 
(3oo  X  2o5  mill.),  deux  colonnes,  3o4  ff.  Mutilé  de  part  et 
d'autre.  Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  79.  En  tête  (2e  fol. 
de  garde),  Menniti  a  écrit  :  «  Ex  Bibliotli.  Mon.  S.  M.  de  Pa- 
tirio »  De  la  même  suite  que  le  précédent. 

V aticanus  10^1 . 

Lectionnàire  des  évangiles1,  xic  siècle,  parchemin,  grand  for- 
mat (3o5  X  225  mill.),  deux  colonnes,  337  fF.  Intact.  Reliure 
Pie  IX.  Ancien  Basilian.  80.  En  tête  (2e  fol.  de  garde),  Menniti 
a  écrit  :  «  Ex  Bibliotli.  Monrii  S.  M.  de  Patirio  ».  Fol.  107,  en 
graffite  :  «  D.  Giovanne  miranti  di  Rossano  ».  Ce  ms.  a  été 
«  exécuté  aux  frais  de  Georges  Mavrogeorgios,  protospathaire  » 
(Ss  u°  9). 

1.  Gregoiy,  Prolegomena,  p.  709. 


6o 


CHAPITRE  II. 


V aticanus  2042. 

Ménologe  (ier-3o  oct.),  xne  siècle,  parchemin,  grand  format 
(3o5  X  225  mill.),  deux  colonnes,  3 1 1  fF.  Intact.  Reliure  Pie  IX. 
Ancien  Basilian.  81.  En  tête  (fol.  1),  du  récolement  fait  au 
Patir  au  xvie  siècle  :  «  Libro  i4o  ».  Et  de  la  main  de  Menniti 
(20  fol.  de  garde)  :  «  Ex  Bibliotb.  Moïïrii  S.  M.  de  Patirio  ». 

V aticanus  2o43. 

Ménologe  (fragm.  mai,  juin,  juillet,  août),  xie  siècle,  parchemin, 
grand  format  (3oo  X  200  mill.),  deux  colonnes,  240  fF.  Mutilé. 
Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  82.  En  tête  (fol.  1),  du  récole- 
ment fait  au  Patir  au  xvie  siècle  :  «  llllllllllllllllllllllllllllllario  de  sancti  ». 
Et  de  la  main  de  Menniti  (2e  fol.  de  garde)  :  a  ExBiblioth.  Mon. 
S.  M.  de  Patirio  ».  Ce  volume  fait  partie  de  la  même  suite 
que  le  V aticanus  2o3^,  etc. 

V aticanus  iof\l\. 

Ménologe  (ier-3o  sept.),  xie  siècle,  parchemin,  grand  format 
(280X202  mill.),  deux  colonnes,  240  ff.  Manque  :  deux  qua- 
ternions  en  tête  et  les  derniers  feuillets.  Reliure  Pie  IX.  Ancien 
Basilian.  83.  En  tête  (2e  fol.  de  garde),  Menniti  a  écrit  :  «  Ex 
Bibliotb.  Mon.  S.  M.  de  Patirio  ».  De  la  même  suite  que  le  pré- 
cédent. 

V aticanus  2o5o. 

Saint  Basile,  Ascetica,  xne  siècle,  parchemin,  moyen  format 
(285x221  mill.),  deux  colonnes,  125  fF.  Manque:  les  cinq 
premiers  quaternions.  Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  89.  En 
tête  (2e  fol.  de  garde),  Menniti  a  écrit  :  «  ExBiblioth.  Mon.  S.  M. 
de  Patirio  ».  Importante  souscription  :  ce  manuscrit  «  a  été 
achevé  le  8  août  no5,  Tannée  où  le  pape  Pascal  a  conféré  le 
privilège  de  l'immunité  à  notre  saint  père  Barthélémy  pour  son 
abbaye  de  la  T.  S.  Mère  de  Dieu  dite  too  pox<wàTy].  C'est  cette 
même  année  que  Boëmond  revint  en  Calabre  fuyant  devant 


LA  LIBRAIRIE  DE  SAINTE-MARIE. 


61 


Alexis.  Nptre  abbaye  a  dû  la  tranquillité  [à  cette  disposition  du 
pape  Pascal],  et  d'être  délivrée  des  mains  des  Maléinoi,  car  bien 
vivement  elle  était  inquiétée  par  Nicolas  Maléinos,  l'archevêque, 
et  par  les  siens  »  (Ss.  n°  10). 

V ai  ic  anus  2o56. 

Saint  Basile,  homélies  diverses,  x°-xic  siècle,  parchemin, 
grand  format  (325  X  235  mill.),  deux  colonnes,  201  ff.  Mutilé 
de  part  et  d'autre.  Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  95.  En  tête 
(2e  fol.  de  garde),  Menniti  a  écrit  :  «  Ex  Biblioth.  Mon.  S.  M.  de 
Patirio  ». 

Vaticanus  2059. 

Climax,  xc  siècle,  onciale,  parchemin,  grand  format  (3io 
X  2o5  mill.),  a  pleine  page,  235  fï.  Intact.  Reliure  Pie  IX.  An- 
cien Basilian.  98.  En  tête  (fol.  1),  du  récolement  fait  au  Patir 
au  xvic  siècle  :  «  Libro  4(1111  »  •  Et  de  la  main  de  Menniti  (2e  fol.  de 
garde)  :  «  Ex  Biblioth.  Monrii  S.  M.  de  Patirio  ». 

y  Vaticanus  2060. 

Collection  canonique,  xne  siècle,  parchemin,  grand  format 
(3i5  x  235  mill.),  deux  colonnes,  263  ff.  Manque  :  le  premier 
quaternion  et  les  derniers  feuillets.  Reliure  Pie  IX.  Ancien 
Basilian.  99.  En  tête  (2e  garde),  Menniti  a  écrit  :  «  Ex  lib.  Bi- 
blioth. Monrii  S.  M.  de  Patirio  Rossanen  »  . 

V aticanus  206 1 . 

Saint  Grégoire  de  Nazianze,  homélies,  xe  siècle,  parchemin, 
moyen  format  (235  X  220  mill.),  à  pleine  page,  3 16  ff.  Manque  : 
les  derniers  feuillets.  Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  100.  En 
tête  (fol.  3),  du  récolement  fait  au  Patir  au  xvie  siècle  :  «  Libro  27 
de  Santo  gregorio  theologo  ».  Copié  (sans  date)  par  Basile, 
prêtre  (Ss.  n°  11).  Palimpseste1  : 

] .  Voy.  Gregoiy,  An  important  New  Testament  Palimpsest  dans  Y Indepeudent 


Cv>. 


CHAPITRE  II. 


A.  Fol.  7.54-292,  Lectionnaire  des  Evangiles,  vie-ync  siècle, 
onciale  carrée,  39  feuillets,  format  moyen  (214X  170  mill.  pour 
le  cadre  de  l'écriture),  à  pleine  page,  i4  lignes1. 

B.  Fol.  164,  169,  174»  175,  209,  214,  227,  Lectionnaire  des 
Evangiles,  vine-ix°  siècle,  onciale  carrée,  7  feuillets,  format 
moyen  (240  X  180  mill.  pour  le  cadre  de  l'écriture),  deux  co- 
lonnes. 21  lignes2. 

C.  Fol.  i38-i63,  i65-i68,  170,  173,  176-178,  203-208,  210- 
2i3,  2i5-22o,  223-226,  228,  23i-233,  Homiliaire,  ixe  siècle, 
onciale  oblique,  56  feuillets,  format  moyen  (255  X  170  mill.  pour 
le  cadre  de  l'écriture),  deux  colonnes,  27  lignes. 

D.  Fol.  234,  236,  238,  239,  241,  243,  245,  Homélies  (je  ne 
les  ai  pas  identifiées),  vie  siècle,  onciale  carrée,  7  feuillets, 
format  moyen  (192  X  1 85  mill.  pour  le  cadre  de  l'écriture),  deux 
colonnes,  22  lignes. 

E.  Fol.  235,  237,  240,  243,  244,  246-249,  25i-253,  3io-3i5, 
Strabon,  vie  siècle,  onciale  oblique,  18  feuillets,  format  moyen 
(2o5  X  2o3  mill.  pour  le  cadre  de  l'écriture),  trois  colonnes, 
38  lignes5. 

F.  Fol.  198,  199,  22i,  222,  229,  23o,  293-3o3,  3o5-3o8, 
Act.  apost.,  Epist.  cathol.  et  Paul.  ,  ve  siècle,  onciale  carrée, 
21  feuillets,  format  moyen  (2i5xi95  mill.  pour  le  cadre  de 
l'écriture),  trois  colonnes,  4o  et  4*  lignes*. 

du  25  août  1887,  et  du  même  Eine  intéressante  neutestamentl.  Handschrift  dans 
le  Theolog.  Literaturblatt,  1887,  p.  345  et  suiv.  M.  Gregory  avait  bien  voulu 
se  charger  dë  faire  part  au  public  de  ma  découverte. 

1.  Gregoiy,  Prolegomena,  p.  j56.  Un  fac-similé  de  ce  lectionnaire  doit 
paraître  dans  le  recueil  de  la  Palœograplrical  Society. 

2.  Gregory,  ibid. 

3.  Ce  ms.  de  Strabon  est  le  même  dont  le  P.  Cozza-Luzi  avait  découvert 
des  fragments  dans  des  rognures  de  gardes  de  manuscrits  de  Grotta  Ferrata, 
fragments  publiés  par  lui  dans  son  mémoire  intitulé  Délia  geografia  di  Stra- 
bone^  frammenti  scoperti  in  membrane  palimseste  (1884  et  suiv.).  J'ai  eu  le  plaisir 
de  pouvoir  signaler  au  savant  religieux,  à  qui  je  dois  tant,  les  dix-huit  feuil- 
lets que  voici.  (Cf.  Bulletin  Critique,  1888,  p.  i65.)  On  trouvera  un  excellent 
fac-similé  de  ce  Strabon  joint  au  mémoire  de  dom  Cozza-Luzi. 

4.  J'ai  fourni  à  M.  Gregory  (Prolegomena,  p.  447)  ^es  éléments  de  la 
notice  qu'il  a  donnée  de  ces  fragments,  Voyez  plus  loin  Y  Excursus  C. 


LA  LIBRAIRIE  DE  SAINTE-MARIE.  65 


Vaticanus  2 064  • 

Saint  Maxime,  Quœstiones  ad  Thalassium,  xne  siècle,  par- 
chemin, moyen  format  (260X210  mill.),  deux  colonnes,  181  ff. 
Intact.  Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  io3.  En  tête  (fol.  1), 
du  récolement  fait  au  Patir  au  xvie  siècle  :  «  Libro  63  ». 

Vaticanus  2o65. 

Saint  Jean  Chrysostome,  Expositio  in  Rom. ,  xie  siècle,  parche- 
min, moyen  format  (268  X  200  mill.),  à  pleine  page,  358  fF.  In- 
tact. Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  104.  En  tête  (fol.  1),  du 
récolement  fait  au  Patir  au  xvic  siècle  :  «  Libro  p°.  Sancto  Jôi 
chrisostomo  sop.  la  epla  de  paulo  ad  romanos  ». 

V aticanus  2066. 

Saint  Basile,  in  hexajneron;  Apocalypse;  Saint  Grégoire  de 
Nysse,  in  hexameron ;  xe  siècle,  onciale,  parchemin,  moyen  for- 
mat (27J  X  180  mill.),  pleine  page,  326  ff.  Manque:  les  der- 
niers feuillets.  Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  io5.  En  tête 
(fol.  i)j  du  récolement  fait  au  Patir  au  xvie  siècle  :  «  Libro  24 
Sancto  basilio  homelia  sop.  la  genesis  ».  Et  de  la  main  de  Men- 
niti  (irc  garde)  :  «  Ex  bibl.  Mon,  S.  M.  de  Patirio  ». 

V aticanus  2067. 

Vieux  Testament,  Prophctœ  majores  et  minores,  xc  siècle,  par- 
chemin, moyen  format  (23oX  170  mill.),  à  pleine  page,  332  ff. 
Intact.  Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  106.  En  tête  (fol.  1), 
du  récolement  fait  au  Patir  au  xvi°  siècle  :  «  Libro  54  Sermona- 
rio  sop.  ezechiele  ppheta.  » 

Vaticanus  2082. 

Antiochus,  Pandectes  scripturœ  sacrœ,  xie  siècle,  parchemin, 
petit  format  (iq5  X  i65  mil!.),  à  pleine  page,  1 63  ff.  Manque  : 

1.  Cf.  Gregoiy,  Prolegomena,  p.  4^5.  On  a  attribué  jusqu'ici  ce  ms.  à  la 
fin  du  vinc  siècle. 


64  CHAPITRE  IL 

les  premiers  feuillets.  Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  121. 
Ce  ms.  a  été  copié  par  «  Théodore,  prêtre  de  l'église  des  Saints- 
Apôtres,  et  achevé  le  20  mai  io56,  le  patrice  Léon  étant  gou- 
verneur de  Calabre,~et  Theoctiste  de  Rossano...  »  (Ss.  n°  12).  Au 
verso  du  fol.  162  et  du  fol.  i63,  essais  de  plume  antérieurs 
au  xve  siècle  de  diverses  mains  grecques  :  rien  à  y  relever,  sinon 

les  mots         Ixôto/ÔyiTW  Tîjç  txovyjç  rnJLÔv. 

Vaticanus  2o85. 

Climax,  xc-xie siècle,  parchemin,  petit  format  (178  X  112  mill.), 
pleine  page,  2i3  ff.  Intact.  Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  124. 
En  tête  (fol.  1),  du  récolement  fait  au  Patir  au  xvic  siècle: 
«  Libro  59  sermonario  ». 

Vaticanus  2091. 

Palladius,  Histoire  lausiaque,  xme  siècle,  parchemin,  moyen 
format  (25o  X  1 85  mill.),  deux  colonnes,  71  ff.  Manque:  la  fin. 
Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  i3o.  En  tête  (fol.  1),  du  réco- 
lement fait  au  Patir  au  xvie  siècle  :  «  Libro  64  ». 

V aticanus  2094. 

Saint  Théodore  Stoudite,  Catéchèse,  xe  siècle,  parchemin, 
moyen  format  (2i3  x  1 53  mill.),  deux  colonnes,  i32  ff.  Intact. 
Reliure  Pie  IX.  Ancien  Basilian.  1 33.  En  tête  (fol.  1),  du  réco- 
lement fait  au  Patir  au  xvie  siècle  :  «  Libro  79.  Theodoro  de 
confixione  » . 

V aticanus  1 43 1 . 

Collection  canonique,  xiie  siècle,  parchemin,  grand  format 
(3 10  X  240  mill.),  deux  colonnes,  370  ff.  Intact.  Reliure  Paul  V. 
«  Emptum  ex  libris  Card.  Sirleti  »,  dit  une  note  de  la  fin  du 
xvie  siècle1.  En  tête  (fol.  1),  du  récolement  fait  au  Patir  au 
xvie  siècle  :  «  Libro  35  ».  Le  cardinal  Mai"  a  inscrit  en  tête  du 
vol.  (fol.  1)  :  «  Auctor  hujus  collectionis  hœreticus  monophisita 

1.  Cf.  La  Vaticane  de  Paul  III  à  Paul  V,  p.  53. 


LA  LIBRAIRIE  DE  SAINTE-MARIE.  (>5 

est;  vide  p.  342.  A.  Maius.  »  A  ce  feuillet,  en  effet,  commence 
V  «  épître  de  Léon  évêque  de  Rome  à  Flavien  évêque  de  Con- 
Stantinople  »,  qui  a  pour  lllCipit  :  'AvàyvovTSç  xaura  Ypàjj.iJi.a'ua  xr\q  àya- 
TîîiçTîiç  ariq  (Jaffé,  n°  423).  Et  en  regard  de  cette  épître,  en  marge, 
le  copiste  a  écrit  cette  scholie  très  significative  'Avay/aioy  ô|  rjyr,- 

crà[j.-/)v   xauta  TtpoaOîjvoa  ito   fii&lioï  ~poç  sïôrjcrtv  t^ç  èv  aùiroïç  xocxoTrccriac. 

Je  reviendrai  plus  loin  à  ce  manuscrit. 

Vaticanus  1 4^6. 

Eusèbe,  Onomasticon,  xe  siècle,  parchemin,  moyen  format 
(i95xi5o  mill.)  deux  colonnes,  1 85  IF.  Intact.  Reliure  Paul  V. 
«  Emptum  ex  libris  Card.  Sirleti  »,  comme  le  précédent.  Fol.  107 
et  108,  graffites  latins  (xive-xve  siècle)  :  «  Monacus  respondeat  : 
cl  ne  ego  paratus  su  m  obedire —  Abbas  :  bone  frater  uerba  ista 

que  nobis  respondisti  »  Ce  ms.  me  paraît  être  de  la  même  main 

que  le  V atianus  2061  ci-dessus,  et  il  est  comme  lui  palimpseste  : 

A.  Fol.  i5i  et  102,  1 55  et  157  :  écriture  arabe. 

B.  Fol.  179  et  184,  Apostolos1,  vme  siècle,  onciale  carrée, 
un  feuillet  (plié),  moyen  format  (235  X  i5o  mill.  pour  le  cadre 
de  l'écriture),  deux  colonnes,  26  lignes. 

C.  Fol.  i53eti54,  166  à  177,  180  à  1 83,  178  et  1 85,  Triodion, 
ixe  siècle,  onciale  oblique,  dix  feuillets  (pliés),  moyen  format 
(244X1 55  mill.  pour  le  cadre  de  l'écriture),  pleine  page, 
3i  lignes. 

D.  Fol.  3  et  8,  4  et  7,  5  et  6,  10  à  149,  1 58  à  i65,  Saint'  Jean 
Damascètne,  Parallelaz,  vme  siècle,  onciale  oblique,  77  feuillets 
(pliés),  moyen  format(24i  X  i52  mill.  pour  le  cadre  de  récriture), 
pleine  page,  28  lignes. 

Vaticanus  Ottoboni  gr.  86. 

Saint  Cyrille,  Catéchèses,  xe  siècle,  parchemin,  grand  format 
(3i8x  210  mill.),  pleine  page,  232  ff.  Reliure  Pie  IX. 

1.  M.  Gregory  [Prolcgomena]  n'a  pas  connu  ce  fragment,  peu  important 
du  reste.  Ledit  fragment  nous  donne  la  leçon  pour  la  fête  de  S.  Denys 
PAréopagite,  évêque  d'Athènes,  fête  fixée  au  3  octobre  dans  le  calendrier 
byzantin. c'est  à  savoir  Act.  XVII,  16-26  sqq. 

5 


66  CHAPITRE  II. 

En  tête  (fol.  i),  du  récolement  fait  au  Patir  au  xvic  siècle  : 
«  Libro  62  Sancto  chirillo  ». 

Barberinus  III,  36. 

Anonyme,  Expos,  in  libros  V.  et  N.Testamenti,  xne  siècle, 
parchemin,  petit  format  (170X122  mill.), pleine  page,  328  ff. 
Mutilé  de  part  et  d'autre.  Reliure  Fr.  Barberini.  En  tête  (fol.  1), 
du  récolement  fait  au  Patir  au  xvie  siècle  :  «  Libro  67.  Lo  testa- 
nt0, vechio.  2  parte  dell'  epistole  de  paulo.  » 

Cryptensis  Z,  a,  VI. 

Lexicon,  xne  siècle,  parchemin,  moyen  format  (2 1 3  X  1 60  mill. ) , 
pleine  page ,  f\i  ff.  Mutilé  de  part  et  d'autre.  Cartonnage  ré- 
cent. Fol,  02%  d'une  grosse  main  du  xvie  siècle  :  S.  MaprjaôèTCà- 

Cryptensis  A,  a,  XVIII. 

Menées  (août),  xne  siècle,  parchemin,  moyen  format  (25o 
X  180  mill.),  pleine  page,  72  ff.  Mutilé  de  part  et  d'autre.  Re- 
liure récente.  Dès  la  fin  du  xvie  siècle  a  Grotta  Ferrata,  avec  la 
cote  «  XXX  »  (cf.  Vaticanus  i636  ci-dessus).  Fol.  39,  en  graf- 

fîte.  'Exotpi6.  ô  oaioç  %r\p  yjpuSv  (3ap6.  TtpoecrTwç  Trjç  voaaç  ôôtytTp.  Iv  ïx.  fïy\r\' 
tvô.  ri  ixv  a^youcTT.  rô'yujipa  rprir.  wp.  6'  :  saint  Barthélémy  a  été  en- 
terré le  19  août  6638  [MCXXX].  Fol  54  et  suiv.,  addition  par 
une  main  du  xve  siècle  d'un  cahier  de  papier  contenant  l'office 
de  saint  Adrien . 

Cryptensis  A,  ô,  I. 

Acoluthue.  xve  siècle,  papier,  moyen  format  (2o5  X  i3o  mill.), 
pleine  page,  245  ff.  Manque  :  les  premiers  feuillets.  Reliure 
récente.  Fol.  97.  en  graffite  :  «  L'anno  1693  Giouidi  8  Gennaro 
di  sera  e  stato  uno  terribilissimo  terremoto,  e  durô  piu  d'un 
mese,  ma  bensi  la  Sicilia  l'assulto  »  [sic].  Fol.  238',  à  la  fin  de 
Yacoiuthia  de  saint  Adrien,  d'une  main  différente  de  celle  qui  a 
écrit  le  reste  et  la  même  que  celle  du  cahier  intercalé  dans  le 
IllS.   ci-avant,  la  souscription:  Ete)a60Y)  xb  rcapo.  *av.  àià  ^ig..bo\iaai. 


LA  LIBRAIRIE  DE  SAINTE-MARIE.  67 

ïepéoç  aùxîiç  hpoaùvr^1.  Fol.  228',  souscription  du  copiste  dums.  : 
«  Achevé  le  20  juillet  i4&7  par  Siméon,  moine  du  monastère  de 
la  T.  S.  Mère  de  Dieu  Néa-hodigitria  de  N.  S.  P.  Barthélémy  » 
(Ss.  n°  i3). 

Cryptensis  A,  a,  XII. 

Menées  (août),  xme  siècle,  parchemin  moyen  format  (23o  X 
i5o  mill.),  pleine  page,  174  ff»  Manque  la  fin.  Reliure  récente. 
For.  120  et  suiv.  addition  par  une  main  du  xve  siècle,  la  même 
qu'au  ms.  A,  a,  xviii  ci-dessus,  d'un  cahier  de  papier  contenant 
l'office  de  saint  Adrien. 

Cryptensis  r,  ê,  VIII. 

Euchologe,  xne  siècle,  parchemin,  moyen  format  (23o  X 
ijo  mill.),  pleine  page,  i4->  ff.  Intact.  Cartonnage  récent.  Deux 
cahiers  supplémentaires  ajoutés  :  le  premier,  de  parchemin, 
contenant  le  rituel  de  la  bénédiction  des  cierges  à  la  chandeleur, 
«  copié  par  Ange  Critoléon,  chanoine  de  la  cathédrale  de  Ros- 
sano,  le  i5  novembre  i520  »  (Ss.  n°  i4);  le  second,  de  pa- 
pier, contenant  un  canon  en  l'honneur  de  saint  Adrien,  copié 
par  «  Thomas,  prêtre  de  la  Néa-hodigitria  de  N.  S.  P.  Bar- 
thélémy »,  eu/ecrGe  xou  à[xapT.  6w[J.a  Up.  tîjç  véaç  ôôrjTpîaç  \sic\  tou  upç  yj[x. 
papOX.  C/est  le  même  que  ci-dessus. 

Cryptensis  A,  y,  XIII. 

Sticherarion,  xne  siècle,  parchemin,  moyen  format  (200  X 
160  mill.),  pleine  page,  87  ff.  Mutilé  de  part  et  d'autre.  Dé- 
cousu. Fol.  86,  graffite  d'un  moine  du  Patir  (xve  siècle  environ): 
eyw  aôeXcp.  cnj^ecov  (Jiovax-  tr^c,  Oitepayi'aç  0xou  xal  tou  |||||||||[|||||[  yujuov  (3ap0oXo|j.acou. 

Cryptensis  Z,  a,  1. 
Grammaire   grecque,  xive  siècle,  parchemin,    moyen  format 
(230  X  170  mill.),  pleine  page,  1 13  ff.  mutilé  départ  et  d'autre. 

Fol.  65,  graffite  du  même  frère  Siméon  :  eyw  <ju[xewv  ax.  1%  piov. 

xoO  ôç.  7cp~ç  yuxwv  (3ap6  xal  Tyjç  ÛTïepay.  Gxou. 


1.  Dom  Rocchi  [Codices  cryptenses,  p.  288)  a  pris  à  tort  ce  Thomas  pour  un 
religieux  du  même  nom,  mais  de  Grotta  Ferrata,  mort  en  i65i. 


68 


CHAPITRE  II. 


Cryptensis  A,  y,  H. 

Paracleticon,  xvc  siècle,  parchemin,  moyen  format  (260 X 
210  mill.),  pleine  page,  110  ff.  Mutilé  en  tête.  Cartonnage  ré- 
cent. Fol.  3',  graffite  d'une  main  du  xvne  siècle  :  «  Voi  che  mili- 
tât? sotto  il  vexillo  del  pâtre  Basilio  magno  osservate  li  suoipre- 
cetti  ».  Fol.  5  de  la  même  époque  :  «  D.  Joannes  Rossi  segu* 
ghs  Abbas  S.  Marias  de  Patirion  ».  Fol.  7,  de  la  même  époque: 
Eyw  xç  xuptocxo;  xapo^a  trou  Pouatàvou. 

Cryptensis  r,  y,  I. 

ThOparion,  xine  siècle,  parchemin,  petit  format  (i8oXi4° 
mill.),  pleine  page,  44  ff-  Mutilé  de  part  et  d'autre.  Cartonnage 
récent.  Fol.  19,  granité  (xvie  siècle)  :  AôeXçoç àôavàcjtoç too  aer.  x^tzqX. 

pouacriâvov. 

Cryptensis  r,  6,  XXXV. 

Triodion,  xiii6  siècle,  parchemin,  petit  format  (i8oXi5o 
mill.),  pleine  page,  83  ff.  Fol.  82/,  graffite  (xvie  siècle)  :  «  Io  D. 
Paulo  de  Aguila  a  Rossano  foi  présente  teste  ». 

Ajoutez  à  cette  liste  de  manuscrits  anciens  le  Vatlcanus  2069,  un  recueil 
des  menées  des  saints  de  l'Italie  méridionale,  compilé  au  xvne  siècle.  En 
tête  (1°  fol.  de  garde)  Menniti  a  écrit  :  «  Questo  libro  intitolato  festivo  fu 
scritto  dal  P.  Abbate  D.  Cola  Giovanni  Perruccio  di  Calabria,  il  quale 
mori  nel  monast0  del  Patire  l'anno  1693,  e  lascio  questo  libro,  acciô  si  con- 
servasse nell'  Archivio  di  Roma  per  la  memoria  delli  santi  nostri  ritrovati 
nelli  manoscritti  antichi  del  detto  mon0  del  Patire,  benche  non  si  troviofficio 
particolare  ne'  sinaxarij  ».  Fol.  10,  l'abbé  Perruccio  a  souscrit  :  «  6eto  lapnoc. 
£ypa|cpY)  teXoç  èv  xà)  un.  ôxx|6êpioç  iÇ'  ocÙtoO  167  ».  —  De  même,  le  Cryptensis 
I,  a,  IX,  horologion,  copié  au  Patir  à  la  même  époque  :  «  Io  D.  Nilo  Toscano 
délia  città  di  Rossano  ho  composto  il  detto  Orolojo  in  questo  venerabile 
monastero  di  S.  Maria  del  Patire  hoggi  li  5  di  Agosto  1664  ». 


LA  LIBRAIRIE  DE  SAINTE-MARIE.  69 


III 


Au  total  soixante  et  onze  manuscrits,  dont  trente  ont  gardé 
quelque  trace  du  récolement  fait  au  Patir  au  xvie  siècle1  : 

Vaticanus   2o65  —  Libro  primo  Sancto  Jôi  Chrisostomo  sop. 

la  epla  de  paulo  ad  romanos. 
a  i656  ==:  Libro  secudo  Sancto  Jôi  Chrisostomo  sop. 

le  epistole  de  paulo  ad  hebreos 
«  i654  =  Libro  tercio  d.  Sancto  Joani  Chrisostomo 

sop.  la  epla  de  paulo  ad  philippenses . 
«  1680  =  Libro  6  de  sto  ioan.  grisostomo  Homelia 

sop.  li  euangelii  de  sto  matteo. 
t.  1628  =  Libro  9  de  Sancto  Jôi  chrisostomo  sop.  li 

laudi  homilia. 

«  1640  =  Libro  10  de  Sancto  Joàni  bucco  doro  ser- 

moni  admonitorii  de  la  quadragesima. 

«  i65()  =  Libro  14  de  Sermoni  de  sancto  Jôi  ar- 

chiépo. 

«  2066  =  Libro  24  Sancto  basilio  homelia  sep.  la 

If  ••-ViïVi 

gènes  is. 

«  2061  =  Libro  27  de  Sancto  gregorio  theologo, 

«  161 1  —  Libro  33  santo  nichka  diacono  Exposi- 

tione  sop.  sancto  luca  euangelista, 
«  1642  —  Libro  34  La  interprétât ione  sop.  sancto 

luca  lalto  da  sâto  nichita. 
«  1 43 1  ==  Libro  35  [Collection  canonique], 

a  i636  =  Libro  41  Sermonario  de  santo  andrea 

archiépo  de  Candia. 
«  2059  =  Libro  411111  [Climax]. 

«  2067  =  Libro  54  Sermonario     sop.  ezechiele 

ppheta. 

«  •  2o85  =  Libro  59  Sermonario. 
«  20o3  =  Libro  60  [S.  Maxime] . 

1.  J'imprime  en  italique  ce  qui  appartient  dans  le  libellé  des  cotes  du 
xvie  siècle  à  cetle  main  «  différente  et  un  peu  antérieure  »,  que  j'ai  distin- 
guée en  commençant.  Voy.  plus  haut,  page  47. 


7o 

GHAPITRE  II. 

Ottoboni  qr.  86 

=  Libro  62  Sancto  Chirillo. 

Vaticanus 

2064 

—  Libro  63  [S.  Maxime]. 

« 

2091 

=  Libro  64  [Palladius] . 

l649 

=  Libro  66  [Théodoret,  expos,  in  Paul.]. 

Barberini. 

III,  36 

=  Libro  67  Lo  testamento   vechio  2  parte 

deir  epistole  de  paulo. 

Vaticanus 

l97l 

==  Libro  69  Ordinacioni  secôdo  !|||||||||||||||  [Eu- 

tlialius,  expos,  in  Paul.]. 

a 

J997 

=  Libro  72  uita  patrum. 

(( 

2094 

—  Libro  79  Theodoro  de  confixione. 

« 

J998 

=  Libro  82  Exposition         [Ascetica] . 

<( 

2001 

—  Libro  iolllll  de  S.  Joâne  Damasceno  de 

mortuis. 

a 

2010 

=.  Libro  i3  ||||  uita  patrum. 

(( 

2042 

=  Libro  i4o  [Vitae  sanctorum]. 

« 

*99l 

=  Libro  147  Legendario  de  sancto  polieucto 

marti. 

Nous  retrouvons  ainsi  3o  numéros  du  catalogue  dressé  au 
xvie  siècle  des  manuscrits  de  notre  abbaye,  et  du  même  coup 
nous  saisissons  l'économie  de  ce  catalogue.  En  tête  figuraient 
S.  Jean  Chrysostome,  S.  Basile,  S.  Grégoire  de  Nazianze;  à  la 
fin,  les  recueils  de  Vies  de  saints;  au  milieu,  les  commentaires  de 
TEcriture.  On  peut  conjecturer  que  les  livres  de  chœur  n'y  figu- 
raient point,  de  même  qu'ils  n'ont  pas  figuré  en  i^jS  au  cata- 
logue de  Grotta  Ferrata1,  ni  en  1 563  à  celui  du  Saint-Sauveur 
de  Messine,  et  que  le  nombre  total  des  volumes  de  la  collection 
(abstraction  faite  des  livres  de  chœur)  ne  devait  guère  être  de 
beaucoup  supérieur  à  i5o.  Nous  verrons  que  le  Saint-Sauveur 
n'en  comptait  pas  davantage. 


1.  La  Vaticane  de  Paul  III  a  Paul  V,  p.  90. 


EXCURSUS  C 


LE  CODEX  PATIRIENSIS  DU  NOUVEAU  TESTAMENT 


Au  nombre  des  manuscrits  anciens  du  Patir  on  a  vu  énumérés 
(pag.  62)  vingt  et  un  feuillets  palimpsestes  d'un  manuscrit  oncial  des 
Actes  des  Apôtres,  des  Epîtres  catholiques,  des  Epîtres  de  saint  Paul, 
et  j'ai  signalé  en  note  la  notice  qu'en  avait  donnée  pour  moi  mon  ami 
M.  Gregory.  Le  moment  est  venu  de  parler  plus  au  long  de  ce  manu- 
scrit dès  aujourd'hui  porté  au  nombre  des  plus  anciens  manuscrits  que 
nous  possédions  des  Epîtres  et  des  Actes  et  désigné  sous  le  titre  et  le 
sigle  de  Codex  Patiriensis  3,. 

Voici  d'abord  rémunération  des  fragments  du  texte  sacré  : 


Act.  XXVI,  4-XXVII,  10 

ff.  22  1-221 

«     XXVIII,  2-XXVIII,  3i 

302-302v0 

Ja.  IV,  14-V,  20 

222-2  22V0 

I  Pe.1  I,  1-10  [?] 

222V0 

II  Pe.  II,  i-III,  i5 

3oi-3oiv° 

I  Jo.  IV,  6-V,  21 

3o8-3o8V0 

II  Jo.  i-i3 

307 

III  Jo.  i-i5 

3o7YÛ 

Rom.  XIII,  4-XV,  9 

3o5-3o5v° 

I  Cor.  IV,  4  [?]-VI,  16 

297-297™ 

XII,  23-XIV,  21 

3o6-3o6-° 

«      XV,  3-XVI,  1 

198-198-° 

II  Cor.  IV,  7-VI,  8 

3o3-3o3V0 

VII,  i5-X,  6 

l99~ï99y0 

Eph.  V,  5  [?]-VI,  22 

3oo-3oovo 

Phili.  I,  i-ll,  9 

2  3o-2  3ovo 

Col.  [.  20-III,  7 

229-229v0 

«      III,  7-IV,  6 

293-293  0 

Thess.  I,  1-? 

293V0 

I.  Tim.  V,  6- VI,  45 

298-298-° 

IlTim.  I,  i-II,  25 

295-295™ 

Tit.  III,  i3-i5 

294 

Phile.  i-25 

294-294™ 

He.  XI,  32-XIII,  4 

299"299vo 

C'est  une  chose  assez  singulière  que  ces  fragments  n'aient  pas  été 
reconnus  avant  moi,  car  Montfaucon  les  mentionne  dans  son  Biarium 


1.  Ce  fragment  de  la  r  Pétri  n'est  pas  mentionné  par  M.  Gregory. 


gra  EXCURSUS  C. 

comme  étant  «  de  l'onciale  la  plus  ancienne...,  vraisemblablement  du 
cinquième  ou  du  sixième  siècle  »,  et  il  parle  du  peu  qu'il  en  a  lu 
comme  étant  du  Nouveau  Testament1.  Cette  indication  de  Montfaucon 
avait  passé  inaperçue  :  ni  Bianchini  (Vitali),  ni  Scholtz,  ni  Tischen- 
dorf,  ni  les  éditeurs  romains  du  Vaticanus  ne  paraissent  l'avoir  rele- 
vée. Le  cardinal  Mai  eut  le  manuscrit  entre  les  mains  et  il  l'étudia  : 
j'en  trouve  la  preuve  dans  un  précieux  cahier  de  lui  renfermant  les 
notes  qu'il  avait  prises  au  cours  de  deux  revues  générales  qu'il  fit  de 
tous  les  manuscrits  grecs  de  la  Vaticane,  en  1826  et  en  i83o2.  Là  je 
relève  une  liste  des  manuscrits  grecs  onciaux  de  l'Ecriture  Sainte 
possédés  par  le  Vatican5.  Il  y  énumère  les  Vatican,  gr.  35 1 ,  353,  354, 
355,  1067,  1209  (celui-ci  souligné),  i522,  2063,  2061  (celui-ci  sou- 
ligné de  même),  Ottoboni  2,  et  il  ajoute  en  manière  de  commentaire  : 

«  Vat.  1209.  Ille  celeberrimus  utriusque  Testamenti  uncialis  Vat. 

2o3i,  p.  198.  Pars  epistolarum  Pauli  eodem  charaetere  quo  illo  rcàvu 
Vaticanus.  »  Cette  note  figure  à  la  garde  du  cahier  de  Mai.  Au  cours 
du  cahier,  il  retrouve  le  Vat.  2061,  et  il  écrit  :  «  P.  198.  Ineipit 
scriptura  biblica  epistolarum  S.  Pauli,  tribus  laterculis  exarata,  eius- 
dem  plane  formae  ac  illius  celeberrimi  Vaticani  codicis  1209,  quousus 
est  Sixtus  V.  »  En  surcharge  de  cette  seconde  note,  il  ajoutait  plus 
tard  au  crayon  :  «  E  un  palisesto  insigne  antichissimo  ». 

Mai  lava  les  feuillets  palimpsestes  à  la  noix  de  galle  pour  faire  revivre 
l'écriture  ancienne,  mais  malheureusement  il  ne  prit  pas  copie  du 
texte  qu'il  avait  fait  revivre  (je  n'en  ai  du  moins  pas  trouvé  trace 
dans  ses  papiers4)  et,  second  malheur,  craignant  que  les  feuillets  une 
fois  traités  à  la  noix  de  galle  ne  tombassent  en  miettes,  il  fit  coller 
une  feuille  de  papier  pelure  sur  un  des  côtés  de  chacun  des  feuillets. 
Retrouver  le  texte  à  travers  cette  feuille  que  la  colle  a  rendue  opaque 
à  peu  près  partout,  est  neuf  fois  sur  dix  impossible.  Il  faudra  que 
l'éditeur  qui  tentera  l'entreprise,  après  avoir  photographié  et  ren- 
toilé les  feuillets  libres,  détache  adroitement  le  papier  pelure  :  mais 
cette  manipulation  m'était  interdite. 

Le  manuscrit  est  d'un  parchemin  d'une  finesse  moyenne.  Je  calcule 

1.  Diarium,  p.  21 4-  Bïbliotk.  blbl.  ms.,  I,  195. 

2.  Vatican,  lat.  g582  (non  paginé).  En  tête  du  cahier  le  cardinal  écrit  : 
«  Recensui  omnes  graecos  Vaticanfe  bibliotb^cœ  codices  anno  1826,  iterum 
anno  i83o.  » 

3.  Cf.  la  liste  que  Mai  a  mise  à  la  garde  d'un  autre  cahier  de  notes  de 
lui,  Vatican,  lat.  9569  :  «  Codices  biblici  unciales  ;  Vat.  3.5  j,  353,  354,  355, 
367,  749,  1067,  1209  cum  2061  fol.  198  seqq.  ep.  Pauli  in  fragm.,  IÔ22, 
2i34,  2125,  2o63,  2066,  2106,  3785  (?)  fragmenta  Mathaei.  Habeo  evangelia 
uncialia  intégra  cod.  1209,  Vat.  354-  » 

4.  Us  forment  une  série  de  volumes  du  fonds  Vatican  latin,  et  ils  ont 
été,  ces  dernières  années,  classés  et  décrits  par  M.  de  Rossi  avec  un  soin 
extrême  dans  l'inventaire  manuscrit  de  la  Bibliothèque  vaticane.  ; 


EXCURSUS  C.  73 

que  les  dimensions  du  feuillet  devaient  être  environ  de  29  centi- 
mètres sur  26  :  le  format  serait  ainsi  celui  d'un  grand  in-quarto  carré, 
comme  pour  le  Vaticanus  1209.  Le  manuscrit  était-il  partagé  en  qua- 
ternions?  on  ne  saurait  le  dire.  Chaque  page  est  à  trois  colonnes  ;  la 
colonne  est  soit  de  quarante  et  une  lignes  (onze  fois),  soit  de  qua- 
rante lignes  (neuf  fois).  Le  nombre  des  lettres  varie,  pour  chaque 
ligne,  de  douze  à  quinze.  La  hauteur  du  cadre  de  l'écriture  est  dé 
21  j  mill.  environ;  la  largeur  de  chaque  colonne  est  de  o53  mill.  ;  l'es- 
pace compris  entre  deux  colonnes  de  018;  la  largeur  totale  du  cadre 
de  l'écriture  de  195  mill.  La  réglure  se  compose  d'une  ligne  horizon- 
tale double,  courant  sur  toute  la  largeur  du  feuillet,  à  oi3  mill.  au- 
dessus  du  sommet  des  lettres  de  la  première  ligne  (voy.  fol.  198); 
cette  ligne  de  cadre  se  répétait-elle  dans  la  marge  inférieure?  on  ne 
peut  plus  le  constater.  Chaquecolonne  est  limitée,  à  droite  et  àgauche, 
par  une  ligne  verticale  simple.  Les  lignes  rectrices  (elles  sont  à  peine 
sensibles)  sont  menées  ligne  par  ligne,  et  elles  limitent  l'écriture  par 
la  base.  L'écriture  est  une  onciale  très  pure;  la  hauteur  moyenne  des 
lettres  est  de  oo3,5  environ.  Pour  le  détail  de  leurs  formes,  je  me  bor- 
nerai à  renvoyer  au  fac-similé  que  doit  donner  d'un  des  feuillets  la 
Palœogruphical  Society,.  Le  ï,  quand  il  n'est  pas  diphtongué,  est  tré- 
massé;  le  P  final  est  accompagné  d'une  apostrophe  (rAP')  ;  l'Imuet  est 
omis;  les  abréviations  communes  OC,  IC,  XC,  ÏTNA,  etc.,  sont  surmon- 
tées d'une  barre;  je  ne  relève  ni  accents  ni  esprits;  la  ponctuation 
consiste  en  un  point  en  haut  simple.  A  la  ponctuation  forte,  le  scribe 
laisse  en  blanc  le  reste  de  la  ligne,  va  à  la  ligne  d'après  et  pose  une 
initiale, ysauf  cependant  un  petit  nombre  de  cas  où,  pour  gagner  de 
la  place,  il  ne  va  pas  à  la  ligne  et  fait  faire  fonction  d'initiale  à  la  pre- 
mière lettre  de  la  ligne  d'après.  Ces  initiales  ont  une  hauteur  moyenne 
de  oor,,5;  elles  sont  donc  plus  grandesde  peu  que  leslettrescourantes  ; 
mais  aucun  ornement  ne  les  distingue,  et  elles  empiètent  sur  la  marge 
seulement  des  deux  tiers  de  leur  largeur.  A  la  fin  d'une  épître,  le 
scribe  trace  une  mince  ligne  de  points,  inscrit  le  titre  de  l'épître  qui 
finit  (IIPOCKOAOCCAEIG  A),  et,  laissant  le  reste  de  la  colonne  en  blanc, 
passe  à  la  colonne  d'après,  où  il  inscrit  le  titre  de  l'épître  qui  com- 
mence dans  la  marge  supérieure,  titre  qu'il  fait  précéder  d'une  petite 
croix;  l'épître  commence  ainsi  à  la  première  ligne,  mais  l'initiale  ne 
se  distingue  en  rien  des  autres1. 

Dans  les  marges,  il  n'y  a  pas  trace  de  sections  euthaliennes,  ce  qui 
est  une  bonne  marque  d'ancienneté,  mais  seulement  par  endroits  l'in- 
dication de  péricopes  faites  en  vue  de  la  lecture  liturgique.  APX.  TEA. 
Ainsi  fol.  3o5V0,  col.  3,  lin.  32,  à  la  suite  de  (Rom.  XV,  7)  xai  ô  Xpt- 
axbc,  tc pocelaèexo  yj[j.àç  eîç  ô6£av  toO  6eou,  on  distingue  l'abréviation  TE. 
(z=TéXoç);  je  ne  distingue  pas  l'abréviation  de  àpyj\,  mais  au  même 


1.  Voyez  fol.  293'  le  titre  ^  I1POC  ©ECCAAONIKEIC  A,  et  fol.  307, 
►£<  IQANNOT  B. 


74  EXCURSUS  C. 

feuillet  3o5v0,  immédiatement  au-dessus  de  la  colonne  2  où  commence 
le  chapitre  XV  de  l'épître  aux  Romains,  dans  la  marge  supérieure  je 
lis  K*  Z.  META  T-  IL,  c'est  à  savoir  :  Septième  dimanche  après  la  p[en- 
tecôtc].  La  leçon  de  ce  dimanche  dans  le  synaxaire  ou  rituel  byzantin 
est  en  effet  le  passage  Rom.  XV,  1-7.  De  même  fol.  199™,  col.  1, 
lin.  21,  je  distingue  l'abréviation  de  àp/v)  posée  en  regard  du  verset 
(II  Cor.  IX,  6)  Toùto  ôà  ô  (Tueîpwv  <peiôo[jiévwç  :  et  au-dessus  de  la  même 
colonne,  dans  la  marge  supérieure,  l'abréviation  K.KA.,  c'est  à  savoir  : 
Fingt-et-unième  dimanche  [après  la  Pentecôte].  Mais  il  est  à  remarquer 
ici  que  le  synaxaire  byzantin 1  indique  comme  leçon  de  ce  vingt-et- 
unième  dimanche  une  leçon  différente,  Gai.  II,  16-20. 

Du  texte  même  de  mon  manuscrit  je  ne  dirai  rien.  Tout  ce  que  j'en 
ai  transcrit,  je  l'ai  communiqué  à  mon  ami  M.  le  prof.  W.  Sanday, 
d'Oxford,  le  savant  d'Europe  le  mieux  exercé  dans  ces  sortes  d'études 
textuelles,  et  l'on  pourra  bientôt,  j'espère,  lire  le  mémoire  composé 
par  lui.  Qu'il  me  soit  seulement  permis  de  dire  que  mes  observations 
personnelles  m'avaient  fait  reconnaître  une  remarquable  parenté 
entre  le  Patiriensis  et  X  Alexandrinus . 


1.  A.  Scrivener,  A  plaln  introduction  to  the  criticism  of  the  New  Testament 
(i883),  p.  84. 


EXCURSUS  D 

LE  CODEX  PATIRIENSIS  DE  SAINT  HIPPOLYTE 
ET  DE  SAINT  DENYS  D'ALEXANDRIE 


On  a  vu  plus  haut  la  lettre  que  le  cardinal  Sirleto  écrivait  en 
i582  au  chanoine  de  Saint-André,  h.  Paris,  et  où  il  lui  signalait  quel- 
ques pièces  chrétiennes  anciennes,  alors  inédites,  trouvées  au  Patir. 
C'étaient  :  i°  la  liturgie  dite  de  saint  Marc  ;  i°  les  catéchèses  de 
saint  Cyrille  de  Jérusalem  ;  3°  un  traité  de  saint  Denys  d'Alexandrie 
contre  les  Noëtiens;  4°  un  traité  de  saint  Hippolyte  contre  Noët  et 
Paul  de  Samosate.  La  lettre  susdite  a  été  imprimée  par  le  ch.  de 
Saint-André  en  tête  de  son  édition  de  la  liturgie  de  saint  Marc; 
mais  j'en  ai  retrouvé  le  brouillon  dans  les  papiers  de  Sirleto  [Vatican, 
lat.  709'i,  fol.  349-5o).  Voici  les  deux  textes  du  passage  qui  nous 
occupe  : 

Imprimé  : 

Ex  horum  numéro  esse  arbitra  mur  Beati 
Marci  Euangelistne  sacram  Liturgiam,  paucis 
ante  annis  inventam  in  Abbatia  Beatœ 
Mariœ  ôSYi^rjxpta;,  qure  vulgo  dicitur  De  lo 
patire,  antiquissimo  monachorum  Sancti 
Basilii  monasterio,  ubi  et  D.  Cyrilli 
Hierosolymorum  Episcopi,  catéchèses; 
Dionysii  Alexandrini  aduersus  Noëtianos,  et 
Hippolyti  martyris  aduersus  Noëtii  hœresim, 
et  contra  Paulum  Samosatenum  opuscula 
sunt  inuenta. 


Manuscrit2  : 
£x  horum  numéro  esse  arbitramur  beati 
Marci  evangelistœ  sacram  liturgiam  paucis 
ante  annis  inventam  in  Abbatia  beata? 
Mariœ  '03Y]YY]Tp£a?quae  vulgo  dicitur  de  lo 
Patire  antiquiss.  monachorum  santi  Basilii 
monasterio,  ubi  et  beati  Cyrilli 
Hierosolymorum  episcopi  Catéchèses , 
Dionysii  Alexandrini  adversus  Noëtianos  et 
Hyppolyti  martyris  contraPaul um 
Samosatinum    opuscula     sunt     inventa . 


Le  manuscrit  en  question  de  la  liturgie  de  saint  Marc,  nous  l'avons 
identifié  sans  peine  avec  le  Vaticanus  1970.  De  même  pour  le  manu- 
scrit des  Catéchèses  de  saint  Cyrille  identifié  avec  X Ottobonianus  gr. 
86.  Restent  le  traité  de  saint  Denys  d'Alexandrie  et  celui  de  saint 
Hippolyte.  Ceux-ci  demandent  quelque  explication. 


1.  D,  liturgia  s.  Marci  (éd.  Saint- André),  p.  III.  Reproduit  par  de  Lagarde, 
Hippolyti  Romani  quœ  feruntur  omnia  grœce  (i858),  p.  216. 

2.  Mon  ami  M.  Louis  Guérard  a  bien  voulu  copier  pour  moi  ce  texte. 
Je  lui  dois  nombre  d'autres  vérifications  faites  pour  moi  sur  les  mss.  Je 
tiens  à  marquer  au  moins  une  fois  toute  l'obligation  que  j'ai  à  mon  cher  et 
érudit  confrère. 


76  EXCURSUS  D. 

Sirleto  parle  dans  la  première  rédaction  de  sa  lettre  d'un  traité 
d'Hippolyte  contre  Paul  de  Samosate.  C'était  une  grosse  inexactitude 
de  sa  part,  Hippolyte  étant  mort  une  trentaine  d'années  avant  que 
Paul  de  Samosate  eût  commencé  d'émouvoir  l'Église  (260-270).  Aussi 
voyons-nous  Sirleto,  dans  lamise  au  net  de  sa  lettre,  parler  d'un 
traité  d'Hippolyte  contre  l  hérésie  de  Noët  et  contre  Paul  de  Samosate. 
L'inexactitude  de  Sirleto  persiste,  encore  qu'atténuée.  Je  crois  que 
c'est  une  inexactitude,  une  inadvertance,  et  rien  de  plus.  Aussi  je  ne 
saurais  souscrire  à  l'opinion  de  M.  Zalm,  qui  veut  tirer  quelque  con- 
séquence de  ce  «  contra  Paulum  Samosatenum  »,  c'est-à-dire  d'un 
lapsus1. 

Sirleto  a  donc  en  vue  un  traité  de  saint  Hippolyte  contre  V  hérésie 
de  Noët,  simplement.  Or  dans  l'œuvre,  telle  qu'elle  existe  mainte- 
nant, de  saint  Hippolyte,  il  n'y  a  qu'une  pièce  qui  puisse  être  iden- 
tifiée avec  ce  traité  contre  V hérésie  de  Noët,  je  veux  parler  de  ce  que 
l'on  appelle  l'homélie  d'Hippolyte  contre  V hérésie  de  Noët,  laquelle 
n'est  elle-même  qu'un  fragment,  la  conclusion  d'un  ouvrage  d'une 
beaucoup  plus  grande  étendue,  vraisemblablement  la  Syntagma  ad- 
versus  omnes  haereses*1.  —  Cette  soi-disant  homélie  contre  V hérésie  de 
Noët  a  été  publiée  pour  la  première  fois  par  Vossius  dans  ses  Miscel- 
lanea  sanctorum  aliquot  patrum  grœcorum  et  latinorum  (Mayence,  160k), 
en  latin  :  cette  version  latine  lui  avait  été  communiquée  par  François 
Torres,  que  nous  avons  vu  en  relations  avec  Sirleto.  Le  texte  grec  a 
été  publié  pour  la  première  fois  par  Fabricius,  dans  l'édition  qu'il  a 
donnée  des  fragments  de  saint  Hippolyte  (Hambourg,  1716-1718).  Il 
nous  informe,  dans  son  Ad  lectorem,  que  ce  texte  grec  était  emprunté 
«  e  codice  vaticano  cujus  apographum  Parisiis  ad  me  misit  vir  illus- 

tris  D.  Bernadus  aMontfaucon  ».Et  dans  une  note  delaBibliotheca 

grseca  (Hambourg,  1801,  t.  VII,  p.  191),  on  nous  prévient  que  c'est 
le  même  manuscrit  dont  parle  Montfaucon  dans  sa  Bibliothcca  biblio- 
thecarum  (I,  14). 

Ces  différentes  indications  nous  ramènent  à  un  manuscrit  de  notre 
collection,  le  Vaticanus  i^i.  Nous  rencontrons,  en  effet,  dans  cette 
collection  canonique,  au  fol.  36o,  une  cO|ju)aa  TttoXutou  âpxceictffxânou 
cPa>p.y]ç  xal  fj.àpTupoç  elq  Trr]V  aipeaiv  Notitou  tivoç,  dont  Tincipit  est  :  "Exepoi 
xtveç  eTspav  ôiôacxaXîav  TCapsio-ayouo-tv  yevofxevot  tivoç  Notitqu  jxaGyjTaî,  xtX. 
C'est  la  nôtre. 

Je  passe  au  «  Dionysii  Alexandrini  adversus  Noëtiahos  »  signalé 
par  Sirleto.  Et,  étant  donné  que  Sirleto  a  commis  un  premier  lapsus 
dans  la  mention  de  l'opuscule  de  saint  Hippolyte,  je  me  demande  s'il 

I.  Gottingische  gelehrte  Anzeîgen,  II  (1874),  P-  H9^>  Cf.  Theologische  Lite- 
Katurzeitung,  I  (1876),  p.  14. 

1.  Voy.  sur  cette  «  homélie  »  et  sur  les  discussions  auxquelles  elle  a 
donné  lieu  C.  P.  Caspari,  Quellen  zur  GescJùchte  des  Taufsymbols,  t.  III 
(Christiania,  1875),  p.  399  et  suiv. 


EXCURSUS  D. 


77 


n'en  aurait  pas  commis  un  second  dans  la  mention  de  l'opuscule 
qu'il  attribue  à  saint  Denys.  Nulle  part  nous  ne  voyons  mentionné 
quoi  que  ce  soit  qu'aurait  écrit  saint  Denys  contre  Noët,  tandis  que 
l'on  connaît  un  opuscule  attribué  à  saint  Denys  et  dirigé  contre  Paul 
de  Samosate,  et  cet  opuscule  se  trouve  précisément  dans  la  même 
collection  canonique  où  nous  avons  reconnu  l'opuscule  de  saint  Hip- 
polyte.  Il  figure  en  tête  (fol.  i)  :  ToO  \i<xy.ocp'io\>  Acovudou  %â%<x  'AXeifav- 
ôpsiaç  iiiKJXolri  7rp6ç  IlaOXov  twv  SaixouaaTwv  yevofxevov  èiziav.oizov  lv  'AvTioxeta. 
Incipit  :  Acovucrtoç  xai  ol  GWTzpec&ùzepoi  T7fç  èxxX7]<7Îaç  'AXeÉjavÔpetaç  ev  xupia> 
Xacpetv.  Kat  upw-ucpov  <jou  ypà^avToç,  xtX.  Explicit  :  xp-oy^ç  toùç  è!j  aùxou  {Ji£- 
TaXaiiêàvouatv.  On  trouvera  le  texte  de  cette  lettre  dans  Labbe  (éd. 
1728,  t.  I,  p.  870),  et  dans  Migne  [P.  G.  XXVIII,  i56i).  Quant  à  son 
authenticité,  je  n'ai  pas  à  la  discuter  ici. 

Si  cette  seconde  identification  est  juste,  nous  aurions  donc  à  cor- 
riger, comme  une  double  inadvertance,  le  renseignement  fourni  par 
Sirleto.  Sirleto  a  voulu  ou  aurait  dû  dire  :  Dionysii  Alexandrini  contra 
Paulum  Samosatenum  et  Hippolyti  martyris  adversus  Noëtianos  opuscula 
sûnt  inventa.  Et  ces  deux  opuscules  nous  les  retrouverions  dans  le 
Vaticanus  1 43 1 . 


CHAPITRE  III 


ORIGINES  DE  LA  LIBRAIRIE  DU  PATIR 


A  l'étude  des  origines  de  la  librairie  de  Sainte-Marie  du  Patir 
je  voudrais  appliquer  la  méthode  du  groupement  par  écoles  cal- 
ligraphiques, méthode  inaugurée  par  M.  Delisle  dans  L'étude  de 
la  paléographie  carolingienne,  et  dont  on  sait  les  remarquables 
résultats  qu'elle  a  donnés1.  Jusqu'ici  l'application  de  cette  mé- 
thode n'a  pas  été  tentée  en  paléographie  grecque.  Montfaucon, 
lorsqu'il  fondait,  il  y  a  deux  siècles,  la  paléographie  grecque, 
était  plus  préoccupé  de  dater  les  manuscrits  que  de  les  localiser, 
et,  quoique  très  édifié  sur  l'importance  des  scriptoria  de  la 
Grande-Grèce,  il  n'entrevit  point  qu'ils  pussent  avoir  une  calli- 
graphie propre2.  De  nos  jours,  M.  Gardthausen,  qui  a  tant  fait 
pour  la  systématisation  de  la  paléographie  grecque,  n'a  pas  cru 
possible  de  dépasser  sur  ce  point  Montfaucon3.  Tout  le  progrès 
cependant  est  là,  et  je  ne  crois  pas  trop  dire  en  avançant  que  de 
divers  côtés  on  tend  à  y  venir.  Essayons-le  du  nôtre,  et,  puisque 
nous  voici  dans  une  librairie  grecque  de  l'Italie  méridionale, 

1.  Delisle,  Mémoire  sur  V école  calligraphique  de  Tours  au  IXe  siècle  (Pa- 
ris, i885). 

2.  Palseographia,  p.  112  :  «  In  Calabria  et  Regno  Neapolitano,  grœca  vi- 
gente  lingua,  innumeri  codices  descripti  sunt  :  quorum  festivam  copiam 
vidi  et  evolvi  Romœ  in  monasterio  S.  Basilii...  Codices  autem  isti  magna 
pars  eleganter  et  accurate  descripti  sunt,  nec  audiendi  illi,  qui  nullo,  vel 
saltem  modico  facto  rei  experimento,  codices  grœcos  in  Calabria  scriptos 
cœteris  minus  accuratos  esse  temere  dicunt.  Centum  quinquaginta  vidi  in 
memorata  Basilianorum  bibliotheca,  aliquot  exscripsi,  omnes  evolvi,  nul- 
losque  alibi  emendatiores  reperi.  » 

3.  Gartdbausen,  Griechische  Palœographie  (Leipzig,  1879). 


ORIGINES  DE  LA  LIBRAIRIE  DU  PATIR.  79 

tentons  d'y  faire  le  départ  de  ce  qui  appartient  aux  scriptoria  de 
Constantinople  et  de  ce  qui  appartient  aux  scriptoria  italiotes, 
en  d'autres  termes,  de  résoudre  cette  question  de  savoir  s'il  y 
a  une  calligraphie  italiote  discernable  de  la  calligraphie  byzan- 
tine. 

I 

Un  mot  d'abord  de  la  calligraphie  constantinopolitaine  du 
xe  au  xne  siècle. 

Il  n'était  pas  nécessaire  de  constater  que  le  fondateur  de  notre 
abbaye  était  allé  à  Constantinople  chercher  des  manuscrits,  pour 
savoir  que  Constantinople  était,  en  effet,  le  grand  marché  aux 
livres  du  monde  grec.  N'était-elle  pas  la  «  reine  des  villes  », 
comme  disait  notre  hagiographe,  et  le  centre  vivant  de  la  foi 
grecque  ?  J'ajoute  que  depuis  la  seconde  moitié  du  ixe  siècle, 
c'est-à-dire  depuis  la  ruine  du  régime  iconoclaste,  elle  était  le 
foyer  d'une  renaissance  littéraire,  comparable  à  bien  des  égards 
à  la  renaissance  carolingienne,  et  ne  serait-ce  que  pour  l'épa- 
nouissement de  l'art  calligraphique  et  de  l'enluminure1.  Pour 
ne  rien  dire  de  l'enluminure,  laquelle  était  à  cette  période  de 
début  un  art  très  séparé  de  la  calligraphie  proprement  dite,  la 
production  calligraphique  prit  à  ce  moment,  à  Constantinople, 
un  développement  extraordinaire  :  vies  des  saints  (ménologe  dit 
de  Métaphraste),  homélies  de  saint  Jean  Chrysostome,  de  saint 
Grégoire  de  Nazianze,  etc., etc.,  ces  innombrables  in-folio  qui 
encombrent  nos  bibliothèques,  tous  pareils,  datent  de  cette 
époque  (xc-xie  siècle),  et  ils  viennent  du  marché  aux  livres  de 
Constantinople. 

«  Tous  pareils  »,  est  trop  dire,  car  on  peut  distinguer  une 
succession  de  manières  sensiblement  différentes  dans  ces  manu- 

1.  De  cette  renaissance  calligraphique  au  ixe  siècle  les  deux  monuments 
les  premiers  en  date  et  les  plus  beaux  sont  le  Ménologe  et  le  S.  Grégoire  de 
Nazianze  de  l'empereur  Basile  Ier  (867-885),  l'un  Vaticanus  i6i3,  l'autre  Pa- 
risinus  5 10.  Combien  il  serait  désirable  que  quelqu'un  entreprît  sur  ces  deux 
somptueux  manuscrits  une  étude  comme  celle  de  M.  Janitschek  sur  les  bibles 
carolingiennes  ! 


80  CHAPITRE  III. 

scrits  qui  nous  viennent  de  Constantinople.  Et  d'abord  le  «  style 
sévère  ».  Voici  trois  volumes  d'un  ménologe,  les  Vaticani  1660, 
1669,  1671  :  le  dernier  «  copié  par  Dorothée,  diacre,  sous  le 
gouvernement  de  Tiraothée,  higoumène  du  monastère  de  Saint- 
Jean  le  Précurseur  twv  Stouôïou  »  ;  le  second  «  copié  par  Jean, 
moine,  sous  le  gouvernement  d'Anatolios,  higoumène  twvStouôcov), 
et  achevé  le  11  mars  916»  :  trois  manuscrits  contemporains  et 
sortant  du  même  scriptorium  *.  Ici  le  texte  est  écrit  à  pleine 
page,  avec  des  marges  étendues  et  sur  des  lignes  espacées  (26  à 
la  page)  ;  la  réglure  est  bien  menée,  le  parchemin  irréprocha- 
blement poli  ;  l'écriture  espacée,  souple,  légèrement  inclinée  à 
gauche  ;  l'encre  est  blonde  ;  pas  d'initiales  proprement  dites, 
pas  même  en  tête  des  chapitres,  mais  après  la  ponctuation  forte 
le  scribe  pousse  d'une  longueur  la  première  lettre  dans  la 
marge,  c'est  tout,  et  cette  première  lettre  est  une  minuscule 
exactement  semblable  aux  autres  lettres  du  texte  courant  ;  les 
titres  sont  de  petite  onciale,  de  même  encre  que  le  texte  cou- 
rant; pour  marquer  les  fins  de  chapitre,  un  simple  trait  ondé  de 
la  même  encre  que  le  texte  ;  en  frontispice,  aucun  ornement  d'au- 
cune sorte.  C'est  le  «  style  sévère2  ». 

Puis  a  côté  et  après  ce  a  style  sévère  »,  apparaît  le  «  style 
riche  ».  Il  est  plus  récent  :  c'est,  d'après  mes  observations,  au 
début  du  xie  siècle  que  l'enlumineur  d'en- tètes  et  d'initiales 
commence  à  collaborer  avec  le  calligraphe.  Le  calligraphe  mo- 
difie peu  sa  manière  :  remarquez  cependant  qu'il  écrit  sur  deux 
colonnes  et  non  plus  à  pleine  page  ;  que  son  écriture  s'assouplit 
et  s'espace  davantage,  et  qu'elle  incline  maintenant  légèrement 
à  droite.  A  l'enlumineur  on  réserve  désormais  une  part  notable. 
Il  s'en  faut  d'ailleurs  qu'on  lui  permette  rien  de  la  fantaisie  des 
enlumineurs  latins  :  il  doit  se  tenir  à  une  place  fort  restreinte 
et  à  un  petit  nombre  de  modèles  invariables  comme  des  patrons. 
Comme  en-tête,  un  bandeau,  lequel  n'est  généralement  qu'un 
rectangle  allongé,  de  la  largeur  de  la  colonne  dont  il  tient  la  tête  ; 
souvent  prolongé  à  ses  deux  extrémités  pour  former  une  figure 

1.  Sur  le  Stoudion  (un  beau  sujet  d'étude  encore  à  traiter),  voy.  Du- 
cange,  Constantlnopolis  christiana  (Paris,  1680),  IV.  io3-io4- 

2.  Un  fac-similé  du  Vaticanus  1660  doit  paraître  dans  l'album  de  la 
Palœogvaphical  Society,  2e  série. 


ORIGINES  DE  LA  LIBRAIRIE  DU  PATIR.  81 

pareille  à  un  II;  et  quelquefois  encore  prenant  la  forme,  non 
plus  d'un  rectangle,  mais  d'un  carré  évidé  en  son  milieu.  Au-des- 
sous du  bandeau  le  titre  court,  écrit  à  peu  près  toujours  (à 
cette  époque)  en  petite  onciale,  et,  indifféremment  de  même 
encre  que  le  texte,  ou  de  carmin,  ou  même  d'or.  Les  initiales 
mineures  sont  des  lettres  capitales  en  saillie  sur  la  marge  de 
toute  leur  largeur,  mais  sans  aucun  ornement,  tracées  au  carmin, 
puis  (généralement  du  moins)  dorées.  Les  initiales  majeures 
sont  aussi  des  capitales,  mais  trois  fois  plus  grandes  que  les 
mineures,  et,  comme  le  bandeau,  enluminées.  Le  procédé  de 
l'enlumineur  consiste  à  tracer  au  carmin  le  bandeau  ou  l'initiale; 
puis  à  dorer  ce  tracé,  et  à  colorier  l'intérieur  du  tracé  en  bleu, 
en  rouge,  en  vert  ;  enfin  à  gouacher  d'un  blanc  léger  et  perlé 
ces  teintes  plates.  Cette  enluminure,  on  le  voit,  est  d'une 
sobriété  extrême  et  nous  sommes  bien  loin  de  la  richesse  exubé- 
rante des  enlumineurs  latins;  mais  elle  est  d'une  finesse,  dune 
harmonie,  d'une  fraîcheur  d'exécution,  et  aussi  d'une  sévérité 
élégante  de  style  tout  à  fait  caractéristiques.  Je  citerai  en  exemple 
de  cette  calligraphie  le  Parisinus  5 19,  copié  en  1007,  par  le 
moine  Euthymius,  du  couvent  de  Saint-Lazare  à  Constantinople, 
et  Xe  Vaticanus  1670,  donné  en  10 18  au  couvent  de  Saint- 
Jean  tcôv  £touôtou,  par  Nicolas,  primicier  du  Chrusocheio?ix. 

Ce  «  style  riche  »  se  maintiendra  assez  invariable  jusqu'à  la 
fin  du  xne  siècle  pour  les  bandeaux  et  pour  les  initiales.  Il 
faut  dire  cependant  qu'à  mesure  que  nous  avancerons  vers  la  fin 
du  xne  siècle,  les  initiales  se  compliqueront  :  de  fleuries  elles 
deviennent  zoomorphiques  ;  des  oiseaux,  des  serpents,  des  pois- 
sons, de  formes  à  la  fois  souples  et  héraldiques,  constitueront 
l'initiale  ;  un  aigle  aux  ailes  éployées  fera  un  M,  un  serpent 
enroulé  un  S,  un  oiseau  tenant  du  bec  un  serpent  qui  lui  mord 
la  queue  un  O,  etc.  Bientôt  même  de  zoomorphiques  elles 
deviendront  anthropomorphiques  et  constitueront  de  vraies  vi- 
gnettes :  de  tout  petits  personnages  y  seront  groupés  de  façon  à 

1.  Un  fac-similé  du  Vaticanus  1676  dans  l'album  de  la  Palxographical  So- 
ciety, a8  série  —  et  du  Parisinus  5 19  dans  Bordier,  Description  des  Peintures 
et  autres  ornements  contenus  dans  les  manuscrits  grecs  de  la  Bibliothèque  Natio- 
nale (Paris,  i883),  p.  125.  Sur  Saint-Lazare,  voy.  Ducange,  CP.  christiana^ 
IV,  127.  Sur  le  Xpuao^eTov,  Ducange,  Glossarium  infimse  grsecitatis.  s.v. 

6 


82  CHAPITRE  III. 

former  le  dessin  de  l'initiale  sans  trop  perdre  pourtant  de  leur 
naturelle  attitude,  toujours  très  habilement  tracés,  peints  et 
gouaches  avec  une  merveilleuse  ténuité  de  touche  soit  dans  les 
chairs,  soit  dans  le  vêtement,  et  toujours  aussi  relevés  d'un  peu 
d'or  (soit  un  nimbe,  soit  un  pli,  soit  un  socle).  Cette  exquise 
décoration  qui  procède  directement  de  la  célèbre  enluminure  du 
psautier  Barberini  et  du  psautier  Borell  (xie  siècle),  se  retrouve 
encore  dans  tout  l'éclat  de  sa  perfection  au  xne  siècle1. 

Entre  ces  deux  manières,  le  «  style  sévère  »  et  le  «  style 
riche  »,  se  partagent  les  écoles  constantinopolitaines  du  xe-xie 
siècle. 

Au  «  style  sévère  »  appartient  un  de  nos  manuscrits  du  Patir, 
le  Vaticanus  1648,  avec  son  encre  blonde,  son  parchemin  fin  et 
blanc,  sa  réglure  parfaite,  son  écriture  élégante  inclinée  à  gauche, 
ses  initiales  et  ses  titres  sans  ornement  aucun,  son  manque  de 
toute  rubrique  et  de  toute  peinture.  Tel  est  aussi  le  V atica- 
nus  16^9,  avec  cette  même  encre,  ce  même  parchemin,  cette 
réglure,  cette  même  écriture  inclinée  à  gauche,  ces  mêmes  ini- 
tiales sans  ornement,  et,  pour  tout  décor,  ces  traits  ondés  cou- 
rant autour  des  titres  et  sous  la  dernière  ligne  des  chapitres.  Tel 
est  encore  le  Vaticanus  1680,  et  aussi  le  Vaticanus  19902. 

Au  «  style  riche  »  appartient  le  V aticanus  2o4i ,  ce  lectionnaire 
exécuté  aux  frais  d'un  noble  de  Gonstantinople,  le  protospathaire 
Georges  Mavrogeorgios,  et  mieux  encore  ce  beau  ménologe  dont 
sept  volumes  seulement  nous  sont  parvenus,  les  V aticani  1995, 
2037,  2o38,  2039,  2040,  2o43,  2o44«  Ajoutez-y  les  V aticani 
2o34  et  2o36,  l'un  un  saint  Grégoire  de  Nazianze,  l'autre  un 
saint  Jean  Chrysostome.  Lectionnaires,  ménologes,  homiliaires, 
c'étaient  bien  là  les  produits  ordinaires  des  scriptoria  de  Con- 
stantinople . 

Cependant,  et  c'est  une  troisième  manière  que  nous  allons 
relever  dans  les  scriptoria  de  Constantinople,  ce  «  style  riche  » 

1.  Sur  le  psautier  illustré  du  xie  siècle  (je  dis  bien  xie  siècle),  voy.  N. 
Kondakoff,  Histoire  de  l'art  byzantin  (Paris,  1886),  t.  I,  p.  166  et  suiv.  Ne 
pas  se  fier  à  cette  Histoire  (Cf.  Bulletin  critique,  1887,  p.  a^S). 

2.  Ce  dernier,  d'une  admirable  main  du  xe  siècle,  rappelant  celle  du  Dé- 
mosthène  de  Paris.  La  décoration  lombardisante  du  Vaticanus  1990  est  de 
seconde  main. 


ORIGINES  DE  LA  LIBRAIRIE  DU  PATIR.  83 

du  xie-xne  siècle  était  d'exécution  coûteuse  et  difficile.  On  la 
rendit  plus  abordable  en  réduisant  l'enlumineur  à  l'emploi  du 
carmin,  et  l'enluminure  à  un  simple  tracé.  On  eut  alors  des  ban- 
deaux et  des  initiales  exclusivement  au  carmin  :  bandeaux  en 
forme  de  frise,  de  balustrades,  de  rinceaux,  etc.  ;  initiales,  non 
plus  zoomorphiques  ni  à  vignettes,  mais  seulement  fleuronnées 
de  feuillages  d'ornement  se  détachant  du  pied  ou  du  sommet  de 
la  lettre.  Puis,  pour  étoffer  cette  décoration  un  peu  maigre,  les 
titres  furent  écrits  au  carmin,  et  non  plus  en  onciale,  mais  en 
capitales  fleuries.  Je  citerai,  comme  type  de  cette  décoration  au 
carmin,  le  lectionnaire  acquis  par  moi  à  Jannina  pour  la  Biblio- 
thèque Nationale,  et  copié  en  1070  à  Constantinople  par  Pierre, 
YpannaTcxôç  v%t  ^oX/^ç  tôv  XaXxoTcpaxtwv 1  :  je  ne  crois  pas  qu'on  puisse 
citer  d'exemple  de  ce  même  «  style  carminé  »  qui  soit  antérieur 
au  milieu  du  xie  siècle. 

Et  c'est  à  ce  «  style  carminé  »  qu'appartiennent  plusieurs 
autres  de  nos  volumes  du  Patir.  Ainsi  le  Vaticanus  161 1,  exé- 
cuté elç  xrjv  (TxoXrjv  tou  àyïou  ïlerpou,  avec  son  large  bandeau  en  II,  ses 
titres  en  capitales  fleuries,  ses  initiales  fleuronnées,  le  tout  au 
carmin.  Ainsi  les  V aticani  1642  et  2064. 

L'influence  de  ces  scriptoria  de  Constantinople  sur  les  scripto- 
ria  des  provinces  impériales  fut  considérable.  L'extraordinaire 
productivité  des  calligraphes  de  la  capitale  et  la  facilité  avec 
laquelle  leurs  manuscrits  pouvaient  se  répandre  dans  les  églises 
et  dans  les  couvents  du  monde  grec,  eurent  pour  effet  presque 
immédiat  d'imposer  partout  où  l'on  copierait  désormais  le  même 
style  calligraphique,  le  canon  de  la  métropole.  Nous  possédons 
ainsi  nombre  de  manuscrits  grecs  qui,  dûment  copiés  en  province, 
sont  de  pures  contrefaçons  des  manuscrits  copiés  à  Constanti- 
nople2. Le  Vaticanus  1640,  un  de  nos  volumes  du  Patir,  bel  in- 

1.  Parisinus  Supplem.  gr.  1096.  Un  fac-similé  et  une  notice  dans  le  Bul- 
letin de  la  Société  nationale  des  antiquaires  de  France  pour  1888,  p.  167-170. 

2.  Voy.  le  Vaticanus  1992  (xie  siècle),  copié  pour  le  couvent  de  Saint- 
Jean-Chrysostome  ï^iaxa.  xou  lopôàvou,  curieux  exemple  de  l'imitation  pro- 
vinciale des  modèles  constantinopolitains. 


84  CHAPITRE  III. 

olio  d'une  calligraphie  soignée  du  xie  siècle,  pourrait  ainsi 
passer  pour  l'œuvre  d'une  école  de  Constantinople  :  n'était  que 
l'initiale  du  début  (c'est  la  seule  du  volume)  est  gauchement 
dessinée,  que  les  ors  sont  de  mauvaise  qualité,  la  gouache 
absente  ;  n'était  surtout  que  la  miniature  à  pleine  page  qui  est 
en  regard  du  frontispice  n'a  ni  encadrement,  ni  fond,  est  d'une 
couleur  pâteuse  qui  s'effrite  et  d'un  dessin  grossier1.  Ce  sont  là 
des  défauts  inconnus  aux  scriptoria  de  Constantinople.  Mais  on 
conçoit  la  difficulté  qu'il  y  a  à  déterminer  la  provenance  d'une 
calligraphie  d'imitation.  C'est  pourtant  le  cas  de  celle  du  Patir. 

Le  Patir,  en  effet,  a  eu  au  xne  siècle  des  copistes  à  lui,  et 
ces  copistes  n'ont  eu  d'autre  style  que  le  «  style  carminé  »  de 
Constantinople.  Mais  nous  les  connaissons  par  leur  nom  ou  nous 
les  reconnaissons  à  leur  main.  Tel  le  moine  Barthélémy,  qui 
copiait  en  1 104  le  Vaticanus  1992,  en  iio5  les  Vaticani  2021 
et  2o5o.  Et,  exactement  contemporaines  de  ce  Barthélémy, 
présentant  le  même  ductus  et  les  mêmes  motifs  décoratifs,  les 
mains  auxquelles  nous  devons  les  Vaticani  1970,  199 ib,  1993% 
1998,  1999%  2042,  2060,  et  le  Cryptensis  A,  a,  XVIII. 

Au  Patir,  on  utilise  un  parchemin  fin  mais  mal  réglé  et  iné- 
galement blanchi,  sensiblement  différent  du  parchemin  si  soi- 
gneusement réglé  et  si  finement  poli  habituel  aux  scriptoria  de 
Constantinople.  L'encre  n'est  pas  l'encre  blonde  et  limpide  des 
copistes  de  Constantinople,  mais  une  encre  brune  et  pâteuse.  Le 
ductus  est  ferme  plutôt  que  souple,  sans  cependant  manquer 
d'élégance  ;  les  lettres  droites  et  assez  aérées.  Pour  en-tête,  nous 
avons  des  bandeaux  au  carmin,  comme  dans  les  manuscrits  by- 
zantins que  je  signalais  il  n'y.  a  qu'un  instant;  de  même  des  ini-, 
tiales  fleuronnées  au  carmin  :  de  même  des  titres  en  capitales 
fleuries  (dans  les  frontispices)  ou  en  petite  onciale,  toujours  au 
carmin.  Je  signale  une  habitude  assez  caractéristique  chez  les 
copistes  du  Patir  :  celle  de  mettre  à  la  fin  de  chaque  chapitre 
ou  section  une  courte  invocation,  cOôoa  àXy]0da<;  ivôei'xxa  xàp.00  aoi 

IXSa^gei,  —  rvœcrewç  xapuecov  xàjJtbO  aoi  neXyjaet,  —  Tptwvù[i.ou  ôo£t]ç  u-rcepwov 

xàtAûO  aov  psXVjaet,  etc.  qu'on  dirait  empruntée  à  une  litanie. — Mais, 
on  le  voit,  n'était  la  qualité  du  parchemin  et  de  l'encre,  n'était  ce 


1.  J'en  dirai  autant  de  nos  Vaticani  i656,  2004,  2010,  ao65. 


ORIGINES  DE  LA  LIBRAIRIE  DU  PATIR.  85 

détail  doxologi que,  n'était  même  (si  l'on  veut)  la  fermeté  un  peu 
lourde  du  ductus,  les  manuscrits  copiés  au  Patir 'dans  ces  pre- 
mières années  du  xiie  siècle  ne  différeraient  guère  de  ceux  des 
scriptoria  de  Constantinople  de  la  même  époque,  si  grande  était 
Tinfluence  de  ces  scriptoria  jusqu'à  l'extrême  limite  du  monde 
grec. 

Cette  influence,  une  fois  constatée,  et  aussi  reconnue  comme 
nous  l'avons  reconnue  la  tradition  propre  aux  écoles  calligraphi- 
ques de  Constantinople  du  xe  au  xne  siècle,  il  est  temps  et  nous 
sommes  mieux  à  même  de  nous  demander  si,  antérieurement  au 
xne  siècle,  une  province  comme  était  la  Grande-Grèce  ne  pou- 
vait pas  avoir  et  n'a  pas  eu  une  tradition  calligraphique  qui  lui 
ait  été  strictement  propre  et  qui  soit  nettement  discernible.  C'est 
la  question  posée  par  M.  Gardthausen.  : 


II 


M.  Gardthausen  a  par  deux  fois  abordé  la  question  de  La  mi- 
nuscule grecque  dans  V Italie  méridionale.  Une  première  fois  en 
1880.  Ses  observations  portaient  alors  sur  trois  manuscrits:  le 
Marcianusiyz,  daté  dei  1  j5,  de  provenance  indécise  ;  leLipsiensis 
Sénat.  II,  20,  daté  de  11 72  et  copié  à  Reggio  (?),  XHarleianus 
5786,  psautier  grec-latin-arabe  daté  de  1 1 53.  Très  préoccupé  de 
trouver  dans  la  minuscule  grecque  italienne  un  duc  tus  particu- 
lier, «  ein  eigenthùmlicher  ductus,  der  sich  bis  zu  einem  gewis- 
sen  Grade  von  der  in  byzantinischen  Reiche  ùblichen  Schrift 
entfernt  »,  il  crut  apercevoir  dans  la  calligraphie  de  ces  trois 
scribes  que  «  die  beiden  Grundrichtungen  des  Verticalen  und  des 
Horizontalen  ùberwiegen  1  ».  —  Il  est  revenu  depuis  sur  cette 
théorie,  ceci  en  1884,  dans  une  dissertation  qui  a  pour  titre  : 
Différences  provinciales  de  la  minuscule  grecque*.  Là,  à  propos 
du  Patmiensis  33,  un  manuscrit  copié  en  942  par  un  moine  du 

1 .  V.  Gardthausen ,  Zur  grieckischen  Minuskel  in  Unteritalien  dans  les 
Berichte  ûber  die  Verhandlungen  der  K.  S.  Gesellschaft  der  JVissenschaften  zu 
Leipzig  [Plitlolog.  hist.  Classe),  1881,  p.  77  et  suiv. 

2.  Parue  dans  les  Mélanges  Graux  (1884),  p.  731-736.  k  _ 


86  CHAPITRE  III. 

nom  de  Nicolas  et  Daniel  son  fils  «  de  Reggio  de  Calabre  », 
M.  Gardthausen  écrit  :  «  Que  Ton  compare  sans  prévention 
l'écriture  de  ce  manuscrit  avec  celle  d'un  manuscrit  quel- 
conque du  même  temps,  et  Ton  accordera  que,  sans  la  men- 
tion expresse  de  la  souscription,  personne  n'aurait  pu  songer  à 

le  revendiquer  pour  l'Italie  méridionale        Parmi  les  signes 

caractéristiques,  mentionnés  jadis  par  moi,  de  ce  ductus  de  l'Ita- 
lie méridionale,...  pas  un  seul  ne  se  retrouve  dans  l'écriture  du 
xe  siècle.  »  Il  semble  bien,  à  l'entendre,  qu'il  revienne  sur  la 
théorie  exprimée  par  lui  en  1880,  et  que  ce  soit  pour  la  retirer  : 
«  En  soi,  dit-il  ailleurs,  il  ne  serait  pas  impossible  que  le  pa- 
léographe trouvât  une  minuscule  grecque  de  l'Italie  méridionale 
analogue  à  la  lettera  beneventana.  Cette  supposition  toutefois 
n'est  pas  confirmée  par  la  réalité1.  » 

Le  reproche  que  je  ferais  à  M.  Gardthausen  est  d'avoir  borné 
ses  observations  à  un  nombre  de  manuscrits  beaucoup  trop  res- 
treint et  de  manuscrits  d'une  époque  trop  tardive,  et,  en  second 
lieu,  d'avoir  été  préoccupé  exclusivement  du  ductus  de  ses  calli- 
graphes.  Le  ductus  est  un  élément  considérable  de  la  physiono- 
mie d'une  calligraphie,  mais  combien  difficile  à  analyser,  en  grec 
surtout  où  l'écriture  n'a  pas  la  mobilité  de  physionomie  qu'elle 
a  en  latin!  Je  ne  tiendrai  donc  qu'un  compte  secondaire  du  ductus, 
pour  donner  toute  l'importance  à  la  décoration  du  manuscrit. 
Quant  au  nombre  de  manuscrits  sur  lequel  mes  observations  por- 
teront, on  va  voir  s'il  est  plus  riche. 

Voici  neuf  manuscrits  du  xe-xie  siècle  sortis  de  scriptoria  ita- 
liotes.  —  Vaticanus  1673,  homiliaire.  Fol.  154',  un  graffite  du 
xne  siècle  environ  témoigne  que  ledit  manuscrit  était  aux  mains 
de  «  Niphon  de  Calabre,  province  de  Reggio  »  ;  et  un  graffite 
de  la  même  main,  au  premier  feuillet  de  garde  du  V aticanus 
1595,  nous  apprend  que  ce  Niphon  était  «  higoumène  du  couvent 
du  Théologue  »,-  le  monasterium  Sancti-Joannis  theologi  in 
motta  Sancti-Joannis,  qui  subsistait  encore  aux  environs  de 
Reggio  au  xve-xvie  siècle2.  Fol.  3a8'  de  notre  Vaticanus  1673, 
une  note  marginale,  en  petite  onciale,  de  la  main  du  copiste, 


1.  Mélanges  Graux,  p.  ^35. 

2.  Pièces  justificatives,  p.  112. 


ORIGINES  DE  LA  LIBRAIRIE  DU  PATIR.  87 

mentionne  la  prise  deTaormina  par  les  Sarrasins  (902),  et  donne 
à  entendre  que  le  copiste  était  de  cette  malheureuse  ville1. 

Vaticanus  i65o,  commentaire  des  épîtres  de  saint  Paul  par 
Nicolas,  archevêque  de  Reggio.  Le  copiste  (Ss.  n°  i5)  a  souscrit 
en  ces  termes  :  «  Ci  finit  ce  livre  magnifique  qui  contient  les 
divins  discours  du  Christ  :  il  a  été  composé  par  l'évêque  Nicolas, 
archevêque  de  la  terre  de  Calabre,  résidant  à  Reggio,  et  de  la 

terre  de  Sicile  »  Et  plus  loin  :  «...  il  a  été  copié  par  Théodore, 

clerc  sicilien,  sous  les  auspices  de  l'évêque  Nicolas  son  auteur, 
l'an  du  monde  6545  i>(MXXXVII).  —  Laurentianus  XI,  9,  S.  Jean 
Chrysostome,  copié  par  Luc  moine  pour  Isidore  prêtre  et  higou- 
mène  du  couvent  de  Saint-Jean  too  àiteépov  [?],  Tan  du  monde 
6529  (MXXI).  Je  ne  connais  pas  ce  couvent  (Ss.  n°  16).  Mais  ce 
qui  me  fait  croire  ce  manuscrit  de  provenance  calabraise,  c'est  un 
granité  du  xive  siècle  (fol.  198'),  qui  nous  apprend  que  ce  vo- 
lume a  été  acheté  par  «  le  frère  Ambroise  de  Reggio,  pour 
13  tarins,  à  Fépoque  où  Urbain  VI  est  venu  à  Messine,  c'est  à 
savoir  le  8  août  de  l'an  du  monde  68932»  (MCCCLXXXV). 

Vaticanus  i633,  homiliaire  non  daté,  mais  que  l'on  peut 
attribuer  au  xe  siècle.  A  la  fin  du  volume  (fol.  357),  une  main 
contemporaine  de  celle  du  copiste  a  inscrit  en  belle  onciale  le 
nom  du  couvent  pour  lequel  il  a  été  exécuté  :  cette  inscription  est 
fort  endommagée ,  mais  on  y  lit  du  moins  très  nettement 
les    mots   àê6a  TcpscrôuTépov).. .  êi6Xîov  uicîîpxev. . .  êcaivcavou  (Ss.  n°   17)  : 

c'est-à-dire  la  mention  de  l'higoumène  d'un  couvent  de  Bisi- 
gnano. 

Vaticanus  Reginœ  gr.  ^5,  acoluthiœ,  copié  par  Siméon  prê- 
tre à  Malvito  (Ss.  n°  18).  Malvito,  qui  n'est  plus  aujourd'hui 
qu'un  petit  village  de  la  vallée  de  l'Esaro  (affluent  du  Crati).  et 

1.  Fol.  3?.8'  :  Euye  îcëp  êao-c|Xete  ovtwç  yap  |  xo»  vuv  y)[*Îv  toÎç  |  Tocrceivoîç 
Tau|pO(jLevîxa'.ç  èx  |  i:Xy]8ouç  à(j.ap]Ttàiv  tcoXoecScov  |  £TrrîX6ev  0  ô'XejOpoç  xoù  8cxo»a>ç. 
—  Fol.  i'  :  MvrjGÔrjx.  xë  tou  SouX.  cou  VYjcpou  eùxeX.  t%  xocXocêpriaç  xài  crY)xcopY]<70v 
aux.  —  Fol.  i54'  :  ...  vrjcpoç  sutîXyiç  ty)ç  xaXaëpY]aç  xoù  pY]yY)Vï)ç  euap^aç-  —  Va- 
ticanus 1595,  fol.  gard.:-f-  xoù  èyto  vYjcpoç  eOxeXYjç  xoù  xa0Y)yo\jfjt.evoç  tî}ç  [xovrjç 
tou  6eou  Xôyou. 

2.  Tb  aùxb  êiSXirçov  Xey6|j.evov  |i.apyapY|Tat  rjyopa  ô  àôeXcpbç  àjxêpdacoç  ex  ty]ç 
iro'Xewç  prjyîou  xr\ç  xaXaêprjaç  ôtà  xapivà  ty'  xô  XP°'V0)  ^ou  ^Xôsv  ô  xupbç  v)\iûv  \ 
uauaç  oùp6avo(;  ç'  scç  ty|V  |A£<j<jÎvy)v  jj-vjvt  aùyouffxco  etç  tyjv  y)'.  tv8.  "Ç  tou  stouç 

çwoy'  A  rapprocher  d'une  note  analogue  concernant  la  visite  d'Urbain  VI 

à  Messine,  en  tête  du  Vaticanus  2014. 


88 


CHAPITRE  III. 


peu  éloigné  de  San-Marco,  était  au  xe  siècle  siège  d'un  évêché 
latin  suffragant  de  Salerne.  Dans  une  bulle  du  pape  Jean  XV 
(i 2  juillet 989  :  JafFé,  n°  3833),  Malvito  [Malventus)  est  mentionné 
comme  tel  :  les  Normands  transférèrent  le  siège  à  San-Marco. 
Dans  un  graffite  contemporain  du  manuscrit  je  lis  que  «  en 
juin  6490  [CMLXXXII]  le  Franc  descendit  en  Calabre,  attaqua 
les  Sarrasins  et  en  fit  un  grand  carnage,  après  quoi  le  Franc 
retourna  en  Italie  et  les  Sarrasins  en  Sicile1  ».  Allusion  à  l'expé- 
dition d'Qtton  II.  Ce  graffite  nous  donne  la  date  approximative 
de  l'exécution  de  notre  manuscrit.  —  Vaticanus  2 1 38,  lectionnaire 
des  évangiles,  copié  à  Capoue  (Ss.  n°  19)  par  Cyriaque  prêtre  et 
moine,  l'an  du  monde  6499  (CMXCI)2. —  V aticanus  2020,  saint 
Maxime,  copié  à  Capoue  (Ss.  n°  20),  dans  le  couvent  ™o  <peMîvov, 
par  Cyriaque  prêtre  et  moine,  originaire  de  Mili,  l'an  du  monde 
65oi  (CMXCIII)  :  c'est  le  même  copiste. 

Crjptensis  B,  a,  IV,  sermons  de  saint  Maxime.  Au  début 
du  volume  un  obit  contemporain  du  manuscrit  porte  que  «  Luc, 
higoumène  du  couvent  de  Saint-Zacharie  du  Mercurion,  est 
mort  le  21  novembre  65oo  [CMXCI],  et  qu'il  a  été  enterré  dans 
le  narthex  de  l'église  de  Saint-Michel  de  Vallelucio,  à  coté  de 
l'higoumène  Barnabé,  du  calligraphe  Néophyte,  de  Théognoste, 
de  Naucratios,  d'André,  de  Marcianos  ses  frères,  et  que  c'est  le 
susdit  [Néophyte]  qui  a  copié  le  volume.  »  On  a  reconnu  le  mont 
Mercure  dont  il  est  question  dans  la  Vie  de  saint  Nil,  et  l'on  se 
rappelle  comment  les  moines  du  mont  Mercure,  fuyant  devant 
les  Sarrasins,  vinrent  demander  asile  au  Mont-Cassin,  où  l'abbé 
Aligerne  (986)  leur  affecta  un  de  ses  prieurés,  Saint-Michel  in 
Vallelucio"0. — Crjptensis  B,  a,  XX,  lettres  de  saint  Dorothée, 
copié  par  Nil  moine,  lequel  mentionne  dans  sa  souscription  que 
«  l'an  du  monde  6473  [CMLXV]  l'armée  du  patrice  Manuel  fut 
battue  à  Rametta,  Rametta  prise,  et  qu'il  y  eut  un  grand  car- 
nage. »  Rametta  (Rometta  dans  Kiepert)  est  une  petite  localité 
sur  le  versant  nord  de  la  Sicile,  à  peu  de  distance  de  Messine  : 

1.  'Et.  /Cuq'  xaTaêouvei  0  çpayxoç  etç  xaXaêptav.  xat  c-uvxpouei  twv  a-apaxYjVwv 
Hat  KaTacrcpayei  Xao.  7coXuv.  xou  crpeçsTai  6  çpayxoç  zizi  itomiocç  xat  oV  a  [[xocy)X ?]  eut 
o-ixe.  jxYjvt  touvtw  [sic]  ivS.  i'.  Cf.  Stevenson,  Catal.  mss.gr.  regin.,  p.  60. 

2.  Gregory,  Prolegomena,  p.  ^56. 

3.  Bolland.,  Acta  sanctorum  septembi-is,  VII,  3o4  et  suiv. 


ORIGINES  DE  LA  LIBRAIRIE  DU  PATIR.  89 

c'est  là  que  le  patrice  Manuel  fut  en  effet  vaincu  et  tué  par  les 
Sarrasins  en  965  *. 

De  ces  manuscrits  italiotes,  et  plus  particulièrement  des  deux 
volumes  copiés  à  Capoue  par  le  moine  sicilien  Cyriaque  en 
991  et  993,  nous  remarquerons  les  traits  suivants  :  le  parchemin 
est  mal  poli,  mal  blanchi,  mal  réglé;  l'encre  brune  et  pâteuse. 
L'écriture  est  inégale,  droite,  drue  ou  (si  l'on  veut)  très  tassée  : 
ce  caractère  est  plus  sensible  à  qui  compare  l'écriture  égale, 
souple  et  aérée  des  copistes  byzantins.  Mais  le  caractère  dé- 
cisif est  piutôt  dans  la  décoration  employée  par  Cyriaque,  sur- 
tout si  on  l'oppose  au  style  sévère  de  la  décoration  reçue  à  Con- 
s.lantinople  au  xe  siècle.  Nous  avons  ici  des  bandeaux,  des  ini- 
tiales, des  titres  et  un  quatrième  élément.  Toute  cette  décoration 
est  tracée  à  l'encre,  à  la  même  encre  que  le  texte  ;  puis  les  pleins 
du  tracé  sont  coloriés,  mais  sans  or  et  sans  aucune  gouache,  de 
vert,  de  violet,  de  rouge,  de  jaune,  de  bleu,  toutes  couleurs 
posées  à  teintes  plates.  Les  bandeaux,  ainsi  coloriés,  ont  pour 
motit  u  peu  près  constant  une  tresse  de  cordonnets  de  couleurs 
diverses,  vert,  violet,  rouge,  jaune,  bleu.  Les  initiales,  et  elles 
sont  parfois  de  très  grande  taille,  sont  généralement  animées  : 
E  est  presque  toujours  une  main  bénissante  sortant  d'un  demi- 
cercle  d#  festons;  A  sera  un  oiseau  becquetant  une  branche; 
K,  un  nœud  de  ruban;  O,  un  cercle  garni  d'une  tête;  T,  un 
oiseau  sur  une  colonne,  un  serpent,  un  homme  debout  une 
barre  sur  la  tête  :  profusion  de  serpents  et  aussi  de  tresses.  Les 
initiales  moindres  (remarquez  ce  détail)  sont  de  petite  onciale  de 
même  encre  que  le  texte,  mais  on  les  a  barbouillées,  d'un  coup 
de  pinceau,  en  jaune,  souvent  aussi  en  vert  ou  en  violet.  Les 
titres  majeurs  sont  soit  de  capitales  coloriées,  soit  de  petites 
onciales  à  l'encre  rouge  ;  les  titres  mineurs  (et  ce  sont  les  plus 
fréquents)  sont  de  petite  onciale  de  même  encre  que  le  texte, 
mais  ils  sont  soulignés  d'un  trait  au  pinceau,  la  plupart  du  temps 
jaune,  souvent  aussi  vert  ou  violet.  Un  dernier  élément  de  déco- 
ration :  en  regard  des  titres  les  plus  importants,  à  la  marge,  le 
copiste  a  dessiné  et  colorié  tantôt  une  croix  tressée  comme  les 
bandeaux,  tantôt  une  tête  d'homme,  tantôt  un  oiseau.  —  Tous 


1.  Amari,  op.  cit.,  II,  35g  et  suiv. 


9o  CHAPITRE  III. 

ces  traits  caractéristiques  de  la  calligraphie  de  Cyriaque  de 
Capoue,  le  sont  de  la  calligraphie  du  copiste  de  Taormina  [Vati- 
canus  1673),  du  copiste  de  Bisignano  [Vaticanus  i633),  du 
copiste  de  Malvito  [Reginensis  75),  du  copiste  de  Vallelucio 
(Cyptensis  B,  a,  IV),  du  copiste  que  j'appellerais  de  Rametta 
(Cryptensis  B,  a,  XX).  En  d'autres  termes,  nous  avons  affaire  ici 
à  une  tradition  calligraphique  très  consistante,  dûment  florissante 
au  xe  siècle,  et  dont  on  pourra  sans  peine  retrouver  ailleurs 
maint  représentant. 

De  cette  tradition  calligraphique,  on  peut,  je  crois,  poser  en  fait 
qu'elle  est  indépendante  de  la  tradition  byzantine  du  xe  siècle, 
laquelle  est  précisément  remarquable  par  l'absence  de  bandeaux, 
d'initiales,  de  titres  enluminés.  Elle  n'a  rien  de  commun,  ajoute- 
rai-je,  avec  la  tradition  byzantine  du  xie  siècle,  laquelle  décore  les 
manuscrits  avec  quel  sobre  et  élégant  usage  de  l'or  et  de  la 
gouache  nous  l'avons  vu,  et  de  plus  en  employant  comme  élément 
premier  de  toute  décoration  la  fleur,  disons-mieux,  une  flore 
héraldique  tout  à  fait  à  part1,  et  dont  justement  nous  ne  trouvons 
aucune  trace  dans  les  manuscrits  italiotes  cités  plus  haut.  Dirons- 
nous  que  la  décoration  de  nos  manuscrits  italiotes  est  le  produit 
de  l'influence  de  la  calligraphie  lombarde  ou,  comme  on  dit 
mieux,  bénéventine?  J'ai  deux  raisons  de  le  croire. 

L'une,  géographique.  Des  dix  manuscrits  italiotes  que  nous 
venons  d'étudier,  ceux  qui  présentent  les  caractères  les  plus 
francs  de  l'école  sont  les  deux  qui  nous  viennent  de  Capoue 
(991  et  993).  A  Reggio,  en  1037,  les  caractéristiques  sont 
bien  plus  indécises.  J'en  dirai  autant  du  copiste  de  Taormina 
(902  environ).  Mais  à  mesure  que  nous  remontons  vers  Capoue, 
les  caractéristiques  s'accusent  :  elles  sont  très  sensibles  à  Bisi- 
gnano, davantage  à  Malvito,  autant  à  Vallelucio  et  chez  le  copiste 
Nil  de  965.  ' —  La  bibliothèque  du  Mont-Cassin  possède  deux 
manuscrits  grecs  :  l'un  (Cassinensis  277),  de  la  fin  du  xe  siècle, 
l'autre  (Cassinensis  278),  de  peu  postérieur  au  premier.  Ces 
deux  volumes  sont  à  l'abbaye  depuis  la  première  moitié  du 
xie  siècle,  et  on  les  considère  comme  des  acquisitions  soit  de 


1.  Voy.  les  observations  très  justes  de  Bordier,  op.  cit.,  p.  22. 

2.  Bibliotheca  Cassinensis  (1873),  t.  I,  p.  lxii. 


ORIGINES  DE  LA  LIBRAIRIE  DU  PATIR.  91 

l'abbé  Athénulphe,  soit  de  l'abbé  Théobald2.  Tous  deux  appar- 
tiennent à  une  même  école  calligraphique,  et  cette  école  ne 
saurait  être  éloignée  du  Mont-Cassin,  témoin  les  peintures  lom- 
bardes qui  décorent  (fol.  78  et  79)  le  Cassinensis  277. Et  cette  école 
est  la  même  que  celle  de  Cyriaque  de  Capoue.  Nous  sommes 
amenés  ainsi  d'étape  en  étape  au  centre  géographique  de  la  cal- 
ligraphie lombarde  comme  au  lieu  de  culture  de  notre  calli- 
graphie gréco-italiote,  disons  mieux,  gréco-lombarde. 
Ma  seconde  raison  est  paléographique. 

J'ai  caractérisé  l'écriture  gréco-lombarde  d' «  écriture  inégale, 
droite,  drue  »  :  or  ce  sont  là  éminemment  les  caractéristiques 
permanentes  de  l'écriture  lombarde  au  ixe,  au  xe,  au  xie  et  jus- 
qu'au xme  siècle1.  J'ai  parlé  d'initiales  animées  (zoomorphiques) 
et  rubannées  :  mais  on  rencontre  ces  mêmes  initiales  constam- 
ment dans  les  manuscrits  lombards  et  précisément  au xe-xie siècle2. 
J'ai  signalé  cette  mode  qui  consiste  à  barbouiller  de  rouge  ou 
de  jaune  ou  de  vert  les  initiales  et  aussi  les  lettres  des  mots 
que  l'on  veut  mettre  bien  en  vue  :  je  retrouve  à  pareille  époque 
ce  même  procédé  de  mode  dans  les  manuscrits  lombards 3.  J'ai 
relevé  les  initiales  capitales  coloriées  :  même  style  dans  telles 
et  telles  initiales  lombardes4.  Enfin  cette  façon  de  souligner  les 
titres  d'un  trait  jaune,  ou  quelquefois  violet  ou  même  vert,  que 
rappelle-t-elle,  sinon  la  mode  toute  latine  d'écrire  les  titres  sur 
un  champ  d'or  ou  pourpre  ou  même  vert,  mode  pratiquée  au 
Mont-Cassin  comme  dans  tous  les  scriptorïa  d'Occident5?  Il  n'y 
a  pas  jusqu'à  ce  sèmeion  mis  à  la  marge  pour  appeler  l'atten- 
tion du  lecteur  sur  un  incipit,  qui  ne  se  retrouve  dans  les  ma- 
nuscrits de  l'école  lombarde. 


1.  Voyez  les  Cassinënses  3,  12,  i3,  14,  20,  3i,  36,  etc.  Je  ne  cite  ici  et 
ci-après  que  les  mss  lombards  du  Mont-Cassin,  dont  la  Bibliotheca  Cassinen- 
sis donne  des  fac-similés  en  couleur. 

2.  Cassinënses  12,  20,  2T,  22,  24,  28,  52,  99,  106,  114,  117,  i32,  146,  171, 
194.  M.  Westwood  a  publié  dans  sa  Palseogi*aphia  sacra  pictoria  (Londres, 
i843),  à  l'article  Lombardic  manuscripts,  une  planche  (empruntée  à  Sil- 
vestre)  qui  donne  un  excellent  spécimen  du  style  lombard. 

3.  Cassinënses,  142,  196,  219,  228,  232. 

4.  Cassinënses  ii5,  i44i  aai»  226. 

5.  Cassinënses  47,  85,  99,  io3. 


9* 


CHAPITRE  III. 


★ 

Ce  que  devient  cette  tradition  calligraphique  au  cours  du  xie, 
du  xiie,  du  xnie  siècle,  c'est-à-dire  une  fois  qu'elle  est  aux  prises 
avec  la  concurrence  des  scriptoria  de  Constantinople,  nous  allons 
l'étudier  dans  un  deuxième  groupe  de  manuscrits  originaires  de 
Grande-Grèce. 

Parisinus  gr.  83,  tetraevangelium,  copié  en  1168  par  Salo- 
mon notaire  de  Noto,  .«  du  temps  que  Manuel  Ier  régnait  à 
Constantinople,  Amauri  à  Jérusalem  et  Guillaume  II  en  Sicile  »  , 
(Ss.  n°  23).  —  Vaticanus  21 43,  liturgise,  copié  l'an  66^3 
(MCLXV),  par  Barthélémy  moine,  pour  Antoine  higoumène  du 
couvent  de  Sainte-Marie  de  Mili  (Ss.  n°  24).  Ce  Vaticanus  21 43 
n'est  qu'une  copie  (xvne siècle)  du  manuscrit  de  l'an  n65.  «  Li- 
turgiae...  fideliter  exscriptae  ab  antiquissimo  manuscripto  bi- 
bliothecae  S.  Sylvestri  Montis  Quirinalis  Roma.  D.  A.  S.  C.  R.» 
[D.  Andréa  Sottano  clerico  regulari.]  —  Vaticanus  1877,  typicon, 
copié  l'an  6800  (MCCXCI),  par  Paul  de  Corinthe,  pour  Nico- 
dème  higoumène  de  Sainte-Marie  de  Mili  (Ss.  n°  25)1. 

Oxoniensis  Bodleianus  Miscellan.  178,  Vie  de  saint  Siméon 
Stylite,  copié  l'an  6649  (MCXLI)  au  Saint-Sauveur,  par  Barthélémy 
de  Reggio  moine,  «  du  temps  que  Luc  était  archimandrite  du  Sainte 
Sauveur  » .  On  sait  que  Luc,  premier  abbé  du  Saint-Sauveur  de 
Messine,  mourut  seulement  en  n5o2.  — ■  Messanensis 98,  lec- 
tionnaire  des  évangiles,  copié  Fan  6792  (MCCLXXXIV)  par  Ro- 
bert, pour  Léonce  économe  (Ss.  n°  26).  Je  conjecture  que  ce 
volume  a  été  écrit  pour  le  Saint-Sauveur,  auquel  il  appartenait 
au  xvie  siècle.  Une  note  en  effet  (fol.  227)  porte  qu'il  fut  «  Res- 
taurato  tempore  Rmi  dni  Hannibalis  spathafora  Archimandrite 
monasterii  sti  Saluatoris  lingue  phari  no.  c.  Messana?  :  Anno 
dni  1 547  mense  martio3».  —  Vaticanus  1426,  Historia  novi  Adam 

1.  Rapprochez  de  ce  ms.  de  l'an  1292,  copié  pour  Nicodème,  le  Vaticanus 
734,  un  Climax,  copié  en  1291  pour  le  «  seigneur  moine  Nicodème  (Ss.  n°  a5  bis). 

2.  H.  Coxe,  Catalog.  codd.  mss.  bibl.  bodL,  t.  I,  p.  723. — Voy.  l'épitaphe 
de  Luc  dans  Boeck,  C.  I.  G."  n°  9539,  et  dans  Revue  des  études  gi-ecques,  1888, 
p.  190. 

3.  Voy.  au  même  fol.  l'obit  de  l'archimandrite  (ou  plutôt  de  l'abbé  com- 
mendataire)  Laurent  Theodoli,  mort  à  Padoue  le  4  février  i584« 


ORIGINES  DE  LA  LIBRAIRIE  DU  PATIR.  93 


de  Nil  Doxapatri,  copié  l'an  6721  (MCCXIII)  par  Siméon  Boulca- 
ramos  de  Messine,  pour  Luc  archimandrite  du  Saint-Sauveur  (Ss. 
n°  27).  Il  s'agit  de  Luc  deuxième  du  nom.  Ce  ms.  n'est  malheu- 
reusement qu'une  copie  exécutée  au  xve  siècle  au  Saint-Sauveur1, 
et  non  l'original  de  Siméon  Boulcaramos.  —  Vaticanus  770, 
prophetologium,  copié  Tan  678...,  par  Macarios  moine  du  Saint- 
Sauveur,  pour  Biaise  ecclésiarque  de  Sainte-Marie  de  Grotta  Fer- 
rata(Ss.  n°  28).  La  date  est  incertaine,  le  ms.  portant  T^n/,  qui 
n'a  pas  de  sens  :  à  la  place  de  il  faut  lire  une  des  neuf  pre- 
mières lettres  de  l'alphabet,  ce  qui  fait  flotter  la  date  entre  1278 
et  12812. 

Cryptensis  A,  a,  IV,  ménées  (décembre) ,  copié  l'an  6774 
(MCCLXV)  par  Macarios  moine  de  Reggio  en  Calabre,  pour 
Hilarion  abbé  de  Sainte-Marie  de  Grotta  Ferrata  et  Biaise  ecclé- 
siarque dudit  couvent  (Ss.  n°  29).  Ce  Macarios  est  le  même  que 
le  précédent.  —  Vaticanus 1926 ,  canonarium,  copié  l'an  6633 
(MCXXV)  par  Léon  de  Reggio  «  calligraphe  de  Traîna  »  (Ss. 
n°  3o).  «  Calligraphe  »  doit  être  pris  ici,  je  crois,  au  sens  de  xwPtx^ 
xaXXîypaçoç3.  —  Messanensis  1 17,  psautier,  copié  l'an  6624  (M CXVI) 
par  Léon  notaire  de  la  ville  de  Reggio  (Ss.  n°  3r).  — Barberi- 
nus  IV,  66,  triodion,  copié  l'an  6628  (MCXX)  par  Léon  notaire, 
le  même  que  ci-dessus  (Ss.  n°  82)*.  —  Neapolitanus  II,  C,  7, 
nomocanon,  copié  l'an  6678  (MCLIX)  par  Conon  [prêtre  du  cou- 
vent de  Saint-Jean-le-Moissonneur ,  pour  Pacôme  higoumène 

1.  Le  copiste  du  xv°  siècle  a  mis  en  tête  du  ms.  :  'Ap^/ofjieôa  oviv  tovt'o  to 
êiêXcov  xe  ypacpeîv  oùx  er/ov  [sic]  àp^v  ovôè  yàp  téXoç.  àXXà  oùv  supo[X£v.  eîç  tov 
[sic]  [/.ovaarrip'.ov  toîj  àxpoT/ipcou  v.cà  âpç  Trjç  (ae<7g-y|VY)ç. 

2.  Le  ms.  Oxonien.  Dodleian.  Laud.  40  a  été  copié  par  Macarios  en  1290: 
est-ce  notre  copiste?  (H.  Coxe,  op.  cit.,  p.  52  5). 

3.  Sur  l'emploi  et  le  sens  de  ce  mot,  voy.  Gardthausen,  Grïech.  Pal., 
p.  3oi. 

4.  Voy.  au  fol.  58  de  ce  ms.  le  graffîte  :  'Eyà>  c(oàvvr)ç  tou  pvjyi'ov  [xaptupai 
loto^etpto;.  Et  au  fol.  76'  :  Koù  èyw  îwàvvirçç  tou  XYiyxprjç  «710  X"Pa?  ravTeôax.^* 
[Pentedattilo]  voxapio;  [iapTupco.  —  Ajouter1  aux  mss  copiés  à  Reggio  le  Va- 
ticanus 1574,  Vit  a  S.  Andrese  Sali,  copié  en  1190  [S'/L0^')  en  terre  normande, 
comme  en  témoigne  la  mention  dans  la  souscription  d'un  [xaxaptoç  xpaxeoç 
pv)i;,  appellation  habituelle  des  rois  de  Sicile;  ce  mss  appartenait,  dès  le 
xiii0  siècle,  au  couvent  toîj  6eoîj  Xoyou  du  diocèse  de  Reggio  (San-Giovanni 
inMotta).  La  souscription  est  très  endommagée  (Cf.  La  Vaticane  de  Paul  III 
à  Paul  V,ip.  110). 


9{  CHAPITRE  III. 

dudit  couvent.  Ce  couvent  est  celui  de  Saint- Jean  de  Stilo 

(Ss.  n°  33)  \ 

V aticanus  2008,  troparion,  donné  Tan  66 io(MCII)  par  Léonce 
moine,  à  l'église  de Saint-Jean-le-Moissonneur  (Ss.  n°  34).  —  Va- 
ticanus  1 221 ,  Théophylacte  in  evangelia,  copié  Tan  6662  (MCLIV) 
par  Siméon  notaire,  pour  Paul  higoumène  du  couvent  de  Sainte- 
Marie  twv  xepàTwv,  l'année  de  la  mort  de  Roger  «  notre  roi  ». 
J'identifie  ce  couvent  avec  celui  de  Sainte-Marie  de  Carra,  au 
diocèse  de  Squillace,  lequel  est  appelé  de  la  carra,  de  lo  carra,  et 
de  la  cerra  (Ss.  n°  35)2.  —  Vaticanus  2048,  homiliaire,  copié 
l'an  6634  (MCXXVI),  pour  Gérasime  higoumène  du  couvent  de 
Saint-Pierre.  J'identifie  ce  couvent  avec  celui  de  Saint-Pierre 
d'Arena,  au  diocèse  de  Mileto.  Je  lis  en  effet,  parmi  d'autres  graf- 
fites,  celui  (fol.  220')  d'un  moine  nommé  Jean,  qui  déclare  avoir 
reçu  l'habit  monastique  le  22  septembre  1222  des  mains  de 
l'évêque  de  Mileto,  sous  l'higouménat  de  Paphnuce,  lequel  avait 
reçu  l'habit  le  1 5  juin  1 197,  et  était  originaire  de  Tropea,  toutes 
localités  de  Calabre  (Ss.  n°  36).  —  Barberinus  IV,  27,  tetraevan- 
geliumz,  copié  l'an  663i  (MCXXIII).  Rien  de  plus,  mais  un  con- 
trat, daté  de  i3io  et  copié  au  fol.  216,  traite  de  l'acquisition 
d'une  terre  située  e?ç  xr]v  x«pav  Taêepvwv,  Taberna,  au  diocèse  de 
Catanzaro  (Ss.  n°  37). 

F aticanus  2029,  Catechesis  par  va  de  saint  Théodore  Stou- 
dite,  copié  l'an  6591  (MLXXXII)  par  Luc  moine  et  prêtre.  Ce 
volume  appartenait  dès  le  xne  siècle  au  couvent  de  Saint-Elie  de 
Carbone,  comme  en  fait  foi  le  catalogue  des  abbés  de  Carbone4 
inscrit  au  fol.  190  dudit  ms.  (Ss.  n°  38).  —  Cryptensis  A,  6,  X, 
triodion,  copié  l'an  6640  (MCXXXI)  par  Euthymius  «  neveu  de 
Clément  d'heureuse  mémoire  ».  J'identifie  cet  Euthymius  avec 
celui  qui  figure  au  catalogue  abbatial  de  Carbone,  et  qui  mourut 
en  1  i54(Ss.n°39).  — AmbrosianusVt,  i,ménologe,  copié  l'an 6748 
(MCCXL)  par  Laurent,  sur  un  manuscrit  du  couvent  de  Calovito  à 

r.  A  rapprocher  du  ms.  Corsini  41,  G,  16,  tetraevangelium  du  xne  siècle, 
où  l'on  relèvera  (fol.  225')  l'ex-libris  6ï)6Xy)OV  xr\ç  [xov?iç  tou  coatou  Tcp;  y)[x.cûv 
itoàvecç  tou  6cpr)GTO\3,  et  quelques  autres  graffites  témoignant  de  la  même 
provenance. 

2.  Paul  Fabre,  Liber  censuum,  p.  22. 

3.  Gregoiy,  Prolegomena,  p.  5oi. 

4.  Vaticanus  20o5  (fol.  63'),  une  liste  semblable. 


ORIGINES  DE  LA  LIBRAIRIE  DU  PATIR.  95 

Rossano,  pourNiphon  «notre  père  »  (Ss.  n°4o)«  Calovito  ou  Cal- 
veto  était  un  petit  monastère  situé  au  sud  de  Rossano.  Niphon  est-il 
le  prieur  de  Calovito,  ou  serait-il  le  même  que  Nimphus,  abbé 
du  Patir  précisément  à  cette  époque?  Si  cette  seconde  hypothèse 
était  fondée,  comme  elle  me  paraît,  il  y  aurait  lieu  d'identifier 
ce  Laurent  avec  le  moine  du  Patir  du  même  nom,  mentionné  dans 
le  diplôme  de  1246  du  cartulaire  de  notre  abbaye. 

Taurinensis  CCXVI,  B,  III,  27,  typicon  de  l'abbaye  de  Saint- 
Nicolas  de  Casole,  composé  l'an  6682  (MCLXX IV)  par  Nicolas  hi- 
goumène  dudit  couvent1.  — Barberinns  III,  69,  typicon,  copié 
l'an  65 1 3  (MCCV)  parHierothée  moine  et  prêtre,  pourNicodème 
higoumène  de  Saint-Nicolas  de  Casole  (Ss.  n°  —  Parisinus 
suppl.gr.  681,  Expositiones  fidei,  copié  l'an  6806  (MCCXCVIII) 
par  Calos  de  San-Pietro  in  Galatina,  province  d'Otrante  (Ss. 
n°42). —  Barberinus  III,  16,  Georges  de  Corcyre  inscripturam, 
copié  l'an  6744  (MCCXXXVI)  par  Jean  de  Nardo  (Ss.  n°  43)2.— 
Harleianus  5535,  psautier,  copié  l'an  6792  (MCCLXXXIV)  par 
André  de  Brindisi3.  —  Ambrosianus  G,  8,  euchologe,  copié 
l'an  6794  (MCCLXXXVI)  par  André  de  Brindisi.  C'est  le  même 
copiste  (Ss.  n°  44)-  —  Laurentianus  LXXI,  35,  Porphyre  Isa- 
goge,  copié  l'an  6799  (MCCXCI)  par  Cyriaque  Prasi  de  Gallipoli 
(Ss.  n°  45)1 

Deux  faits  se  dégagent  pour  moi  de  l'étude  du  groupe  de  ma- 
nuscrits italiotes  que  je  viens  d'énumérer. 

Pour  le  xne  siècle,  la  disparition  rapide  de  la  tradition  gréco- 
lombarde  et  l'influence  envahissante  de  l'école  constantinopoli- 
taine.  A  Stilo,  en  1102  et  en  1170,  persistance  de  la  manière 

1.  Pasini,  Codd.  mss.  bibl.  r.  taurinensis ,  p.  3op. 

2.  Ce  ms.  est  à  rapprocher  de  deux  autres  qui  sont  à  la  bibliothèque 
Vallicellane.  Le  premier,  Vallicellan.  D,Ô2,  lectionnaire  de  l'A.  T.,  ne  porte 
ni  souscription,  ni  graffite,  mais,  à  la  garde,  une  main  du  xvne  siècle  a  écrit  : 
«  Lectionarium  sacrum  cum  responsoriis  quod  olim  usui  fuerat  grœcis  pres- 
byteris  ecclesiœ  Galatenensis  TNeritinœ  diœcesis  in  regno  Neapolis.  Pétri  Po- 
lidori  v.  cl.  munus  bibliothecse  Vallicellanae.  »  Le  second,  lectionnaire  des 
évangiles,  VaUicellan.  D,  63,  xne  siècle,  n'est  pas  davantage  souscrit,  mais 
la  même  main  que  dessus  a  mis  à  la  garde  :  «  Codex  optimae  notœ  quem 
viri  docti  magni  faciunt  eo  etiam  nomine  quia  scriptus  est  literis  neritinis, 
fuitque  usui  grœco  clero  illustris  ecclesiœ  Neriti  in  Salentinis.  »  Sur  l'écri- 
ture néritine,  «  litterœ  neritinse  »,  voy.  Galateus,  De  situ  Japygiœ,  p.  i3i. 

3.  H.  Omont,  Notes  sur  les  mss.  grecs  du  British  Muséum,  dans  la  Biblio- 
thèque de  V École  des  chartes,  XLV,  1884,  P-  334. 


96  CHAPITRE  III. 

gréco-lombarde.  Le  V aticanus  2008  est  de  cette  écriture  droite 
et  drue,  de  cette  encre  brune  que  nous  avons  rencontrée  tant  de 
fois  dans  l'Italie  méridionale  :  titres  et  initiales  sont  soulignés  d'un 
coup  de  pinceau  (vert  clair);  les  incipit  importants  signalés  en 
marge  par  une  croix  tressée.  Le  Neapolilanus  II,  c,  7  a  lui  aussi 
ses  titres  et  ses  initiales  soulignés  d'un  coup  de  pinceau  (jaune 
clair).  —  A  Carbone,  en  io83,  persistance  de  la  même  manière. 
Le  V aticanus  2029  a  l'écriture  droite  et  drue,  l'encre  brune  et 
sale,  les  titres  soulignés  d'un  coup  de  pinceau  (jaune  clair),  les 
incipit  importants  signalés  en  marge  par  une  croix  tressée  ou  un 
oiseau,  les  initiales  zoomorphes,  rubannées,  tressées,  un  coloriage 
cru  (vert,  rouge,  violet)  et  sans  or.  —  A  Carbone,  en  11 32,  le 
copiste  Euthymius  imite,  comme  les  copistes  de  Rossano,  les 
modèles  byzantins  de  style  carminé  ;  il  n'a  gardé  de  la  vieille 
manière  italiote  que  l'usage  de  souligner  d'un  coup  de  pinceau 
(jaune  clair)  ses  titres  et  ses  initiales.  —  A  Sainte-Marie  de  Carra, 
en  1 1 54,  le  copiste  Siméon  imite  lui  aussi  les  modèles  byzantins  ; 
il  s'essaye  à  faire  des  bandeaux  fleuronnés  en  forme  de  n  et  des 
initiales  fleuronnées  aussi,  il  a  l'écriture  aérée  et  souple  ;  mais 
son  encre  reste  sale  et  il  souligne  d'un  coup  de  pinceau  (jaune 
clair)  ses  titres  et  ses  manchettes.  Son  coloriage  est  cru  (vert, 
rouge,  jaune)  et  sans  or.  —  A  Stilo,  à  Carbone,  à  la  Carra,  il 
restait  quelque  trace  de  l'influence  gréco-lombarde;  à  Messine, 
il  n'en  reste  pas  plus  qu'il  n'en  restait  à  Rossano  même;  de 
même  à  S?int-Pierre  d'Arena,  de  même  à  Reggio,  11 16,  1120, 
11 25,  1126,  1 1 4 1  ?  1 184.  Les  Messinois  sont  même  remarquables 
pour  l'élégance  de  leur  imitation  des  grandes  initiales  byzantines 
fleuries  au  carmin. 

Pour  le  xme  siècle,  la  diminution  très  notable  de  la  copie 
dans  les  scriptoria  italiotes  :  on  sait  que  les  manuscrits  bomby- 
cins  se  multiplient  dans  le  monde  grec  à  cette  époque  ;  or  nous 
n'en  avons  à  peu  près  point  qui  aient  été  copiés  en  Grande-Grèce. 
Ce  qui  se  fait  de  copie  alors  se  fait  beaucoup  sur  du  parchemin 
récrit.  —  A  Mili,  en  1292,  l'écriture  du  copiste  Paul  de  Corinthe 
est  pleine  de  ligatures,  comme  celle  des  scribes  byzantins  et 
levantins  de  l'époque;  il  trace  en  rouge  et  noir  ses  bandeaux  et 
ses  initiales,  il  barbouille  de  rouge  ses  majuscules.  On  faisait 
ainsi  dans  tout  le  Levant  à  pareille  date.  —  Ainsi  Jean  de  Nardo, 


ORIGINES  DE  LA  LIBRAIRIE  DU  PATIR.  97 

en  1236.  Ainsi  Hiérothée  de  Casole,  en  i2o5.  —  Toute  tra- 
dition gréco-lombarde  est  perdue,  en  sorte  qu'il  n'est  plus  pos- 
sible de  distinguer  un  manuscrit  d'origine  italiote  d'un  manu- 
scrit d'origine  levantine,  n'était  que  nos  copistes  ne  renoncent  pas 
toujours  à  souligner  d'un  coup  de  pinceau  (jaune  clair)  leurs  titres 
et  leurs  manchettes.  C'est  l'extrême  fin  de  la  calligraphie  gréco- 
lombarde.  Ceci  au  xme  siècle. 

* 

Sur  ce  que  devint  l'art  calligraphique  dans  la  Grande-Grèce  a 
partir  du  xive  siècle,  je  n'ai  à  ajouter  que  quelques  observations. 
J'ai  pu  réunir  un  petit  nombre  de  volumes  copiés  en  Terre 
d'Otrante  et  en  Sicile  au  xive-xve  siècle  :  —  le  Messanensis  29, 
Vitse  sanctorum,  copié  en  1  3o8  parle  moine  Daniel,  skeuophulax 
du  Saint-Sauveur  de  Messine;  —  X Ottobonianus  gr.  178,  Rhéto- 
rique d'Aristote,  copié  en  1 485  parle  moine  Joachim  de  Casole  au 
Saint-Sauveur  de  Messine  ;  —  le  V aticanus  1973,  liturgiœ,  copié 
en  i374  par  Antoine,  prêtre  de  Sainte-Christine;  • —  le  Lauren- 
tianus  LXXXVI,  i5,  Psellus  de  rébus  naturalibus ,  copié  en  1 347 
par  Nicolas  Silla  de  Gallipoli  ;  —  le  Crjptensis  A,  y,  VII,  psau- 
tier, copié/par  Niphon,  moine,  pour  le  couvent  de  Saint-Nicolas  de 
la  Fico  ;  —  le  Parisinus  i685,  pseudo-Callisthène,  copié  en  1468 
parNectarios,  moine  de  Casole;  — Y  Ottobonianus  gr .  210,  Hésiode 
scholié  par  Tzetzes,  copié  en  1 363  par  le  papas  Robert,  fils  de 
Jean-Nicolas  Bra...  de  Soleto;  — le  Barberinus  III,  73,  gram- 
maire grecque,  copié  en  i479  Par  Nicolas  Skinzari  de  San-Pietro 
in  Galatina1.  —  On  le  voit,  il  n'y  a  plus  guère  qu'à  Messine  et 
dans  la  Terre  d'Otrante  que  l'on  copie  encore  au  xive  et  au 
xv°  siècle,  à  Messine  où  le  Saint-Sauveur  et  ses  prieurés  ont 
gardé  quelque  culture,  dans  la  Terre  d'Otrante  où  l'on  est  en 
constantes  relations  avec  la  Grèce  propre  :  à  Messine,  le  copiste 
de  1 3o8  suit  de  loin  les  vieux  modèles  calligraphiques  messinois 
du  xne  siècle,  tandis  que  dans  la  Terre  d'Otrante  on  copie  peu 
s'en  faut  de  la  même  manière  qu'en  Morée1. 

1.  Ss.  n°  48-55. 

2.  Il  arrive  en  effet  que  la  Terre  d'Otrante  se  fournisse  de  livres  dans  la 
Grèce  propre,  témoin  le  Barberinus  I,  102,  une  grammaire,  copié  par  un 

7 


98  CHAPITRE  III. 

La  Renaissance  achèvera  de  porter  le  dernier  coup  à  la  calli- 
graphie propre  de  la  Grande-Grèce.  À  dater  de  la  prise  de  Con- 
stantinople, Otrante,  Naples,  Messine  verront  affluer  les  réfugiés 
grecs,  dont  les  plus  instruits  vivront,  en  même  temps  que  de  leur 
grammaire,  de  leur  calligraphie.  On  se  rappelle  que  Constantin 
Lascaris  séjourna  trente  ans  à  Messine,  et  Ton  sait  que  nous  pos- 
sédons plus  de  dix  manuscrits  copiés  par  lui  dans  cette  ville1. 
On  pourrait  citer  bien  d'autres  Grecs  que  Lascaris  :  tels  Léon 
Chalkéopylos,  Jean  Rhosos,  et  plus  tard  Jean  de  Sainte-Maure 
et  Georges  de  Constantinople.  Dans  le  clergé  ni  dans  les  cou- 
vents de  Fltalie  méridionale  il  n'y  a  plus  de  scribes  grecs  :  Jean 
Rhosos  exécute  pour  un  prêtre  grec  un  missel,  le  V uticanus  1978, 
et  Jean  de  Sainte-Maure  séjourne  un  long  temps  au  couvent  de 
Saint-Philarète  de  Seminara  pour  y  refaire  les  livres  de  chœur  ; 
Georges  de  Constantinople  avait  refait  de  même  ceux  du  cha- 
pitre de  Bova  (Ss.  n°  55).  Ce  Georges  de  Constantinople  avait 
son  atelier  à  Messine,  et  il  expédiait  de  ses  livres  jusqu'en  Grèce 
(Ss.  n°  56)  :  ajoutons  qu'il  joignait  au  métier  de  calligraphe  celui 
de  bouquiniste,  et  que  c'est  chez  lui  à  Messine  que  fut  acheté 
l'unique  exemplaire  qui  existe  de  la  Chronique  pascale  2.  Quant 
à  Otrante,  nous  lui  devons  au  moins  comme  à  sa  ville  d'origine 
le  copiste  de  beaucoup  le  plus  habile  du  xvie  siècle,  Giovanni 
Onorio  da  Maglie,  plus  connu  sous  le  nom  de  Jean  d'Otrante, 
et  dont  les  manuscrits  (pour  la  plupart  copiés  à  Rome  et  pour  la 
Vaticane)  rivalisent  avec  les  plus  belles  impressions  du  temps3. 

scribe  d'une  école  florissante  à  ce  moment  en  Morée,  Nicolas  Hagiopetritos 
(A.  D.  1289),  et  que  nous  trouvons  en  i358  aux  mains  d'un  grec  de  San- 
Cesario  di  Lecce,  comme  nous  l'apprennent  les  graffïtes  du  fol.  i5i'  et  du 
fol.  i5a'.  —  De  là  vient  que  le  nombre  assez  considérable  de  manuscrits  du 
xme  et  du  xive  siècle  (surtout  bombycins)  qui  ont  été  achetés  au  xvie  et  au 
xviie  «  in  Salentinis  »,  n'ont  rien  de  spécifiquement  italiote. 

1.  Gardthausen,  op.  cit.,  p.  3i8.  Ajoutez-y  le  Barberinus  I,  94,  copié  par 
Lascaris  à  Messine  en  i47°- 

2.  Vaticanus  1941-  On  lit  au  fol.  5  :  «  Messanœ  emi  a  Georgio  Constan- 
tinop.  vi  Jkls.  octobris  M.D.L.  I.  » 

3.  Gardthausen,  op.  cit.,  p.  327.  H.  'Omont,  Fac-sim'lés  de  mss.gr.  des  xve 
et  xvie  siècles  (Paris,  1887),  pl.  12  et  28. 


ORIGINES  DE  LA  LIBRAIRIE  DU  PATIR. 


III 

Repassons  maintenant  la  revue  de  nos  manuscrits  de  Sainte- 
Marie. 

Le  Vaticanus  i636  est  imité  des  manuscrits  byzantins  de 
«  style  riche  »  à  bandeaux  et  initiales  peintes,  h  grandes  marges 
et  grand  format.  Mais  la  mise  en  colonnes  est  mal  réglée,  mais 
F  encre  est  sale,  l'écriture  appuyée  et  drue,  les  titres  écrits  avec 
un  rouge  de  nuance  orange  (comme  dans  les  manuscrits  latins) 
et  non  vermillon  (comme  dans  les  manuscrits  byzantins),  les 
titres  en  noir  soulignés  d'un  coup  de  pinceau  (jaune  clair),  les 
bandeaux  tressés,  les  initiales  palmées  ou  tressées  ou  rubannées, 
le  coloriage  à  teintes  plates  et  sans  or.  L'influence  gréco-lom- 
barde est  manifeste.  Et  de  fait  ce  manuscrit  a  été  copié,  en  1064. 
aux  environs  de  Cassano. 

Le  V aticanus  2082  est  imité  des  manuscrits  byzantins  de 
u  style  riche  »,  comme  le  précédent,  à  bandeaux  et  initiales 
peintes,  à  grandes  marges  et  grand  format,  h  écriture  aérée  et 
penchant  à  droite.  Mais  la  réglure  est  mal  menée,  l'encre  brune 
et  pâteuse,  l'écriture  inégale,  les  titres  écrits  au  rouge  orange 
(comme  dans  les  manuscrits  latins),  les  titres  moindres  et  les 
majuscules  et  les  points  (à  la  ponctuation  forte)  soulignés  d'un 
coup  de  pinceau  (jaune  clair),  les  initiales  rubannées,  le  coloriage 
pâteux  à  teintes  plates  et  sans  or.  Ici  encore  l'influence  gréco- 
lombarde  est  manifeste.  Et  ce  manuscrit  a  été  copié,  en  105^, 
aux  environs  de  Rossano. 

Le  V aticanus  2002  imite  de  même  les  modèles  byzantins. 
L'encre  ici  est  presque  blonde.  L'écriture,  raide  encore  et 
appuyée,  procède  cependant  directement  de  la  calligraphie  by- 
zantine par  la  nature  de  ses  formes.  Les  initiales  de  petite  capi- 
tale (un  petit  nombre  d'entre  elles  au  moins)  pourraient  rappe- 
ler les  jolies  capitales  rouge  sous  or  du  xie  siècle  byzantin.  Il 
n'y  a  pas  jusqu'au  grossier  bandeau  du  fol.  64  qui  ne  trahisse 
l'imitation  des  bandeaux  de  «  style  riche  »  byzantin.  Mais  ce 
qui  est  provincial  et  gréco-lombard,  c'est  le  grand  E  initial  du 
fol.  64,  le  grand  A  du  fol.  38;  c'est  le  coloris  pâteux  (jaune  clair 
et  rouge  brique)  des  bandeaux  et  des  titres;  c'est  le  coud  de  pin- 


[OO 


CHAPITRE  III. 


ceau  jaune  clair  dont  les  titres,  dont  les  initiales  mineures,  dont 
les  points  de  la  ponctuation  forte  sont  soulignés.  Ce  manuscrit 
a  été  copié,  en  io53,  à  Taberna1. 

Le  V alicanus  2001  est  du  siècle  suivant.  Ici  la  graphie  ne  se 
distingue  guère  plus  de  la  graphie  byzantine.  L'encre  est  blonde 
et  le  ductus  élégant  et  aéré  comme  dans  les  manuscrits  byzan- 
tins contemporains.  De  gréco-lombard  il  n'y  a  plus  que  la  dé- 
coration :  initiales  majeures  énormes,  coloriées  en  teintes  plates 
de  rouge  garance,  de  vert,  de  jaune  clair;  bandeaux  tressés,  co- 
loriés de  même;  titres  et  petites  initiales  soulignés  d'un  coup 
de  pinceau  (jaune  clair).  Ce  manuscrit  a  été  copié,  vers  le  milieu 
du  xiie  siècle,  au  couvent  de  Sainte-Marie  de  Carra. 

Le  Vaticanus  2091  conserve  à  peine  quelques  traces  de  l'in- 
fluence gréco-lombarde,  et  on  pourrait  le  croire  sorti  d'un  scri- 
ptorium  byzantin,  n'était  que  le  copiste  a  souligné  d'un  coup  de 
pinceau  (jaune  clair)  les  capitales  noires  et  minces  de  ses  titres 
(cf.  fol.  69').  Ce  manuscrit  est  du  xne  siècle9. 

Le  Vaticanus  1649,  du  xiie-xiiie  siècle,  nous  achemine  vers 
cette  époque  de  transition  où  la  calligraphie  gréco-lombarde 
n'existe  plus  et  où  la  calligraphie  byzantine  entre  dans  la  déca- 
dence du  xme  siècle  :  l'encre  est  brune  et  pâteuse,  le  parche- 
min épais  et  mal  poii;  les  bandeaux  sont  grossièrement  tracés  à 
l'encre  noire  et  en  rouge,  comme  dans  les  manuscrits  de  basse 
époque  de  la  Grèce  propre  et  du  Levant;  les  majuscules,  soit  en 
saillie  sur  la  marge,  soit  à  même  le  texte,  sont  grossièrement 
barbouillées  d'un  coup  de  pinceau  rouge;  les  titres,  à  l'encre 
rouge  et  de  mauvaises  capitales  fleuries,  sont  quelquefois  (^oy. 
fol.  53')  soulignés  de  jaune.  Ce  dernier  trait  est  le  seul  qui 
rattache  ce  volume  à  l'école  italiote. 

Le  Vaticanus  2006 ,  unbombycin!  pourrait  de  même  passer 
pour  un  manuscrit  levantin,  n'était  ici  encore  le  coup  de  pinceau 
(jaune  clair)  dont  le  copiste  a  souligné  les  initiales  et  les  titres. 

Les  manuscrits  italiotes  que  je  viens  de  décrire  ont  subi  l'in- 
fluence byzantine  :  et  remarquez  comme  ils  sont  tous  postérieurs 

1.  Vaticani  1990,  2o35,  2o85  :  mêmes  caractéristiques. 

2.  Rapprochez  le  Vaticanus  1019:  écriture  pleine  des  ligatures  si  com- 
munes dans  les  bombycins*  mais  remarquez  bien  les  initiales  (rouge  orange) 
barbouillées  d'un  coup  de  pinceau  (vert  sombre  et  jaune  citron). 


ORIGINES  DE  LA  LIBRAIRIE  DU  PATIR.  101 

à  la  seconde  moitié  du  xie  siècle.  Ceux  que  voici,  au  contraire, 
appartiennent  à  la  période  antérieure  :  la  tradition  gréco-lombarde 
V  paraît  seule. 

Le  Vaticanus  2o56  est  un  remarquable  modèle  de  calligraphie 
gréco-lombarde,  et  ce  dans  un  format  assez  rare  dans  cette  école 
(325  X  235  mill.);  nous  y  retrouvons  l'encre  brune,  les  carac- 
tères appuyés  et  serrés,  qui  nous  frappaient  chez  Cyriaque  de 
Capone.  Quant  à  la  décoration,  elle  est  purement  lombarde: 
titres  rubriqués  (rouge  orange),  encadrés  d'un  étroit  bandeau 
tressé  (jaune  clair,  rouge  orange,  brun  bleuâtre)  ;  majuscules  en 
grosse  capitale,  à  pleins  coloriés  alternativement  de  Fune  de  ces 
trois  couleurs;  initiales  majeures  de  dimensions  énormes,  et  tan- 
tôt tressées  (H  fol.  i73,  A  fol.  23o',  E  fol.  i83',  M  fol.  85, 
N  fol.  79',  W  fol.  32'),  tantôt  palmées  (E  fol.  226),  tantôt 
zoomorphes  (H  fol.  23y,  Kfol.  255  et  255',  2  fol.  242,  A  fol. 
K  fol.  143',  û.  fol.  i3/,  T  fol.  109',  n  fol.  45),  ces  dernières 
toutes  remarquables,  coloriées  en  teintes  plates,  sans  or,  et  gros- 
sièrement dessinées.  Ce  volume  est  de  la  fin  du  xe  ou  du  com- 
mencement du  xi°  siècle. 

Le  V aticanus  2067  est  de  la  même  époque.  La  graphie  est 
plus  personnelle,  mais  la  décoration  est  purement  lombarde  : 
titres  en  petite  onciale  soulignés  d'un  trait  de  pinceau  jaune  clair, 
quelquefois  vert  clair,  encadrés  aussi  (fol.  i')  d'un  étroit  bandeau 
tressé  (vert,  rouge  brique,  brun);  majuscules  de  grosse  capitale, 
dont  les  pleins  sont  coloriés  alternativement  de  vert  clair  ou  de 
rouge  brique;  initiales  majeures  ou  tressées,  ou  palmées,  ou  ru- 
bannées,  ou  zoomorphes,  grossièrement  dessinées,  coloriées  de 
rouge  brique,  de  jaune  clair,  de  brun,  sans  or,  en  teintes  plates  : 
enfin  les  incipit  de  chapitres  signalés  à  la  marge  par  une  croix 
tressée,  ou  par  oisillon,  ou  par  une  tête  humaine,  tout  cela  des- 
siné et  colorié  comme  le  reste. 

Le  Vaticanus  20^4,  du  xc  siècle,  a  ses  titres  de  petite  onciale 
soulignés  tantôt  de  jaune,  tantôt  de  vert;  des  initiales  de  style 
gréco-lombard,  mais  plus  simples  et  dont  aucune  n'est  zoomorphe 
ni  palmée,  des  bandeaux  tressés. 

Le  Vaticanus  1971,  du  xe-xie  siècle,  et  qui  rappelle  étonnam- 
ment le  manuscrit  copié  à  Malvito,  a  l'encre  sale  et  pâteuse,  la 
graphie  appuyée,  serrée  et  inélégante,  les  initiales  tressées,  pal- 


ioa  CHAPITRE  III. 

mées,  rubannées,  zoomorphes,  coloriées  de  rouge,  de  vert,  de 
jaune,  de  violet,  les  titres  (de  petite  onciale)  et  les  manchettes 
soulignés  d'un  coup  de  pinceau  jaune  clair,  les  initiales  mineures 
tachées  d'un  coup  de  pinceau  vert;  pour  entêtes,  de  petits  ban- 
deaux tressés.  Toute  cette  décoration  de  couleurs  pâteuses,  en 
teintes  plates,  sans  or,  et  grossièrement  exécutée. 


Je  ne  veux  pas  omettre  dans  cette  revue  un  manuscrit  fort 
exceptionnel  de  notre  collection  du  Patir,  le  Vaticanus  1997, 
copié  par  un  chartreux  d'une  chartreuse  du  diocèse  de  Rossano. 
Ce  chartreux,  dira-t-on,  ne  pouvait  être  qu'un  scribe  latin,  et 
voilà  qui  est  singulier  :  oui  et  non.  —  Oui,  c'est  un  scribe  qui 
n'est  pas  grec,  et  nous  en  avons  pour  preuve  la  forme  bizarre, 
extra-grecque,  de  nombre  de  ses  lettres,  et  l'aspect  général  de  sa 
calligraphie  qui  s'éloigne  si  fort  de  celle  du  xme  siècle  :  c'est  là 
une  manière  cherchée,  apprise  et  de  fantaisie.  Mais  il  n'est  pas 
rare  de  voir  de  ces  exemples  dans  la  calligraphie  italiote  du 
xnie  siècle.  Il  arrive,  en  effet,  à  cet  époque,  que  l'on  supplée  au 
manque  de  copistes  grecs  en  s'adressant  à  des  copistes  latins,  et 
que  de  bons  copistes  latins  sachent  écrire  le  grec.  En  voici  deux 
exemples  remarquables. 

Le  premier  [Barber inus  IV,  3^)  est  un  tetraemngelium  grec  et 
latin,  copié  par  Romain  moine,  abbé  du  monastère  de  Saint- 
Benoît,  dans  le  Val  di  Crati,  en  1292,  indiction  VI  (?),  sous  le 
règne  de  Charles  II,  aux  frais  du  seigneur  archevêque  Paul,  dé- 
coré du  pallium,  de  la  famille  Mezzabarba,  des  citoyens  de 
Rossano]1  (?).  Ici  le  copiste,  qui  est  latin  et  qui  a  une  très  belle 
écriture  gothique,  a  adopté  une  écriture  grecque  imitée  des  mo- 
dèles byzantins  du  xie  siècle,  mais  ses  initiales  grecques  (de  grandes 
belles  lettres  fleuries  et  peintes)  sont  du  même  style  que  ses 
initiales  latines  :  nous  avons  ici  un  manuscrit  grec  décoré  dans  le 
goût  gothique2. 

1.  Voy.V.  Gardthausen,  Zur  griechischen  Minuskeî  in  Unteritalien,  dans  les 
Berichte  iiber  die  Verhandlungen  der  Gesellschaft  der  Wissenschaften  zu  Leipzig, 
1881,  p.  73-78. 

2.  Cet  exemplaire  n'est  pas  unique  :  voy.  le  ms.  de  Saint-Jean  de  Stilo  de 
la  bibliothèque  Corsini. 


ORIGINES  DE  LA  LIBRAIRIE  DU  PATIR.  io3 

Le  second  exemple  (Palatùius  lat.  233)  est  un  exemplaire  du 
traité  adversus  Latinos  de  Nicolas  d'Otrante  (i2o5  env.)  :  le  manu- 
scrit paraît  être  autographe.  Ici  le  scribe,  qui  est  latin  et  qui  a  une 
assez  belle  écriture  gothique,  a  donné  à  ses  caractères  grecs  une 
forme  allongée  et  anguleuse  :  c'est  de  la  calligraphie  grecque 
latinisante. 

Ces  sortes  de  manuscrits  ne  sont  pas  rares  dans  nos  collections  : 
ils  datent  tous  du  xine  siècle1. 


Nous  touchons  au  terme  de  cette  revue  des  manuscrits  de  l'ab- 
baye du  Patir,  et  j'ai  réservé  pour  la  fin  quatre  volumes  de  la 
collection,  les  Vaticani  i4o6,  2000,  2061  et  2066,  qui  présen- 
tent un  type  calligraphique  du  xe  siècle  très  nettement  à  part.  De 
ce  type,  dont  le  V aticanus  2061,  le  seul  signé  des  quatre,  est  un 
admirable  représentant,  on  peut  dire  qu'il  ne  se  rattache  ni  pour 
la  calligraphie  ni  pour  la  décoration  à  l'école  gréco-lombarde; 
que  cependant  il  appartient  à  une  excellente  école,  une  école 
très  supérieure  a  l'école  gréco-lombarde  tant  pour  le  choix  du 
parchemin  et  le  soin  de  la  réglure,  que  pour  la  qualité  de  l'encre 
(blond-grisâtre)  et  l'égalité  de  l'écriture.  La  décoration  rappelle 
le  «  style  sévère  »  que  nous  avons  rencontré  à  Constantinople 
au  xc  siècle  :  absence  de  rubriques  et  de  peintures,  titres  de 
petite  onciale  de  même  encre  que  le  texte,  et,  autour  ou  au- 
dessus  des  titres  majeurs,  un  mince  rinceau  de  lignes  ondulées  a 
la  plume.  Cependant  notre  scribe  et  ses  analogues  se  distin- 
guent des  scribes  byzantins  de  «  style  sévère  »  du  xe  siècle 
par  plusieurs  caractéristiques.  L'écriture  (que  la  ligne  rectrice 
limite  par  la  base)  est  une  cursive  serrée  et  rapide  et  très  incli- 
née à  droite;  les  lettres  sont  toutes  de  cursives,  sauf  une  seule 
qui  est  onciale,  le  N,  jamais  lié  à  aucune  lettre  voisine  et  se 
détachant  avec  une  véritable  insistance  sur  le  reste  du  texte; 
certaines  lettres  enfin ,  le  *  cursif  par  exemple ,  ont  leurs 
pleins  tracés  d'un  trait  double,  le  scribe  ayant  mené  son 
calame  de  bas  en  haut,  puis  de  haut  en  bas,  et  ayant  laissé 


1.  Voy.  VOttobonianus  gr.  s58,  xiu°  siècle  (Gregoiy,  Prolegomena,  p.  635), 
et  le  Vaùcanus  781,  xine  siècle. 


io'|  CHAPITRE  III. 

un  peu  d'espace  entre  les  deux  ductus,  en  telle  sorte  que  le 
plein  est  évidé.  Ces  trois  caractéristiques,  l'une  pour  l'ensemble 
de  l'écriture,  les  deux  autres  pour  des  détails,  persistent  comme 
une  règle  dans  la  calligraphie  de  tous  les  manuscrits  sans  excep- 
tion que  nous  étudions  là.  La  partie  décorative,  ai-je-dit,  rappelle 
le  «  style  sévère  »  de  Constantinople  au  xe  siècle  :  mais  elle  pré- 
sente cette  caractéristique  que  les  initiales  majeures,  au  lieu 
d'être  des  lettres  capitales  ou  surtout  des  lettres  onciales  de  forme 
carrée,  sont  des  lettres  onciales  agrandies,  souvent  grêles,  mais 
appartenant  à  l'onciale  oblique. 

J'ajouterai  que  le  V atieanus  2066  est  d'onciale  en  entier,  et  de 
cette  même  onciale  oblique  à  laquelle  appartiennent  les  initiales 
majeures  de  nos  quatre  cursifs,  et  que  la  décoration  très  sobre 
des  titres  est  identique  dans  les  quatre  cursifs  et  dans  l'oncial, 
d'où  possibilité  de  considérer  les  quatre  cursifs  et  Foncial  comme 
appartenant  à  la  même  école  calligraphique.  Mais  quelle  est  cette 
école? 

Cette  école  calligraphique,  ai-je  dit,  ne  se  rattache  point  à 
l'école  gréco-lombarde.  Par  ailleurs,  les  caractéristiques  qui  la 
différencient  du  «  style  sévère  »  de  l'école  byzantine  du  xe  siècle, 
permettent  de  conjecturer  que  nous  avons  affaire  à  une  école 
calligraphique  non  constantinopolitaine.  Cette  conjecture  est 
d'autant  mieux  fondée  que  :  i°  nos  copistes  ont  utilisé  nombre  de 
feuillets  palimpsestes,  et  qu'il  est  inouï  de  voir  un  pareil  pro- 
cédé pratiqué  à  Constantinopl  e  ;  i°  que  quelques-uns  de  ces  feuil- 
lets palimpsestes  [V atieanus  i456)  présentent,  en  première  écri- 
ture, un  texte  arabe  peu  antérieur  au  texte  récrit,  détail  qui  nous 
éloigne  mieux  encore  de  Constantinople  pour  nous  conduire  en 
pays  arabisant.  Ce  pays,  il  serait,  je  crois,  très  inutile  de  le  cher- 
cher en  dehors  de  la  Calabre,  laquelle  était  au  xe  siècle  en  perpé- 
tuel contact  avec  la  civilisation  arabe. 

Et  nous  aurions  ainsi  dans  la  Calabre  même,  au  xe  siècle,  une 
tradition  calligraphique  complètement  distincte  de  la  tradition 
gréco-lombarde  et  dont  l'originalité  consisterait  précisément  à 
en  être  restée  indépendante.  Ce  n'est  là  qu'une  vue,  et  les  élé- 
ments nous  font  défaut  pour  l'élucider. 


ORIGINES  DE  LA  LIBRAIRIE  DU  PATIR.  io5 
Concluons. 

Une  centaine  de  manuscrits  grecs  rapprochés  et  étudiés  d'a- 
près une  méthode  nouvelle,  nous  ont  fourni  l'occasion  et  la  ma- 
tière de  tout  l'essai  qui  précède.  Ils  nous  ont  introduits  dans  une 
province  à  part  de  l'empire  byzantin,  la  Grande-Grèce,  au  milieu 
de  ces  penitus  grœco  dwisos  orbe  Calabros,  plus  encore  auprès 
de  ces  moines  grecs  d'Italie,  dont  les  établissements  ont  été 
pour  nous  l'expression  la  plus  historique  de  la  culture  de  cette 
Grande-Grèce  médiévale,  et,  entre  tous  ces  établissements,  à 
l'abbaye  de  Sainte-Marie, du  Patir. 

Fondée  par  le  réformateur  même  de  la  vie  monastique  en  Ca- 
labre,  au  xie  siècle,  subsistant  non  sans  mérite  jusqu'au  xvie  siè- 
cle, attirant  alors  l'attention  des  érudits  par  sa  précieuse  collec- 
tion de  manuscrits,  comme  elle  l'attire  au  xvne  par  sa  riche 
collection  de  chartes,  l'abbaye  du  Patir  arrive  à  avoir  son  nom 
associé  à  celui  de  la  Bibliothèque  Vaticane,  a  laquelle  elle  a 
donné  ses  plus  beaux  livres. 

Ces  livres  en  main,  nous  déterminons  leur  lointaine  prove- 
nance :  les  uns  sont  venus  de  Constantinople,  les  autres  ont  été 
transcrits  en  Calabre  même,  voire  au  Patir.  Ils  nous  permettent 
de  constater  jusque  dans  l'art  modeste  de  leurs  scribes,  tantôt 
l'influence  ^de  l'art  byzantin  proprement  dit,  tantôt  et  plus  an- 
ciennement l'influence  de  l'art  bénéventin  ou  lombard,  et,  par- 
dessus tout,  comment,  à  une  époque  donnée  de  l'histoire,  nos 
Grecs  d'Italie  sont  les  obscurs  et  presque  les  seuls  artisans  des 
relations  littéraires  du  monde  grec  et  du  monde  latin. 

S'il  m'est  donné  quelque  jour  de  reprendre  l'étude  de  ces 
échanges  littéraires  et  de  la  pousser  plus  avant,  ce  n'est  plus 
aux  scribes  du  xe-xme  siècle  que  je  m'attacherais,  c'est  aux  tra- 
ducteurs antérieurs  au  vme  siècle  :  Rufin,  Cassioclore,  Anastase, 
tant  d'autres  qui  ont  mis  dans  la  circulation  de  l'Occident  les 
œuvres  des  orateurs,  des  historiens  et  des  théologiens  grecs, 
que  je  voudrais  consacrer  mes  recherches  :  ce  serait  là  le  gros 
œuvre  d'une  plus  vaste  histoire,  dont  le  présent  essai  ne  serait 
plus  que  l'épilogue. 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES 


1 

LISTE 

DES  MONASTÈRES  BAS  [LIENS  DE  L'ITALIE  MERIDIONALE 1 

XVP  SIÈCLE. 

Monastères  portés  au  Liber  taxarum  S.  R.  E.,  avec  le  cens  en  florins  que  chacun 
d'eux  paie  à  la  Chambre  Apostolique.  Cette  liste  est  copiée  sur  le  Faticanus  lat.  9239, 
lequel  est  un  ms.  du  Liber  taxarum  daté  de  1482  :  je  ne  modifie  pas  l'orthographe 
du  ms. 

Anglone>/  :  Helie  de  carbono  :  fl.  LXVI. 
Alexanen  :  Delovito  :  fl.  XXXV. 
Boven  :  Mariae  de  terreto  :  fl.  XXXIII  1/2. 
BauNnusiv  :  Mariae  de  cruce  :  fl.  ». 

Fermelus  :  fl.  » 
Cathaniex  in  Sicilia  :  Leonardî  Gathanen.  :  fl.  ». 
Galipolitan  in  provincia  idrontina  :  Mauri  :  fl.  XXXIII  1/2. 
Geropolitan   :  Mariae  de  balneo  :  fl.  ». 

Nicolai  de  pergolitis  :  fl.  ». 
Giraten  :  Nichomedis  :  fl.  XL. 

—        Mariae  de  popsi  :  fl.  XL. 
Licien  :  Mariae  de  ferratis  :  fl.  XXXIII  1/2. 
—       Mariae  de  cantataedri  :  fl.  XXXIII  1/2. 

1.  Pour  plus  de  détails  sur  les  monastères  basiliens  italiens,  on  consultera 
avec  fruit  le  tome  III  de  la  Sicilia  sacra  et  les  tomes  I,  VIII  et  IX  de  Yltalia 
sacra.  D'ailleurs  les  renseignements  fournis  par  ces  deux  auteurs  ont  été 
recueillis  par  dom  Lubin,  Abbatiarum  Italim  brevis  notifia  (Rome,  1693).  Les 
renseignements  donnés  par  Rodotà  (Rito  greco,  t.  II)  sont  empruntés  aux 
précieux  appendices  de  la  Vita  del  protopatriarca  S.  Basilic-  (Messine,  1681) 
de  dom  Agresta. 


io8 


CHAPITRE  lit 


Leucadien  :  Paturio  :  fl.  LXXX. 
Messanen  :  Pétri  de  agro  :  fl.  XLVII. 

—  •      Pétri  et  Pauli  :  fl.  XLVII. 

—  Salvatoris  plaga  :  fl.  XXXIII  1/2. 

—  Salvatoris  de  lingua  fari  :  fl.  VC 

—  Gregorii  de  gippo  :  fl.  XL. 

—  _     Philippi  de  magra  :  fl.  L. 

—  Salvatoris  de  bordonaria  :  fl.  XLV, 

—  Angeli  de  broro  :  fl.  XLV. 

—  Philippi  de  valle  domena  :  fl.  XLI  1/2, 

—  Pétri  et  Pauli  de  gitalia  :  fl.  L. 
■ —  Maria?  de  guppa  :  fl.  L. 

—  Nicolai  de  laffico  :  fl.  L. 

—  Basilii  de  temuento  :  fl.  ». 

—  Marias  de  mandanisio  :  fl.  XXXIII  1/2. 

—  Marias  de  mili  :  fl.  LXXX. 

—  Pantaleonis  :  fl.  LX. 

—  Michaelis  de  trayna  :  fl.  L. 
Mileten  :     Nicolai  de  calavisio  :  fl.  L. 

—  Helias  novi  et  Phylareti  :  fl.  LXX. 

—  Bartholomaei  de  ïrigona  :  fl.  XXXIII  1/2. 
Johannis  de  labra  :  fl.  ». 

—  Helias  de  calatio  :  fl.  XXXIII  1/2. 
Neritonen  :  abbas  nullius  diœcesis  :  fl.  LX,  alibi  XL. 
Policastren  :  Johannis  de  piro  :  fl.  XL. 
Panormitan  :  Marias  de  gripta  :  fl.  L. 

Reginen  in  calabria  :  Marias  de  torreto  :  fl.  XL. 

—  Salvatoris  de  calometo  :  fl.  LXV1I. 

—  Nicolai  de  cadamusio  :  fl.  LXXXIII 

—  Johannis  de  castanata  :  fl.  XL. 
Rossanen  :  Marias  de  paterno  :  fl.  LXXX. 

—  Adriani  :  fl.  XXXIII  1/2. 
Squillacen  :  Marias  délia  carra  :  fl.  L. 

—  Gregorii  :  fl.  XXXIII  1/2. 

—  Nicolai  de  raariota  :  fl.  XL. 

Tarentinen  :  Pétri  et  Andréas  in  insula  :  fl.  XXXIII  1/2. 

—  Viti  de  pitzo  :  fl.  XXXIII  1/2. 

—  Marias  de  calzano  :  fl.  XXXIII  1/2. 
ïusculanen  :  Marias  de  gripta  ferrata  :  fl.  CCGG. 
Ydrontinen  :  Nicolai  de  cadulis  :  fl.  GG. 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


II 

ÉTAT  et  LISTE 
DES  MONASTÈRES  BASILIENS  DE  CALABRE 

XVIe  SIÈCLE. 

Un  extrait  de  ces  Aciaa  été  publié  par  Mont  faucon,  Palœographia,  p.  112  :  voici  la 
pièce  intégrale  (copie  xvne  siècle,  et;  il  me  semble,  de  la  main  même  de  Menniti),  telle 
qu'on  la  lit  dans  le  Parisinus  lat.  i3o8i,  fol.  1-6.  Je  mets  en  italique  les  lettres  que 
je  supplée,  tant  dans  ce  document  que  dans  les  suivants. 

ExCERPTA  EX  ACTIS  VISITATIONIS  MONASTERIORUM  ORDINIS  SANCTI  BASILI1  1 

FACT.E  jussu  sanctjE  sedis  an.  i55i.  Ex  archivio  ordinis. 

In  nomine  doraini  nostri  Jesw  Christi.  Amen.  Kmio  a  nativitate 
ejusdem  i55i  die  vero  septiraa  aprilis  pontincatus  ss.  pp.  Julii  3U 
an.  2,  apud  venerabile2  monasterium  Sancti  Joannis  Teristi  de  Stilo 
ordinis  Sancti  Basilii  extra  muros  dictae  civitatis  per  duo  milliaria, 
régnante  serenissimo  et  invictissimo  domino  nostro  Carolo...  Arago- 
niae  et  Hispaniarum...  Siciliae  citra  farum  an.  37  féliciter.  Amen. 

In  prœsenti  quinterno  continentur  et  annotantur  omnes  visitationes 
infrascriptarum  abbatiarum,  monasteriorum  et  ecclesiarum  ordinis 
sancti  Basilii,  factae  per  nos  Marcellum  Terracinam  archimandritam 
S.  Pétri  de  Arena  Militensis  diœcesis,  et  fratrem  Paulum  de  Co- 
zentia  nostrum  vicarium,  monachum  Sancti  Pétri  de  Arena,  visita- 
tores  deputatos  ex  commissione  et  authoritate  dora/ni  Julii  papa?  3". 

Et  quia  dictura  monasterium  Sancti  Joannis  Teristi  de  Stilo  est 
primum  et  caput  aliorum  monasteriorum  convicinorum,  die  3a  aprilis 
accessimus  ad  d/ctum  monasterium,  quod  invenimus  antiquo  more 
competenter  instructum,  et  opulentum  in  reditibus,  sacris  reliquiis 
et  ornamentis,  et  ordinavimus  quod  dentur  carthœ  scriptural  anti- 
que dicti  monasterii,  et  clauderentur  in  una  arca. 

Die  g0  aprilis  accessimus  ad  monasterium  Sancti  Basilii  Scamardi 
diœcesis  Militensis,  et  invenimus  illud  non  bene  tractatum.  Invenimus 
in  dicto  monasterio  abbatem  Hieronimum  Liriano  commendixtarium 
dicti  monasterii,  et  ibi  duos  tantum  monachos  ordinis  sacerdotes. 

Die  24  mensis  aprilis  accessimus  ad  monasterium  Sanctœ  Mariae  de 
Lovito,  ubi  invenimus  monasterium  sine  monachis,  et  invenimus 
t«/ztum  presbiterum  unum  latinum. 

Die  25  aprilis  discessimus  a  Sancta  Maria  de  Lovito,  et  accessimus 


1.  Bazilii  ms. 

2.  Venerabilem  ms. 


1  IO 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


ad-monasttf/v'w/w  Sancti  Salvatoris  de  la  Chilena,  ubi  invenimus  Joan- 
nem  Cavallum  abbatera  commendatarium,  qui  nobis  dixit  quod  d/ctum 
monasterium  cum  [situm  sit  in  nemore,  nec  monachi  nec  pre.ybiteri 
illic  possunt  habitare,  et  propter  mala  itinera  nec  ad  illud  potuimus 
accedere. 

Die  26  aprilis  i55j  discessimus  a  Praxitano,  et  accessimus  ad 
abbatiam  Stf/zctorum  Nicodemi1  et  Heliae  de  Galatrano,  invenimus- 
que  ecclesiam  bene  fabricatam  et  fratres  capucinos  inibi. 

Die  26  aprilis  discessimus  a  grangia  de  Sancti  Heliae  et  Sancti  Ni- 
codemi, ubi  invenimus  tantum  unum  presbiterum  latinum,  et  acces- 
simus ad  monasterium  Sanctœ  Mariae  de  Molochi,  ubi  invenimus 
abbatem  Caesarem  presbiterum  saecularem  cum  duobus  clericis 
saecularibus. 

Die  27  aprilis  discessimus  a  monasterio  Sanctae  Mariae  de  Molochi 
Lotuso,  et  accessimus  ad  ecclesiam  Sancti  Nicolai  de  Molochilo,  quae 
est  grangia  dicti  monasterii,  ubi  invenimus  capellanum  unum. 

Die  27  aprilis  discessimus  a  Sanctâ  Maria  de  Molochi,  et  accessi- 
mus ad  monasterium  Sancti  Heliae  et  Sancti  Philareti  de  Siminara, 
distans  a  Siminara  duobus  millibus,  et  invenimus  ibi  priorem  cum 
quinque  monachis,  et  invenimus  competenter  ornatum. 

Die  28  aprilis  discessimus  a  monasterio  Sancti  Heliae  et  Sancti 
Philareti,  et  accessimus  ad  monasterium  Sancti  Joannis  de  Lauro,  et 
invenimus  ecclesiam  quasi  speluncam  latronum  et  sine  cultu  divino, 
discoopertam,  et  domos  dirutas,  quia  erat  abbas  dicti  loci  Joannes 
Baptista  de  Cavaleriis  canonicus  basilicae  Sancti  Pétri  Romae,  qui 
Romae  morabatur. 

Die  predicto  discessimus  a  monasterio  Sancti  Joannis  de  J^oro,  et 
accessimus  ad  abbatiam  Sancti  Phantini  de  Seminaria,  ubi  invenimus 
corpus  Sancti  Phantini,  sed  ecclesiam  destructam  a  Mauris  vel  Tur- 
cis,  quia  situm  erat  circa  mare  dictum  monasterium. 

Eodem  die  discessimus  a  monasterio  Sancti  Phantini,  et  accessi- 
mus ad  abbatiam  Sanctdô  Mariae  de  Toxa.  et  invenimus  in  dicta,  abba- 
tia  procuratorem  secularem  curialem,  nec  ullum  ibidem  monachum 
invenimus. 

Die  29  aprilis  discessimus  a  monasterio  Sanctx  Mariae  de  Toxa,  et 
accessimus  ad  abbatiam  Sancti  Heliae2  de  Spelunca  de  Niclicona,  in  quo 
invenimus  t«/*lum  unum  monachum  graecum  ordinis  Sancti  Basilii. 

Die  3o  aprilis  visitavimus  monasterium  Sanctad  Mariae  de  Trinsoni, 
ubi  invenimus  unum  monachum  tantum  et  ecclesiam  satis  bene  orna- 
tam  et  monasterium  competenter  edificatum. 

Eodem  die  discessimus  a  dicto  monasterio,  et  accessimus  ad  mo- 
nasterium Sancti  Bartholomei  de  Trigoni  de  Cinopoli,  ubi  invenimus 
abbatem  Julium  Violante  et  quosdam  monachos,  et  ecclesiam  antiquam 

1.  Nicodemiœ  ms. 

2.  Hiliœ  ms. 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES.  m 

satis  bene  ornatam.  Item  invenimus  aliam  ecclesiam  e']usdem  Sancti 
Bartholomei  Veteris  cura  una  domo  in  qua  dicunt  quod  Sanctus  Bar- 
tholomeus  abbas  per  aliquod  tempus  moratus  est. 

Eodem  die  discessimus  a  monasterio  Sancti  Bartholomei,  et  acces- 
simus ad  monasterium  Sancti  Joannis  de  Castagnieto  diœcesis  Regien- 
sis,  ubi  invenimus  tantum  unum  monachum  latinum  Sancti  Dominici, 
qui  erat  ibi  capellanus  pro  Joanne  de  Cava  abbate  commendatario, 
et  invenimus  ecclesiam  maie  tractatarn  sine  ornamentis  et  cultu  di- 
vino. 

Die  p/vraa  maii  discessimus  a  monasterio  S.  Joannis  de  Castanieto, 
et  accessimus  ad  monasterium  Sancti  Martini  de  la  Messa,  ubi  non 
invenimus  abèatem  qui  erat  Jacobus  Caraziolus,  et  ibi  invenimus 
ecclesiam  coopertam  et  satis  bene  ornatam. 

Die  primo  maii  i5>i  discessimus  a  monasterio  Sancti  Martini  Dra- 
messa,  et  accessimus  ad  monasterium  Sanctx  Phebroniae  monialium 
ordinis  Sancti  Basilii,  ubi  non  invenimus  nisi  speluncam  latronum 
et  ecclesiam  ac  loca  regularia  inhabitata  et  ex  parte  diruta,  quod 
monasterium  [diu]  abbatissa  cum  monialibus  olim  diu  habitaverant, 
sed  ab  annis  circiter  quinquaginta  dictum  monasterium  deseruerant  ; 
ibi  erant  presbiteri  graeci  qui  predictis  monialibus  missas  et  officia 
cantabant. 

Eodem  die  discessimus  a  dicto  monasterio  Sanctœ  Phebroniae,  et 
accessimus  ad  ecc/<?.r/V/m  Sancti  Salvatoris  de  Calanda. 

Die  ria  maii  discessimus  ab  ecclcsia  Sancti  Salvatoris  de  Calanda,  et 
accessimus  ad  monasterium  Sancti  Coni  de  Flumare  de  Muro,  ubi 
non  invenimu's  monachos  ;  invenimus  ecclesiam  parvam  ad  usum  Grae- 
corum  ornatam  et  constructam. 

Die  eodem  discessimus  a  predicto  monasterio  Sancti  Coni,  et  acces- 
simus ad  monasterium  Sancti  Salvatoris  de  Calameno  supra  la  Motta 
Russa,  ubi  non  invenimus  monachos. 

Eodem  die  discessimus  a  pvedicto  monastem»,  et  accessimus  ad  mo- 
nastéf/vwm  Sanctse  Dominicae  de  Galligo,  ubi  invenimus  tantum  echo- 
noraum  secularum. 

Die  3a  maii  discessimus  a  predicto  monaste/vo  Sanctx  Dominicae,  et 
accessimus  ad  monaste/v*«m  Sanctorum  40  in  Regio  civitate  monialium, 
ubi  invenimus  ab^atissam  et  aliam  monacham  cum  aliis  quibusdam 
novitiis  et  ecclesiam  parvam. 

Eodem  die  discessimus  a  predicto  monasterio,  et  accessimus  ad 
monaste/vwm  momalium  Sanctœ  Anastasiae,  et  invenimus  ibi  abbatis- 
sam  cum  3  monialibus. 

Eodem  die  discessimus  a  predfcfo  monasterio  et  accessimus  ad 
monaste/vV/m  Sancti  Basilii  monialium,  ubi  invenimus  abbatissam  et 
duas  moniales  et  ecclesiam  satis  ornatam. 

Die  3°  maii  discessimus  a  predicto  monasterio  et  accessimus  ad 
monaste/vwm  Sancti  Nicolai  de  Calamista,  ubi  invenimus  priorem  et 


I  I  2 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


alium  monachum  grsecum  cum  uno  diacono  et  cum  uno  procuratore 
dictas  abbatiae,  et  quod  ibi  celebrabatur  ritu  graeco,  et  quod  ecclesia 
non  erat  bene  ornata. 

Die  7a  maii  discessimus  a  predicto  monasterio,  et  venimus  ad  mo- 
n&sierium  Sanctx  Mariae  de  Tarreto,  ubi  invenimus  tantum  econo- 
mum  secularem  pro  abbate  commendatario  Joanne  Francisco  Cara- 
cbiolo,  et  invenimus  ecclesiam  bene  ornatam  ad  usum  graecum. 

Die  6a  maii  discessimus  a  predicto  monasterio,  et  venimus  ad  mo- 
nasterium  Sanctx  Marias  de  Trapizomata,  ubi  nec  invenimus  mona- 
chos  nec  abbatem  sed  tantum  unam  fœminam  quae  erat  uxor  cujusdam 
presbiteri  graeci  qui  dictae  ecclesiae  serviebat,  quae  parata  erat  ad 
usum  ecclesiae  graecae. 

Eodem  die  discessimus  a  àicto  monasterio,  et  venimus  ad  monaste- 
rium  Sancti  Philippi  de  Mirrisii  prope  Mottam  Sancti  Joannis,  ubi 
invenimus  abbatem  monachum  graecum  nomine  Barnabam  Catanusum 
cum  duobus  aliis  monachis  graecis,  et  invenimus  ecclesiam  bene 
ornatam,  et  quod  in  ea  fiebat  cultus  ad  usum  ecclesiae  graecae. 

Die  7a  discessimus  a  predicto  monasterio,  et  accessimus  ad  mona- 
sterium  Sancti  Joannis  Theologi  in  Motta  Sancti  Joannis,  ubi  non  inve- 
nimus monachos  sed  tantum  unum  presbiterum  qui  dictae  ecclesiae 
serviebat,  quae  ecclesia  parum  erat  ornata  et  in  malo  statu. 

Eodem  die  discessimus  a  dicto  monasterio,  et  venimus  ad  monaste- 
rium  Sa7îcti  Anthonii  de  lo  Campo,  quod  invenimus  in  malo  statu, 
ecclesiam  non  coopertam,  et  alia  loca  regularia  quasi  diruta. 

Eodem  die  discessimus  a  prefato  monasterio,  et  venimus1  ad  mona- 
sterium  de  Valle  Tuchii,  ubi  invenimus  abbatem  cum  uno  presbitero 
greco  et  uno  procuratore,  et  ecclesiam  satis  ornatam  et  ad  usum 
ecclesiae  grecae. 

Die  8a  maii  discessimus  a  predicto  monastew'o,  et  venimus2  ad  mo- 
nasterium  Sanctx  Catharinae  de  Sancto  Laurentio  diœcesis  Bovensis, 
ubi  invenimus  abbatissam  cum  4  monialibus,  et  ecclesiam  bene  orna- 
tam cum  ornamentis  et  libris  ad  usum  grecum. 

Eodem  die  discessimus  a  predicto  monasterio,  et  venimus  ad  mo- 
naste/v'wm  Sanctx  Mariae  de  Pergolis  suptus  Sanctum  Laurentium,  ubi 
invenimus  tantum  unum  diaconum  grecum. 

Eodem  die  et  venimus  ad  monastevvwm  Sancti  Phantini  suptus 
Sanctum  Jjaurentium,  et  invenimus  monaster/wm  quasi  destructum 
et  maie  tractatum  et  sine  ullo  monacho. 

Die  9a  maii  discessimus  a  dicto  monaste/vo,  et  venimus  ad  mona- 
sterium  Sanctx  Mariae  de  Tridetti  juxta  Mottam  Boccalinam  diœcesis 
Geratiensis ,  et  invenimus  desolatum,  et  in  eo  non  invenimus  nisi 
juvenem  unum  secularem  ;  ecclesia  erat  sine  orname/ztis  et  quasi  spe- 
lunca  latronum  et  animalium. 

1.  Invenimus  ms. 

2.  Invenimus  ms. 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


n3 


Ivimus  postea  ad  monast<?/7*«m  Sancti  Nicolai  de  Pratu,  quod  etiam 
in  pejori  statu  invenimus  quam  illud  de  Tridetti. 

Die  na  maii  i55i  discessimus  a  ipredicto  monasterio,  et  venimus  ad 
monaste/vum  Sancti  Philippi  de  Arino  juxta  civitatem  Hierasensem, 
quod  invenimus  desolatuni  et  sine  uno  monacho. 

Eodem  die  discessimus  a  yredicto  monasterio,  et  accessimus  ad 
monaste/vwm  monialium  S.  Annae  de  Hierace  seu  Sancti  Pantaleonis, 
ubi  invenimus  abbatissam  cum  quatuordecim  monialibus,  et  inveni- 
mus quod  celebrabatur  officium  graeco  ritu1,  sed  quod  abbatissa  pe- 
tierat  a  summo  pontifice  ut  possent  celebrare  et  officium  facere  ad 
usum  ecclesise  latinae. 

Die  i2amaii  discessimus  a  monaste/v'o  Sanctae  Mariae  de  Matinea, 
et  venimus  ad  monasterium  Sancti  Blasii,  quod  est  grangia  Sancti 
Nicodemi  de  Monmola  ;  sed  non  fuimus  ad  Sanctum  INicodemum  quia 
erat  in  monte  alto  ubi  sunt  plures  latrones  ;  invenimus  autem  àictum 
monasterium  Sancti  Blasii  maie  tractatum  et  desolatum,  in  quo  monas- 
terio  erat  abbas  Joannes  de  Arena  protopapa  et  abbas  Matheus  Bar- 
letta  et  duos  capellanos. 

Die  na  octobris  accessimus  ad  monasterium  Divi  Gregorii  de  Stal- 
dati,  ubi  invenimus  abbatem  unum  presbiterum  latinum  et  unum 
monachum  diaconum  ;  ibi  est  sepulchrum  Divi  Gregorii  et  fiunt  multa 
miracula.  Sunt  etiam  ibi  multae  reliquiae.  Hujus  abbatiae  erat  abbas 
commendatarius  Tiberius  Canossa,  qui  babebat  sacerdotes  latinos  ad 
officium  celebrandum  usquedum  possit  habere  graecos. 

Die  i  ia  octobris  venimus  ad  S.  Mariam  de  Veteri  Squillatio,  quae  est 
abbatia  et  nèn  eccl^/a  parochialis,  quae  etiam  vocatur  Episcopatus 
Squillasensis.  Juxta  Sanctxxm  Basilium  de  Camardi  est  abbatia  antiqua 
quae  erat  justa  mare,  sed  per  timorem  Turcarum  abbas  Marcus  An- 
thonius  Armogica  fecit  unam  grangiam  sub  casali  Stalatti,  et  vocavit 
moiîaste/v'«m  Sancti  Gregorii. 

Die  eodem  accessimus  ad  monaste/7«m  iprédictum  de  Veteri  Squil- 
latio quod  distat  parum  a  littore  maris.  Vidimus  altare  nudum  et 
sine  vestimentis,  mûri  ecclesix  erant  depicti2  diversis  sanctis,  sed 
erat  sine  porta  et  maie  tractata  quia  non  poterat  habitari  propter  in- 
vasionem  piratarum.  In  dicta  ecclesin  celebra/ztur  3  missae  qualibet 
hebdomada.  Abbas  est  bomo  bonœ  vitae  solitus  quotidie  dicere  offi- 
cium, et  est  presbiter  et  solet  aMquanâo  celebrare  missam. 

Die  i2a  octobris  accedimus  ad  monasterium  de  Magliotis,  et  inve- 
nimus ibi  tantum  duos  capellanos  pro  Domino  Alexandro  de  Puxis 
florentino  abèate,  qui  manet  Florentiao,  et  invenimus  ecclesiam  maie 
ornatam,  et  quod  non  celebratur  officium  divinum,  nec  erat  s^ctis- 
simum  sacramentum  in  ecclesia,  et  precepimus  abbati  ut  faceret 

î.  Gregoitu  ms, 
2.  Depenti  ms. 

8 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


celebrare  ofïicium  a  sacerdotibus  latinis  usquedum  mitti  possint  mo- 
nachi  greci. 

Eodem  die  discessimus  a  predicto  monasterio,  et  venimus  ad  monas- 
terium  Sancti  Angeli 1  de  Maida,  quod  distat  a  casali  Curtali  unum 
milliare,  et  invenimus  ibi  tantum  duos  capellanos  ;  ecclesia  erat  fabri- 
cata  ad  usum  Graecorum,  sed  maie  tractata,  habebat  enim  ornamen- 
ta  de  filo,  calicem  de  stagno,  etc.  Et  precepimus  abbati  ut  faceret 
celebrare  ofïicium,  et  infra  aimum  faceret  fabricare  domos  et  habita- 
tiones  dicti  monasterii,  et  emeret  calicem  de  argento,  et  recuperare 
faceret 2  census  et  terras  dicti  monastmi  quae  a  laicis  occupantur, 
ne  defraudaretur  ^redictum  monasterium. 

Die  i5  octobris  discessimus  a  predicto  monaste/vo,  et  veuimus  ad 
monast<?/7«m  S.  Maria?  de  la  Carra,  in  quo  non  invenimus  neque 
abbatem  neque  procuratorem,  sed  quosdam  homines  custodientes 
boves  et  alia  animalia.  Vidimus  dictam  ecclesiam  antiquam  fabricatam 
more  Grœcorum,  sed  desolatam  et  altaria  discooperta  et  sine  ornamen- 
tis.  Est  abbas  dicfœ  ecclesixKus  abbas  Ziscari,  qui  manet  in  monaste/7'0 
Divi  Ac?riani,  quod  monasterium  est  ordinis  Sancti  Basilii  :  est  homo 
morigenatus  bonae  vitae  et  famœ.  Tpse  et  capellani  duo  tenentur  servire 
dictae  ecclesiœ,  sed  ob  timorem  latronum  non  possunt  in  dicta  abba- 
tia  man ère. 

Eodepi  die  discessimus  a  dicto  monasterio,  et  venimus  ad  visitan- 
dum  abbatiam  Sanctœ  Catharinae  de  Motta  Faluca,  quod  distat  parum 
a  monasterio  ^redicto  de  la  Carra,  et  invenimus  dictam  abbatiam 
Srtrcctae  Catharinœ  discoopertam  et  ruinai  deditam  sine  aliqua  habita- 
tione  :  ubi  non  invenimus  neque  procuratorem  neque  capellanos, 
vidimus  altare  nudum  et  sine  ornamentis. 

Die  16  octobris  1 55 1  accessimus  ad  monasterium  Sancti  Angeli  de 
Tiriolo,  quod  distat  ab  ipsa  terra  Tirioli  per  jactum  unum  balistœ  : 
ubi  non  invenimus  abbatem  neque  procuratorem,  et  vidimus  dictum 
monast<?/  /«m  cum  ecclesia  tantum  sine  habitationibus  ;  et  ecclesia  erat 
sine  ornamentis,  mûri  ecclesiœ  sunt  depicti  diversis  imaginibus  Sa?ic- 
torum.  Erat  abbas  ejusdem  abbatiœ  Rus  D.  Cardlis  Saverrus. 

Die  17  octobris  accessimus  ad  monast.  Divi  Leonardide  Catanzaro, 
quod  distat  a  dicta  civitate  medio  milliari,  et  est  in  optimo  loco  posi- 
tum  bene  ornatum  et  fabricatum  fabricis  novis,  templum  depictum  est 
diversis  picturis  et  albis.  Vidimus  abbatem  Joannem  Barbamvocam 
et  3  capellanos  :  abbas  est  bonae  famae,  sobrius,  et  continuo  solet  cou- 
versari3  in  dicto  monastcv  /o,  eleemosinarius  et  solitus  dicere  ofïicium. 

Die  19  ejusdem  mensis  accessimus  ad  visitandum  monasterium  S. 
Mariae  de  Pesaca,  quod  distat  a  civitate  Taberna4  3  milliaribus  et  est  in 

r.  Angiri  ms. 

1.  Haberet  ms. 

S.  Conversatio  ms. 

4.  rl  abenna  ms. 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


optimo  loco  positum  :  ibi  invenimus  Dominum  Joannem  Bap.  de  Gilio 
et  alios  capellanos,  et  precepimus  abbati  Nicolao  Francisco  Maricola, 
qui  tenet  dictam  abbatiam  in  commenda,  ut  œdifîcia  reparari  et  offi- 
cium  fieri  quotidie  procuret. 

Die  2oa  ejusdem  mensis  accessimus  ad  visitandum  abbatiam  Sancti 
Nicolai  de  Bruxitano,  quod  distat  a  civitate  Primiliani  medio  milliari  ; 
in  optimo  loco  positum  est.  Ibi  invenimus  procuratorem  Vincentii 
Vercelli  abbatis  commendatarii  dicti  monastem,  in  quo  quotidie  cele- 
brantur  missœ  3  aut  quatuor. 

Die  22a  decembris  1 553  visitavimus  monast.  Sa/tcti  Basilii  de  Lat- 
torre,  et  precepimus  ut  bona  dicti  monasterii  a  laicis  occupata  recu- 
perarentur,  ut  ibi  fieri  possit  divinum  officium. 

Die  p/v'mo  decembris  1 551  Rus  Pater  Dominus  Marsellus  Terracina 
archimandrita  et  abbas  Sancti  Pétri  cum  aliis  accesserunt  ad  ecclesium 
Sanctx  Maria?  de  Loviso  ordinis  S.  Basilii  juxta  terram  Rozarani  et 
flumen  qui  dicitur  Metramo,  et  invenerunt  ibi  quemdam  cîericum  se- 
cularem  ignorantem  et  quosdam  custodientes  porcos.  Erat  abbas 
commendatarius  dicti  monastc/ii  Rmu*  Guido  Cursinus.  Et  invenerunt 
dictam  abbatiam  maie  gubernatam  circa  cultum  divinum  nullo  mona- 
cho  existente  circa  celebrationem  missarum,  invenerunt  lampadem 
sine  oleo. 

[Suit  la  liste  des  abbayes  basiliennes  de  Calabre  telle  qu'elle  a  été  publiée  par 
Montfaucon  :] 

/  ABBATIS  ordinis  sancti  basilii. 


Sancti  Joannis  de  Stilo. 

S.  Basilii  de  Ture  de  Patula. 

S.  Maria?  de  Vito  Rosarni l. 

S.  Maria?  de  Melicovo  grangia2. 

S.  Nicolai  de Taurigliano  grangia. 

S.  Salvatoris  de  Chilena. 

S.  Eli  a;  de  Galatro. 

S.  Nicodemi  de  Galatro  grangia. 

S.  Maria?  de  Molochi  superiori. 

S.  Nicolai  de  Molochi  grangia 

Sanctx  Marix. 
S.  Philareti  de  Seminaria. 
S.  Joannis  de  Lauro. 
S.  Fantini  de  Seminaria. 
S.  Maria;  de  Toxa. 


S.  Eliae  de  Spelunca3  de  Mulicovo. 
S<7/?ctae  Maria?  de  Trizoni. 
S.  Bartliolomsei  de  Trizoni. 
S.  Joannis  de  Castagredo. 
S.  Martini  de  la  Messa. 
S.  Febronia?  monialium. 
S.  Salvatoris  de  Calanna. 
S.  Coni  de  flumare  de  muro. 
S.  Salvatoris  de  Calomeno. 
|  S.  Dominica  de  Galligo. 
SS.  Quadrag//?tamrm.  monialium. 
S.  Maria?  de  Gangemi. 
S.  Anastasiae. 
S.  Basilii  monialium. 
Sancti  Nicolaij  de  Calamizza. 


1.  Basarmi  ms. 

2.  Granpa  ms. 

3.  Pelunca  ms. 


1x6  PIÈCES  JUSl 

S.  Mariae  de  Turebo. 

Sanctx  Maria?  de  Trapezometa. 

S.  Philippi  de  Ynitii. 

S.  Joannis  Theologi. 

S.  Anthonii  de  campo. 

S.  Angeli  de  valle  ïucchi. 

S.  Catharinae    de   S.  Laure/tf/o 

monialium1. 
S.  Mariae  de  Pergolis  2. 
S.  Fantini  de  Sancto  Laurentio. 
S.  Mariae  de  Trindetti. 
S.  Nicolai  de  Prato. 
S.  Philippi  de  Hierace. 
S.  Annae  de  Hierace  monial/wra.  j 


IFICATIVES. 

S.  Maria?  de  Mantinea. 

S.  Pantaleonis  monial/wm. 

S.  Venerae  monialzwm. 

S.  Blasii  de  Mammola  grangia 

Sancti  Nicodemi. 
S.  Gregorii  de  Staltatei. 
S.  Mariae  de  Vetero  Squillacio. 
S.  Nicolai  de  Magliotis. 
S.  Catharinae  de  Motta  Falucca. 
S.  Angeli  de  Tïriolo. 
S.  Leonardi  de  Cantazaro. 
S.  Mariae  de  Pesaca. 
S.  Nicolai  de  Buscitano. 


IN  ALIO   LIBRO  REPERIUNTUR  SEQUENTIA  MONASTERIA. 


S.  Mariae  de  Patirio  Rossanen. 
S.  Andriani  Rossanen4. 
S.  Eliae  Carbonen. 
S.  Laurentii  de  Arenis  Mileten. 
SS.  Pétri  et  Pauli  de  Ciano  Mile- 
ten. 

S.  Onuphrii  de  Chaos  Mileten. 
S.  Mariae  de  Rovito  Mileten. 
S.Philareti  de  Seminaria  Mileten. 

Quae  monasteria  adhuc  hodie 


S.  Nicodemi  de  Mammola  Mile 
ten. 

S.  Eliae  de  Melicocca  Mileten. 
S.  Bartholomaei  de  Trigona  Mile 
ten. 

S.  Joannis  de  Castagneto  Rhegi 
nen. 

S.  Mariae  de  ïrapezometha  Rhe 
ginen. 

extant  et  sunt  commendata. 


1 .  Nunial  ms. 

2.  Pcrgolii  ms. 

3.  Frangia  ms. 

4-  Crocianen  ms. 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


it7 


m 


CENSIER 
DU   DIOCÈSE   DE  ROSSANO 

XVe  SIÈCLE 

Cette  pièce  est  copiée  sur  un  feuillet  libre  (fol.  8)  d'un  psautier  grec-latin  ayant  appar- 
tenu à  la  cathédrale  de  Rossano,  Barberinus  V,  37.  La  main  qui  l'a  copiée  est  la  même 
qui  a  inscrit  au  fol.  100  du  même  ms.  :  «Mémento  dne  famuli  tuy  Antonii  Randa  vi- 
carii  ecclie  rossanensis  ano  dni  m0  CCCC0  XXXVII0.  »  Je  dois  la  transcription  de  cette 
pièce  à  M.  Edouard  Jordan,  membre  de  l'Ecole  Française  de  Rome. 


TAXA  DECIME  PAPALIS   ECCLESIE  ROSSANENSIS  ET  EIUS    DIOCESIS  VIDELICET. 


Dora/nus  archiep/^ojDus  tenetur  solvere  pro  décima 

uncias  très  :  une.  III. 

Capitulus  maioris  ecclesie  tenetur  solvere  unicam 

unciam  et  tarenos  sex  :  une.  1.  tr.  VI 

Archimandrita  Sancte  Marie  de  Patiro  tenetur  sol- 
vere uncias  quatuor  :  une.  IV. 

Archimandrita  Sancti  Andriani  tenetur  solvere  un- 
cias très  j  une.  III. 

Abbas  Corigl/ani  tenetur  solvere  tarenos  quinde- 

cim  :  tr.  XV. 

Abas  Josafat  tenetur  solvere  tarenos  decem  et  octo  :  tr.  XVIII. 

Abas  Ligoni  tenetur  solvere  tarenos  quindecim  :  tr.  XV. 

Abas  Caloveti  tenetur  solvere  tarenos  sex  :  tr.  VI, 

Abas  Militini  tenetur  solvere  tarenos  duos  :  tr.  II. 

Abas  Paludis  tenetur  solvere  tarenos  très  :  tr.  III. 

Terra  Coriliani  tenetur  solvere  tarenos  viginti 

septem  grana  duodecim  tr. XXVII  gr. XII 

Terra  Sancti  Mauri  tenetur  solvere  tarenos  novem  :  tr.  VIIII. 

Terra  Nove  tenetur  solvere  tarenos  novem  :  tr.  VQII. 

Terra  Tarsie  tenetur  solvere  tarenos  sexdecim  :  tr.  XVI. 

Casale  Paludis  tenetur  solvere  tarenos  très  :  tr.  III. 

Terra  Cropalati  tenetur  solvere  tarenos  sex  :  tr.  VI. 

Mon.  Caloveti  tenetur  solvere  tarenos  très  :  tr.  III. 

Mon.  Tarsie  tenetur  solvere  tarenos  très  :  tr.  III. 

Terra  Calopethiarum  tenetur  solvere  tarenos  de- 
cem :  tr.  X 

Terra  Petrapaule  tenetur  solvere  tarenos  decem  :  tr.  X 

Terra  Buchigleri  tenetur  solvere  tarenos  très  :  tr.  TU 


u8  PIECES  JUSTIFICATIVES. 

Terra  Campani  tenetur  solvere  tarenos  undecim  :  tr.  XI. 
Terra  Longobucbi  tenetur  solvere  tarenos  septem 

cum  dimidio  :  tr.  VII 
Casale  Sancti  Marceli  Scala  et  Terra  Vechia  tenen- 

tur  solvere  tarenos  decem  :  tr.  X. 

S.  Georgius  tenetur  tarenos  quatuor  cum  dimidio  :  tr.  IV  1/2. 
Beneficium  hone  mcmorie  Allibergii  tarenos  quatuor 

cum  dimidio  :  tr.  IV  1/2. 

Beneficium  Basilice  tenetur  tarenos  duos  :  tr.  II. 


IV 

INVENTAIRE 
DES  MANUSCRITS  DE  SAINTE-MARIE  DE  GROTTA  FERRATA 

XVe  SIÈCLE 

Extrait  de  l'inventaire  des  meubles  de  ladite  abbaye  dressé  pour  le  cardinal  Bessa- 
rion,  commendataire,  en  1462.  Je  dois  la  copie  de  cette  pièce,  tirée  du  Cryptensis 
Zy  8,  XII,  à  l'obligeance  de  dom  Ant.  Rocchi,  archiviste  de  Grotta  Ferrata.  Original. 

1.  Unum  misale  latinum  coopertum  de  tella  blanca. 

1.  Unum  misale  latinum  manuale. 

9.  Novem  evangelistarios  grecos  sex  coopertos  et  très  non 
coopertos. 

2.  Duo  epistularia  coperta. 

4.  Quatuor  psalteria  tria  coperta  et  unum  non. 
12.  Duodecim  minea  totius  anni. 
1.  Unum  mineum  mensis  decembris  prophetae  Naum. 

1.  Unum  mineum  augusti  copertum. 

2.  Duos  libros  prophetarum. 

3.  Tria  triodia  totius  anni. 

4.  Vitam  S.  Basilii  copertam. 
2.  Duo  catanictica. 

2.  Duos  diapolitos. 

2.  Duos  theologos  non  coopertos. 

2.  Duo  stichinaria. 

1.  Unum  chinonicon. 

1.  Vitam  S.  Basilii  non  copertam. 

2.  Duos  libros  Crisostomi  super  Mattheum. 
1.  Crisostomum  super  Johannem. 

1.  Omilias  Crisostomi  copertas. 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


i.  Legendarium  Crisostomi  de  vita  Gregorii. 

i .  Legendarium  Crisostomi  in  quatragesima. 

i.  Sermones  Crisostomi  super  circumcisionem  coopertos. 

i.  Pontificale  Crisostomi  copertum. 

i.  Sermones  Gregorii  Nazianzeni. 

i .  Vitam  Gregorii  copertam. 

i.  Epistulas  Gregorii  papae  copertas. 

i.  Unum  librum  Machabei  mensis  augusti 

i.  Unum  librum  prophetae  Jeremiae  mensis  maji. 

i.  Unum  legendarium  junii. 

i.  Unum  legendarium  aprilis. 

i  Unum  legendarium  Simonis  tuendi  mandra  mensis  septembris 
non  copertum. 

i.  Unum  legendarium  Isaachi  copertum. 

i.  Legendarium  omnium  sanctorum  mensis  octobris  coopertum. 

i.  Legendarium  S.  Barbarae  mensis  decembris  copertum. 

1.  Legendarium  S.  Maximi  de  vita  sanctorum  copertum. 

i.  Legendarium  martirum  mensis  octobris  copertum. 

i.  Legendar.  omnium  sanctorum  sine  principio  non  copertum. 

i.  Legendar.  omnium  martirum  coopertum. 

i .  Unum  curnentum  evangeliorum. 

i.  Unum  Damascenum  copertum. 

i.  Unum  librum  Joannis  elachistœ  et  Damasceni  non  copertum. 

i.  Unum  librum  Joannis  Climachi  coopertum. 

i.  Unum  librum  Gregorii  theologi  non  coopertum. 

i.  Unum  librum  Tbeodori  episcopi  non  copertum. 

i.  Unum  librum  Jacobi  apostoli  super  Apocalipsim  coopertum. 

i.  Unum  de  expositionc  proplietiarum. 

i.  Secundum  librum  S.  Leondi  presbyteri  coopertum. 

i.  Epistolas  Isidori  copertas. 

3.  Très  libros  de  vita  sanctorum  duos  copertos  et  unum  non. 

i.  Varnaam  de  vita  sanctorum  non  copertum. 

i.  Vitam  S.  Andreae  copertam. 

Vitam  S.  Bartholomaei  copertam. 

Vitam  SS.  Patrum  non  copertam. 

Vitam  S.  Nili  coopertam. 

Prologum  SS.  Patrum  non  coopertum. 

Policarpum  episcopum  Efesii  coopertum. 

Theopbanem  super  evangelia  Marci  coopertum. 

Sermones  Isirici  et  Isachi  non  copertos. 

Canones  apostolorum  non  copertos. 

Canones  Istagii  et  Theofani  coopertos. 

Epistulas  ad  Jacobum  apostolum  non  copertas. 

Erotbimata  megala  coperta. 

Librum  Theosdemitu  non  copertum. 


120 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


Propbetias  Zachariae  et  Malachie  copertas. 

Istoriam  S.  Sabe  copertam. 

Istoriam  sanctorum. 

Evangelia  domenicaria  non  coperta. 

Unum  exiodum  anticum  non  ligatum. 

Unum  librum  orationum  domenicalium  copertum. 

Unum  librum  cerimoniarum. 

Unum  librum  cantus  copertum. 

Unum  librum  de  vita  monastica. 

Unum  ordinarium  copertum. 

Unum  orologium  copertum. 

Unum  propliitico  non  copertum. 

Unum  stichinale  copertum. 

Duos  libros  anastasimi  unum  copertum  et  alium  non. 
Unum  paracliticon  copertum. 

Circa  viginti  volumina  librorum  sine  principio  et  maie  ordinata. 


V 

INVENTAIRE 
DES  MANUSCRITS  DE  SAINT-ÉLTE  DE  CARBONE 

XVIIe  SIÈCLE. 

L'original,  qui  appartenait  à  l'archive  du  couvent  de  Saint-Basile  de  Urbe>  est  perdu, 
et  il  n'en  existe  qu'une  copie  moderne,  Cryptensis  Z,  S,  XXXIX. 

INVENTARIO   DELL!  LIBRI   GRECI  ET  LATINI   CHE   91  RITROVANO 
NELL'   ARCHIVIO  ABBATIALE  DI   S.    ELIA  DI  CARBONE. 

1.  In  primis  uno  libro  di  epistole  di  S.  Geronimo  latino. 

2.  Item  un  testamento  greco. 

3.  Item  un  thomo  di  prediche  in  greco  intitolato  Cata  ta  erga. 

4.  Item  un  thomo  de  prophétie  greche. 

5.  Item  un  libro  mineo  del  mese  d'ottobre, 

6.  Item  un  altro  di  novembre. 

7.  Item  un  altro  mineo  di  marzo,  aprile  et  maggio. 

8.  Item  homélie  di  santo  Théodore- 

9.  Item  un  altro  mineo  di  giugno,  luglio,  agosto. 

10.  Item  una  legenda  di  San  Basilio. 

1 1 .  Item  un  triodion  quadragesimale 
l'i.  Item  un  evangelista. 


PIÈGES  JUSTIFICATIVES. 


12  1 


i3.  Item  un  paracliticon. 

i4-  Item  un  espositione  d'evangelio. 

15.  Item  un  ordinatione  delli  apostoli. 

16.  Item  un  altro  mineo  di  décembre  et  gennaro. 

17.  Item  u-n  anastasimo. 

18.  Item  una  regola  di  San  Basiiio. 

19.  Item  un  festivo. 

20.  Item  le  regole  di  San  Basiiio. 
ai.  Espositione  di  San  Basiiio. 

22.  Legenda  de  santi. 
28.  L'atti  delli  apostoli. 

24.  Un  mineo  di  décembre. 

23.  Vita  de  santi  padri. 

26.  Sermone  sopra  de  profeti  et  S.  Gio.  Crisostomo. 

27.  Uno  psalterio. 

28.  La  natività  de  N.  S.  Jesu  Xpi. 

29.  Titolo  de  rubriche  di  Costantino  Lascari. 

30.  Nativitas  cum  officio  B.  Virginis  Maria?. 

31.  Vocabolario  greco. 

32.  Un  altro  pezzo  de  psalterio. 

33.  Oratio  de  Sant  Afremme  intorno  al  digiuno. 

34.  Un  contacion. 

35.  Stichirarion. 

36.  Vita  di  90  monaci. 

37.  Oratione  di  San  Gio.  Crisostomo  sopra  la  peccatrice. 

38.  Il  prijtao  volume  dell'epistole  de  S.  Giovanni. 

39.  Il  testamento  novo. 

40.  Oratione  di  S.  Gio.  Crisostomo. 

41.  Un  mineo  del  mese  di  gennaro. 

42.  Un  mineo  de  marzo. 

43.  Un  mineo  de  décembre. 
44  •  Una  parte  del  triodion. 

45.  Testamentum  novum. 

46.  Senaxario. 

47.  Un  volume  de  dottrina. 

48.  Opéra  de  grammatica. 

49.  Vita  de  santi  padri. 

50.  Canoni  delli  apostoli  coll'espositioni. 

51.  Uno  evangelista  in  carta  bombecina. 

52.  Un  catanicticon. 

53.  Sermone  de  San  Basiiio  sopra  li  salmi. 

54.  Un  quadragesimale  alias  triodion. 

55.  Un  mineo  de  febraro. 

56.  Vita  de  santi. 

57.  Vita  et  fatti  de  Saba  sacerdote  padre  nostro  antiquo. 


ii  PIÈGES  JUSTIFICATIVES. 

58.  Mineo  de  febraro. 

59.  XV  antino. 

60.  Gontachion  in  ottavo. 

61.  Vita  de  santi  padri. 

62.  Sticherarion. 

63.  Vita  de  santi  martiri  Vito,  Crescentia  et  Modesto. 

64.  Testamento  novo. 

65.  Sermone  avanti  la  Pentecoste. 

66.  HistoriadeS.  Maria  Egîptiacn. 

67.  Grammatica  sopra  la  prosodia. 

68.  Oratione  di  S.  Gio.  Grisostomo. 

69.  Sermone  di  S.  Greg.  archiep.  Const. 

70.  Messale  greco. 

7 1 .  Esposition  sopra  li  psalmi. 

72.  Regoledi  San  Basilio  in  alia. 

73.  A.tti  delli  apostoli. 

74.  Psalterio  in  ottavo. 

75.  Homilia  sine  principio. 

76.  Vita  de  santi  padri. 

77.  Orationi  intorno  al  digiuno. 
78  Espositione  deU'evangelio. 

79.  Un  sinaxario. 

80.  Triodion  quadragesimale. 
8r.  Esortativa  de  santi  padri. 

82.  Oratione  de  santo  Efïrem. 

83.  Una  grammatica  de  prosodia. 

84.  Orationi  de  santo  Epifanio. 

85.  Sermone  di  S.  Gio.  Grisostomo. 

86.  Esposition  délia  croce. 

87.  La  prima  parte  delli  biblion. 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES 


12*3 


VI 

INVENTAIRE 
DES  MANUSCRITS  DE  SAINT-PIERRE  D'ARENA 

XVIe  SIÈCLE 

Extrait  de  l'inventaire  des  meubles  de  ladite  abbaye  dressé  pour  Bernardin  de  Men- 
doza,  commendataire,  en  1579.  L'original  de  cet  inventaire  appartient  aux  Archives  du 
Vatican,  dossier  Basiliani  (sans  cote)  :  il  a  pour  titre  Liber  spiritualium  rerum  abba- 
ciie  Sancti-Petri  in  Spina,  casalis  Chiani  melitensis,  et  pour  auteur  le  licentiatus 
Christophoms  de  Cuença  hispanus  visitator  abbatise  et  ecclesise  Sancti-Petri  de  Arena. 


INVENTARIO  ET  ROBE   INVENTORIATE  CHE   SE  TROVANO   IN  LA  ABBACIA 
DI  SANCTO   PIETRO   SPINA  DI  ARENA... 


Li  libri  greci  de  la  predita  ecclesia. 

Imprimis  uno  missale  greco. 

1 1 . 

Item  undeci  libri  in  pergameno  nominati  evangelistari. 

4. 

Item  quatro  libri  de  epistola. 

3. 

Item  tre  piezi  de  libri  de  profecia. 

5. 

Item  £inco  piezi  del  salmista. 

1. 

Item  dui  piezi  de  triode. 

1. 

Item  dui  piezi  di  libri  festivi. 

6. 

Item  sei  piezi  de  emineis. 

3. 

Tre  piezi  de  anastissimo. 

2. 

Item  dui  piezi  de  strigeraro. 

1 . 

Item  uno  piezo  di  libro  tripico. 

Item  un  cathanitico. 

Item  uno  paraclitico. 

3. 

Tre  piezi  de  sinaxari. 

1 . 

Uno  eclogo. 

Uno  pezoto  de  missale. 

46.' 

Item  quarentasei  pezi  de  libri  piculi  et  grandi  di  differenti 

autori 

PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


VII 

NOTICE 

DE  QUELQUES  MANUSCRITS  DE  SAINT-PHILARÈTE  DE  SEMINARA. 

XVIe  SIÈCLE 

Cette  pièce  a  été  extraite  du  Parisinus  gr.  3067  (fol.  4-7')'  et  publiée  par  M.  Omont 
dans  la  Revue  des  ètules  grecques,  1888,  p.  1 85  :  je  reproduis  le  texte  d'Omont.  C'est 
nue  quittance  délivrée  par  le  copiste  Jean  de  Sainte-Maure  à  Jean-Pierre  Fallaqua, 
abbé  de  Saint-Philarète,  pour  les  mss.  copiés  par  lui  en  1374. 

Jo  Giovanne  Santamaura,  Cyprioto,  délia  cita  di  Nicoscia,  per  la 
présente  declaro  liavere  scritto  l'infra  nominati  libri  graeci  in  la 
venerabile  habbatia  di  S.  Philareto,  nello  terretorio  di  Siminara. 
quali  era  di  bisogno  a  farse  essendo  et  mancavano  dalla  présente 
venerabile  habbatia,  et  li  reverendi  padri  et  in  detta  habbatia  stanno 
non  potevano  satisfare  lo  culto  divino  ordinariamente  senza  detti 
libri  et  per  tal  effecto  mi  hànno  fatto  scriverli,  videlicet  :  uno  Mis- 
sale  graeco  con  tutte  le  tre  misse  et  allo  ritu  et  usu  graaco  si  soleno  a 
dire  ogniuna  alli  giorni,  et  si  deveno  dire  con  piu  evangelii  et  epistole, 
collecte,  antiphoni  et  altre  cose  necessarie,  et  si  abisognano  alla  misa 
délie  feste  comandate  et  di  piu  altri  santi,  à  detto  Messale  escritto  di 
charta  bastarda  fogli  73,  dico  quinterni  tre.  Ho  scritto  un'altro  libro 
chiamato  in  graeco  Catanyctico,  intra  lo  quale  sonno  certi  canoni 
overo  régule  di  officio  chiamati  catanicticha,  et  in  lingua  italiana  vol 
dire  compassionevoli,  overo  régule  penitentiale,  le  quale  si  solano 
dire  per  ogni  giorno  intra  li  off/cii  dello  matutino.  In  detto  libro  ho 
scritto  di  charta  bastarda  dui  quinterni.  Ho  scritto  i5  giornate  allo 
minio  di  marzo  et  altre  tante  allo  minio  di  magio  de  modo,  et  ho 
scritto  in  detti  dui  minii  de  charta  bastarda  foglii  16,  allo  minio  di 
aprille  haggio  giungiuto  Tofficio  di  S.  Philareto  lo  quale  non  era 
scritto  alli  minii,  ma  era  scritto  separatamente  per  lo  detto  sancto, 
non  era  delli  canonizati  per  essere  stato  pôi  che  serono  canonizati 
li  santi  lo  quale  officio  era  scritto  a  certi  libri  vecchii  et  jo  l'hagio 
scritto  di  novo  et  lo  ho  miso  allo  minio  di  aprille  alli  8  del  detto,  ho 
scritto  di  charta  bastarda  foglii  4,  l'officio  dello  corpo  di  Christo  era 
scritto  a  certi  libri  antiqui  et  jol'haggio  rinovato  et  lo  misi  allo  triodi 
ho  scritto  di  charta  bastarda  foglii  3,  ho  scritto  tre  foglii  di  charta 
allo  psalmista  dove  mancavano  et  hammano  tutti  li  foglii  i5i  et 
hanno  quinterni  6  et  uno  foglio  scritto,  per  lo  quale  mia  fattiga  ho 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


havuto  dal  magnifico  signore  Giovanni  Petro  Fall'aqua  in  denari  con- 

tanti        et  per  la  charta  ancora  et  ho  miso  la  quale  era  la  mia  et 

l'havia  comparato  da  Messina  à  ragione  di  grana  12  lo  quinterno  no- 
vita  di  questo  regno  di  Napoli,  summano  denarii  3,  i3  de  cinnabro 
et  altri  colori  che  nei  abisognaro  per  fare  le  litere  majuschule,  capi- 

versi  et  rubriche  in  detti  libri  d         suma  tutta  d         et  per  fide 

délia  verita  ho  scritto  la  présente  di  mano  mia  et  cosi  mi  intendo 
per  pagato  et  satisfatto.  Da  Siminara,  a  di  2  de  agosto  1374. 


VIII 

NOTICE 

DE  QUELQUES  MANUSCRITS  DE  SAINT-NICOLAS  DE  CASOLE 
xrve-xve  SIÈCLE 

A  la  garde  du  Taurinensis  CCXVI,  b.  ni,  27,  le  P.  Coz/.a  Luzi  a  relevé  une  impor- 
tante série  de  graffites  du  xivc-xvc  siècle,  constituant  une  sorte  de  registres  de  prêt 
des  manuscrits  de  Saint-lNicolas.  En  voici  la  traduction  latine  d'après  le  grec  qu'a 
bien  voulu  me  communiquer  le  P.  Cozza  Luzi. 

Ego  presbyter  Riccardus  Senareka  confiteor  pro  mutuo  accepisse 
a  sanctissima  ecclesia  Casularum  librum  unnm  dictum  Margaritœ, 
per  manura  hieromonachi  et  ecclesiarchae....,  in  praesentia  hieromo- 
nachi  Jacobi. 

Diaconus  t9)ç  TiaaOaôîaç  [?]  Sancti-Joannis  tou  à^ayavoç  habet  evange- 
linm  pro  mutuo. 

Presbyter  Nicolaus  trjç  7taXouu.êaç  toû*  |iexspê(Xou  habet  octoëchum. 

Presbyter  Georgius  Sancti-Blasii  habet  evangelium  pro  mutuo. 

Presbyter  Nicolaus  toû  [j.tytavoo  ô  ypà«7aoç  habet  evangelium  pro 
mutuo. 

Ecclesia  Sanctae-Mariœ  de  Mallio  habet  pro  mutuo  liturgiam  sancti 
Basilii. 

Joannes  Tarentinus  habet  Organum  pro  mutuo. 

Presbyter  Andréas  toO  6wvi<xxocoxprim  habet  praxapostolum  pro  mutuo. 

Presbyter  Blasius  tou  xa<ra^acr<7éXXou  habet  triodium  pro  mutuo. 

Presbyter  Moyses  tou  êtwtaxao-Tpyio-c  habet  triodium  pro  mutuo. 

Philippo  de  Massa  dedimus  octoëchum  pro  mutuo. 

Presbyter  Bartholomaeus  toO  o-oupôtvou  habet  triodium  pro  mutuo. 

Diaconus  Clemens  de  Hydrunto  habet  evangelium  pro  mutuo. 

Presbyter  de  Cantarello  accepit  typicum  et  euchologium  pro  mutuo. 

Presbyter  Joannes  ôpovoç  habet  typicum  pro  mutuo. 


126 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


Presbyter  Petrus  de  Paleocastro  habet  evangelium  pro  mutuo. 

Presbyter  Joannes  de  Mallio  habet  patericum. 

Presbyter  Martinus  de  Mallio  habet  evangelium...  pro  mutuo. 

Joannes  filius  judicis  Nicolai  habet  pro  mutuo  evangelium  et  sti- 
cherarium  et  ...  euchologium. 

Presbyter  frater  judicis  Constantini  de  Lupia  habet  evangelium. 

Nicodemus  hieromonachus  et  hegumenus  toîî  pouXàir<7ou  habet  evan- 
gelium pro  mutuo. 

Presbyter  Robertus  habet  prophetias  pro  mutuo. 

.  .  habet  evangelium  unum  in  manibus. 

Petrus  presbyter  de  Legglesi  habet  evangelium  pro  mutuo. 

Diaconus  habet  pro  mutuo  prophetias. 

Presbyter  ...  habet  pro  mutuo  evangelium. 

Nicolao  Bard...  dedimus  pro  mutuo  psalterium. 

Diaconus  Legglesi  habet  evangelium  pro  mutuo. 

[Ceci  en  latin  :] 

Die  sabati  messis  madii  Xn  ven.  presbiter  Georgius  missus...  de 
accepit  pro  mutuo  librum  unum  qui  dicitur  missale  et  unum  alium  qui 
dicitur  graduale  ad  Domino  abate  J.  Sancti-Nicolai  de  Casuli  in  prae- 
sentia  fratris  Michaelis. 


IX 

INVENTAIRE 
DES  MANUSCRITS  GRECS  DU  SAINT-SAUVEUR  DE  PALERME 

XVIIe  SIÈCLE 

Cet  inventaire  anonyme,  au  plus  tard  du  xvne  siècle,  peut-être  du  xvie,  est  extrait 
du  Vaticanus  lai.  6429,  fol.  116-117.  Voyez  ce  que  dit  de  cette  petite  collection  le 
P.  Ant.  Francesco  di  Napoli  dans  une  lettre  à  Sirleto  du  9  juin  i582,  Vaticanus  lai. 
6194,  fol.  398,  et  Rom.  Quartalschrift ,  111(1889),  p.  36. 

PANHORMI. 

In  monasterio  Sancti-Salvatoris  monacharum  ordinis  d.  Benedicti 
[sic],  in  quo  educata  fuit  Constantia  filia  Gulielmi  primi  huius  nominis 
Sicilise  régis  cognomento  Mali  et  monachalem  professionem  fecit, 
quae  postea  Henrico  Imp.  Federici  iEnobarbi  filio  nupsit,  et  Federici 
tertii  [sic]  mater  fuit,  libri  graeci  aliquot  extant  vetustis  characterib. 
descripti  V. 

1.  Evangelia  per  annum  pulchris  et  antiquis  characterib.  descripta 

gracce. 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES.  127 

2.  Codex  maximus  graece  descriptus  vetustissimis  characterib.  in 
quo  extant  sanctorum  patrum  infrascripti  sermones.  —  D.  Joannis 
Chrisostomi  sermones  sive  homeliae  in  psalmos.  Eiusdem  homeliae 
variae  in  evangelia.  —  D.  Basilii  archiepiscopi  Seleuciae  homelia  in 
introitum  Hierosolymae.  —  Isichii  presbiteri  Hierosolimitani  homelia 
in  Lazarum  quatriduanum.  Eiusdem  in  Lazarum  quatriduanum.  — 
D.  Joannis  Chrisostomi  homelia?  duae  in  Lazarum  quatriduanum.  — 
D.  Andreae  archiepiscopi  Cretensis  homelia  in  Lazarum  quatridua- 
num. —  D.  Joannis  Chrisostomi  homelia  in  J^azarum  quatriduanum. 
Eiusdem  in  eundem.  — •  Basilii  archiepiscopi  Seleuciae  in  quatridua- 
num Lazarum  homelia.  —  D.  Athanasii  archiepiscopi  Alexandriae 
homelia  in  evangelium  Lucae  de  beatitudinib.  Eiusdem  alia  homelia 
in  octo  beatitudines  :  in  evangel.  Lucae.  Eiusdem  homelia  in  octo 
beatitudines.  —  D.  Joannis  Chrisost.  homelia  in  octo  beati- 
tudines. —  Josephi  archiepiscopi  Thessalonicae  sermo  in  beatum  La- 
zarum et  in  resurrectionem  iustorum.  —  Beati  Titi  episcopi  Bostron 
sive  Bostrorum  sermo  in  octo  beatitudines.  —  D.  Joannis  Chrisost. 
sermo  in  magnam  hebdomadam.  Eiusdem  in  eandem.  Eiusdem  sermo 
de  Pharisaeorum  concilio.  —  Leontii  presbiteri  Constantinopohtani 
sermo  in  beatum  Job.  —  D.  Joannis  Damasceni  monachi  sermo  in 
parabolam  vineae  et  villici.  Eiusdem  sermo  de  eleemosina  et  X  virgi- 
nibus.  Eiusdem  sermo  de  interpretatione  loci  evangelii  divi  Mathaei 
de  talentis.  Eiusdem  sermo  de  X  virginibus.  —  Leontii  presbiteri 
Constantinopolitani  sermo  in  Job  et  de  magna  hebdomada.  —  D. 
Joannis  Chrisost.  in  locum  evangelii  :  Potestis  bibere  calicem  quem 
bibiturus  sum.  —  Leontii  presbiteri  Constantinopol.  sermo  in  Judae 
proditionem.  —  D.  Joannis  Chrisost.  in  sanctam  Domini  quinquage- 
nam.  Eiusdem  sermo  in  Judae  proditionem.  Eiusdem  sermo  de  abster- 
sione  pedum  per  Mariam  Madalenam.  —  Theophili  archiepiscopi 
Alexandriae  sermo  de  mistica  caena  et  lotione  pedum.  —  Basilii 
archiepiscopi  Alexandriae  sermo  in  magnam  parasceven.  —  D.  Joan- 
nis Chrisost.  sermo  in  magnam  parasceven.  Eiusdem  in  latronem  et 
bcatam  Virginem.  Eiusdem  in  passionem  et  crucem  Domini.  Eiusdem 
in  latronem  et  sanctum  pasca.  Eiusdem  in  sanctam  parasceven.  — 
Leontii  presbiteri  Constantinopolitani  sermo  in  sanctam  parasceven. 
—  Georgi  episcopi  Nicomediae  sermo  in  sepulturam  et  resurrectio- 
nem Dni.  —  D.  Joannis  Chrisostomi  sermo  in  sepulcrum  et  resur- 
rectionem Domini. —  Sancti  patris  nostri  Amphilochii  sermo  de  magno 
sabato. — Gregorii  episcopi  Antiochiae  de  triduo  resurrectionis  Domini 
nostri  Jesu  Cliristi  sermo  seu  potius  liber.  —  D.  Epiphanii  archiepis- 
copi Cipri  sermo  seu  potius  liber. —  D.  Epiphanii  archiepiscopi  Cipri 
sermo  in  sanctam  Domini  nostri  sepulturam  et  in  Joseph  ab  Ari- 
mathea  et  sermo  seu  potius  liber,  nam  prolixus  est. —  D.  Joannis 
Chrisost.  sermo  in  sanctum  pascha.  Eiusdem  sermo  in  secundam 
Domini  apparitionem.  Eiusdem  in  dominicain  apparitionem,  et  in 


128 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


sanctum  Thomam.  Eiusdem  sermo  in  analipsim  Domini  nostri  Jesu 
Christi. 

3.  Evangelium  d.  Matthei  cum  commentariis.  Titulus  pricfert 
d.  Athanasium  pulchris  characterib.  descriptum.  —  Evangelium  se- 
cundum  Marcum  cum  commentariis  eiusdem.  —  Evangelium  secun- 
dum  Lucam  cum  commentariis  eiusdem.  —  Evangelium  secundum 
Lucam  cum  commentariis  eiusdem.  —  Evangelium  secundum  Joan- 
nem  cum  commentariis  eiusdem.  —  Ex  sermone  papae  Alexandriin  : 
Simon[em]  :  Joannis  diligis  me  plushis  ? 

4.  Fragmenta  quaedam  homiliarum  Chrisostomi  et  aliorum. 

5.  Testamentum  novum  pulchre  descriptum  quod  quidem  fuit 
reginae  Constantin  monacse  uxoris  Henrici  Imp.  de  qua  supra  men- 
tionem  fecimus.  Extat  in  eodem  codice  eiusdem  professio  monacalis 
autographa. 

;  x 

INVENTAIRE 
DES  MANUSCRITS  DU  SAINT-SAUVEUR  DE  MESSINE 

XVIe  SIÈCLE 

Cet  inventaire  a  été  dressé  en  1 563  par  le  P.  Francesco  di  Napoll  dont  il  vient  d'être 
question.  Le  texte  que  voici  est  celui  d'une  copie  de  la  fin  du  xvne  siècle  et  d'une 
main  italienne,  Parisinus  lat.  (Rés.  Saint-Germain  des  Prés)  18075,  fol.  277  et  suiv. 
Montfaucon  mentionne  ce  catalogue  [Bihliotheca  bibliothecarum,  I,  198);  mais  il  n'en 
a  publié  qu'un  court  extrait.  Le  voici  entier.  J'ai  donné  à  chaque  ms.  un  numéro 
d'ordre. 

A  la  suite  de  l'inventaire  de  i563,  on  trouve  dans  le  même  ms.  (fol.  290  et  suiv.) 
un  second  inventaire  des  mss.  du  Saint-Sauveur;  il  est  copié  de  la  même  main  que 
l'inventaire  ci-après  de  SS. -Pierre- et-Paul  d'Itala,  rédigé  d'après  la  même  méthode, 
vraisemblablement  par  le  même  auteur,  et,  je  crois,  de  ceux  que  fit  dresser  Menniti  au 
début  de  son  généralat.  Ce  deuxième  inventaire  ne  compte  que  1 1 1  numéros,  dont 
plusieurs  même  ne  figurent  pas  à  l'inventaire  de  1 563.  Une  étude  comparée  des  deux 
inventaires  reste  à  faire,  comme  aussi  de  quelques  autres  inventaires  plus  sommaires  des 
manuscrits  du  Saint-Sauveur,  tels  que  celui  que  Montfaucon  a  utilisé  pour  sa  Bibliotheca 
bibliothecarum,  et  dont  on  trouvera  le  texte  (en  grec)  dans  le  Paris.  Suppleni.  gr.  798 
(fol.  23*49)  :  ce  dernier  inventaire  «  envoyé  de  Rome  par  D.  Claude  Estiennot  »,  ne 
compte  que  g5  numéros,  non  compris,  y  est-il  dit,  uoXXà  àXkcc  ëtêXi'a  renfermant  tà 
Trcma  7tep\  tou  ^opou. 

Index  ltbrorum  gR/ECorum  manu  scriptorum  qui  in  archimandritatu 
Sancti-Salvatoris  magni  fari  inventi  sunt,  de  mandato  Ills8imi  D.  Pro- 
regis  Siciliae,  ad  mstantîam  B.  et  S.  D.  N.  Pii  1111*  P.  M.,  ab  A.  Fran- 


PIÈGES  JUSTIFICATIVES.  129 

cisco  Neapoli  ad  hujus  rei  apostolica  authoritate  destinato,  con- 
fectus  Messanae  anno  Domt/uJVf.C.LXIII,  mense  augusto. 

In  primis. 

[1.]  Compendium  historiarum  incipiens  ab  haeresi  Nicephori  régis 
usque  ad  regnum  Isacii  Comnenii  a  Joanne  Curopolato  scriptum.  Vo- 
] um en  ingens,  in-folio. 

[2.]  Collectanea  multorum  sanctorum  patrum,  Basilii,  Maximi,  Cli- 
machi,  Theodori,  Pelusioti,  Chrisostomi  et  aliorum  diversa  sacrae 
scriplurae  loca  exponentium.  In-40.  Opus  absque  principio. 

[3.]  Leonis  régis  cognomine  Despoti  sapientissimi  sermones  di- 
versi.  Opus  integrum.  —  In  divinam  et  gloriosam  ascensionem  Dei  et 
Salvatoris  nostri; —  in  descensione  ignearum  linguarum  in  specie  di- 
vini  spiritus  ad  sanctos  apostolos  ;  —  e!ç  to  o-uv0povov  tô  irap'  ou  xal  Ôt'  ou 
y.aTaçotxr]CTav  aÙTOÔeorTtôxwç  Tzapea-^e  r>)V  uto6eo"(av  àvôpWTrotç  ôeïov  -revêtira  1  ;  —  in 
omnes  sanctos  ;  —  in  magnum  apostolum  mundi  Paulum  ;  —  in  glo- 
riosam transfigurationemD.  N.  Jesu  Christi,  et  alius  in  transfiguratio- 
nem  divinam  ;  —  in  assumptionem  sanctissimae  Dei  genitricis  ;  —  in 
decollationem  praecursoris  ;  —  in  nativitatem  immaculatae  Deiparae  ; 
—  in  exaltationem  venerandae  crucis  ;  —  in  celebrem  coronatumDe- 
metrium  ;  —  alius  in  lucidissimum  ecclesiae  astrum  Demetrium , 
et  alius  quando  inter  regias  domos  domus  ejus  consecrata  fuit  ;  — 
quando  castissima  Maria  in  sancta  sanctorum  ingressa  est  ;  —  in 
splendidissimam  lucernam  ecclesiae  Nicolaum  ;  —  in  nativitatem  secun- 
dum  carnem  D.  N.  Jesu  Christi  ; —  in  Clementem  Ancyrae  2;  —  in  glo- 
riosum  Triphonem  ;  —  in  occursum  D.  N.  Jesu  Christi;  —  in  princi- 
pium  sancyssimi  jejunii  ;  —  alius  de  jejunio  ;  —  in  admirabilem  et 
celebrem  discipulum  Thomam  ;  —  alius  ejusdem  in  celebrem  The- 
clam5;  —  epistola  ad  catholicam  formam  Tiapacveo-tv 4  referens  ;  —  in 
ingressum  jejuniorum  ;  —  in  palmarum  dominicam  ;  —  in  sanctum 
sabattum  ;  —  in  sanctum  Joannem  Chrisostomum  ;  —  in  sanctum 
pascha. 

[4.]  Doctrina  sanctorum  apostolorum  et  œcumenicarum  synodo- 
rum  et  primarum  7  synodo/wm,  in  quibus  est  prima  Nicena  sub  Con- 
stantino  imperatore  et  Silvestro  papa  maximo  celebrata.  In-40  fol. 

[5.]  Acta  apostolorum  et  epistolae  catholicae  et  epistolae  divi  Pauli. 
In  fol. 

[6.]  Homiliae  sanctorum  diversorum  patrum  ut  Gregorii  Nisseni, 
Theodori5,  Michaëlis  Svncelli 6  et  aliorum.  In-fol. 

1.  Le  copiste,  dans  son  ignorance  du  grec,  a  défiguré  tous  les  mots  de  ce 
titre. 

1.  Anchirœ  ms. 

3.  Theliam  ms. 

4.  Ilapavvco-iv  ms. 

5.  Theodorii  ms. 

6.  Encelli  ms. 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


[7.]  Chronica  Const#/zrini  cognomento  Manassae  carminibus  con- 
scripta  ab  initio  mundi  usque  ad  Nicephorum  scripta.  Opus  blactis  et 
tineis1  consumptum.  ln-40  fol. 

[8.]  Expositio  in  Genesim  quae  in  graeco  exemplari  non  habet  no- 
men  authoris  sed  latinis  litteris  inscribitur  Chrisostomus  ;  —  Basilii 
magni  dialogi  3i5  ;  —  ejusdem  pœnae  irrogatae  sacerdotibus  delin- 
quentibus  ;  —  ejusdem  exercitatoriae  constitutiones  ad  eos  qui  in  mo- 
nasteriis  vivunt,  partim  dialogis  conscriptae,  partim  per  epistolas 
traditae.  In-fol. 

[9.J  Quatuor  evangelia.  In-40.  Mutila  in  principio. 

[10.]  Anastasii  archiepiscopi  montis  Sinaï  responsiones  ei  objectas 
ab  orthodoxis  patribus  de  diversis  capitibus  libris  veteris  et  novi 
testamenti.  Mutilus  in  fine.  In-40. 

[11.]  In  mundi  opificium  ex  Genesi  et  Ghronicis  per  seriem,  opus 
collectum  a  Simone  Magistro  et  Rethorico  loyoUzi) 2  ex  diversis  chro- 
nicis  dehistoriis.  In-40. 

[12.]  Liber  divinorum  dogmatum  et  praeceptorum  Gregorii  Theo- 
logi,  Gregorii  Nisseni,  Basilii  magni,  Athanasii,  Damasiensis,  Chrysos- 
tomi  et  aliorum  adversus  philosophos  graecos. 

[i3.]  Evangelia.  In-fol. 

[14.]  Expositiones  in  Genesim incerti  authoris,  fartasse  Chrysostomi. 
Mutili  in  fine.  In-folio. 

[i5.]  Sermones  incerti  authoris  fortasse  Chrysostomi.  Mutili  in  prin- 
cipio et  fine.  In-folio. 

[r6.]  In  opificium  mundi  ex  Genesi  chronicon  per  seriem,  absque 
nomine  autoris.  Integrum. 

[17.]  Diversi  sermones  diversorum  sanctorum  patrum,  Chrysos- 
tomi, Andreae  archiepiscopi  Cretensium,  beati  Effraim,  Proculi  archi- 
episcopi Constantinopolitani,  Gregorii  Bisantii  monachi,  Antipatris 
episcopi  Bostron.  —  Item  acta  sanctorum  apostolorum  Pétri  et  Pauli 
et  quemadmodum  Romae  sub  Nerone  imperatore  martyrium  passi 
sunt,  copiose  scripta. —  Item  martyrium  magni  martyris  Pantaleonis. 
—  Item  Anastasii  monachi  Sinaï. —  Item  Joannis  Damasceni  monachi 
sermones.  —  Item  homilia  Chrysostomi  in  Herodiadem  et  in  decolla- 
tionem  praecursoris  et  de  improbis  mulieribus.  —  Ejusdem  in  jujju- 
randum  Herodiadis  et  in  decollatione/rc  honorati  praecursoris.  —  Eu- 
sebii  episcopi  sermo  de  memoria  sanctorum  facienda.  —  Item  Chry- 
sostomi sermo  de  Helia  et  Helizeo.  —  Item  encomium  Andrae  archi- 
episcopi Cretensis  in  magnum  martyrem  Panteleemonem.  —  Item 
beati  Effraim  sermo  de  transfiguratione  Domini.  — ■  Item  martyrium 
sancti5  martyris. —  Item  Joannis  Damasceni  monachi  sermo  de 

assumptione  beatae  Virginis.  —  Item  martyrium  sancti  Adriani  mar- 


1 .  aeneis  ms. 

3,  Le  nom  en  blanc. 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES.  i3i 

tyris  et  qui  cum  eo  fuerunt.  —  Item  vita  beatae  virginis  Macrinae  a 
beato  Gregorio  Nisseno  ejus  fratre  conscripta  ad  Dierium.  Opus  ma- 
gnum. In-folio. 

[18.]  Commentaria  in  Hermogenem  incerti  authoris.  Mutila  in  prin- 
cipio et  in  fine.  In- \°.' 

[19.]  Sancti  patris  nostri  et  confessons  Theodori 1  cognomento 
Tostudii  cathecbesis  monacborum.  Volumen  magnum.  In-folio. 

[20.]  Volumen  mutilum  absque  principio  in  quo  sunt  sermones 
aliquot  et  libri  duo  contra  Julianum  imperatorem,  fortasse  Cyrilli  aut 
Nazianzeni.  —  Item  epistola  Gregorii  ad  diversos.  —  Item  meta- 
pbrasis  in  Ecclesiastem  incerti  authoris,  fortasse  Gregorii. 

[21.]  Fragmenta  quaedam  cujusdam  libri  Nili  Indoxaprimi,  con- 
tinens  acta  septem  conciliorum  et  disputationes  quasdam  sacras.  Re- 
tulit  Bartholomaeus  Spatafora  originale  integrum  hujus  libri  dono 
fuisse  missum  ab  Annibale  Spatafora  olim  archimandrita  cardinalis 
de  Mendoza. 

[22.]  D.  Gregorii  Nazianzeni  sermones.  Opus  integrum.  In-folio. 

[23.]  Liber  mutilus  in  principio  absque  nomine  authoris  continens 
vitas  sanctarum  virginum.  In-40. 

[24.]  Vita  sancti  Simeonis  habitantis  in  monte  Thaumasto  2  scripta 
a  Nicephoro  magno  Anthiochiae.  In-folio. 

[25.]  Liber  mutilus  in  principio  et  in  fine  continens  sermones  in 
psalrnos  et  sermones  de  aliis  rébus  tractantes. 

[26.]  Liber  mutilus  in  principio  et  in  fine  de  medicina  absque  no- 
mine authoris.  In-folio. 

[27.]  Sermones  absque  nomine  authoris  mutili  in  principio  et  in 
fine  ex  diversis  Scriptural  locis.  —  Item  sermones  continentes  diver- 
sas  disputationes  et  de  aliis  rébus,  unus  de  fortitudine  et  robore  et 
de  puerorum  educatione  et  de  aliis.  In- fol. 

[28.]  Sermones  varii,  ut  contra  Eunomianos,  de  laudibus  divi  Cy- 
priani  in  Machabaeos,  epitaphium  sive  funebris  oratio  divi  Basilii, 
epistola  sive  oratio  de  pace  ad  Amphilochium,  et  de  modo  dispu- 
tandi,  et  quod  non  sit  uniuscujusque  hominis  nec  temporis  de  Deo 
disputandum.  Opus  magnum  mutilum  in  principio  et  in  fine,  in  quo 
est  epistola  ad  cives  Nazianzenos  mœrentes  et  ad  principem  iratum,  et 
ideo  liber  fortasse  est  Gregorii.  Antiquissimis  caracteribus  conscriptus. 
In-folio. 

[29.]  Liber  sine  principio  continens  vitam  Pauli  anachoretae  The- 
bani.  —  Item  vitam  Antonii  magni  ab  Athanasio  scripta.  —  Item  vita 
sancti  Athanasii.  ■ —  Item  martyrium  divi  martyris  Ananii  presbyteri 
et  aliorum  septem  militum  qui  passi  sunt  in  Phœnice.  —  Item  vitam 
d.  Eutymii.  —  Item  martyrium  Gurii,  Samonœ  et  Abibi3.  In-fol. 


1.  Theodorii  ms. 
a.  Thasmasto  ?ns. 
3.  Abdii  ms. 


i&  PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 

[3o.]  Vitam  sancti  Barlaam  mutilam  in  principio  et  in  fine,  for- 
tasse  Damasceni. 

I3i.]  Suidas  opus  integrum  carta  papyracea  scriptum  antiquissi- 
mum  et  pulcherrimum.  In-folio. 

[32.]  Liber  declamationum  absque  principio  et  nomine  authoris, 
in  quo  est  tractatus  trium  paginarum  cui  est  inscriptio  :  Theorica. 
In-4°. 

[33.]  Collectanea  continens  vitas  sanctorum  patrum  breviter  con- 
scriptas  quae  graece  appellatur  Synassarion.  In-folio. 

[34.]  Homeliae  xix  in  evangelium  Mathaei  fortasse  Chrysostomi  aut 
Origenis.  In-folio. 

[35.]  Vitae  sanctorum.  Opus  magnum  absque  nomirce  authoris. 
In-folio. 

[36.]  D.  Joannis  Chrysostomi  homeliae  xxxn  diversae,  quaruml*  est 
consolatoria  ad  Staterium  monachum  daemone  correptum,  et  epistolae 
ad  diversos  in  quibus  est  una  ad  Demetrium  de  compunctione.  Liber 
est  antiquissimus.  In-folio. 

[37.]  Opus  absque  principio  et  fine  et  sine  aliqua  inscriptione  prae- 
ter  hanc  in  postrema  parte  primas  paginae  aliéna  manu  addita  ;  Anag- 
nosticon,  hoc  est  legendarium. 

[38.]  Joannis  Climachi  abbatis  montis  Sinaï  cognomento  Scala  epis- 
tolae  et  orationes.  Opus  integrum.  In-40. 

[3g.]  Opus  continens  martyriùm  xxxx  martyrum.  —  Item  oratio- 
nem  in  sanctam  crucem. —  Josephi  confessoris  et  archiepiscopi  Thes- 
salonicentium  in  média  quadragesima.  — ■  Item  expositionem  Ammo- 
nii  monachi  de  interfectis  a  barbaris  in  monte  Sinaï  et  in  urbe 
Raitho  sanctorum  patrum.  —  Item  d.  Gregorii  episcopi  Neocaesareae 
orationem  in  annuntiationem  beatae  Mariae .  —  Item  Joannis  Chrisos- 
tomi  sermonem  in  annunciationem  b.  Mariae.  — Item  Gregorii  Admi- 
rabiiis  in  annunciationem  beatae  Virginis.  —  Item  Theodori  abbatis 
Tostudii  sermonem  in  adorationem  crucis  in  média  quadragesima.  — 
Item  Andreae  archiepiscopi  Cretensium  orationem  in  quatriduanum 
Lazarum.  —  Item  Chrysostomi  orationem  in  dominicam  palmarum.  — 
Item  ejusdem  aliam  in  palmas.  —  Item  ejusdem  in  pulcherrimum  Jo- 
seph. —  Item  ejusdem  orationem  de  amore  paupertatis  et  in  decem 
virgines.  —  Item  ejusdem  in  meretricem  et  pharisaeum  ;  —  item  ejus- 
dem in  meretricem,  pharisaeum  et  unguentum  ;  — item  ejusdem  ora- 
tionem in  lavationem  pedum  ;  —  item  ejusdem  in  proditionem  Judae 
et  latronem  ;  —  item  Gregorii  Theologi  in  pascha  et  in  moram  ;  — 
item  ejusdem  in  pascha  ;  —  item  ejusdem  in  adolescentem  ;  — •  item 
Joannes  Chrysostomus  in  incredulitatem  Thomae  ;  —  item  ejusdem  in 
mediam  pentecosten  ; —  item  Leontii  presby  teri  Constantinopolitani  ora- 
tionem in  mediam  pentecosten,  et  in  cœcum  a  nativitate,  et  in  sanc- 
tum  Petrum  ab  Herode  in  carcere  detrusum  ;  —  item  Chysostomus  in 
ascensionem  Domini  ;  —  item  ejusdem  aliam  in  eamdem  ;  —  item  Cy- 


PIÈGES  JUSTIFICATIVES. 


133 


rilli  archiepiscopi  Alexandrie  orationem  in  ascensionem  Domini;  — 
item  Georgii  presbyteri  Caesariensis  Cappadociae  orationem  copiosam 
in  trecentos  decem  et  octo  patres  1  qui  in  Nissea  convenerant  ;  — 
item  Basilii  episcopi  Seleuciae  orationem  brevem  in  mnctum  pascha. 
In-folio. 

[40.]  Divi  Basilii  episcopi  Caesareae  Cappadociae  cognomento  Magni 
hexameron.  —  Item  epistola  Gregorii  Nisseni  ad  Petrum  fratrem.  — 
Item  ejusdem  de  mundi  phisiologia,  et  de  his  qui  antefuerunt,  et  de 
hominis  generatione.  —  Item  copiosissima  in  Esaiam  prophetam 
ejusdem  d.  Basilii  interprétai .  Opus  integrum  et  rarum.  In-foiio. 

[41.J  Evangeliarum  absque  principio  et  fine.  In-40. 

[4a.]  Sermones  aliquot  Chrysostomi.  In-folio.  Et  in  fine  Damasceni 
oratio  demonstrativa  de  sanctis  et  venerandis  imaginibus  imperfecta. 

[43.]  Aliquot  homiliae  ubi  est  una  Theodori1  Tostudii  in  vitam  Ar- 
senii.  In-fol. 

[44.]  Expositio  copiosa  a  5  psalmo  interpollata  usque  145.  Refere- 
bant  monachi  ubi  erant  libri  esse  Basilii,  nam  titulo  principio  et  fine 
caret.  Sed  postea  facta  collatione  cum  alio  codice  ubi  est  titulus 
hujusmodi  Basilii  in  psalmos  manifeste  apparaît  non  esse  Basilii  sed 
alius.  In-folio. 

[4 '>.]  Canones  J.  Damasceni  et  Cosmani  diversarum  rerum  absque 
principio.  In-40. 

[46.]  Chrysostomi  in  Matheum.  Opus  absque  principio  et  fine. 
In-folio.  . 

[47.]  Chrysostomi  in  evangelium  Joannis  interpretatio.  Volumen 
magnum  et  integrum. 

[48.]  Chrysostomi  in  Paulum. 
,   [i9.]  D.  Basilii  magni  archiepiscopi  Caesareae  Cappadociae  in  psalmos 
expositio  incipiens  a  psalmo  1°  usque  ad  CXIIII  interpollata,  et  ser- 
mones aliquot  de  diversis  rébus,  ubi  sunt  duo  de  eucharistia.  Opus 
corruptum  in  principio  et  mutilum  in  fine. 

[5o.]  Martyria  et  vitae  diversorum  sanctorum  patrum  incerti  auto- 
ris.  Opus  integrum  ubi  sunt  pictae  imagines  singulorum  sanctorum. 

[5i.]  Joannis  Climachi  abbatis  montis  Synaï  cognomento  Scala  alius 
codex.  In-40. 

[5a.]  Liber  variorum  sermonum  incerti  authoris,  in  quo  lus  est  de 
perniciosa  luentra.  Opus  magnum.  In-folio. 

[53.]  Dorothei  abbatis  doctrinae  variae.  Opus  corrosum. 

[54.]  Sermones  diversi  Joannis  Chrysostomi,  quorum  primus  est 
sermo  consolatorius  ad  quemdam  Staterium  demone  corruptum,  et  de 
visione  quam  vidit  patiens,  et  quod  natura  etiam  inimicorum  dolen- 
tium  miseremur,  et  expositio  de  mundi  oppificio,  et  de  eximio  in 


1.  patrum  ms. 

2.  Theodorii  ms. 


i3/f 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


homine  honore,  et  de  eo  :  Faciamus  hominem  secundum  imaginem  et 
similitudinem  nostram,  et  quod  ejici  a  paradiso  utile  fuit  homini,  et 
quod  sine  periculis  et  angustiis  justi  non  perficiuntur,  et  de  Caim. 
Opus  cum  suo  principio,  corrosum  et  sine  fine.  In-folio. 

[55.]  Alia  expositio  psalterii  absque  principio  et  fine  incerti  autho- 
ris.  In-fol. 

[56.]  Vitae  sanctorum  patrum  absque  principio  et  fine  incerti  au- 
thoris.  In-fol. 

[57.]  Commentaria  d.  Chrysostomi  in  secundam  epistolam  d.  Pauli 
ad  Corinthios.  Opus  magnum  et  perfectum.  In-fol. 

[58.]  Alius  codex  Joannis  Climachi  abbatis  montis  Sinaï  cogno- 
mento  Scala. 

[5o,.]  Commentariorium  aliud  opus  in  Hermogenem  sine  principio. 

[60.]  Liber  mutilus  in  principio  ubi  sunt  paucae  paginae  quae  trac- 
tantur  de  medicina.  —  Item  alius  tractatus  cujus  haec  inscriptio  Ca- 
pita  secundum  Mosaicae  scripturae  collectio  a  Deo  per  legem  Moysi 
datam  Israelitis  de  judicio  et  justitia  Exodi.  —  Item  alius  tractatus 
cujus  est  haec  inscriptio  :  Légales  constitutiones  Leonis  et  Constantini 
fidelium  regum,  ubi  sunt  quaedam  aliae  constitutiones  Irenis  régis. 

[61.]  Liber  magnus  continens  infrascripta  d.  Gregorii  episcopi  Neo- 
caesareae  in  annunciationem  beatae  Virginis  sermo. —  Item  Nili  mo- 
nachi  in  vitam  sancti  Phelareti  juvenis.  —  Item  martyrium  et  vitam 
magni  martyris  Georgii.  —  Item  de  visione  montis  Oliveti  —  Item 
martyrium  magni  Georgii  martyris.  —  Item  commentarmm  in  sanc- 
tum  apostolum  et  evangelistam  Marcum1.  —  Item  martyrium  sancti 
martyris  Mauri.  —  Item  martyrium  sanctae  Olivae  et  ejus  sociarum.  — 
Item  martyrium  sancti  Coni  et  Cononis  qui  martyrium  passi  sunt 
Iconii.  —  Item  diataxis  Job.  —  Item  oratio  in  Job.  —  Item  Leonis... 
humili  loqui  senis  et  fortasse  grammatici  oratio  per  commentarium 
instar  panegirici  in  magnum  apostolum  Jacobum  filiumZebedei. —  Acta 
et  peregrinationes  sancti  et  gloriosi  apostoli  Joannis  Theologi  et  Pro- 
cori  ejus  discipuli  unius  e2  LXX  apostolis  copiose  scripta.  — Item 
martyrium  sancti  Christophori  Cinocephali.  —  Item  martyrium  sancti 
Isidorii.  —  Item  vitam  breviter  scriptam  et  particularem  narrationem 
martyrii  Theraphontis  episcopi  Cypri. —  Item  martyrium  sancti  marty- 
ris Erasmi. — Item  martyrium  sancti  Sebastiani. — Item  martyrium  sancti 
Barnabae  apostoli. — Item  aliamejusdem. — Item  martyrium  Viti,Modesti 
et  Crescentiae. —  Item  vitam  et  administrationem  et  martyrium  magni 
martyris  Juliani.  —  Item  peregrinationes  sanctorum  et  gloriosorum  et 
admirabilium  medicorum  absque  argento  Cosmae  et  Damiani.  —  Item 
exercitationem  gloriosi  Calinici  martyris.  —  Item  martyrium  Enatoris 
et  Aporis  et  Siodori  et  eorum  matris  Dominatae.  —  Item  martyrium 
sancti  Antenogenis  episcopi  Dactensis  et  X  discipulorum  ejus.  —  Item 

1.  et  Marcum  evangelistem  ms. 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


i35 


vitam  et  administrationem  sanctae  matris  nostrae  Marinae.  —  Item  vitam 
sancti  patris  Simeonis  per  Christura  cognomentum  Salos  — et  Joannis 
scriptam  a  Leontio  episcopo  Neapolis  Cyprorum  insulae.  —  Item 
vitam  sanctae  apostolae  Magdalenae.  —  Item  martyrium  sancti  marty- 
ris  Apollinaris  episcopi  Ravennae.  —  Item  martyrium  sanctae  marty- 
ris  Christinae.  —  Item  Pétri  episcopi  occidentis  expositiones  in  vitam 
et  miracula  sancti  Fantini.  —  Item  vitam  et  administrationem  et  me- 
moriam  sancti  Joachim  et  Annae.  —  Item  martyrium  sanctae  Parascevae. 

—  Item  sermonem  d.  Joannis  Chrysostomi  in  transfigurationem  Do- 
mini.  —  Item  d.  Basilii  in  eamdem.  —  Item  alium  d.  Chrisostomi  in 
eundem.  —  Item  vitam  sancti  Donati,  etc.  —  Item  acta  et  martyrium 
sanctorum  apostolorum  Mathiae  et  Andreae,  qui  martyrium  passi  sunt 
apud  antr^opophagos.  —  Item  martyrium  sancti  Laurentii.  —  Item 
martyrium  sancti  Calenici.  —  Item  vitam  et  martyrium  sancti  Maximi. 

—  Item  sermonem  Andreae  Hierosolimitaw  episcopi  Cretensis  in 
dormitionem  beatae  Mariae  Virginis.  —  Item  alium  in  eamdem.  — 
Item  Joannis  Theologi  in  sermonem  de  perfectione  beatae  Virginis.  — 
Item  vitam  et  instituta  sancti  Heliae  novi.  —  Item  martyrium  sancto- 
rum martyrum  Flori  et  Laurii.  —  Item  sermonem  laudatorium  in 
sanctum  Bartholomeum  conditorem  monasterii  promontorii  Messanae. 

—  Item  vitam  sancti  patris  nostri  Bartholomaei.  —  Item  vitam  sancti 
martyris  Andreae  ducis  exercituum.  —  Item  martyrium  sanctae  marty- 
ris  Fotinae  cura  qua  locutus  est  Dominus  in  puteo  et  eorum  qui  cum 
ea  passi  sunt  martyrium.  —  Item  encomium  Theodori  abbatis  monas- 
terii Tostudii  et  sancti  in  sanctum  Bartholomeum  apostolum.  —  Item 
Andreae  archiepiscopi  Cretensis  in  decollationem  sancti  Joannis.  — 
Item  Eusebii  de  profectione  sarteti  Joannis  praecursoris  ad  inferos  et 
de  iis  qui  ibi  sunt.  —  Item  revelationem  sancti  archangeli  Michaelis 
revelatam  quibusdam  episcopis  in  diebus  Silvestri  smi  et  apostoli 
patriarchae  magnae  Romae.  —  In  vitam  et  exercitationem  sancti  Lucae 
episcopi  Asilorum.  In-folio. 

[62.]  Joannis  Chrysostomi  homiliae  diversae  utiles  animae.  In-40. 

[63.]  Historia  ecclesiastica  absque  nomine  authoris  et  sine  princi- 
pio  incipiens  a  nativitate  Salvatoris  usque  ad  imperium  Theophili  filii 
Michaëlis,  fortasse  cujusdam  Georgii.  —  Item  orthodoxi  cujusdam 
disputatio  adversus  latinos  in  fine.  In-folio. 

[64.]  Diversi  sermones  exercitatorii  in  admonitionem  monacho- 
rum  Joannis  Climachi  abbatis  montis  Sinaï.  In-folio. 

[65.]  Liber  sanctorum  patrum  et  martyriorum  eorumdem  incipiens 
a  vita  et  institutis  b.  Simeonis.  In-folio. 

[66.]  Homeri  Iiias  impressionis  mediolanensis.  —  Item  argumen 
tum  Homeri  Iliadis  allegorizatum  a  Joannne  Tzezo  ad  reginam  Exala- 
manorum  carminibus  conscriptum  et  manu  scriptum.  —  Item  Joannis 
Grammanii  Tzetzi  compendium  interpretationis  quinque  vocum  ver- 
sibus  coriambicis  conscriptum  et  manu  scriptum.  In- fol. 


i36 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


[67.]  Interpretatio  apocalipsis  evangelista?  et  apostoli  theologique 
Joannis  ab  OEcomenio  conscripta.  Integra.  In  40. 

[68.]  Vitse  sanctorum  patrum  aliae  a  principio  corrosae. 

[69.]  Opus  continens  vitas  diversorum  sanctorum  patrum,  quarum 
prima  haec  est  inscriptio  :  Sancti  Gregorii  episcopi  Nisseni  in  vitam 
et  miracula  sancti  Gregorii  episcopi  Neocesareae,  et  secunda  inscribi- 
tur  Martyrium  sancti  martyris  Platonis.  Opus  magnum  integrum.  In- 
fol. 

[70.]  Aliud  opus  magnum,  cujus  haec  est  inscriptio  :  Homeliae  Chry- 
sostomic  In-folio. 

[71.]  Liber  absque  principio  et  fine1  absque  authoris  nomine  con- 
tinens tractatus  quosdam,  quorum  primus  habet  hanc  inscriptionem  : 
Quod  utilis  est  principium  timor,  etquod  qui  injuste  patitur  et  Deo  per- 
mittenti  gratias  agit  similis  est  ei  qui  propter  Deum  patitur,  et  exempla 
rursus  ex  tribus  pueris  camini  Babiloniae,  et  de  servandis  juramentis. 

[72.]  Liber  absque  principio  continens  quaedam  sine  inscriptione, 
in  quo  sequitur  tractatus  brevis  hujus  inscriptionis  :  Expositio  de  mi- 
raculo  facto  ab  archiduce  exercituum  Michaele  qui  erat  Chonis2. 

[7^.]  Liber  continens  martyria  sanctorum,  quorum  prima  est  d. 
Clementis.  Volumen  magnum  et  integrum  continens  diversorum  ser- 
mones et  tractatus  d.  Joannis  Chrysostomi.  In-folio. 

(74.)  Sermones  diversi  ex  interpretationibus  diversarum  epistolarum 
Pauli. 

[75.]  Divi  Gregorii  theologi  opus  integrum  et  pulcherrimum  con- 
tinens orationes  et  sermones,  quorum  primus  est  de  pascha  et  in  rao- 
ram.  In-folio. 

[76c]  Aliud  opus  Gregorii  integrum. 

[77.]  Basilii  magni  homeliee  in  psalmum  diversorum.  Opus  corro- 
sum. 

[78.]  Homiliae  diversae  in  evangelium  Joannis  absque  authoris  no- 
m/«e,  fortasse  Chrisostomi.  In-folio. 

[79. J  Interpretatio  d.  Joannis  Chrisostomi  in  evangelium  secundum 
Matheum  libri  duo.  In-folio. 

[80. J  Homiliae  in  Genesim  incerti  autoris.  In-folio. 

[8i.]  Martyria  et  vitae  diversorum  sanctorum,  quorum  primum 
martyrium  est  martyrium  Tyrsi,  Lucii,  et  Philemonis  et  Apollinis. 

[82.]  D.  Dyonisii  Areopagitee  Atheniensis  episcopi  traditio  de  divinis 
nominibus  ad  Thimotheum  una  cum  scholiis  in  margine  incerti  autho- 
ris. —  Item  ejusdem  de  caelesti  hierarchia  una  cum  scholis  in  margine. 
Desunt  ultima  tria  capita.  —  Item  de  ecclesiastica  hierarchia  una 
cum  scholiis  in  margine.  —  Item  de  mystica  theologia  una  cum  scho- 
liis in  margine.  —  Item  epistolae  decem  ad  diversos  una  cum  scholiis. 

i.  In  fine  ms. 
a,  Leonis  ms. 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES.  i37 

—  Item  Policratis  Successoris  archiepiscopi  Ephesii  ex  epistola  adVic- 
torem  Successorem  et  archiepiscopum  magna?  Romae.  —  Item  Phi- 
lonis  ex  tractatu  de  vita  contemplativa  supplicum.  In-folio. 

[83.]  Liber  in  quo  sunt  vitae  sanctorum  patrum,  quarum  prima 
inscribitur  :  Certamen  martyris  Antemonis  episcopi  Nicomediae  qui 
passus  est  sub  Maximiano. 

[84.]  Evangelistarium  continens  evangelia  distincta  per  menses  et 
dies.  In-folio. 

[85.]  Liber  alius  continens  vitas  sanctorum,  quarum  prima  est  d. 
Pancratii2.  In-folio. 

[86.]  Liber  magnus  absque  nomine  authoris  continens  diversas 
homilias  in  epistolam  Pauli  ad  Piomanos.  In-folio. 

[87.]  Homiliae  in  Genesim  absque  nomine  authoris,  incipientes  ab 
illo  loco  Genesis  :  Et  dixit  Deus  :  Sit  firmamentum  in  medio  aquarum. 
In-fol. 

[88.]  Alius  liber  continens  copiosam  interpretationem  d.  Joannis 
Chrisostomi  in  Matheum.  Integer.  In-folio. 

[89.]  Liber  integer  continens  diversorum  sermones,  quorum  pri- 
mus  est  de  bene  mandandis  ministeriis  a  principe  canonum  et  a  can- 
delario  et  hospitalis  perfecto,  in  quibus  est  encomium  Ezichii  Hyero- 
solimitae  in  sanctum  Andream.  —  Item  Georgii  grammatici  encomium 
in  divum  Nicolaum  scriptum  a  tribus  ducibus  exercituum.  —  Item 
Michaelis  pii  archimandrite  in  vitam  et  miracula  d.  Nicolai  encomium. 

—  Item  in  visionem  Danielis  incerti  authoris.  —  Item  d.  Joannis 
Chrisostomi  homiliae  in  très  pueros  in  camino  Babiloniae.  —  Item  d. 
Athanasii  patriarchae  Alexandriae  in  sanctos  patres  et  prophetas  et  in 
venerabilem  ecclesiam  et  xxxxim  psalmos.  —  Item  ejusdem  in  des- 
criptionem  beatae  Mariae  Dei  genitricis  et  Joseph.  —  Item  D.  Basilii 
sermonem  in  nativitatem  Domini.  —  Item  Chrysostomus  in  eamdem. 

—  Item  ejusdem  in  eamdem.  — Item  Proculi  archiepiscopi  Constantino- 
politani  encomium  in  d.  Stephanum  protomartyrem.  —  Item  sermo- 
nem Joannis  monachi  et  presbyteri  ex  civitate  Ovexa  in  sanctos  inno- 
centes ab  Herode  interfectos  et  in  Rachel.  —  Item  Basilii  episcopi 
Isauriae  in  eosdem.  —  Item  Chrysostomi  in  eosdem.  —  Item  d.  Am- 
philochii  episcopi  Iconii  copiosam  historiam  de  vita  et  miraculis  d. 
Basilii  magni.  —  Item  Eusebii  episcopi  sermonem  in  sanctum  Sylves- 
trum  papam  Romae  de  dogmate  rabbinorum2  et  in  miracula  et  medelas 
Constantini  imperatoris.  —  Item  beati  Cosmae  vestiloris5  cognomento 
in  reversionem  reliquiarum  divi  Chrysostomi.  —  Item  Amphilochii 
episcopi  Iconii  in  occursum  D.  N.  Jesu  Christi  et  in  Annam  prophe- 
tissam  et  Simonem.  —  Item  b.  Thimothei  presbyteri  Hierosolimitani 
in  sermonem  et  in  illud  :  Nunc  dimittis  servum  tuum  Domine.  — 


1.  Francatii  ms. 

2.  peêêiôciSv  ms. 

3.  (k<rrY)Tepo;  ms. 


1 38 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


Item  Cyrilli  in  eumdem  occursum.  — Item  martyrium  d.  Agatha?.  — 
Item  vitam  et  instituta  divi  Leonis  archipresulis  Cathanae  et  ejus  gesta 
cum  Heliodoro  mago.  Opus  integrum.  In-folio. 
[90.]  Biblia  imperfecta. 

[91.]  Liber  continens  diversas  vitas  et  martyria  et  encomia  sanc- 
torum,  quorum  primus  sermo  est  in  resurrectionem  trium  dierum  D. 
N.  Jesu  Christi  Gregorii  Nisseni,  et  multa  alia,  et  circa  finem  narra- 
tionem  utilem  ex  antiquis  historiis  collectam,  et  commemorationem 
declarantem  miraculum  factum  quando  Persae  et  Barbari  Constanti- 
nopolim  obsederunt,  qui  divina  justitia  perierunt,  urbs  autem  incolu- 
mis  conservata  intercessionibus  beatae  virginis  Mariae  quottannis  ex  eo 
tempore  canit  gratias  vocans  illam  diem  Acatiston,  et  nonnulla  alia. 
In-folio. 

[92.]  Divi  Basilii  sermones,  quorum  primus  est  prologus  et  prefatio 
exercitatoriarum  descriptionum.  — Item  moralia,  dialogi  et  epistolae. 

[93.]  Liber  continens  diversas  homiiias,  quarum  prima  est  Joannis 
monachi  humilis  de  iis  qui  in  fide  dormierunt,  et  quomodo  officia 
quae  pro  eis  fiunt  et  bénéficia  eos  juvant.  —  Item  Chrysostomi  sermo 
in  innanem  mundi  vitam  et  in  secundum  adventum  Domini.  —  Item 
Eusebii  episcopi  Alexandrini  in  secundum  adventum  Domini.  —  Item 
beati  Effrem  in  secundum  adventum  Domini.  —  Item  beati  Hyppoliti 
martyris  de  consummatione  mundi,  de  Antichristo,  et  interpretatio  in 
Danielem  prophetam  quando  vidit  régna,  et  in  secundum  adventum 
Domini.  —  Item  b.  Effrem  in  eos  qui  dormierunt  in  Domino.  —  Item 
Chrisostomi  in  transgressionem  jejuniorum  et  expulsionem  Adam.  — 
Item  Anastasii  monachi  montis  Sinai  homiliae  in  VI  psalmum  et  in 
transgressionem  jejuniorum.  —  Item  multae  aliae  homiliae  Chrysostomi. 
—  Item  Andréa?  Hierosolimitae  archiepiscopi  Cretensis  in  quatridua- 
num  Lazarum.  —  Item  Epiphanii  episcopi  in  ramos  palmarum.  — 
Item  Andreae  archiepiscopi  Cretensis  in  eosdem.  —  Item  beati  Effrem 
in  meretricem  Phariseum  et  unguentum.  —  Item  Proculi  archiepis- 
copi Constantinopolitani  in  passionem  Domini.  —  Item  Athanasii  epis- 
copi Alexandrie  in  magnam  et  sanctam  parascevem.  —  Item  sancti 
Epiphanii  episcopi  Cypri  in  divinum  sepulchrum  Christi,  et  in  Joseph 
ab  Arimathea,  et  in  Nicodemum,  et  in  descensum  Domini  ad  inferos 
post  salutiferam  passionem  miraculose  factum,  in  fine  mutilus,  et  mul- 
ta alia  Chrysostomi.  In-folio. 

[94.]  Chrysostomus  in  epistolam  d.  Pauli  ad  Romanos  et  in  alias. 
In-folio. 

[9^.]  Liber  alius  magnus  continens  vitas  sanctorum  patrum  quarum 
prima  est  Simeonis  Stelilis.  In-folio. 

[96.]  Liber  continens  diversas  homiiias  absque  principio  et  fine, 
quarum  prima  inscribitur  :  De  incomprehensibili  sermo  VI  dictus  1 
contra  Anomeos,  fortasse  Chrysostomi.  In-folio. 


1.  Le  ms.  ajoute  :  in  no. 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES.  i39 

[97.]  Homiliae  Chrysostomi  in  Matheum  et  Joannem,  et  alia.  In-folio. 

[98.]  Aliux  codex  continens  vitas  sanctorum  patrum.  In-folio. 

[99.]  Liber  alius  continens  infra  scripta  :  Vitam  b.  Gregorii  episcopi 
Agrigentini  copiose  scriptam  a  Leontio  abbate  monasterii  Sancti  Sabbae 
Romae.  —  Item  vitam  et  instituta  sancti  patris  Sylvestri  episcopi  Ro- 
mani. —  Item  homiliam  Basilii  magni  adhortantem  ad  sanctum  bap- 
tisma.  —  Item  sermonem  sancti  Anastasii  abbatis  montis  Sinai  in 
mortuos  fratres.  —  Item  Chrysostomus  in  expulsionem  Adae  et  in 
improbas  mulieres.  —  Item  ejusdem  in  sermones  Juliani  Apostatae.  — 
Item  vitam  sancti  martyris  Clementis  pontificis  Romani  discipuli  ma- 
gni apostoli  Pétri  copiose  scriptam.  —  Item  martyrium  ejusdem.  — 
Item  miraculum  factum  a  Clémente  in  puerum  et  scriptum  ab  Effrem 
episcopo  Chersonis.  In-folio. 

[100.]  Liber  alius  mutilus  in  principio  continens  homilias  diversas, 
quarum  prima  est  de  oratione. 

[101.]  Liber  in  40  fol.  absque  nomine  authoris  et  sine  principio  et 
fine  continens  diversa  capita  videlicet  :  De  timoré,  ira,  fantasia,  sensu, 
ratiocinatione,  memoria,  de  sermone  in  mente  prolato,  de  passione, 
de  actu,  de  voluntario  et  invito,  de  libero  arbitrio,  et  34  capitula  de 
haeresibus  collectio  unde  inceperunt  et  quando. 

[io'i.]  Liber  mutilus  in  principio  continens  diversos  tractatus  lé- 
gales, quorum  primus  babet  banc  inscriptionem  Principium  secundae 
institutionis,  et  secundus  banc  :  De  usufructu.  In-40. 

[io3.]  Alius  liber  continens  vitas  sanctorum  patrum,  quarum  pri- 
ma est  Sirneornis  in  mandra. 

[104.]  Liber  epistolarum  et  sermonum  absque  principio  et  corrosus 
d.  Joannis  Chrisostomi,  in  quo  sunt  duae  epistolae  ad  Innocentium 
pontificem  Romanum.  In-folio. 

[io5.]  Liber  alius  continens  homilias  in  acta  apostolorum  absque 
principio  et  fine  incerti  authoris.  In-folio. 

[106.]  Liber  alius  continens  homilias  in  evangelium  secundum  Joan- 
nem. In-folio. 

[107.]  Vitae  et  martyria  sanctorum  et  sanctarum,  quarum  prima  est 
sanclœ  Bar  bar  ae. 

[108.]  Homiliae  d.  Joannis  Chrisostomi  in  evangelium  Joannis. 

[109.]  Liber  magnus  continens  sermones  varios  et  vitas  et  martyria 
et  encomia  sanctorum,  in  cujus  principio  est  sermo  magnae....  in  prin- 
cipium indictionis  a  Procopio  Chartophilace  scriptus,  et  inter  alios 
est  sermo  Leonis  senis  Siculi  grammatici  encomium  in  sanctum  Nec- 
tarium  patriarcham  Constantinopolitanum,  et  milita  alia.  In-folio. 

[110.]  Liber  alius  magnus  continens  vitas  et  martyria  sanctorum 
absque  principio,  in  quo  est  vita  d.  Joannis  Chrysostomi  valde  pro- 
lixa.  In-folio. 

[m.]  Liber  alius  continens  vitas  sanctorum  et  martyria  et  sermo- 
nes aliquos,  in  quo  prima  est  vîta  patris  Arsenii.  In-folio.  Integer. 


PIÈGES  JUSTIFICATIVES. 


[112.J  Hermogenes  alius  sine  principio  et  fine  cum  commentariis. 
In-40., 

[11 3.]  Liber  alius  sine  principio  et  corrosus  in  fine  continens  multa 
et  di versa  capita,  quorum  primurn  est  de  somniis,  secundum  de  beata 
et  semper  memorabili  obedientia. 

[114.]  Gregorii  Nysseni  liber  cum  suo  principio  sed  corrosus  con- 
tinens sermones,  quorum  duo  primi  non  possunt  legi,  tertius  est  in 
illud  :  Beati  qui  lugent,  et  alii  sermones  in  alias  beatitudines,  et  alii 
in  diversa  evangelii  loca.  In  40  fol.* 

[11 5.]  Liber  mutilus  in  principio  et  fine  continens  expositiones  in 
evangelia,  fortasse  lzichii,  nam  in  fine  legitur  hujus  inscriptio.  In-40. 

[116.J  Alius  liber  sine  principio  continens  diversa  capita,  quorum 
primum  est  quod  episcopi  sub  se  habere  debent  theologos  ad  docen- 
dum  populos,  et  sequens  caput  cum  hac  inscriptione  Ut  episcopi  doc- 
tores  habeant  qui  doceant  clericos  et  alios,  légales  tam  canonicas 
quam  civiles  constitutiones.  Author  est  Augustinus.  In  40  fol. 

[117.]  Alius  liber  integ.  d.  Joannis  Chrysostomi  in  evangelium  d. 
Joannis  evangelistae.  In-folio. 

[118.]  Liber  alius  continens  diversas  vitas  et  martyria  sanctorum, 
quorum  prima  est  vita  et  instituta  et  requies  sanctorum  mirabilium 
Cosmae  et  Damiani,  et  ultimum  martyrium  est  sanctorum  trium  con- 
fessorum  Gurii,  Samonae  etAbibi,et  accurata  narratio  miraculi  facti  in 
Euphemiam  puellam.  In-folio. 

[119.]  Alius  liber  magnus  cum  suo  principio  continens  diversos 
sermones,  quorum  primus  est  Andreae  archiepiscopi  Gretensis  in  na- 
tivitatem  beatae  Maria?  virginis.  —  Item  ejusdem  in  eamdem  et  de- 
monstrationem  ex  veteri  historia  et  diversis  testimoniis  quod  ex  se- 
mine  David  oritur.  —  Item  ejusdem  in  eamdem.  —  Item  Pantaleonis 
presbyte.ri  monasterii  Bizantinorum  in  exaltationem  sanctae  crucis. — 
Item  Chrysostomi  in  eamdem. —  Item  inventio  sanctae  crucis. — -Item 
Andréa?  archiepiscopi  Cretensis  in  eamdem.  —  Item  Chrisostomi  in 
eamdem.  —  Item  Pantaleonis  presbyteri  monasterii  Byzantinorum 
encomium  in  exaltationem  sanctae  crucis.  —  Item  Alexandri  monachi 
sermo  historicus  de  inventione  sanctae  crucis  ad  quosdam  patres,  in 
quo  est  theologia  vera  et  de  divina  providentia  certa  confessio,  et 
encomium  sanctae  crucis  copiosum. —  Item  gesta  et  martyrium  sancti 
Andreae  apostoli.  —  Item  aliud  ejusdem.  —  Item  Athanasii  episcopi 
Alexandriae  in  sanctum  Andream  apostolum  encomium.  —  Item  Pro- 
culi  archiepiscopi  Gonstantinopolitani  encomium  in  eumdem.  —  Item 
gesta  sancti  Nicolai.  —  Item  enconiurn  in  eumdem  qui  superavit  très 
duces  exercituum  qui  servati  sunt  per  eum  a  morte.  —  Item  Mi- 
chaelis  sanctissimi  archimandritae  in  sanctum  Nicolaum  encomium. — 
Item  martyrium  sanctorum  Eustratii,  Auxentii,  Eugeniî,  Marclurii  et 
Theorestis. — Item  Gregorii  archiepiscopi  Constantinopolitani  in  ser- 
monem  et  heresim  Juliani  Apostatae.  —  Item  Gregorii  Theolbgi  Na- 


PIÈCES 


JUSTIFICATIVES. 


zianzeni  sermo  in  nativitate  Domini  et  divinam  apparitionem. —  Item 
ejusdem  oratio  funebris  m  divum  Basilium  episcopum  Cesareae  Cappa- 
dociae.  —  Item  ejusdem  in  divinam  apparitionem.  —  Item  ejusdem 
in  eamdem.  —  Item  ejusdem  in  Gregorium  fratrem  sancti  Basilii 
absque  fine.  In-folio. 

[120.]  Joannis  Chrysostomi  sermones  29. 

[121.]  Ejusdem  homiliae  in  Genesim. 

[122.]  Ejusdem  homiliae  in  Matheum. 

[i23.]  Ejusdem  commentaria  in  Paulum  ad  Romanos  et  Ephesios. 

[124.]  Ejusdem  in  Exodum. 

[i25.]  Ejusdem  in  evangelia  Joannis. 

[126.]  Ejusdem  de  sacerdotio  'KcptàxaTaXriTtTwv.  • — Homiliae  ad  versus 
Judaeos.  —  Homilia  super  quaedam  evangelia,  in  Esaiam,  Paralipo- 
menon  et  in  libros  Regum. 

[127.]  Ejusdem  homiliae  3o  variae. 

[128.]  Ejusdem  homiliae  in  martyrem  et  alia. 

[129.]  Ejusdem  in  Novum  Testamentum. 

|  i3o.]  Basilii  homilia  in  psalmos. 

[  1 3 1 . ]  Ejusdem  commentaria  in  Esaiam. 

[  i32.|  Ejusdem  in  Hexameron. 

|  i  33.]  Basilii,  Theodoreti,  Chrisostomi,  Acacii,  Gennadii  et  aliorum 
patrum  colloquia  in  Pentateuchum. 

[i34-]  Abbatis  Joannis  scholastica  opéra. 

[i35.]  Gregorii  Nisseni  de  vitis  ss.  martyrum  Gregori/ mirifici, 
Platonis  martyris,  Amphilochii  episcopi  Iconii,  Gregorii  episcopi 
Agrigentini,  martyris  Agiae  et  Calinici.  —  Clementis  epitome  de  pe- 
regrinatione  Pétri.  —  Martyriw/ra  Pétri  archiepiscopi  Alexandriae,  — 
Mercurii  martyris,  —  magni  patris  Alipii  martyris,  —  Jacobi  Persii 
martyris  et  confessoris,  —  Stephani  junioris.  —  Commemoratio  in 
sanctum  Andream  apostoluni. 

[i36.]  De  civitate  Bysentina  et  de  re  militari. 

[137.]  Simeonis  monachi  sermonem  de  pœnitentia  et  confessioue 
peccatorum. 

[1 38.]  Tarasii  patriarchae  Constantinopolitani  ad  Adrianum  papam 
de  manuum  impositione.  —  Joannis  Zonarae  in  canones  apostolicos. 

—  Gennadii  archiepiscopi  Bulgariae  constitutiones  synodi  antiquae, 

—  et  beati  Joannis  Geometrae  vel  Exodii  in  beatam  Virginemmatrem. 
[139.]  Commentaria  vetustissima  ignoti  in  psalmos. 

[140.]  Clementis  Alexandrini  onomata. 

[  1 4 1  •]  Origenis  commentaria  philosophos  gentiles  aliaque  opuscula 
Philonis  Judaei  opéra. 

[142.]  Epiphanius  adversus  hereses1.  — Sermoni  ignoti  in  Jacobum 
fratrem  Domini2. 


1.  Le  ms.  ajoute  :  XauTOffôeyepvY). 

2.  Le  ms.  ajoute  :  Iaxogou  Su  aSsXO  Su  *0. 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


[i'j3  ]  Germani  archiepiscopi  Constan.  encomium  deiparae  Virginis. 

—  Gregorii  Theologi  de  baptismo  Domini.  —  Amphilocliii  episcopi 
Iconii  sermo  de  praesentatione  Domini  et  de  justo  Simeone.  <*-;  Chry- 
sostomus  de  annunciatio//e.  —  Ejusdem  de  traditione  in  cœna  domi- 
nica  divinorum  mysteriorum,  —  de  paschate,  —  de  non  vindicando. 

—  Gregorii  Theologi  de  paschate.  —  Ejusdem  in  sanctam  pentecos- 
tem.  —  Chrysostomi  in  beatum  Philogonium.  —  Ejusdem  de  nativi- 
tate  Domini,  —  de  transfiguratione,  —  et  Epiphanii  monachi  et  pres- 
byteri  Hierosolimitani  de  vita  deiparae  Virginis. 

[i44-]  Antiochi  monachi  ut  videtur  opéra. 

[145.]  Serapionis  episcopi  Thmueos1  contra  Manichaeos . 

[146.]  Theodoretus  in  psalmos. 

[147.]  Idem  therapeutica. 

[148.]  Theophilactus  in  evangelia  divi  Marci.  Volumen  in  quo  vita 
sanctî  Theodori  Stratilati. 

[149.]  Vita  sancti  Martiniani  martyrum  Theodori  Turonensis  mart. 
11.  scriptum  ab  Evodio.  —  Basilii  in  4°  martyres.  —  Vita  sancti 
Alexii.  —  Chrysostomi  sermones  9  in  annunciationem  b.  Marise  vir- 
ginis. —  Certamen  sanctae  Antipse  martyris.  —  Martyrium  sancti 
Georgii.  —  Martyrium  sancti  Marci  evangelistae.  —  Laus  sancti  mar- 
tyris Basilii 2.  —  Actus  et  peregrinatio  sancti  Joannis  apostoli.  —  Vita 
sanctorum  regum  Constomii  et  Helenae,  et  manifestatio  sanctae  cru- 
cis.  —  Gregorii  Nisseni  laudatoria  in  sanctum  martyrem  Theodorum, 

—  et  vitam  sancti  Philaretis  misericordis. 

[i5o.]  Aliud  volumen  in  quo  de  nativitate,  educatione  et  caede 
sancti  Joannis  Baptistae,  et  de  inventione  capitis.—  Certamina  et  pe- 
regrinationes  et  obitus  sanctorum  apostolorum  Pétri  et  Pauli.  —  Mar- 
tyrium sancti  Procopii. —  Martyrium  sancti  Pantaleonis  et  sociorum. 

—  Narratio  Josephi  de  martyrio  sanctorum  Machabaeorum.  —  Sermo 
Ephrem  de  transfiguratione  Domini.  —  Sermo  sancti  Joannis  evange- 
listae de  dormiline  b.  Virginis.  —  De  morte  praecursoris.  —  Sermo 
exponens  locum  et  modum  quibus  manifestatum  est  indumentum  b. 
Virginis  quod  depositum  servatur  apud  Blachernas 3. 


1.  ©eaxTWç  ms. 

2.  Le  ms.  ajoute  :  Abbatïee, 

3.  Blaschemas  ms. 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


143 


XI 

INVENTAIRE 
DES  MANUSCRITS  DE  SS.-PIERRE-ET-PAUL  D'ITALA 

XVIIe  SIÈCLE. 

Cet  inventaire  anonyme,  copie  de  la  fin  du  xvii6  siècle  et  de  la  même  main  que  le 
précédent  inventaire,  auquel  il  fait  suite  dans  le  Parisinus  lat.  i3û75  (fol.  286  et  suiv.), 
est,  je  crois,  de  ceux  que  fit  dresser  Menniti  au  début  de  son  généralat.  On  y  trouvera 
intercalée  la  description  de  deux  volumes  de  SS.-Pierre-et-Paul  d'Agro. 

INDEX   LIBRORUM  EX   ABBATIA   DE   IT ALA  SICILLE. 

[1.]  Homiliae  super  Joannem,  deest  prima  pars  et  85,  Chrysos- 
tomi  ut  quidam  latiuus  adscripsit.  Fol.,  anno  600,  in  pergameno. 

[2.]  Opéra  Basilii  episcopi  Caesareae  Cappadociœ  lib.  4 3,  primus  in 
quartum  psalmum,  ultimus  de  XL  martyribus.  In-folio,  pergameno, 
anno  700  *. 

[3.]  Homiliae  3o  partim  Joannis  Chrysostomi,  partim  Joannis  toîî 
wicTeuTou  in  Lucam  et  de  aliis  rébus.  In-folio,  pergameno,  anno  700. 

[4.]  Vitae  sanctorum  rnensis,  ut  latinus  adscripsit,  septembris.  Ini- 
tium  deest.  Prima  est  b.  Babylae  archiepiscopi  Antiochensis  quarta 
ejusdem  mensis,  ultima  Gregorii  Armeni  mart.yris.  Anno  600,  perga- 
meno. Folio. 

[5.]  Scholia  in  Gregorium  Nazianzenum,  ut  latinus  adscripsit  quo- 
dam  loco  :  Finis  scholiorum2  epitaphii,  et  alibi  :  Initium  scholiorum 
Theologi.  Ann.  5oo,  pergameno.  Fol.  Deest  finis  et  initium. 

[6.]  Catéchèses  monachorum  Theodori,  cui  desunt  initio  capita  6. 
et  in  fine  pauca.  Studiotae,  addit  latinus.  Fol.  minori,  pergameno, 
anno  600. 

Sancti-Petri  de  Agro  : 

[7.]  Alius  liber  similis  ejusdem  Theodori  Studiota?,  in  cujus  initio 
nihil  deest.  Folio  minori,  pergameno,  anno  5oo. 


1.  7000  ms. 

2.  Scholios  ms. 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


De  la  Itala  [.suite  :] 

[8.]  Interpres  in  Gregorium  fratrem  Basilii.  Addit  latinus  :  Dicitur 
esse  Ceramitae.  Folio  minori,  chartaceo,  anno  400. 

[9.]  Chrysostomus  super  Matheum.  In  fine  sunt  quaedam  pauca 
beati  Ilesichii  presbyteri  Hierosolimitani.  Folio,  pergameno,  anno  700. 

[10.]  Chrysostomi  lib.  1.  homiliae  3.  sex  dierum.  Deest  initium. 
Postea  est  apologia  Theodosii  archiferentae  et  primi  Judaeorum  ad 
Philippum  argentarium,  quod  Jésus  Christus  fuerit  sacerdos,  —  Item 
sententiae  beati  Hesychii  presbyteri  Hierosolimitani.  Fol.  minori,  per- 
gameno, anno  5oo. 

[11.]  Sanctorum  vitae,  quarum  prima  est  vita  Gregorii  Thauma- 
turgi  sive  Neocaesariensis  conscripta  a  b.  Gregorio  Nisseno.  Sequun- 
tur  incerto  authore  Platonis  martyris  et  Catharinae  et  aliorum  ejus- 
dem  mensis.  Fol.,  pergam.,  an.  700.  Ultima  est  beati  Andreae  in- 
choata  tantum,  decembris. 

[12.]  Aliud  volumen  mensis  januarii,  ut  latinus  scripsit,  sine  prin- 
cipio  et  fine.  Fol.,  pergameno,  anno  600. 

[i3.]  Sancti  Maximi  dialogus  àaxyjTtxoç.  —  Ejusdem  abbatis  Maximi 
ad  Elpidium  de  charitate  centuriae.  —  Marci  monaehi  de  jejunio  li- 
bellus.  —  Sancti  Isaac  libri  très.  —  Ejusdem  responsa  ad  interroga- 
tiones.  —  Incerti  de  ordine  monasticae  politiae.  — ■  De  diversis  modis 
certandi  cum  diabolo.  —  Ejusdem  de  modo  apropinquandi  Deo.  — 
De  locis  sacrae  scripturae. —  De  pœnitentia. —  De  modo  servandi 
pulchritudinem  monasticae  politiae  et  alia  ad  monachum  pertinentia  et 
ad  virtutes.  —  Ejusdem  interpretatio  modorum  virtutum.  —  De  an- 
gelica  commotione  animi  spiritualis  honiinis.  —  Evagrii  de  diversis 
capitula  54.  —  Nili  monaehi  asceticus  de  philosophia  imper fectus. 
In-40,  pergameno,  anno  5oo  *, 

[14.]  Varia  sanctorum  opéra  sive  sermones  Gregorii  Nazianzeni,  ut 
scribit  latinus,  sed  principium  deest.  —  Tertius  est  sancti  Georgii 
sanctae  urbis  in  laudem  incorporeorum.  —  Quartus  Georgii  episcopi 
Nicomediae  in  deiparam  virginem  cum  ingressa  est  templum  triennis. 

—  5US  N...  in  Danielem  de  tribus  pueris  Anania,  Azaria  et  Misaële. 

—  6US  Joannic  Chrysostomi  Theologi  ad  beatum  Philogonium  futurum 
episcopum  de  providentia. —  7US  Gregorii  Theologi  archiepiscopi  CP. 
de  natali  Domini.  —  8US  Amphilochii  episcopi  Iconii  de  vita  et  mira- 
culis  beati  Blasii  archiepiscopi  Caesariensis  Cappadociae.  —  o,us  ejus- 
dem homilia  de  sancto  baptismate.  — ious  Gregorii  Caesareae  Cappado- 
ciae archiepiscopi.  —  nus  Eusebii  episcopi  de  sancto  Sylvestro  papa 
Romano  de  doctrina  rabbinorum2  et  miraculis  et  de  curatione  Con- 

1.  Le  ms.  ajoute  en  forme  de  titre,  comme  ci-dessus  :  Itala. 

2.  rabbidorum  ms. 


PIÈGES  JUSTIFICATIVES. 


stantini  imperatoris.  —  i2us  beati  Cosmae  Vestitoris  de  reversione 
reliquiarura  beati  Joannis  Chrysostomi.  —  i3us  Arnphilochii  episcopi 
Iconii  de  liypapante1  et  beata  Anna  et  Simeone.  —  i\us  N...  de  mar- 
tyrio  beatae  Agathae.  —  i5us  Vita  beati  patris  Leonis  arc#iproedri2 
Catanensis.  —  i6us  Joannis  Chrysostomi  de  publicano  et  phariseo.  — 
i^us  ejusdem  de  fdio  prodigo.  —  i8us  Joannis  monachi  de  iis  qui  in 
fide  moriuntur,  quod  per  oblationes  et  bona  opéra  liberantur.  — 
i9us  et  20us  de  sanctis.  —  21.  Beati  Ephrem  de  secundo  adventu 
Christi.  —  22,,s  b.  Hypoliti  martyris  de  fine  mundi  et  anthichristo,  et 
interpretatio  Danielis  visionis,  et  de  secundo  adventu  Christi.  — 
•i3us  de  quiescentibus  in  Christo  beati  Ephrem. —  â/fus  Joannis  Chry- 
sostomi de  transgressione  jejuniorum. —  23.  De  martyrio  quadragint 
martyrum  incerti.  —  2GUS  Joannis  Chrysostomi  de  annunciat.ione  b. 
Virginis.  — ■  27"*  àndreœ  Hierosolimitani  archiepiscopi  Cretensis  de 
quatriduano  Lazaro.  —  28us  deest.  —  2C)US  ejusdem  Andrese  de  ramis 
palmarum.  —  3ous  Georgii  episcopi  Nicomediae  et  rhetoris  de  beata 
Virgine.  —  3ius  Epiphanii  episcopi  de  sepultura  Christi  et  descen- 
sione  ad  inferos.  —  32.  Nectarii  archiepiscopi  Cœsareae  Capadociae 
cur  tempore  jejuniorum  celebretur  memoria  beati  martyris  Theodori, 
et  de  jejunio  et  eleemosyna.  —  33.  Beati  Ephrem  de  Joseph.  — 
34.  Joannis  Chrysostomi  de  decem  virginibus.  —  35.  Ejusdem  de  un- 
guento  et  de  meretrice.  —  36.  Ejusdem  de  proditione  Judae.  — 
37.  Ejusdem  de  illo  :   Pater,  si  possibile  est.  Folio,  pergameno, 
an no  600. 

Aliud  volumen  simile.  Initium  deest.  Beati  Ephrem  in  pro- 
phetam  Daniejem  et  très  pueros.  —  Ejusdem  de  Abraham  et  Isaac. — 
N...  detrium  puerorum  fortitudine  et  de  Daniele  propheta.  —  Beati 
Ephrem  de  optimo  pulchritudinis  Joseph.  —  Joannis  Chrysostomi  de 
natale  Domini  sermones  duo. —  Proclr'  archiepiscopi  Cappadociae  de 
laudibus  beatae  Virginis  et  de  natali  Christi. — Antiochi  episcopi  Pto- 
lemaïdos  de  natali  Christi.  —  Epiphanii  archiepiscopi  Constanciae 
Cypri  de  laudibus  Virginis  et  de  natali  Christi. —  Basilii  archiepiscopi 
C;esareae  Cappadociae  de  natali  Christi.  —  Procli*  de  eadem  re  ser- 
mones duo.  —  Ejusdem  de  laudibus  protomartyris  Stephani.  — 
Gregorii  Nisseni  de  eadem  re.  —  Joannis  Chrysostomi  patriarchae 
Constantinopolitani  de  Herode  et  infantibus.  —  Gregorii  Nisseni  de 
magno  Basilio  fratre  suo.  —  Joannes  Chrysostomus  de  theophan/is 
sermones  octo.  —  Gregorii  archiepiscopi  Neocesariensis  Taumaturgi 
de  eadem  re.  —  Methodii  episcopi  et  martyris  homilia  indiem  hypa- 
pantes 8  et  de  Virgine  et  Anna  et  Simeone. — Joannis  Chrysostomi  de 


1 .  hypopante  ms. 
•x.  archiprocedri  ms. 

3.  Prochi  ms. 

4.  De  même. 

5.  hypopantes  ms. 

10 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


eadem  rc1.  —  Cyrilli  archiepiscopi  Hierosolimitani  de  eadem  rc.  — 
Àmphilochii  episcopi  Iconii  de  eadem  re.  —  Thimothei  presbyteri 
Hierosolimitani  de  Simeone  et  Nunc  dimittis.  —  Gregorii  episcopi 
Nisseni  de  laudibus  beati  martyris  Theodori.  —  Joannes  Chryso- 
stomus   de  annunciatione  sermones  très.  —  Gregorii  archiepiscopi 
Caesariensis  Taumaturgi  de  eodem  sermones  duo.  —  Andrae  Hiero- 
solimitani archidiaconi  Sanctae-Resurrectionis  et  archiepiscopi  Cretac 
de  eodem.  —  Joannis  Chrysostomi  de  quatriduano  Lazaro  sermones 
duo.  —  Hesichii  presbyteri  Hierosolimitani  de  eadem  re.  —  Andreae 
Hierosolimitani  archiepiscopi  Cretae  de  eadem  re.  —  Chryscrtomi  de 
Lazaro  et.  de  palmis.  —  Item  ejusdem  de  palmis.  —  Procli  CP.  archi- 
episcopi de  palmis.  —  Andreae  Hierosolimitani  archiepiscopi  Cretensis 
de  eisdem.  —  Joannis  Chrysostomi  CP.  de  secundadie  magnat  hebdo- 
madae.  —  Ejusdem  de  arida  ficu,  eodem  die.  —  Leontii  presbyteri 
CP.  de  beato  Job,  eadem  die.  —  Joannis  monachi  Damasceni  presby- 
teri de  ficu  arida  et  parabola2  vitis,  eadem  die.  —  Joannis  Chryso- 
stomi in  «  Pater,  si  possibile  est,  die  3a  magna?  hebdomadae. —  Leontii 
presbyteri  Constantinopolitani  in  Job,  eadem  die.  —  Joannis  Chryso- 
stomi de  invidia  super  illud  evangelii  :  Exeuntes  Pharisaei  concilium 
cœperunt  contra  Jesum,  die  4a.  —  Ejusdem  de  meretrice  et  jeju- 
nio.  —  Item  ejusdem  de  eadem.  —  Beati  Ephrem  de  eadem  et  de 
unguento.  —  Leontii  presbyteri  Constantiuop.  de  quinta  feria.  — 
Joannis  Chrysostomi  de  mandato  et  lavatione.  —  Ejusdem  de  feria 
quinta  et  de  sacra  communione  corporis  et  sanguinis  Christi.  —  Ejus- 
dem de  eadem  feria  et  de  proditione  Judae.  —  Ejusdem  de  paschate. 
—  Gregorii  episcopi  Antiochiae  de  resurrectione  post  très  dies.  — 
Athanasii  episcopi  Alexandrini  de  paschate.  —  Leontii  presbyteri  CP. 
de  resurrectione  Domini.  —  Joannis  Chrysostomi  de  eadem  re.  — 
Ejusdem  de  paschate  sermones  duo.  —  Ejusdem  de  dominica  die  pas- 
chatis.  —  Ejusdem  de  paschate  et  nuper  baptisatis.  — Athanasii  epi- 
scopi Alexandrini  de  nova  dominica  et  incredulitate  Thomae.  —  Joan- 
nis Chrysostomi  de  dominica  in  albis  et  de  Thoma  sermones  duo.  — 
Ejusdem  de  média  pentecoste  sermones  duo.  —  Leontii  episcopi  Nea- 
polis  de  eadem.  —  Cyrilli  episcopi  Hierosolimitani  de  paralitico  pis- 
cinae.  — Joannis  Clirysostomi  de  caeco  nato.  — Ejusdem  de  ascensione 
Christi  sermones  duo.  —  Ejusdem  de  pentecoste  et  sancto  Spiritu 
sermones  duo.  —  Ephraem  de  laudibus  martyrum  totius  orbis.  — 
Modesti  episcopi  Hierosolimitani  de  natali  praecursoris.  —  Joannis 
Chrysostomi  de  eadem.  —  Athanasii  archiepiscopi  Alexandrini  de  Eli- 
sabeth et  Maria.  —  Antipatri  episcopi  Bostres  de  natali  beati  Joannis 
Baptistae  et  silentio  Zachariae  et  annunciatione.  —  Joannis  Chryso- 
stomi de  beato  Petro  et  de  lacu  Genezareth.  —  Ejusdem  de  laudibus 
sancti  Pauli*  —  Ejusdem  de  transfiguratione.  —  Cyrillus  Alexandri- 


1.  die  ms. 

2.  probalam  ms. 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


nus  de  eadem.  —  Joamiis  Chrysostomi  de  obitu  et  sepultura  beatae 
Virginis.  —  Joannis  monachi  Damasceni  presbyteri  sacrae  urbis  de 
eadem  re.  —  Andreae  Hierosolimitani  de  eadem  re.  Fol.,  pergameno, 
anno  600.  Ex  abbatja  Sancti-Petri  de  Agro1.] 

162.  Homiliae  26  sine  principio  et  fine  super  Genesim  Fol.,  pergam. 
an.  700. 

17.  Homiliae  22  de  statutis  et  non  jurando,  Chrysostomi  addit  lati- 
nus.  In- 4,  pergam.,  an.  400. 

18.  Vitae  sanctorum  sine  principio  et  fine,  nomme  mensis  septem- 
bris.  Prima  ert  Euphrosinae  25,  secunda  Joannis  Theologi  26  ejusdem 
tem  mens.  sept.  Fol.,  pergam.,  anno  5oo. 

19.  Homiliae  Gregorii  Nazianzeni  Theologi  17  sine  principio.  Prima 
de...  —  2a  de  paschate.  —  3a  de  nova  dominica.  —  4a  de  pentecoste. 
—  >a  de  Juliano  et  decessu  Nazianzum.  —  6a  de  natali  Domini.  — 
7a  de  sanctis  luminibus.  —  8a  Epistola  ad  Nectarium  Constantinop. 
archiepiscopum.  —  9a  de  baptismate.  —  ioa  epitaphium  magni  Ba- 
silii. —  na  de  Cypriano  martyre.  —  i2a  epitaphium  magni  Athanasii 
archiepiscopi  Alexandrini.  —  i3a  de  Maccabaeis. —  i4a  est  sine  initio 
de  pauperibus  educandis.  —  Deest  i5a.  —  i6aadpatrem  silentem  ob 
])lagam  chalazes.  —  i7a  ad  eumdem  et  alios  qui  prosecuntur  CPolita- 
nam  sedem.  Folio,  pergameno,  anno  600. 

20.  Commentaria  in  Matheum  incerti.  Desunt  initio  multa.  Fol., 
perg.,  an.  600. 

21.  Vitae  sanctorum.  —  Prima  Simeonis  incerto  autore.  —  2a  mi- 
racula  Michaelis  archangeli5.  —  3a  Andreae  archiepiscopi  Cretae  de  na- 
tali Virginis.  —i  4a  Pantaleonis  presbyteri  monasterii  Byzantii  de  exal- 
tatione  santé  crucis.  —  5a  Constantini  imperatoris  ôtizocgIol  N.  — 
6a  Inventio  sanctae  crucis.  —  7»  vita  sancù  Eustathii  et  ejus  uxoris 
Theospiteos  et  duorum  filiorum  Arcadii  et  Joannis.  —  8a  de  beato 
Thoma  apostolo  apud  Indos.  —  9*  Cyrilli  episcopi  Alexandrini  de 
obitu  trium  puerorum  et  Danielis. —  ioa  Joannis  archiepiscopi  Thes- 
salonicensis  hymnus  in  Deum  et  in  beatum  martyrem  Demetrium.  — 
1  ia  miracula  beatorum  Cosmae  et  Damiani.  —  raa  Timothei  et  Alexan- 
drini miracula  beati  martyris  Menae.  —  i3a  de  Philippi  apostoli  pe- 
regrinatione  et  martyrio.  —  i4a  miraculum  sanctorum  martyrum 
Samonae,  Guriae  et  Abbibae  in  Euphemiam  puellam.  —  i5a  Joannis 
Theologi  de  evangelio  sancto  dato  in  Pathmo.  —  i6a  Martiani  archi- 
episcopi Constantip.  de  b.  Virgine.  —  i7a  Joannis  Chrysostomi  de 
presbyteris  et  diaconis  de  oblationibus.  —  i8a  Martyrium  b.  apostoli 
Andreae  Patris  Achaiae4. — •  iga  Martyrium  beatae  Barbarae.  —  2oa  An- 

1.  Je  crois  comprendre  que  ce  ms.  n°  i5  est  décrit  comme  faisant  partie  de 
la  collection  d'Àgro,  au  même  titre  que  le  ms.  n°  7. 

2.  A  partir  d'ici  les  numéros  des  mss  sont  de  la  main  même  du  copiste. 

3.  Plus  :  et  vita  archiepiscopi.,  qui  paraît  être  un  bourdon. 

4.  Achniœ  ms. 


i48 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


dreae  arehiépiscopi  Cretensis  de  Nicolao  archiepiscopo  Myroes  Lyciac. 

—  2ia  miracula  ejusdem.  —  22a  Joannis  Chrysostomi  de  natali  Do- 
mini.  —  2  3a  ejusdem  de  eadem  re.  —  2  4a  martyrium  beati  proto- 
martyris  Stephani.  —  2Da  Joannis  monachi  presbyteri  urbis  Eubœas 
de  sanctis  infantibus  et  Racbele.  —  26a.  Joannis  Constantinop.  archi- 
ej)iscopi  de  theophaniis.  —  2^a  vita  Joannis  monachi  Calybitae.  — - 
28a  Cyrilli  archiespiscopi  Alexandrini  de  Melchisedech.  —  29/  ejus- 
dem deApanto  (forte  hypapante1  fii  seu  purcatione)  et  de  Simeone. — 
3oa  martyrium  b.  Blasii  Sebastopoli.  — 3 ia  Joannis  Constantinopoli- 
tani  arehiépiscopi  de  filio  prodigo.  —  32a  Ephraim  de  cruce  et  de  se- 
cundo adventu.  —  33a  Joannis  Chrysostomi  arehiépiscopi  Constan- 
tinop. de  jejunio  et  de  Adam.  —  34a  beati  Dorothei  de  jejunio.  — 
35a  Joannis  Constantinop.  de  jejunio.  —  36a.  Ejusdem  de  illo  :  Si  filius 
Dei  es,  die  ut  lapides.  — 37 a.  Ejusdem  Chrysostomi  de  eleemosyna  et 
charitate.  —  38a  Eusebii  episcopi  de  sancta  dominica.  —  3o,a  de  mar- 
tyrio  quadraginta  martyrum  Sebastiens.  —  4oa  Joannis  Chrysostomi 
de  annunciatione.  —  4ia  Sophronii  sophistae  vita  b.  Mariae  Egiptiacae. 

—  42a  Joannis  CP.  de  quatriduano  Lazaro.  —  43a  ejusdem  de  palmis. 

—  44a  ejusdem  Chrysostomi  de  Joseph.  —  45a  ejusdem  de  ficu  arida. 

—  46a  ejusdem  de  decem  virginibus.  —  47a  Athanasii  arehiépiscopi 
Alexandrini  de  quinta  feria  et  proditione  Judae.  —  48a  Joannis  CP. 
arehiépiscopi  de  parasceve.  —  49a  Amphilochii  episcopi  Iconii  de 
sancto  sabbato.  —  5oa  Gregorii  Nazianzeni  Theologi  de  dominica  in 
albis.  —  5ia  ejusdem  de  eadem  re.  — 32a  Joannis  Constanp.  de  ascen- 
sione  Domini. —  53a  ejusdem  de  pentecoste.  — 54a  ejusdem  de  trans- 
figuratione.  —  55a  Andreae  arehiépiscopi  Cretensis  de  assumptione 
beatae  Virginis.  —  56a  martyrium  beati  Theodori.  Folio  minori,  per- 
gameno,  anno  600. 

22.  N...  historia  de  obsidione  Constantinop.  a  Persis  et  Barbaim 
et  mortalitate  secuta  :  haec  ante  cœtera  manu  recentiore.  —  Primum 
eapitulum  totius  voluminis  de  conceptione  Praecursoris.  — 2um,  mem- 
sis  septembris  26,  Prochori  unius  ex  7  diaconis,  Stephani  protomar- 
tyris  consobrini  (âve^îou),  de  Joanne  Theologo  et  evangelista.  — 
3um,  mensis  octobris  3,  martyrium  sancti  Dionysii  Areopagitae.  — 
4um  vita  beatœ  Eupraxiœ  et  parentum  Antigoni  et  Eupraxiae.  —  5um  de 
beato  Thoma  apostolo  qui  palatium  in  India  aedificavit  in  cœlis  régi 
Indorum.  —  6um  mors  beati  apostoli  et  evangelistae  Lucae  in  Thebis. 
7um  martyrium  beati  Demetrii.  —  8um  mors  ejusdem  et  de  Mariano 
eparcho. —  9um,  mensis  novembris  8,  Pantaleonisdiaconi  magnae  eccle- 
siae  miracula  beati  Michaelis.  —  ioum  Timothei  arehiépiscopi  Alexan- 
drini de  miraculis  beati  martyris  Mennae.  —  1  ium  Leontii  episcopi 
Neapolis  Cypri  de  vita  b.  Joannis  Eleemosynarii.  —  i2um  homilia 
Theodori  episcopi  Trimetuntarum  de  vita  Joannis  Chrysostomi  archi- 


1 .  hypopante  ms. 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES.  149 

episcopi  Constantinopolitani.  —  i3um  martyrium  apostoli  Philippi.  — 
1  \um  de  martyrio  b.  apostoli  atque  evangelistae  Matthaei.  —  i5um  mar- 
tyrium b.  Jacobi  in  Perside.  —  i6um  peregrinatio  et  actus  Andréas 
apostoli  qui  in  Achaia  obiit  sub  /Egeate.  —  i7Um  Joannis  Chrysostomi 
de  die  natali  Domini  et  de  beata  Susanna.  —  i8um  Cyrilli  archiepi- 
scopi  Alexandrini  de  tribus  pueris  et  Daniele.  —  io,um  martyrium 
Anastasiae  virginis.  —  20um  Athanasii  archiepiscopi  Alexandrini  de 
vigila  natalis  Domini  :  Cum  esset  desponsata  Maria  Joseph.  — 
2ium  Basilii  archiepiscopi  Caesareae  Capadociae  de  natali  Domini.  — 
22uin  martyrium  protomartyris  Stephani.  —  23um  Athanasii  episcopi 
Alexandrini  epistolae  de  vita  b.  Antonii.  —  24um  b.  Cosmae  Vestitoria 
de  reditu  reliquiarum  Joannis  Chrysostomi.  —  25um  Vita  Leonis  archi- 
episcopi Cataniae.  —  i6nm  de  inventione  capitis  b.  Joannis  Baptistœ. 
In-folio,  pergameno,  anno  5oo. 

23.  Vitae  sanctorum  N....  —  Prima  martyrium  b.  Polyeucthae.  — 
2a  beati  Martiniani  mensis  ejusdem  die  Xa.  —  Et  prope  finem  vita 
sancti  Athanasii  Alexandrini  mensis  januarii  XVIII.  Deest  finis.  Folio 
minori,  pergameno,  anno  5oo« 

24.  Opéra  Gregorii  Nazianzeni  sine  principio.  —  Prima...  —  2a  ad 
Heronem  philosophum  Alexandrinum  exulem  propter  fidem  et  rever- 
sum  post  triennium.  —  3a  vel  14  vel  3o,  de  navigatione  JEgyptiorum 
episcoporum. —  4a  vel  3i,  de  theologiaet  constitutione  episcoporum. 

—  32.  De  theologia  iterum. —  33  alias.  17,  ad  Eunomianos.  —  34.  De 
Filio  liber  i"s.  —  35.  De  Filio  liber  2US.  —  36.  De  Sancto  Spiritu  deest. 

—  38.  Ex  agro  contra  Maximum.  —  3o,.  De  bono  ordine  êvraT; 
ôtaXé^atv.  —  {o.  Contra  eos  qui  irascuntur  contra  sedem  Constanti- 
nopolitanam.  —  41.  Ad  Clèdonium  presbyterum  epistola  prima.  — 
42.  Ad  eumden  epistola  secunda.  —  43.  Ad  Nectarium  episcopum 
Constantinop.  —  44.  Contra  Julianum  sine  line.  Folio  minori,  per- 
gameno, anno  3oo. 

25.  Homiliae  3o  hexamernm  in  Genesim  Joannis  Chrisostomi. 
Desunt  sex  et  septimae  initium.  Folio  minori,  pergameno,  anno  600. 

26.  Joannis  Chrysostomi  de  ingressu  quadragesimae  de  principio 
mundi  et  cœtera  in  Genesim.  Folio,  pergameno,  anno  600. 

27.  Vitae  sanctorum  sine  nomine  mensis  decembris.  Folio,  perga- 
meno, an.  700. 

28.  Opéra  Gregorii  Nazianzeni  Theologi  cum  scholiis.  —  1.  De 
paschate.  —  2.  Apologeticus  de  sacerdote.  — 3.  npoç  toùç  xaXéaavTaç  sv 
àp/vj  xat  \j.r\  à-avcriaavTaç  [).exà  tôv  Kpeo&ùxzpov i.  —  4-  Apologeticus  ad 
patrem  cum  factus  est  episcopus.  —  5.  Ad  eumden  quod  promisit 
cum  prœfici  ecclesiae  Nazianzenae.  —  6.  Ad  eumdem  et  Basilium  post 
reversionem  a  fuga.  —  7.  Ad  Gregorium  episcopum  Nyssenum 
fratrem  Basilii.  —  8.  Ad  cives  Nazianzenos.  —  9.  Ad  Julianum.  — 

1.  Ici  encore  le  copiste  a  estropié  ces  quelques  mots  grecs.  Je  les  res- 
titue. 


1  JO 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


to.  Ad  patrem  de  plaga  Chalazœs.  —  1 1.  Pacifica  tertia  dicta  CP.  post 
discordiam  episcoporum.  —  14.  Epitaphium  ad  Caesarium  fratrem. 

—  15.  Item  ad  sororem  Gorgoniam.  —  16.  Item  ad  patrem  présente 
Basilio.  —  17.  De  theophaniis.  —  18.  Oratio  funebris  de  magno 
Basilio. —  19.  De  sacris  luminibus.  —  20.  De  baptismo.  —  21.  De 
paschate. —  22.  De  nova  dominica  sive  de  encenis.  —  23.  De  pente- 
coste.  —  24.  De  Maccabaeis.  —  25.  De  Cypriano  martyre.  —  26.  De 
presentia  CL  episcoporum. —  27.  De  beato  Athanasio.  —  28.  De  pau- 
perum  amore.  —  29.  Ad  Eunominaos  et  de  theologia. —  3o.  De  nova 
dominica.  Folio,  pergameno,  anno  700. 

29.  Theodori  Cathecheses  monachorum  sine  initio.  Desunt  ca- 
pita  4.  In  fine  est  testamentum  ejusdem.  Item  Naucratii  epistola  de 
vita  ejusdem  Theodori.  Folio,  anno  5oo. 

30.  Pauli  epistolae  cum  proœmio  et  scholiis  ad  Romanos.  —  Item 
actus  apostolorum,  epistolae  canouicae  Jacobi  et  Pétri.  Deest  finis  et 
principium.  — In-40,  pergameno,  anno  5oo. 

31.  Abbatis  Joannis  monachi  praefecti  montis  Sina  cognomento 
Scholastici  photisma  ad  abbatem  Joannem  praefectum  Raithw.  — ■  Cli- 
max.  — Ephraim  :  1  asceticus;  2  non  reddendum  seddolendum;  3  de 
diebus  peccandi  et  pœnitendi,  etc.  ;  4  de  festis.  —  Joannis  Chryso- 
stomi  de  falsis  magistris  et  haereticis;  2  de  presentia  Christi  et  de 
resurrectione  contra  Judaeos.  —  Symbolum  Nicaenum1.  —  Vita  Simeo- 
nis  Stilitae.  —  Martyrium  40  martyrum  Sebasten.  —  Acta  b.  Nicolai 
arcliiespicopi  Myrensis  metropolitani  Lyciae.  —  Vita  Heliae  et  Helisaei. 

—  Apocalipsis  Joannis  apostoli  et  evangelistae  Theologî.  —  Vita  et 
martyrium  Gregorii  magnae  Armeniae.  — Miracula  archangelorum.  — 
Martyrium  beati  Georgii.  Folio,  pergameno,  anno  45o. 

32.  Diversae  quaestiones  cum  solutionibus  exverbis  relatis  Gregorii 
Nisseni,  Theodoriti,  Chrysostomi,  Gregorii  Theologi,  Nemesiiepiscopi 
de  natura  hominis.  —  Epiphanii,  Cyrilli  Alexandrini  in  Job.  —  Ex 
apostolicis  constitutionibus,  Hypolito,  Tito  episcopo  Bostrorum,  et 
ex  Limonario,  Basilio,  ex  constitutione  Pétri  et  Pauli,  ex  sexta  sy- 
nodo  89.  —  Vita  Euphrosini.  —  Eusebii  historia.  —  Isidori  episco- 
palis,  beato  Ephraim,  Severo  Antiocheno,  Hesichio,  Maximo,  Pla- 
tone ,  Clémente ,  Joanne  Climace ,  Isidoro  Pelusiota  ,  Athanasio , 
Josepho  Diadocho,  Nilo  monacho,  Palladio,  Marcho  monacho,  Nice- 
phoro  archiepiscopo  Constantinop.  Folio,  pergameno,  anno  5oo. 

33.  Opéra  Isaac  anachoretae  :  1.  Ilepi  àTroxay^ç  et  de  monastica  disci- 
plina sermones  très.  —  Postea  quaestiones  et  responsa.  —  3.  De 
ordine  monasticae  regulae,  etc.,  quae  sunt  in  libro  cujus  initium  est 
Sancti  Maximi  dialogus  post  verba  sancti  Isaac.  —  4-  Catéchèses 
Theodori  praepositi  Studio  ad  discipulos.  —  In  fine  testamentum 
ejusdem  Theodori.  —  Naucratii  monachi  epistola.  —  Iambi  Theo- 


1 .  Nissenum  ms. 

2.  episcopalis  sic  ms. 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES.  i5i 

dori  in  martyres.  Desunt  qusedam.  Folio  minori,  pergameno, 
anno  45o. 

34.  Evangelia.  In-40,  pergameno,  an.  400. 

35.  Dyonisii  Areopagitae. 

XII 

SOUSCRIPTIONS 

Je  réunis  ici  les  souscriptions  de  manuscrits  signalées  au  cours  du  présent  volume. 
J'ai  suivi  l'ordre  même  dans  lequel  elles  s'y  trouvent  citées. 

I  . 

Vaticanus  1 6 1 1 . 

Fol.  y4'  :]  *b  féXoç  xou  7tpwxou  xwv  xecrcràpcov  xeùxouç.  twv  eiç  xo  xaxà 
Xouxàv  aytov  eùayye.  xaxà  cruvay(oyy]v  è£y]yricrewv  :  eTiXyjpwGr]  u-yjvi  aûy.  xe'  tîjçj 
aùxï]ç  îvô.  èv  rj  xat  f,px6*l. 

Fol.  1  58  :]  <$*  xéXoç  xou  ôeuxepou  twv  xecrcràpcov  xeûxouç.  ta>v  eïç  x6  xaxd. 
Xouxàv  aytov  eùayyéXtov.  xaxà  cruvaya>y7]v  è^yiyyjaewv  ►$<  èTCÀyîpwÔy]  u.y)vl  tavv.  xe'. 

xî}<;  aùx?|Ç  ïvô.  Iv  rçt  |  xat  àpx^v  ëXaêev  :  |    stcXt] pa>6y]  eiç  xr]v  a/oÀTiv  xou 

àytou  Ttéxpou  pt^xà  xo  ê|x.  jjioûXx.  :  | 

Voy.  plus  haut,  p.  48.  Inédite.  —  [xoOXt.]?? 

2. 

Vaticanus  i636  (fol.  242'). 

*  'Eypacpy]  ôtà  x-  Xéovxo;  eùxeX.  Tspecrêuxépou  xat  m.  \  l^apx. 
îvô.  6'  rjui.  y'  top.  Ç"'  ex.  ^906'  : 

Voy.  plus  haut,  p.  49.  Iuédite. 

Fol.  243,  de  seconde  main,  un  contrat  grec  inédit,  daté  de  juillet  ii5q, 
qui  tient  toute  la  page  : 

*  fftyvov  xeipôç  Oewoopou  utou  rcaerx-  aytoy.aêpt.  *  crtyvov  yeipoq 

xou  xe  ya[j.6pou  xou  7tpe?  vtxoXaou  xou  Tcp-'P  Xtavopou^  crtyvov  /ecpoç  vtxoÀaou 
utou  auxwv.  J  crtyvov  x£[P°Ç  tw«  exepou  utou  aux.  crtyvov  x£tP°?  xwvcrx.xivou  exep. 
utoç  [.<■/<?]  aux.  |  Ev  ovo[x.  xou  upç. . .  Il  s'agit  de  la  vente  d'une  vigne  située  ev 
xauxr]  xvj  Tceptoxt  xacrtavou...  Le  contrat  Eypacpr]  x£tP[  vtxoXaou  xwv^.  cptXu1"5. 
xat  xa6ouX.  xacrtavou  |  |||||||||||||||||||||||||  touX.  tvô.  6'  [jkî]  exouç  /Tyft'.  \  Fol.  3,  graffite 
à  moitié  effacé  du  xme  siècle  :  ev  \iy\,  i*a.  |||||||||||||(|||||||  et;  xaç  e'  v^epa;  œpa  è 
euoXe^crev  0  piyo  xapXo;  |||||||||||||[|||||||  |  et;  xo^oOeatav  xi\ç  rcoX.  6eve6evxou  ex. 


i52  PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 

ivô.  0'  |  Au-dessous,  d'une  main  de  la  même  époque  :  eypaçi  ôta  /.cipwç 
io>.  TzpzG&onepov  fl|||||||||||||||||||,  le  reste  m'échappe.  Au  verso  du  même  feuillet, 
une  nouvelle  main,  du  xine  siècle  encore,  écrit  :  âyEvvrjô.  ô  è\xbq  uloç 
êovrçcpàTioç  iv  i-i.T).  i'ouX.  x'.  sv  y] pie.  xvptox.  wp.  ê'  ivô.  Ç'  Ix.  <7xi  ||||||  [?J  |. 
Au-dessous,  la  même  main  :  eïmv  Ta  êtôXrja  tou  èxxXr].apx.  xal  Ta6ouÀ.  tw. 
îepô.  TauT.  svTrppwu.  to  ?;apov  àvayvwCTTy).  |  xal  to  ôi£p|j.£V£UT.  eva.  xai  [un 
titre  effacé]  xal  ô  ôa|j.acr/.7]vôç  xal  tô  T£Tpaêa.  xal  to  t|;aXTe.  j  xal  eùyolot. 
xal  to  ava7cauat^.||||||||||||||||||||||[||.  xal  to  àvayvwaTixov  |  sv  w  èaùv  <J.£ya\ 

IIIIKIIIHIH  xal  T£Tpas^.  sv  aïç  £<7tt]v  Y]  yevacaXoyyja  tv]ç  6xôû  xal  aMov  |  év  su/oXo^.  | 

3. 

Vaticanus  1992  (fol.  219'). 

•  "  •  ôoça  tw  TîX^pwTTi  twv  xaXwv  ►£<  |      rj  Tîapoucra  ôéXtoç  sypa.  xeiPl  êap6o- 
>.ou..  j  sOteXouç  ax-  7rp.  £7i:Xy]pw6y]  ôè  jj.7).  îouvcw  y'.  |  rjp.£.  Ç"'  wpa  c6'.  tou'  Tx^' 
£toO;.  !vo.  16'       |  ot  àvayivwffxovTeç  £ux£a0.  xat  o-uyxcopriaaT.  ^  | 
Voy.  plus  haut,  p.  53.  Inédite. 

Vaticanus  1997  (fol.  178). 
5Eypàç£i  ôtà  x£tP^?   6utou   tXIij.ovoç  |  ôwo"£i8£OU   tou  £cVOU.   xapôùç  £ | vopst , 

!JLOV7jÇ  TOU  [JuACT^VOU. 

Voy.  plus  haut,  p.  54'  Inédite. 

5. 

Vaticanus  2000  (fol.  204'). 

E6£À7)wô  to  -rcapwv  6c6Xlov  |  ôiaxetpoç  uax.^lou  p.o/.  |  ôtà  <7Uvôpou.7iç  tou 
TÎvïxoO  J  ^jjlwv  TÛpç  êap9x  CEpop.ôva''  j  iJ.vrja-6  xi  to  £ûaavT  à[xapTo  J  yp.  à|j.riv  £T 
;Ç"x1'  l'  touvi"  J  z\c,  t.  z7'  wp.  Ç'  01  avayivwo-JxoT£ç  eu/cCt''  xal  xaTap*  | 
ÔTt  xal  ô  yp.  Trapayp.  J 

Voy.  plus  haut,  p.  55.  Inédite. 

6. 

Vaticanus  2001  (fol.  3o5). 

MV7]0-TT'.  X£.   TOU    ÔOÙXoij    0"OU    |    TïaÛA.    [JIOX-    Xal   7)y0U|Jt£V0U     I      T7)Ç    (J.OV7jÇ  TtÇ 

Oxou.  t.  I  x£ppaT.  t.  tioôwv  |  XTr)0"a|j.£v .  TaÙT.  tt]V  I  êrjêXov.  | 
Voy.  plus  haut,  p.  55.  Inédite.  —  Corrigez  :  tou  tiôOw. 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


i53 


7- 

Vaticanus  2002. 

Fol.  63'  :]  ETcXetw6  xb  èuayye*  xb  xaT  |  [X?  0û  êoyjOouv*  p.'î  ïouviw  |  ev  yj^épa 
s'  tou  àytou  6ap0  |  tou  àn:oo,T  dopa  y'  tt]ç  0et.  |  Xetxoupytaç. 

Fol.  117  :]  \-  ypaçèv  ota /.  |  xwvct*  àu.apT&>XoO  xat  |  Ta.Tueivou.a15"  oîxôv  èv 
|  itoXst  Ta6epvwv.  p^vt  J  ersTCTepiêpta)  -ïeXstw^  stç  j  xàç  Xj  y\\s.%  6'  topa  ô'  exwa  j 
f\^<z'  tvÔ.  Ç*'  yjXtou  xux*  r/  J  cr.  xûxx  s'  Tîapwv  |  xf^  yjyeu.ovt'a<;  yswpytXàç 
<7Tpa|Ty]yoQ  xaXaêpta;  •  ]  • 

Voy.  plus  haut,  p.  55.  Signalée  par  M.  Gardthausen,  Palœo  graphie,  p.  3i8. 
Noter  l'emploi  du  mot  rcapcov. 

v  A 

8. 

Vaticanus  2021  (fol.  ijo'). 

Aô£a  toit  TuXrjpWTîît  twv  xaXwv  :  |  ^  £7iXy]pw0.  ri  rcapouaa  êtêXoç  toù 
lllllllflflu  ^P?  |  ffUjieàv,  \j.r\.  [j.atoj  tÇ7  ^aép.  y'  wpa  0'  |  tîjç  <7'  é6ô.  xîjç  w. 

toO  /<TxtY/  stouç.  tvô.  ty',  |  eypà.  '/sept  êap0oXo[j.atou  àva.  a^-  ol  xpwp.01.  J  aÙTvjç, 
eu/ccrOc  xai  <7uy/wpri(TaTé  \j.oi  ôtà  tôv  xv 

Voy.  plus  haut,  p.  58.  Inédite.  L'abréviation  xt}<;  tc.  est  pour  xriq  rcsv- 
TrjxoffTîiç,  et  pentecôte  s'entend  ici  des  cinquante  jours  du  temps  pascal. 

/ 

Vaticanus  20  ,1  (fol.  336). 

'EteXtwO.  r]  lepà  6iè1o<;  adxr\  j  ôtà  awôpo\L.  yewpytou  a.ffitaO.  toû  J  |xwpo- 
yswpytou.  xat  tov  |juct0ov  Ô07]  J  aùxw.  xç  ô  Oç.  xatà  xrjv  tou  epyou  |  sxTtXrjpwartv  • 
èixoc  ôè  x(x)  ypà^avT.  xai  xotcouç  utcocttccvt.  akeïaOe  |  ol  evruyxàvovT.  tu/ety.  Trçç 
èx  |  ôe^toiv  crTàffscoç  te.  xat  xà^ewç.  <xùv  aùxw  |  xw  Tw  rç^wv.  oxt  aOrwiipen:. 
itft.  J  oô^a  Ttfxr]  xat  Tipo<r/.ûvy]<7tç.  vuv  |  xat  as  t.  xat  eïç  toùç  atwvaç  twv  aîwvwv 
à^/jv. 

Voy.  plus  haut,  p.  5o.  Citée  par  Gregory,  Prolegomena,  p.  709,  d'après 
J.  M.  A,  Scholz,  Biblisch-kritische  Reise  (Leipzig,  i83o),  p.  102.  Je  reproduis 
le  texte  du  ms. 

10. 

Vaticanus  20 jo. 

Fol.  87'  :]  ^  àôija  xw  Ttly\po)xr\  twv  xaXœv  J  sypà.  /etpi  êapOoXojxatou 
àva.  a/. 

Fol.  117:]  'EitXy] ptî)0.  rj  uapouaa  êtôXoç  xôiv  J  àaxYjTtxwv  toO  ôertou  Tcpç  tjijiwv 


i54  PJÈCES  JUSTIFICATIVES. 

êa|crtX£tou.  \xrh  aùyouaTW.  n\' .  yj^e.  y'  «p.  ta'.  |  toù  f\y^'  It.  ivô.  ty'.  t« 
évtauxw  J  Ôts  xat  ô  àytwTaToç  rcaira  TîaaxâXtoç  |  ffiyîXXiov  èXevGepîaç  èn:oty)<T£  toû 
j  'GÇToX^O'^X  TËpç  yjiJLwv  6ap6o|Xo[j.atov  eîç  xrjv  à.  aOtoO  {Jtovriv  tt)v  u|7îepaytav 
Gxov  Trjv  xaXoujxévr)v  xou  |  7l)XuXvo0'<];6.  7]v  aÙTÔç  ex  êàOpwv  |  àvriyeipe  xal  àvw- 
xoô6[xy]cr6V.  e!ç  j  wcpéXetav  itoXXwv  <pux&v  xai  ôô£av  |  6û.  tw  aux.  ôs  éviaut.  rjv 
u7iocjTpé^aç  |  ô  êab'fjiouvôtç  elç  xaXa6ptav,  cpex'  |  Ç<rv  ên:  x*7$)Xa><7xXx  'Ooepi'cXx 
|  êrctyXtpe  Çï  êxTlev  'OvG'xGxlwTv  %  c0ÇÇ"'0  ÇXvê  ox^7î}a|aeow0  ètc  ueCTîïôv 
£0o0o|ovctv.  x6vx  Ç07S  ixloylH |tc£Ç"  Gx^êy  vorcXo0Xœ  Xe  |  |0o0oovXû>  7i0o  67^x- 
£Tuî(7xon:.  |  ^e^0         Çeve0w  0x4^X-  |  S6£a  tw  TtXyjpwTîî  twv  xaXwv. 

Voy.  plus  haut,  p.  16  et  60.  Publiée  par  Montfaucon,  Paheographia, 
p.  287.  Puis  à  nouveau  par  moi,  Rômische  Quartalschrift,  t.  II  (1888), 
p.  09-40. 

1 1  • 

Vatican™  2061  (fol.  i35'). 

B      BACIAEIOY  AOS  XE  IIAYAAN  TOIS  IIONOIS- 
A      ATS  IN  TE  ITANTQN  QN  TETETXA  IIHMATQN  •:• 
EIQ   KAI  IIASIN  HAE  TOIS  IIO0Q  TEAEY0QS1N  • 
A      BIBAQ  nEAOYSH  TOY  AI  AN  ©EOAOrOY- 

TNQSIN  nOPIZEIN  KAI  XAPIN  SHN  AAMBANEIN  •;■ 
Voy.  plus  haut,  p.  61.  Inédite.  Accentuée  dans  le  ms. 

12. 

Vatican™  2082  (fol.  162). 

*  ^0.  xi  toO  t:o0.  XTtaavx.  tt]v  taux.  ôeXt.  |  etouç  /Ttf»' 

y'.  J  &a%ep  <;Évot  xat'f^uatv  ^arptô.  oùt.  xapiot  to  ypa^avr.  J  6t6Xîou  teX. 
8TeXta>0.  (tùv  0w  r,  ôeXT.  aùt.  ôtà  x-  ^eoô.  xaTisivou  repe.  J  exxXyjcrtaç  xwv  àytwv 
arf.  txy).  ullllllIHIIIIIIII  eîç  t.  x'  ^[xépa  cyap.6aT.  <op.  0'  êamX.  |  |||||!|||||||||||||||  rcopçupoy 
IIIIIIIIIIIIIIIIIJII  %eiJ.wveu«vT.  ttjv  xaXa6ptav  XI||f|l  itaTptx  |  X«P«Ç 
è'Ovwç  twv  àOéœv  çpàyxwv.  xata  t.  |  vé{JLevJ||||||||l||l  OeoxTtaTou  pouatav  ||||!|||!||||||||||||||ir  | 
lllllflllllllllllllllllll.  Xe'pllllitlU  YP**«°«  atuexat  Ta<p ||||f[f[|||  | 

Voy.  plus  haut,  p.  64.  Inédite. 

i3. 

Cryptensis  A,  ô.  I  (fol.  222'). 

'Ei;eXiâ)0.  xo  rcap.  êtêXtov.  ôtà  xeipbç  ffuixêwv  tepop-x-  xîjç  |  [xov.  T/jç  (>icepay!aç 
0xôû  xat  àet  7tap0.  p.aptaç  xat  v£o|ô7]yy]Tptaç.  xoCi  ôa.  TÏpç  yj^wv  6ap0.  ^ayjiz^  tvô. 

g''  J   {JIV].    COUXtW  £ÎÇ  T.  X£'. 

Voy.  plus  haut,  p.  67.  Publiée  par  Rocchi,  Codices  crjrptenses,  p.  389.  Je 
reproduis  le  texte  du  ms. 


Il 

P 

TEPQ 

G 
B 

Y 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


55 


i4. 

Ciyptensîs  r,  6,  VIII  (fol.  i45). 

'Eypàçyj  to  Ttapov  êiêXtov  ôtà  xetP°Ç  xupou  j  àyyéX.  xoO  xptt.XéovToç  xavov. 
xat  xaPT0Û  Xàpto;  [.f/c]  tr,  ]Ipl  |  exxXyjarta  xr^q  àp^ts^taxoTi.  pu.  ev  st.  .t^ç  tou 
xû  riixwv  J  ûj  xû  êvavÔpcoTCtaewç.  /iXiocttS)  7téi;axo<7i|ocruco  ô'  yjXcou  xuxXou  Tpex- 
tê'.  creXTjvyjç  j  ôè  xûxXou  Tpéxovxoç  6'.  ut].  voé[x6ptoç  ce',  tvô.  y/- 

Voy.  plus  haut,  p.  67.  Publiée  par  Rocchi,  op.  cit.,  p.  261.  Je  reproduis 
le  texte  du  ms. 

i5. 

Vaticanus  i65o  (foi  i85'). 

*  EIAH^E  TEPMA  BIBAOS  |  HrAAISMENH.  XY  *EPOY|SA  TOYS 
0EO*0OrrOYS  AO|FOYS.  ErPA^FE  TAYTHN  Nl|KOAAOS  EN  IIO0Q. 
EN  E|niSKOnOIS  APXIEPEYS  Y|IIAPXQN.  FAIAS  KAA ABPIJ TIAOS . 
PIPIOY  nOAIS.  KAI  |  SIKEAIAS  0PHNAKPITIAO2  |  XQPAS.  0HSAY- 
PON  AY|THN  QSIIEP  AS0APTON  |  MEFA  [xtX.]. 

'Eypàçr)  auTV)  r\  j  oeXto?  ôtà  X£tP°?  Oeoôwpou  |  xXyjptxoû  crtxeXicdTOU  xcct5  s | tc t- 
xpo7îy]v  vr/.oXàou  lictdxÔTiou  J  xTrjTopoç  auTîjç.  ev  êtet  àrco  |  xtîctsw;  xoctjxou.  st. 
/<T9|xe/  tvô.  e'  J  xu.  (J  6'  xu.  Q  xa'«  */a'  ^Xrjpwôr]  p.y]vi  |  cavvouaptto  elç  tôv 
auTov  yp.  |  yjptipa  cra.  oip.  y'. 

Voy.  plus  haut,  p.  87.  Inédite.  Je  ne  donne  des  vers  politiques  qui 
précèdent  immédiatement  la  ss.  que  ceux  qui  ont  un  intérêt  historique. 

iG. 

Laurent ianus  XI,  9  (fol.  282). 

Tô  èTiovoiJ.aÇ6{JLcVOv  xou  xpucroaTÔ[j.ou  j  [i.apyap-?5Tai  6t6Xtov  xr\  toû  xû  7û  |  yû 
y.âptxt  ôtà  xe[pôç  èypaçet  j  Xouxa  à^apTwXou  [j.ovaxou  xaT1  iitixpoTzriv  t|<Jtô6pa) 
[.ç/c]  OuerctoXa)  xat  xa0y]you|j.év(i)  |  pLOV7jç  tou  àytou  tco.  tou  àîïctpou.  tm  /(7|<px6/ 
êtec  toO  xôatxou  tvô.  ô'.  ae.  xu.  tê'.  0  £'  *!' 

Voy.  plus  haut,  p.  87.  Publiée  par  Bandini,  Cat.  Mediceor,  I,  5o6.  Je  re- 
produis le  texte  du  ms. 

17. 

Vaticanus  i633  (fol.  357'). 

.IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIJ1IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIPIOY-  ABBA-  nPc  BYt- 
IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIHTO  BIBAI-  YnHPx- 
iillllllllllllllllllIlllllllllllllllIlllllllOYM,  BICINIANov. 
Voy.  plus  haut,  p.  87.  Inédite. 


i56 


PIÈGES  JUSTIFICATIVES. 


18. 

Vaticanus  Reginse  gr,  7 5  (fol.  ioij. 

*  :  MNHC0-  KE  TQ  CQ  |  AOYAQ  :  CYMEQN  |  EAAX1CTQ  IIPESBY|TEPÛ: 
AMHN :  1  èypac?Y)  ilç  xo  [xaXêtTO  |  ywpto.        ayt'aç  |  Tcapaaxeur,;  :  y.ai  7ta|pa- 

xaXài  xai  ôéojxai  |  touç  Ttavx.  eù'^ea-Oai  |  vrcep  i[xou  tou  ei)Ts|Xovç  ... 

Voy.  plus  haut  p.  87.  Publiée  par  Stevenson,  Cat.  mss.  gr.  Regin.,  p.  60. 
Je  reproduis  le  texte  du  ms.,  sauf  les  accents  de  l'onciale.  (De  même,  ss.  i5.) 

Vaticanus  21 38. 

[Fol.  5  2  :]  xupcaxbç  [x/.  7tp£crêiJTepoç  |  èv  ào-Tew  xanouY)ç  eypa^ev  : 

[Fol.  91  :]  TETEAEIÛTAI  SYN  0EQ  TO  |  EKAOrAAHN  TOY  EYAP- 
PEAIOY  |  TOYTOY.  AIA  XEIPOS  KYPIAKOY  |  HPESBYTEPOY.  TÀHMÛ- 
NOS  |  TOY  KAAOrHPOY  :  EN  ETEI  ,qYo©':  INAIKTIQNOS  A':  |  MHNI 
IOYNIQ.  EIS  T.  IB'  :  |  à-rco  ôè  xr^ç  èvavôptDTtYjcretoç  j  tou  xv.  Y|(j.(ov  Vy.  yy  .  sxb. 
ev|vaxo<7ia  svsvïjxovTa  ëv  : 

Voy.  plus  haut,  p.  88.  Inédite.  Onciale  accentuée  dans  le  ms. 

20. 

Vaticanus  2020. 

Fol.  83'  :]  'Eypâçy]  yj  rcapoucra  6cêXoç  toO  j  sv  ày'otç  |xai;î[j.ou  ôià  .xetpoç 
xu|ptaxou  àTacrOàXou  |j.ovàxov>  ô  J  p.eXoaoç  xac  àôXîou  TtpeaêuTejpou  :  fj.7)W  !av- 
vouapîw.  X7]' '.  ^{xe.  |  xuptaxrj  xéXoç  eïXyjçev  dopa  j  7)'.  ôéeioa  |i.àXa  toùç  sv- 
xujuTOvraç  tgcutt]  Trj  ôéXTW  îxs|Teuaai  tôv  xuptov  xai  [xvy](j6r)vat  aÙToO  |  ev  eXéei 
xai  oîxTtpfJioTç  ê7u6Xé|<pai  toOto  ev  Tr]  xrjç  xpicrewç  |  r\\ikç><x  ||||||[il||||||||f  eTmuxet  à[x- 
7:)va|xy)iJ.à'T:o)v  Xu-rpov  ôV  eùx&v  Opiwv  |  àycwv.  àpi/jv.  yévotto  xupte  ô  0e6ç. 

Fol.  21 3'  :]  'E7:Xy]pot)07]  ^  6t6Xoç  auiry]  x£lPc  xupt|axou  jj.ovaxou  àjxapTwXou 
TcpecrêuT.  {jltivI  îouvîa)  X7,  r,népa  Ç"'.  top.  T'.  |  Itouç  /(T<pa'.  ev  to  àycto  |j.ovao"Tt- 
pîw  |  Xeyo[j.évto  cpeXXîvw  xrjç  àcnrétoç  xa|||||||||||  J 

Voy.  plus  haut,  p.  88.  Inédite. 

21 . 

Cryptensis  B,  a,  IV  (fol.  1). 

ET./T*'  INA.  E'  A0YKA2  HrOYM.  MONHS  THS  AErOM.  TOY  AITOY 
nPS  ZAX.  EIS  |  TO  MEPKOYPION.  MH.  NOEMBPIQ  EIKAA.  A'  N02H- 
SAS  XP.  AEKAMHNION  |  KEKOIMHT.  HME.  SA.  KAI  KEXÛSTAI  EN 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES.  i57 

TQ  NAP0HKI  TOT  AHOY  APPEA.  EN  TQ  |  AErOMENQ  BAAAEAOY- 
KIÛ  2YN  BAPNABA  TQ.  HFOYMENQ  KAI  NE|0$YTQ  TQ  KAAAI- 
rPA$Q.  KAI  ©EOrNQSTQ  TQ  IIOAYMA0H  |  KAI  NAYKPATIQ  ANAPEA 
KAI  MAPKIANQ  TOIS  AAEA$.  :  0  AEX0EI2  KAI  THN  BIBA.  ErPA^FE 
TAYT  •:• 

Voy.  plus  haut,  p.  88.  Publiée  par  Rocchi,  op.  cit..,  p.  62.  Je  reproduis 
le  texte  du  ms.  Accentuée  dans  le  ms. 

22. 

Cryptcnsis  B,  a,  XX  (fol.  59'). 

*TQ  EEAKISXIAIOSTQ  TETPAKO|SIOSTÛ  EBA0MIK02TQ  TPI|TQ- 
TOY  K02M0Y  ETEI  •  EIIA0EN  TO  |  $OYSATON  MANOYHA  TOY  IIA- 
TPIKIOY|EIS  TA  PHMATA  •  j  KAI  AYTA  TA  PHMATA  EAEI|$0EI. 
KAI  II  KOY0NH2ÏA  ErENETO  ME|rAAH  £$OAPA-  KAI  XEIPI  NECOAX 
MX  -  ErPA4»EI  H  TOY  AriOY  AQ|PO0EOY  EîTYS. 

Voy.  plus  haut,  p.  88.  Publiée  par  Rocchi,  op.  cit.,  p.  104.  Je  reproduis 
le  texte  du  ms.  Accentuée  dans  le  ras. 

23. 

Parisinus  83  (pl.  298'). 

TéXoç  VkvJot  t6  TCapov  aytov  TSTpaeuayyéXiov  Otcô  "/£tpoÇ  è|AoO  tou  tcoXutX^jjio- 
voç  xac  euTeXoùç  voTapi'ou  EoXo;j.(bv  ô  àuo  Notou  xac  ôtà  tov  xùpcov...  'EtsXsccoOt] 
os  ivéT7]  TéS  à tco  xTco-etoç  xôc[aou  (Ç%<ùÇ',  Ivô .  a',0  xuxX(«i  cê',  ({  ç',  eîç  Taç  tô' 
tou  ôexîfxêpfou  [xrçvèç,  v][jipa  s',  rj  iTCaxTrj  xr/  oipa  y'  t>}ç  yj|Jiépaç,  -rcoXeuovTOÇ 
xuxXou  Q  8i'  è'tcwv.  BaacXeuovTo;  èv  Kwvo-TavTivouTCÔXsc  Mavour)X  tou  Ilopçupoysv- 
vyjtou  xac  svooçoTaTou  pao-cXéwç,  xac  sv  xoïç  cIeocroXuiJ.oc;  cA[j.app7]  tou  xpaTacou 
p{|,  ev  ôè  vqafa)  ScxsXcaç  rouXXtéXîJ.ou  tou  ôsuTÉpou  pcyoç^  |ç'  vjjJLaç  8s  'Iyjcouç 
XpccTÔç. . . 

Voy.  plus  haut,  p.  92.  Inédite.  (Communication  de  M.  H.  Omont.) 

24. 

Vaticanus  2 1 4  3 . 

Fol.  Gi  :]  'Eypàcpy]  Itsc  fï'/oy'  cvô.  y'  [.vie]  xeXeucret  tou  TCavoccojT.  xa07]- 
youpivou  p.6vyiç  Tr,ç  uTCsp|Xoyi|JtévY]ç  ôsotoxou  tou  [xcXrj  xupcou  àvTOvcou  • 

Fol.  55':]  K.  gûgov  tov  oouXov  cou  6ap0oXotj.a?ov  jj.ova/ov  sXà|/i<7T0v  •'• 
èypàçyj  jTyoy'  st.  tvo.  y'  [.vie]  ■*■ 

Voy.  plus  haut,  p.  92.  Inédite.  Lisez  indiction  i3. 


i58 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


Vaticanus  1877  (fol.  177). 

'ExeXtwGy]  ôà  ixvjv.  ôsx.  7i:pwT.  yj^epa  xu.  wpa  |  G',  tvô.  Çf  :  Ixoç  [.vzc]  : 

ôt'  oîxo5o[j.ï}ç  xat  j  o-uvôpwjjiîiç  xu.  vtxoôrijxou  xaxà  xtjv  y)|[j.épav  [.v/c]  ex)//),  x/jç 
aux/}?  àytaç  [J.ov.  xïjç  utc.  Gxôu  xoO  [JiiXt.  |  ... 

. .  .euyeabcti  91X01  xoù  xoptvGsîou  TtauXou. 
ou  I  yàp  Tïpcç  Tûétpuxev  rcoXtç  xpatvva. 

Voy.  plus  haut,  p.  92.  Inédite.  Il  faudrait  lire  ^wa',  pour  faire  concor- 
der le  millésime  avec  l'indiction. 

Dans  une  pièce  de  vers  politiques  qui  précèdent  cette  souscription,  le 
copiste  écrit  : 

"Avap^e  Xptarxl,  x&v  xaXàiv  àxpoxYjç, 
0  vûxxa;  uoiaiv  xat  ôaôou"/cov  YijJLépaç, 
exerce,  cppoûpet,  cpûXaxxe  xov  xoptvOtov 
IlauXov,  ôç  Vjv  èx  [jlov^ç  àypou  xôv  aTcoaxoXwv 
xàxotxo;  6'  aùx-fjç  ôeoxôxou  xoûM-?])*t. 

9.6. 

Messanensis  98  (fol.  276'). 

'ExeXetcoG.  xo  zapov  aytov  eùayyéXtov.  p.r)vt  touv.  |  tvô.  tê'.  Iv  xw  /cTo6'  [sic\ 
sx.  |  ypaçèv  ôtà  x-  pwptêépx.  |  xr}  npocrxà^et  xoQ  xaxà  |  ty]V  ^(xê'pav  otxovôfx.  xou 
XU.  |  xu.  Xeovxtou  : 

Voy.  plus  haut,  p.  92.  Inédite.  Il  faut  lire  ,^06' 

27. 

Vaticanus  1426  (fol.  635'). 


12     7iàvxa  yéypaça  o-uvôpo|j.7j  xou  itot|xévoç 

piov^ç  ôcrtaç  Getaç  axpoxrjpîou 

crpç  aùôto?  Xouxa  7tavaotôt[j.ou. 
i5     àpxtp-avôptxou,  Trxœyoxpoçou  xat  £évcov, 

axerc/)  7t£vr)X(ov?  XP£ta  T0?Ç  aXXotç  iuôkjiv. 

è'xouç  xpéxovxoç  xoo-puxoù  xtXtàôwv. 
■   il  auvexaxov  èn:xàxiç  xoûxotç  7tp6o-w. 

etxoart  xal  iv  îvôtxxou  TtpwxTjç  cptXot. 
20     p.y)vc  ôucréxxw  [.y/c]  icévTS  xat  ôiç  êgdntcç. 

ô  ctujj-swv  louera  xou  êouXxapà|Jiou 

GpétJ.|j.a  jjls<tIvy)ç  ptyjxavtxo;  ev  xpôitotç. 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES.  iSçj 

aÙTôv  à{j.ot6r)v  twv  ôAetuôvtwv  evôgcôs 
24     £ux£erÔ£  (j.ot  xâpttt  tw  TtEo-çaXpivw. 

Voy.  plus  haut,  p.  92.  Inédite.  Le  douzième  mois  (utjvI  ôiç  Ixtw)  de 
l'année  grecque  est  le  mois  d'août. 

28. 

Vaticanus  770  (fol.  106). 

Jfr  "Eypaçst  xat  auTY)  yj  TCpocpriTtxoç  ôéXtoç.  /stpî  |  au.eXoOç  xai  xôa^aXou  xat 
àva*:ou  [j.ova/oO  [j.axaptou  |  toO  àz6  Tr]ç  [JLsyàXyjç  [j.ovyjç  <rpç  àxpoTTjp.  [j.£<7 . 
(> 710067]  |  xat  oîxovou.îa  to  Tuavsvtcpiw  xat  ÊÙôtaxpiTtx.  6Xacrcw  J  exxXy]<7tapx.  T/jç 
Euayoùç  u.ovr)Ç  ûnsp.  Oôotoxou  xpuuT.  cpep.  |  Tcàvxsç  àôeXcpot  0!  TauT/jv  àvaTcrri- 
ctovtsç  |  su|aff6E  :ùv  ôuo.  otuw;  xara^cà)  aÙTOùç  xç  ô  0ç  |  sv  tm  /wpw  twv  ôt- 
xalwv.  àpirjv  âtJir|V  yévotTO  àtiriv  :  |  "Etouç  fïtyr.v.'  \sic\. 

29. 

Ctjptensis  A,  a,  IV  (fol.  243'). 

►{<  Eyoâçrj  xa'  êicXyjpwO.  vj  Tuapouera  tîuxt.  ^etpi  sçoôpa  à[xapTwX.  xai  êXaxtaT. 
twv  uovo|Tp67uoiv  [Jtaxaptou  àva£c'ou  piovax.  àrco  tîoXswç  prjytou  Trjç  xaXaêpiaç. 
etei  ôè  TcpwTeûovTO!;  ev  T/j  uov.  Ty]ç  unEpay.  6xou  xpuTCTacpsppaT.  cXapt'wvoç  £Ùapét. 
xat  àyaôriç  Tcpoepéarewç  wv.  too-auTw;  xai  \jTzr\py.  |  èy.y.lr\ciccpy ;.  to.  Tuàvyj  EÙXa- 
êoOç  xai  EÙôtaxptT.  xûp.  6Xaaîou.  TtavTEÇ  ôs  ot  àÔEXçoi  0!  tout.  |  avaTCTU^avteç 
XtTrjv  TcotrjTE  rcpôç  tov  çtXav0pa)7:.  6v  xat  Ttpoç  ttjv  aÙToO  cptXsucmXayxv.  [J.pa 
y]VTC£p  J  yj^.apT.  êt&v  àXy.  Ôtuo)ç  tôot  tov  xptT.  île.  êv  rjtj..  Tr]ç  xpîffEWç.  ap.rjv. 
atxrjv.  ysvotTO.  api/jv  :  | 

>fr  £to.  ôè  wv  i^axtffxtXtocTT.  xat  iTUTaxodtocrT.  su5outxovTa  xai  TÉcrcaptç  aùv 

TOUT.    ffETIT.  a'.    tVÔ.  0'. 

Voy.  plus  haut,  p.  g3.  Publiée  par  Rocchi,  op.  cit.,  p.  296.  Je  reproduis 
le  texte  du  ms.  —  A  la  3e  ligne,  £T£t  est  pour  èri. 

Fol.  245,  on  lit  le  visa  de  l'higoumène  du  couvent  auquel  appartenait  le 
copiste  du  ms.  *b  toutov  to  êtêXtov  ÈTCOiyjersv  |  6  àSîXopbç  [xaxapïç  !spo[j.ovaxoç  |  6 
piytvbç.  o\  avaytvoo'xwvTs;  sù'xEaOs  auTài  àarjv.  |  TauTa  Ta  ypa{j.jj.aTa  â'ypa'j'.  ô  àoEXcp. 
yspào-tjju  Yiyoufju  {JtovTjç  ay.  vtxoXàou  tou  ptyr]ou  :  |  Ce  couvent  de  Saint-Nicolas 
n'est-il  pas  le  même  que  Saint-Nicolas  de  Calamizi  ? 

3o. 

Vaticanus  1926  (fol.  116). 

►3*  êypa.  Totvuv  r\  rcapou.  êtôXoç  twv  0sïa>v  Ispwv  |  xa.xa.  ôta  x£!P°<;  P'Y1" 
voO,  xaXXtypa.  xpatvaç,  |  Iv  st.  fTyly'  tvô.  y'  : 
Voy.  plus  haut,  p.  93.  Inédite. 


i6o  PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 

3i. 

Messanensis  \\<-j  (fol.  239'). 

►ï«  êypàcpet  tô  napov  4"*^.  j  ôtà  XetP^?         sùtîÀ.  vot.  |  ■jiôXsoç  p-/]y(ou.  It. 

|  ivô.  6'  : 
Voy.  plus  haut,  p.  g3.  Inédite. 

3<2. 

Barberinus  IV,  66  (fol.  3o8). 

'Eypàçyj  ^  oé)>toç  ocutt]  x£lP*l  Xéov.  àiJiapTwXoO  j  xaï  vot.  tsXsiwO.  (Jiyjvi 
tavvoTjaptw  xT'  îvô.  ty'.  J  r\\iepa.  ôeuxépa.  wpa  Ixtt].  tou  et.  ^/xv/  : 
Voy.  plus  haut,  p.  g3.  Inédite. 

33. 

Nea polit  anus  II,  c,  7  (fol.  i83). 

*  TEAOG  HAEI$EN  O  nAPON  |  NOMOKANONAC  XEIPI  A|MAPTO- 
AOYKONOY  ABA  nPEGjBYT-  MONHG  AriOY  IQ  •  TOY  ©E|PICTOY. 
EXONTA  TOY  ETOYC  |  tv5-  Y-  M-  I  Ô£xeij.gpcw.  ek  t.  iÇ'  |  Yijjiep.  cra. 

wp.  6'.  | 

p.vr)(î6.  xi  tou  ôooX.  |  TCaxwpuou  à6a  |  %pea&\)z.  xaï  7iyoufJié|vou.  tJ-0VÎÏÇ 
ayiou  iw.  tou  6eJptcrToû.  tou  tco0.  eruvôpoj |j.y]CTavTOç  tou  xTcaai  tôv  Ttapôv  vopio- 
xâvova  j  twv  àylwv  àuocnroXfov  |  xaï  twv  ayîwv  ïtpwv.  xaï  ôwç  aÙTW  rcTatc-pi. 
Xûtoov  j  a[Jt.riv  xe 

Voy.  plus  haut,  p.  g3.  Inédite.  Onciale  accentuée  dans  le  ras. 

34. 

Faticanus  2008  (fol.  171') 

rf*  àç!£po)6y]  to  uapov  Tpoito^oytov  itapà  XeovTÎou  ïepopiovàÇovTOç.   |  e!ç  tov 
vaov  tou  ôcr.  ïïpç  rinwv  tw.  tou  6epten;o0.  ûnèp  <juyxwp7)o-scoç  twv  àp.apT.  |  twv 
£[j.wv  yovéoov  xaï  èpioO  aÙTOu.  êv  stsi  f\X1'  tv^'  l'* 
Voy.  plus  haut,  p,  94.  Inédite. 

35. 

Faticanus  1221  (fol.  275'). 

►J*  Aô;a  tw  àylw  6â>  -r\\x.  t£>  ôtà  x.eipo;  |  eruy..  tou  Taiteivou"  xaï  eÙTeXoù'ç  vot. 
ôôvt.  Tépp..  tv]  zapouay]  êlêXw  xaï  |  otà  cvvspy.  toQ  TiaveuXaêso-TaT.  |  r(you 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES.  161 

[7.évou  Tîjç  0^4  6 7. ou  twv  x£|pdcT.  xup.  -icauX.  à-iiptÀX .  eîç  t.  y'  |  £touç  f\yt,&' 
tvo.  ê'.  iv  |  toûtw  oè  tw  It.  xat  poyêptoç  ô  t'.ttoç  èv  yp\ai(b  |  xat  ^[xé^sp.  ptç 
l|y]X6 .   TOU  T7)ô.  êtou  >î< 

Voy.  plus  haut,  p.  94.  Inédite. 

36. 

Vaticanusioffi  (fol.  220'). 
|||[||j||xT-7i[j.a  zécpuxsv  yj  ty}Ô£  6eï|a  6têXoç  xat  G£Ôtcv£u<7toç  j  p.ov^ç  toO  xopuçatou 

0c|<TTC£<7ÎOU  T£   TtoV  Ct%OGTÔ\tùV  |  7î£TpOU  :    £X  GTZOUb'YlÇ  |J.ÉVTOt  I   Xat  TZO0.  7ïpOCTXT71- 

(k?o-a  :  J  svxXêovç  yspaat^xou  xal  7ipo|£o-Ta>TOç  Ispouivou  xat  xP"1^|toû  xat  ôatou  : 
ou  to  icot|j.vt|ov  IIIIIIIIIIHII  aÙTwt  àxujJiàvTtoç  |  HIIIIIIIIIIIIII  ïôuvov  stç  Xttxévaç  ya| Xrjvouç  : 

'E[AcT£<7X£uàa67}  to  Tiapôv  êtêXtjôâptov  Iv  twi  fî'Ûà'  £T£t  |  eîç  ôô£av  T7)t  Tupo- 
erxuv7)T.  xat  |  ;j.axapt.  tptàô.  îrpç.  ûu.  xat  àyt.  |  tÛvç  : 

Voy.  plus  haut,  p.  94.  Inédite. 

Fol.  219'  on  lit  (xvi°  siècle)  :  Eyto  uauêXo;  x.  ap^t^avSptTtç  jxovtç  aytov  xopt- 
çeov  aircKjxoXov  ixôTpou  x.  uauêXou.  Et  fol.  220',  parmi  d'autres  graffites  :  Mrj;. 
<7£7^.  eîç  t.  xo'.  et-  ,Ç^X'  ||||||  [A  D.  1222]  |  iv8  i'.  y^jl.  <ra.  àvaXa.  xllllHIIIIIIIIIIIII  |  ày- 
yeXtxbv  to  tjj.ax£tov  irapà  tou  ||||||||||||||||  |  È7U<7x6uou  jjuXtitou  ||||||||||||  |  xat  èTriôpo^;  tou 
oo-tOTâxo'j  IIIIIIIIIIIIUIIII  |  tou  -ri(j.(i)v  7tpç  7racpvouTtou|||||||||||||.  |  IwavvYjç  eypa^a-Et  cet  autre  : 
*b  [i.rtv.  iouv.  Etç  t.  ie'  etoç  ,Çtyt'  [1197]  tvô.  te'  ||||||||||||  |  scpop.  o  [i,/-  êap9.  to 
aytov  xat  àyyeX.  aX'W'  lllllllllll  I  ùuap-/-  àub  to  -/âXao.  y.ol>.  aoeXç.  7racpvoUT.  ||||||[|[||  |  lep. 
uto\  àvcpEou  Tpout. 

L'expression  arco  tou  x«Xaô. . .  désigne  la  localité  d'origine  du  moine  Bar- 
thélémy, localité  que  je  n'arrive  pas  à  identifier. 

37. 

Barberinus  IV 27  (fol.  2i5). 

►ï<  'EteXsicoÔï)  to  rcapbv  sùayyéXtov  tou  stouç  |  /'T"/^a'  tv^-  a'- 

Fol.  216,  une  main  du  xive  siècle  (A.  D.  i3io)  a  écrit  un  contrat  dont  il 
ne  reste  que  quelques  mots  de  lisibles  :  >fc  QxTwëpt.  {ayjv.  ty]ç  tvo.  6'  yjç  toc?  x'. 
IIIIIIIIIIHII  xpr,T[bç]  |  pat>ouvô.  pouXX.  |||||||||||||  aôpy.  Xovyy.  tou  êXrr/.  r{ç  tyjv  y<o[pocv]  | 
Tag£p[vô,v]  xa\  Iw.  xat  vixôX.  yappovS.  Illlllllllllllllllllllllllll  |  «5  xat  xaôrjyoufxsvoç 

lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll  |  tou  xapu.  ?vallllllllllllllllllllllllllllllll||||||||||  |  XPcôy).  èv  ,au'lll|||||||||||||||||||IIIIIIIIIII!|l!ll|||  | 
-/pïjCovTat  IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIHII  xa\  touto  6p.aj[o-aj/.£v]  etç  to  a-/pavTov  eùayy.  tou  xpiaxov. 

Voy.  plus  haut,  p.  94.  Inédite. 

38. 

Vaticanua  2029  (fol.  192'). 

'ETeXetfôO.  Y)  Tapoucra  6t'|êXo(;  £V  st.  f\yoa!  tvo.  J  to'.  [.y/cj  {jly).  ôxtoS.  y.Çf 
yjjx.        top.  6'.  |  èypâçrj  otà  /e-  Xo.  jj.o*.  xat  TaXavo;  |  7ïp£ç6uT. 

Voy.  plus  haut,  p.  94.  Inédite. 

1 1 


lC)2 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


$9. 

Cryptensis  A,  6,  X  (fol.  3:]). 

EtsXeiwO.  r,  7îapou<ja  ôéXtoç  sv  tw  /cT"xiJt-/  etouç  |  tvS.  t'  fjjAe.  jxyj.  vo£;j.6. 
xe'  wp.  0'.  |  ypacpèv  ôtà  xetpo?  eùOujJicou  TXy]7ta0oùç  xat  à6poTt[xou  J  àve^ioO  toù 
iv  jxaxapta  tî)  Xrj^ei  x.  xXîjpiY]. 

Voy.  plus  haut,  p.  94.  Publiée  par  Rocchi,  op.  cit.,  p.  359.  Je  reproduis 
le  texte  du  ms. 

Ambrosianus  B,  1  (fol.  12 1'). 

>ï<  etXrjçei  xP^tov  ^Sg  tuuxtJç  10  Tép;j.a, 
Tîpoç  XaupevTt'ou,  XetP°Ç  TXy]Tta0effTàTOv  : 
[xeTaypaçsïcra,  ex  twv  tou  xaXu6rjTou 
ê(6Xwv  T>iç  JJ.OVÎÎÇ,  Trjç  iv  tw  povcrtâvw  : 
.  5]     aovspyov  eOpwv,  àyaOoupyov  t'  àXetftTov, 
tov  iv  TïaTpacrt,  erejXvov  tyXaïajJiévov, 
vvjcpwva  0v.  axkpyovza,  tcoXXoû  ti:60ou, 
oç  ôè  nXeucrat  jas  ixet  itapaffxeûaersv, 


19     Itu/e  ô'  etoç,  ê£  twv  xiXtovTàôwv, 
IrcTaxofftwv  aapaxoaToO*  ôyôoou. 
îvôtxTtovoç  ôexaTïjç  TptT/iç  oucvjç  : 

Voy.  plus  haut,  p.  95.  Inédite. 

41. 

Barber i nus  III,  69  (fol.  112'). 

TéXoç  st'XvjçpÊV  y)  îspà  aux.  êt6Xoç  iîjç  J  ixxXy)<7ta<7Ttxïi<;  -ràlewç  xsiPc  |  tspoôéou 
ax-  xat  àva^tou  0utou  |  7ipo.Tpo7t.  toO  ôgewt.t.  x.  vtxo8r)piou  j  xat  xaG/iyoupiévou 
tt}ç  |i.o .  twv  xaaouX .  j  jj.v]vt  îavvou.  J  eîç  Ta;  x0' 7)[jtip.  J  tou  aa.  stsi  ^^ty' tvô*.  y'. 
Voy.  plus  haut,  p.  g5. 

Une  seconde  main,  de  date  assez  récente,  a  changé  le  ^  en  <p  (=  ioo5 
au  lieu  de  i2o5).  Cette  altération  a  été  signalée  pour  la  première  fois  par 
dom  Toscani,  Tjp'ica  Grœcorum,  p.  7. 

42. 

Parisinus  suppl.  gr.  681  (fol.  9'). 

'ETsXetwGrj  to  -rcapôv  êtêXtov  x£tP'  *aXou  âytoTtSTptTou  twv  yaXaTtvwv  8é[*aTOç 
tôpoucnQç  |  tw  /(Tw!T/  Itouç  tvô.  ta'. 

Voy.  plus  haut,  p.  95.  Inédite.  —  xaXoo]  Un  Eugène  Calos  ou  Cali  dans 
un  diplôme  grec  de  1094  [Archmo  storico  sicilianoy  1888,  p.  56). 


1 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


163 


43. 

Barber i nus  III,  16  (fol.  11 5;). 

'Eypâ.  tô  napov  êtêXtov  ôtà  XetP°Ç  îwàvv.  |  vspsTyjvou  p.v)v.  touvico  s?ç  t.  ty' 
rjuip.  Tiapaa.  |  aipa  6'  exei  jTù^'  t. -tvô.  G'. 

Voy.  plus  haut,  p  90.  Inédite. 

"V^..  •    '  .  44. 

Ambvosianus  G,  8  (fol.  39). 

►f<  àypâ.  vj  T.ccpoZGcc  Oît'a  êtêXoç  Tr;ç  Oslot;  |  Xêttoupy.  ôtà  /stpôç  àvôpéou 
à;j.apt)v.  tr,ç  |  r.ol.  êpcvô.  |j.r,.  çs.  ty'  rjfjipa.  ô'.  |  top.  ôs  wcret  G'.  Itst  ^tpoô' 

tvô.   I  ô'. 

Voy.  plus  haut,  p.  90.  Inédite. 

45. 

Laurcntianus  LXXI,  35  (fol.  56'). 

>j?  E'&yiçs  TepiJLa  êtêXoç  rjôc  xou  çt'Àou  |  xetPE  xuptaxoij  ts  tou  npaatavou  j  y.aX- 
Ài7:o>>tTou  ô'  àjj.aGcCTTdcTOU  véou.  I        exst  fîtyob' '.  >fc 

Voy.  plus  haut,  p.  95.  Publiée  par  Bandini,  op.  cit.  —  Je  reproduis  le 
texte  du  ms. 

46. 

Barberinm  IV ',  3 7  (fol.  21 3). 

4<  Èypàçyj  r\  rapoucra  êiêÀo;  |  ôtà  fficouôîîç  xal  auvôpojJiî}ç  |  xat  àvaXtojj.àxtov 
toO  sOXaêoOç  J  àpy ^leictaxôicou  v.m.  t:oo>)..  tou  xt;v  crtjpàv  bfovxoç,.  aito  xa>v  [j.sxÇa- 
6dtpêo)v.  toÀ'.xwv  pv.  Itou;  |  tpsxovxoç  /rï~ fjij|jjôi .  XstP'  |  pw[j.avoO.  tspoiJ.ovax.  y.at 
xaOvijyoujiévou  i^ov/jÇ  toû"  àytou  6evs|ôîxxoy  xoù'  oùàXv.  xaç  6àXXr]ç  |  ypàr/jç  tvô. 
Ç"'  pyjyeûovToç  xa|pouXX.  ôeutlpou. 

Voy.  plus  haut,  p.  109..  Publiée  par  M.  Gardtbausen.  Voy.  p.  102. 


47- 

Vaticanus  Palatinus  lat.  2  33  (fol.  i3i'). 

xpiaor\  jjlsv  7)02  twv  Ipicov  auvxay tj.àxwv 
6i6),oç  ïcécpuxe  xoïç  GéXoucr.v  stôévat 
Trovr^a  xoùp.ov  xotvôv  sv  ôtaXoyot; 
wv  7j  u,ta  1-it.èv  auouôo^avxet'aç  7téXst 
aXXr]  5è  TîdtXtv  xax'  touôat'wv  evt. 


164  PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 

eûxou  ôè  XotTièv  àvaycvw<jxwv  ô^^aç 

TW  VlXoXàcD  <7V»VT£TaxÔTt  xào£. 

a)  Tiaxpîç  êaxtv  r\  r.ôltç  uopouvxiwv  : 
V03 \  plus  haut,  p.  io3. 

48. 

Messanensis  29  (fol.  26 j). 

'ETsXecwô.  xo  -rcapbv  7i:av7]yopixàv  ôtà  xetpbç  |  xou  à|j.apTwXoO  ôavirj},  xat 
cr/£UO<pûXa£  |  xrjç  pieyàÀ.  p.àvôp.  xou  <rpç  àxpwx.  ijl£<7<t7]v.  jj.y]vy]  |  creutep..  elç  t.  ê'. 
r,[j.épa  cra.  wpa  6'  exo.  j  ^wcT'  yjvôrixxoy  Çf ,  suyjazoc.  xat  |  xaxapanxat 
oviep  JlilIlilllllllllIlllllllllllIIIIIIIIIIIIIIIIIII 

Voy.  plus  haut,  p.  97.  Inédite. 


49- 

V aticanus  Ottoboni  178  (fol.  87). 

TsXoç  xrjç  Trpoç  àXé£avôpov  àptaxoxlXouç  prjxoptxrjç  yp<x<py]Ga  Tuap'  Ijjlou  îepo- 
jj.ovà/o'u  îwaxetfji  x&v  xaaouXwv  sv  tvï  jj.£yàXv)  |j.àv8pa  xoO  awxrjpoç  xrjç  yXwxxrjç 
pL£<7<rr(vr];  èv  |j.y]vt  patw  xr]ç  y'  Ivôixxcwv.  exet  ^TSoy'. 

Voy.  plus  haut.  p.  97.  Inédite.  (Communication  de  dom  Cozza-Luzi.) 

J'extrais  du  Vaticanus  1866  (fol.  2o3),  psautier  xme  siècle,  les  graffites 
suivants,  qui  se  rapportent  au  même  copiste  : 

>i*  [xr;.  ;j.apx-  ô'  xv)  vj^épa  xtov  ày.  [xapx.  xrj  s'  |'  â>pa  xriç  vuxx.  Èutçtoa'xouo*.  xr,; 
y'îvo.  ÈxotfAY).  ô  iv  [xaxapca  xrj  Xy^ei  tàxtog.  vtxoX.  <povXe||||||||||||||||  |  utb;  sv  xy]  p,syàX. 
fxovrj  7i6X£w;  p-£<7ay)v.  xojJuaO.  i\  |  àuouXt'aç  uapà  xoû  aùxou  ôstou.  îwax£t(j-  |  véo*;  sv 
apcrtoç  xai  Ô£ivbç  èv  Traatv  ex.  ,£"8'  [m'c]  xf,ç  |  tv8.  8'  xa\  0  6eoç  8etYj  aûxài  xy]v  [j.axa- 
pu^xa  |  iv  ôdrja  r^lpa  llilllillilllllllllllllll  [1496  ?] 

^T^uC  8]  exst  x%  tvo.  ta'  £7ca(7xa<7a[j.£v  |  etç  xàç  xoû  [xap.  p,Yj.  xb  irapa- 
xpé-/ov  xoû  O  uuapx  ty'  xyîç  C  èyw  îwaxEtjJ.  |  è-/£tpoxovr,6.  Isps.  u.  ox£- 

cpavou  {r/yupoTtoXtx.  tSpoû.  |  etç  xb  ,£"7^6'  [1481]  x.  tv3.  t8  È7ta<7xacra[j.sv  |  £Îç  i|]||H  x£' 
xoû  àuptX.  b'xs  xb  irapaTpÉxov  xoû  O  |  xrjç  ôè  C  ^'  0  xat  èyw  scpuyov  Stà  xrjv  |  lllllllllllllll 
ia-jAaïXrjxwv  £cpoSov  xai  uapocx^aa  |  Èv  x^  y.o.  xoû  à.  irlxpou  x^ç  àpévr,ç.  xb  os  sxsp. 
èxoç  £tç  x-  xoû  cpoç  xîjç  {jL£ao*Y5V.  oxs  xa\  ïcpuyov  ôià  tov  |  Xo[[/-bv. 

Eîç  8s  x-rjv  a'  xr)?  îv8.  xoû  sxouç  |  ,Ç7è  [sic]  suauxota-a^sv  etç  x.  )/  xoû  y.apx-  xb  | 
napaxpsxov  xoû  O  ov  t-/)'  xrîç  8e  C  [1482.] 

5o. 

faticanus  1973  (fol.  57'). 

'Eypàcpv]  ri  0£ïa  tepoupyta  aûxiQ  ôtà  x£tP°Ç  |  s^00  £ÙxéXou;  xat  xoctûoevoO  tspéoç 

àvxojvtou,  XTjç  ày.  ypiaxw^i;   | —  êv  'èxst  /Ç '0)716'  tvo.  t6r,  {jl/j..  ôsxsêpto.   |  6', 

rjp.ép.  <ja6àxou  : 

Voy.  plus  haut,  p.  97.  Inédite. 


PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 


165 


5i. 

Laurent ianus  LXXXVI,  i5  (fol.  i8o'). 

'E-À7] pw0r)  yj  TrapoOaa  osXtoç  ptt j xayjÀ  tou  ^sXXoû"  Otïo  izixizàooq  vty>  j  <77]XXa° 
à~ô  yôipocç  xaXrj  tûoXsw;,  ev  jj.rj vï  |  p.apTtw  rjpipa  aa.  topa  Ç'  év  t.  ^wve'. 

Voy.  plus  haut,  p.  97.  Publiée  par  Bandini,  c/7.,  III,  346.  Je  repro- 
duis le  texte  du  ms. 

5  2. 

Cryptensis  A,  y,  VII  (fo!.  i5a). 

'Eypàçot  to  Tzapèv  <];aXT.  ôtà  */£tpoÇ  t£pofj.oy\  vy)<f(ô  |  ayjxEXoû  xpàioç  6a0ecaç 
ôcjj..   uoy.  toO  ô(7.  Ttpç  ^ij.wv  |  vtxoX.  toO(  éXaçr]xou  év  st.  ^wXç'  t^ç  tvô.  c'Ç  : 

Voy.  plus  haut,  p.  97.  Publiée  par  Rocchi,  op.  cit.,  p.  3a.  Je  reproduis 
le  texte  du  ms.  Je  ne  sais  pas  ee  que  veut  dire  ôejj-  Quant  aux  mots  xpài-oç 
oaOcîaç,  Rocchi  y  reconnaît  Campobasso  (??). 

53. 

Parisinus  i685  (fol.  54). 

Eypdccpr)  to  rcapôv  êtêXtov  ôtà  /etpoç  vsxtapîou  Ispoiiovaxoïi  xrjç  u.ovrjç  toO 
àytou  vtxoXàou  |  twv  xaaoûXwv  Trjç  tcôXewç  ûôpoûarr)ç.  àv  \xr\vï  vo£^.6ptw  s'  rçjjtépa 
aaSêdcTO)  wpa  6'  |  Tîjç  yjjxépaç.  £V  ëtr]  TTloÇ' '.  tvo.  ê'  : 
Voy.  plus  haut,  p.  97.  Inédite. 

54. 

Barbcrtnus  III,  7  }  (fol.  1  nj). 

'ETeXetCdOr]  rj  -apoO'aa  aûvta^tç  ôtà  |  */£tpoç  vtxoXàou  tco.  axtvçapt  |  àiûo  X^,Pa? 
âyt'o-j  -£Tpou  twv  yaXa|rtva)v.  'Ev  p.r,v:  vosiJiêptoj  yjjjipa  x'T7  |  toO  aÙTOU  [J.y]vo; 
oîpa  IwatT]  |  £v  etet  Ç^ic*)'*  ty'  tvo. 

Voy.  plus  haut,  p.  97.  Inédite. 

55. 

Barbe  ri  nus  III,  78  (fol.  182'). 

Ex£>,£twOr(  tô  -apov  TU7Cixov  rrjç  àyt'aç  toO'  Geou  j  ÈxxXyjataç  iitns'AO%r[Z  rcôXewç 
6oôç  ou  xrj  £Txo|vu[J.îa  Trjç  ÛTîepayt'aç  Geoxoxou  twv  Etaoôi'tov  àpx^£pax£tjovTO<;  tou 


166  PIÈCES  JUSTIFICATIVES. 

vOv  xatpou  èTziay.ÔKOV  àxOXa  |  izpixÇi  :  ôcà  X£tP°?  xà|AoO"  toO'  à[j.ap-co|Xoù'  xat 
eXa/iCTtou  yewpyîou  ex  xîjç  xwvcrTavTtvouTtdXeo);  :  j  ôià  <ruvôpôjj.y]ç  xai  I£6ôcdv  xa>v 
Tt[j.wTàxwv  xXy)|ptxwv  tspswv  xai  ôtaxôvwv  xwv  eCpto-xo|  jjtivojv  lv  tt)  Itc  ktxotcî] 
T/jç  àvcoôev  eîpyjjAsvyjç  TCÔXewç  |  600;  :  ëtt  àrco  xtîctewç  xôo-[aou  'Ç\'  :  lv  Ivô.  t'  : 
|  xai  àicô  xPt<7ToQ  ffvyxaTaôàcrewç  ^cpvS'  :  lv  iJt.yjvt  |  touXXtco  x6'  :  ^pipa  Tïapa. 
oipa  6'  tvïç  |  yjtxspoO  :  J 

Voy.  plus  haut,  p.  98.  Iuédite.  Bob;  rcoXtç  est  Bova,  dout  la  cathédrale 
portait  le  titre  de  S.  M.  de  l'Isodia  ou  Présentation. 

56. 

Vaticanus  1602  (fol.  36 1). 

EreXetwGy]  r{  TïapoOffa  ôIXtoç  ôtà  xetP°?  xapiou  J  toO  àjxapTwXou  yewpytou  Ix 
T7)ç  xwvCTTavjxtvouTiôXewç  ôtà  (rjvôpoixyjç  xat  l£6|ôou  toO  ôfftwiràTou  lv  t£popi.ovaxoï; 
xai  |  7tveu|j.aTixou  Tiocxpoq  xupoû  xuptXXou  ex  TtaXatwv  |  rcarptov  lv  rcôXet  [xyjcrûv/) 
iîci  j  exouç  yÇv'  lv  ivô.  t6r  lv  pnr]vt  |  p.apTtw  a'  Tjpiépa  xeTpàôi  wpa  Çf  ' 

Voy.  plus  haut,  p.  98.  Inédite. 

57. 

Barbe  ri  nus  III,  66  (fol.  1). 

My]vI  xô'  riixÉpa  Têiapt^  wpa  6'  7rapéXa6e  xrjv  y_6ipot.v  vepsTv.  Iwàvvyjç  TapévT. 
|  Ttptvx1*.  xat  etCTvjXOcV  lato  p.cxà  pisy tcrxyiç  Tt^c.  xai  x?j  aÙT?i  vuxrt  Icpuyev  Ix  Tvjç 
aÙTyjç  TtôXeojç  |  XàOpa  Xoutj*.  toO  àytou  <reêr]ptvou.  xai  lyxaxéXtuE  tt]v  «jûÇuyov 
a'jxou  jxcTà  twv  |  rcatôojv,  ôç  iTupàvvtae  xrjv  aùxyjv  TûôXtv.  etet  ^   J 

>ft  'Eyw  îspoij.ôvaxoç  rcaOXoç  ô  lv  Tfj  [xovîj  xoO  àytou  ;j.£yàXo[jt.àpTUpoç  J  àvôpta- 
vou  xai  va~aXtaç  ôtà  to  6é6atov  u-oypàœw  j  otxeta  jxou  T?j  /.e'.pî. 

QUELQUES  OBITS 

Vaticanus  iGj'2  (fol.  33). 

^  Mrjvi  os.  xe'  aTiio  tv^ç  xPIaToQ  yevvrjffsoiç  yjlo'ioaxfo  TETpaxooiOCTTô  rce/  lv  t?j 
îj.ov?S  |  tou  àytou  6ap6oXo[J.aîou  -uv^ç  tptywvaç  Ixot^rjôy]  ô  lv]  jjiaxapta  t?J  jj.vyijj.-/j 
aùtoO  ô  àôeX9oç  êapcavwçXa  tspo|j.6vaxo;  j  xai  otxovôpioç  Tvjç  aÙTriç  |j.ovîiç.  ot'  ô 
euXSffôe  û^cÈp  autou  [1 484] • 

Idem  (fol.  i  3i). 

Myjvt  jj.atw  tîJ  '/.ô'  yjpispà  ô'  Itouç  à^o  xp'-^ou  cyapxocrew;  lv  t?5  [xovTî 

6ap0oXouatou  toO  tptyovo;  IteXsuti  ô  lv  ij.axapîa  aùrou  ^vv)[j.y]  àôsXcpoç  tqjj.wv 
àpcrévoç  p.ovaxô;  'tî);  adr/jç  jÀovîjç.  ot'  0  oi  àvaytvoaxovTsç  euxs^s  ûràp  aÙToO 


PIÈGES  JUSTIFICATIVES. 


1 67 


Vaticanus  1238  (fol.  379'). 

"Etsc 

(H\ikpcc  Ç'  etç  tocç  Ç'  xoO  Ô£xe|jt.6pÉou  p.yjvoç  sxotpi7|07]  ô  ôouXoç  tou  Geou  sxTwp 
s-îctxotûoç  tou  |  TraXatoxâcrTpou  tvô.  tô'  etouç  ''Twô'  [i3oo]. 

Même  ras.,  fol.  260%  deux  graffites,  l'un  mentionnant  le  jubilé  de 
l'an  i3oo,  «  du  temps  du  T.  S.  pape  de  Rome  Boniface  »,  l'autre  la  mort  du 
«  grand  empereur  d'Allemagne,  procurateur  des  Chrétiens  contre  les  Sarra- 
sins et  les  autres  barbares,  empoisonné  par  un  frère  mineur  dans  le  pain  de 
la  sainte  eucharistie  »,  Henri  VII.  —  Hector,  évêque  de  Paléocastro  :  unique 
mention  de  ce  siège  grec. 


Vaticanus  1601  (fol.  178). 

T-?J  Xa'  ?)|jtipa  tou  ocùtou  [r/jvoç  [«w/Z]  •eîjç  tvô.   6'  êxr)[j.ï]6y]  èv  (Jia/.apca  T?j 

|Avrj|AV]  ô  |  àôsXço;  à\x&pôoioç  àp%.  (Jiovîjç  àytou  cptXt7C7i:ou  tou"  îépaxoç  ruxépa  Ç' 
wpa  6'  |  tou  stouç  ,(77l>Xy'  tvô.  0'  [1423]. 

Il  s'agit  du  couvent  de  Saint-Philippe  de  Gerace. 


Idem  [fo\.  181). 

Tfj  tê'  rjpiépa  tou  àr:py]XXtou  [J.r)vô<;  Tîjç  tvô.  \  sxr][Jit0Y]  ô  èv  [xaxaprj.  tï  fJtvyj.  ô 
àôeXçoç  X'j-prj|av6ç  àpxt|J.avôpÎT7)ç  tï)ç  {Jtov^ç  tou  àytou  çtXrjTCTïou  tou  îépaxoç 
iv  7)tJtipa  e'  wpa  e'  Trj;  vtXTÔç  tou  |  stouç  ;Ç(«)Oc'  [1  SS'j] . 


Idem  (fol.  188). 

A'  /iptipa  tou  aùyoûoTou  jîrjvoç  Tr,ç  tvô.  e'  ixyi|JttGy]  iv  piaxapta  T?j  [xvyjUTj  àôeX- 
96;  |  vsôçtToç  àp/tpLavôptTrjÇ  jJ-ov^ç  âytoo  z'.Xctutcou  tou  tépaxoç  r^ikpcL  o'  wpa  6' 
tou  I  stouç  .Twç'  tvô.  s'  I  i'iaal. 


PLANCHES 


Des  fac-similés  des  manuscrits  suivants  sont  ou  vont  être  publiés 
par  les  soins  de  la  Palœographical  Society .  Je  ne  puis  m' empêcher 
de  marquer  ici  l'obligeance  que  j'ai  à  sir  E.  M.  Thompson,  esq.^  qui  a 
bien  voulu  leur  donner  l'hospitalité. 


Faticanus  1221. 
»  i65o. 
»  1660. 
1666. 
1679. 
»  2002. 


Faticanus  2061  (fol.  199). 
»         2061  (fol.  282). 

2i38. 
Cryptensis  B,  a,  T. 

B,  a,  IV. 

B,  a,  XX. 


Vu  et  lu 

en  Sorbonne,  le  14  décembre  i889 
Par  le  Doyen  de  la  Faculté  des  Lettres  de  Paris 
A.  HIMLY. 


Vu  et  permis  d'imprimer  : 
Le  Vice-Recteur  de  V Académie  de  Paris, 
GRÉARD. 


INDEX 


DES  MANUSCRITS  GRECS 


Faticunus  35 1   7  2 

—  353   72 

—  354   72 

355   72 

—  357   72 

—  734  •  92 

—  749  •   72 

—  77°  •  •    93,  i5g 

—  781   ioS 

—  1067   72 

—  '209                       5o,  72 

—  12-21  .'.           g4  *  160 

—  1238    167 

—  1426   92,  1 58 

—  i43i            G;,  69,76,  77 

—  i456                65,  io3,  104 

—  i522   72 

—  i5J6   44 

—  1 5J7  . . .  .  44 

—  1574..»   93 

—  i5g5    87 

—  160 1   167 

—  1602   166 

—  i6n            48,  69,  83,  iSi 

—  «6i3   79 

—  1628                ...    48,  69 

—  i633. ...v... .    87,90,  i55 

—  16J6             48,  69,  99,  i5i 

—  1640                       49,  69 

—  1642                  49»  83 

î  fc —      1648             47,49,53,  82 

—  1649                 5o,  70,  100 

—  i65o                       87,  i55 

—  i652   16(1 

—  i654                        5o,  69 

—  i656                  5o,  69,  84 

—  i65g                  5o,  69,  82 


Palicanus   1660   80 

—  1669                               .  80 

—  1671   80 

—  1673                      86,  90 

—  1675  -   81 

—  1680                   5r,  69,  82 

—  1866     164 

—  1877            i            92>  i58 

— ;       1912   33 

—  1926                      9:),  1 39 

i94i   98 

—  1970                  5i,  7a,  84 

—  1971  •    5l>  70,  101 

.  —       1973                        97,  l64 

—  '978   98 

1990  52,  82,  100 

—  1991                  52,  70,  84 

—  1992...    52,54,  58,84,  i5a 

—  1993                       53,  84 

—  1994              ,           49'  53 

—  1995   53,  59,  -  82 

—  1997-    •••      54,  ,70^  102,  132 
|                     I998                            54,  70,   .  84 

—  1999   •              54»  84 

—  2000                54,  io3,  i52 

—  2001            55,  70,  100,  i52 

—  2002                 55,  99,  1 53 

_  —       20o3                      55,  69 

—  2004   56,  84 

hi  :  — ;      2005   94. 

—  2006   56,  100 

.  —      2008.                 94,  96,  160 

_  —      2010                  56,  70,  84 

—  2014   87 

—  2017.   56 

—  20I9                      ^7,  100 

—  2020                       88,  i56 


1 70 


INDEX  DES  MANUSCRITS  GRECS. 


y  aticanus 

202  i . .  . . 

.       53,   54,  57, 

2029. • . 

  94.  9^» 

_  „  0  / 
2004 •  • 

Ko 

2055. .  .  . 

  58, 

2o36. . . 

rn 

.  .   ......  58, 

2037. . . 

.  .    53,  58,  60, 

„„3Q 

tf._. 

  59« 

2040  .  . 

  Sg, 

....    59,  82, 

2042 . . 

.             60,  70, 

2044 — 

.  . .  ...  60, 

2048. .  .  . 

 94» 

— 

2o56. . . 

  6», 

2059  

  61, 

2060.  . 

...    61, 

2061 . . . 

61,  69,  71-74, 

io3, 

2WOO. . . 

...       03,  09, 

2066 . . . 

...    63,  69, 

2067 . . . 

...    63,  69, 

— 

2069  . 

— 

•  •     -63,  99, 

200 J . . 

  64,  69, 

....    64,  70, 

2094. . . 

■  •     •    64,  70, 

2106. . . 

2i34 

2143 

Ottobonianus  2 .  .  .  . 

86... 

....      65,  70, 

178... 

210, 

258 

Rcginensis 

75  

Palatiutts\lat.)  233   io3, 

V alliccllanus  D,  62  

—  D,  63  

Corsinianus  41,  G,  16  

Barberinus  I,  94  

—  I,  102  

—  m,  16   95, 

—  111,36   .  66, 

—  111,66  

—  IIr>  69   95> 

—  III,  73   97, 

—  111,78  


i53 

Barberinus  IV,  27  

•  •  94, 

161 

161 

—     iv,  37  

102, 

i63 

82 

•  •  9'» 

160 

100 

•••  97» 

i65 

82 

—      B,  a,  IV  

88,  90, 

i56 

82 

—      B,  a,  XX. . .  . 

88,  90, 

l5Z 

82 

—      r,  g,  VIII  .  . . 

...  67, 

1 55 

82 

68 

82 

-     r,  y,  I  

68 

i53 

159 

84 

6- 

82 

—      A,  a,  XVIII.. 

...  66, 

84 

82 

—      A,  g,  X  

...  94, 

162 

161 

—      A,  y,  II  

68 

i54 

67 

101 

i54 

69 

67 

84 

66 

—      Z,  ô,  XXXII  . . 

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i54 

Taurinensis  CCXVI,  B,  III, 

27,  95, 

125 

100 

43 

100 

—        XI,  9  

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1 55 

101 

—        XXV,  26. 



XVII 

72 

—        LXXI,  35  .  . 

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Patmiensis  33  

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Bodleian.  miscell.  178.  .  . 

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—          1 096  . .  . 

83 

i65 

45 

i65 

INDEX 


DES  NOMS  PROPRES 


Les  noms  d'auteur  des  pièces  justificatives  1V-XI  ne  sont  point  portés  à  cet  index. 


A 

Accidas  (Fr.),  44. 

Adélaïde  (Comtesse-),  XXXIV,  4,  5 

Adrien  (S.),  66,  67. 

Adrien,  m.  du  Patir,  22. 

Vgata  (Santa-),  XXII,  XXXII. 

Agrcsta  (Dom-),  4f>42, 

Agri,  XXIX. 

Agro,  14. 

Agrumento,  XV. 

lime  du  Mont-Cassin,  XIX. 

Ajeta,  XXIX. 

Albanais,  53. 

Albidona,  XXIX. 

Albinus,  6. 

Alessano,  XXVIII,  fco5. 
Alexandre  (Poèmes  d'),  XX. 
Alexandre  III,  pape,  XXXIII,  1  >,  i5. 
Alexandre  IV,  pape,  XXXI,  i3. 
Alexandrie,  V,  VI,  XI,  XIX. 
Alexis  (S.),  XX. 

Alexis  Comnène,  XII,  XXVI,  6,  61. 
AH'anus,  arch.  de  Salerne,  XIX. 
Aligerne,  ab.  du  MoDt-Cassin,  88. 
AUatius  (Léon),  41 . 
Alliste,  XXVIII. 
Alphonse  Ier,  r.  de  Naples,  r5. 
Altamura,  XXXVI,  XXXVII. 
Ambroise,  m.  de  Reggio,  87. 
Ambroise,  ab.  de  Gerace,  167. 
Ambroise,  ab.  du  Patir,  22,  24. 
Amalfi,  XVIII,  XIX,  XX. 
Amantea,  XI,  4'j. 


Amauri,  r.  de  Jérusalem,  92,  157. 
Amato,  XXX. 

Anatolios,  ab.  du  Stoudion,  80. 
André  (S.)  de  Crète,  46,  69. 
André  (J.  de  Saint-),  3g,  5i,  76. 
André  (S.)  Salos,  93. 
André,  m.  de  Vallelucio,  88,  137. 
André  de  Brindisi,  cop.,  95, 162. 
Ange,  arch.  de  Rossano,  22. 
Ange  Critoléon,  67,  1 55. 
Angelo  (Sant-)  de  Asprono,  XV. 
Angevins,  XXXVI,  i5. 
Anglona,  n,  12,  io5. 
Antioche,  VI,  VII,  XI,  XXVI,  XXVIII,  11. 
Antiochus,  m.,  63. 
Antoine,  ab.  de  Mili,  92,  107. 
Antoine,  cop.,  97,  164. 
Apollinaire  (Saint-),  casale  du  Patir,  16-18, 
20,  24. 

Aquila  Prasi,  év.  de  Bova,  166. 

Aquinos,  juge  de  Rossano,  24- 

Aradeo,  XXVII. 

Ara  tus,  38. 

Areudi  (Pierre),  4i- 

Arduin,  XXIII. 

Aréthas  (S.),  XX. 

Argyros,  XIII,  XVIII,  XXVI. 

Aristippe,  cl.  de  Catane,  XXXIV,  XXXV. 

Aristophane,  XXIX. 

Aristote,  XXIX,  XXXIV,  XXXV,  38,  164. 

Armento,  XV,  XVII. 

Arsène,  m.,  XIV. 

Arsène,  m.  de  Trigona,  166 

Ascoli,  III. 

Askintinos,  16,  18. 


172 


INDEX  DES  NOMS  PROPRES. 


Athanase  (S.)  rAthonite,  10. 
Athanase  Chalkéopylos,  XXX III,  7,  24. 
Athanase,  bourgeois  de  Rossano,  6f. 
Athénulphe,  ab.  du  Mont-Cassin,  <){. 
Athos,  XVH,  6,  7,  37. 
Autharis,  I. 
Avignon,  XXXV. 
Aysili,  voy.  Isola. 


B 

Bacon  (Roger),  XXXIV. 

Balbo  (Pierre),  l5. 

Barberini  (Gard.  Charles-),  3i. 

Barbei'ini  (Card.  François-),  4i>  43. 

Barberini  (Card.  Mathieu-),  41. 

Barca,  VI. 

Bari,  II,  III,  V,  XVI,  XVIII,  XX,  XXI, 

XXV,  11. 
Bari  (Anonyme  de-),  XXIII,  33. 
'  Barlaam  (Légende  de  S.-),  XX. 
Barlaam,  m.  du  Patir,  21. 
Barlaam  de  Seminara,  XXXV,  XXXVI. 
Barletta  (Math.),  u3. 
Barnabe,  ab.  de  Vallelucio,  88,  167. 
Barocci,  43. 
Barrius,  XXXIX. 
Barsanufla,  m.  de  Trigoila,  166. 
Barthélémy  (S.),  fondateur  du  Patir,  1-10, 
i3,  16,  17,  24,  35,  36,  38,  46,  53,  55, 
60,  l52,  i54- 
Barthélémy,  ab.  de  Carbone,  il. 
Barthélémy,  cop.  53,  58,  84,  i52,  1 53. 
Barthélémy,  autre  cop.,  92,  157. 
Barthélémy  de  Messine,  XXXV. 
Basento,  III. 

Basile  (S.),  XVII,  XXXVIII,  54,  60,  61, 

63,  69,  i54. 
Basile,  cop.,  61,  l54. 
Basile,  pr.  de  Taberna,  XXX. 
Basile  Calimeris,  6,  7. 
Basile  Ier,  emp.,  111,  XX,  XXI,  79. 
Basilicate,  III,  XV,  XX,  10  ,12, 
Belcastro,  6. 
Bembo  (Card.),  XXXIX. 
Bénédictins,  XXXII,  5,  i5. 
Bénévent,  I,  II,  III,  XVIII,  XX,  i5i. 
Benoît  VIII,  pape,  XXIII. 
Benoît  (Saint-)  du  Crati,  couv.,  102,  i63. 
Bérenger  Ier,  r.  d'Italie,  XXI. 
Bessarion     (Card.)  ,     XXVIII,  XXIX, 

XXXVIII,  XXXIX,  i5,  26,  27. 
Bianchini,  46,  72, 

Bisignano,  III,  IX,  XII,  XXII,  XXIV,  12, 

17,  24,  28,  87,  90,  i55  


Bizanlius,  év.  de  Bari,  XXIII. 
Biaise,  ab.  de  Carbone,  10. 
Biaise,  ab.  du  Patir,  2/(,  'il. 
Biaise,  m.,  i5. 

Biaise,  m.  de  Grotta  Ferrata,  93,  159. 
Biaise  (Saint-),  eccl.  du  Patir,  20. 
Blasco,  chan.  de  Rossano,  2. 
Boccace,  XXXVI. 

Boè'mond,  XXVI,  XXVIII,  n,  12,  60,  104. 

Bologne  (Université  de),  XIX,  XXXV. 

Bonaparte  (Joseph),  3o. 

Boniface  VIII,  pape,  i3,  167. 

Boniface  (Saint-),  couv.  à  Rome,  XXI. 

Bordonaro,  XXXI. 

Borromée  (Card.  Charles),  28. 

Bova,  XXV,  XXXII,  XXXIII,  XXXVII, 

io5,  i65. 
Bradano,  II,  III. 

Brindisi,  II,  III,  IV,  XVIII,  XXVII,  20, 

95,  io5,  i63. 
Brolo,  14. 
Bruno  (S.),  XXXII. 
Bruttium,  II,  IV,  V. 
Buthrotum,  IX. 

c 

Cadorna  (Raym.  de),  24. 

Cala  del  Orso,  XIII. 

Calimera,  XXVIII. 

Calixte  III,  pape,  i3. 

Callisthène  (Pseudo-),  XX,  XXIX,  97. 

Calos,  cop.,  95,  162. 

Calovito,  XXXI,-  94,  95,  162. 

Calveto,  voy.  Calovito. 

Cambridge  (Chronique  de),  33-35. 

Campora,  XXIX. 

Campobasso,  i65. 

Canosa,  II. 

Canossa  (Tib.),  1 1 3 . 

Capitanate,  XX. 

Capoue,  XVII,  XVIII,  XX,   88,   89,  90, 
i56. 

Caracciolo  (Jacques),  1 1 1 . 
Carracciolo  (J.-Fr*),  112. 
Cappadoces,  X. 
Carafa(Card.  Ant.),  44. 
Carbone,  XXIX,  10,  il. 
Cardeto,  XXXII. 
Carina,  VIII. 

Carozza  (C),  bourg,  de  Rossano,  68. 
Casamiscia,  XIII. 

Cassano,  IX,  XII,  XV,  XXII,  XX IV,  20, 

21,  34,  35,  99. 
Cassin  (Mont-),  XVII,  XIX,   XXI,  XXV, 

88,90,91. 


INDEX  DES  NOMS  PROPRES. 


Cassiodore,  V,XXXIH. 
Castrogiovanni,  IX. 
Castronuovo,  12. 
Castroroseto,  XV. 

Catane,  TV,  VII,  IX,  XIH,  XXXIV,  io5. 
Cataldo(San-),  égl.  à  Palerme,  XXXIV. 
Catanzaro,  XII,  XXX,  3,  94. 
Catherine  (légende  de  Ste),XX. 
Catini,  cop.,  3g. 
Catona,  14,  16. 
Caulonia,  XXXII. 

Cava   (La-),  XII,  XIII,  XVIII,  XX,  XXV, 

XXVII,  il. 
Cava  (Jean  de),  1 1 1 . 
Cavallieri  (J.-B.),  1 10. 
Cavallo  (Jean),  110. 
Cefalino,  casale  du  Patir,  16,  20. 
Célestin  III,  pape,  i3. 
Ccrchiara,  XXIX,  i3. 
Cerenzia,  IX,  XII,  XXIV,  XXX. 
Cerrate,  XXVIII. 
Cesario  (San-),  XXVIII,  98. 
Chalcopratia,  égl.  àCP.,  83. 
Charles  le  Chauve,  XX. 
Charles  Ier,  r.  de  Naples,  22. 
Charles  II,  id.,  XXVII,  XXXII,  XXXVI, 

22,  23,  102,  i5i  et  i63. 
Cliarles-Quint,  l3. 
Chartreux,  XXXII. 
Chérohoscus,  38. 
Chîaramonti,  11,  17,  18,  35. 
Chirico  (San-),  12. 
Chosro<:s,  VI. 

Christine  (Sainte-),  XXXII,  97,  164. 

Cliristodulc  (S.),  10. 

Christodule,  amiral,  4,  5,  16,  17,  18. 

Christophe  (légende  de  S.),  XX. 

Christophe,  m.,  XIV. 

Chronicon  pascliale,  98. 

Cln-ysocheion,  81. 

Chypre,  VI. 

Cino,  3o. 

Cisterciens,  XXXVII. 

Clément  IV,  pape,  XXVIII,  i3. 

Clément  V,  pape,  i3. 

Clément  VI,  pape,  XXXV,  i3. 

Clément,  ab.  de  Carbone,  94,  162. 

Climax,  61. 

Colonna  (Card.  Jean),  XXX. 

Coluthus,  38. 

Compagna  (Baron),  3o. 

Cona  (La),  casale  du  Patir,  16,  20,  117. 

Conon  (S.),  pape,  VII. 

Conon,  cop.,  g3,  160. 

Constance,  imp.,  12,  i4- 

Constant  II,  emp.,  VII. 

Constantin  l'Africain,  XIX. 


Constantin  Doukas,  emp.,  6. 
Constantin  Opos,  XIII. 
Constantin  VII,  emp.,  XXVI. 
Constantin  Porphyrog.,  emp.,  II,  III,  XXI. 
Constantin,  cop.,  55,  1 53.         •  ' 
Constantin  (Saint-),  eccl.  du  Patir,  18,  20. 
Constantinople,  V,  VII,  VIII,  X,  XI,  XII, 

XVII,  XIX,  XXI,  XXIV,  XXVI,  XXVII. 

XXXIII,  XXXV,  XXXVIII,  6,  8,  24, 25, 

37,  38,  79-83. 
Conterati,  XXIII. 

Corigliano,  7,  16,  23,  2/,,  27,  29,  53,  54, 
117. 

Corigliano  Pugliese;  37. 
Corleone,  XIV. 
Coscile,  16,  17. 
Corsini,  43,  1 i5. 

Cosenza,  II,  IV,  VIII,  XII,  20,  21. 
Cosmas,  ab.  du  Patir,  XXXI,  8,  19,  24. 
Crati,  II,  XXXVI,  17,  iS,  32,  34,  87,  102, 
i63. 

Crepacore,  casale  du  Patir,  20,  22,  23. 
Crescentius,  XXI. 
Crète,  37. 

Cristoforo  (San-),  XIII. 
Cropani,  XXX. 

Crotone,  II,  III,  VIII,  XII,  XXX,  XXX, 

XXXI,  21. 

Cuença  (Chr.),  123. 

Cyprieu,  ab.  de  Gerace,  167. 

Cyriaque,  cop.,  88,  89,  90,  101,  1 56. 

Cyriaque  Prasi,  cop.,  9^,  162. 

Cyrille  (S.),  3g,  40,  65,  75. 

Cyrille,  m.  de  Patras,  166. 

Cyrille,  ab.  de  Carbone,  ir. 


D 

Daniel,  cop.,  86. 

Daniel,  autre  cop.,  97,  '64. 

Demenna,  i4- 

Denys  (S.)  l'Aréopag.,  65. 

Denys  (S.)  d'Alex.,  39,  75,  76,  77. 

Denys,  m.  du  Patir,  23. 

Denys,  arch.  de  Rossano,  35. 

Denys  (Saint),  eccl.  du  Patir,  20. 

Deuterios,  tourmarque,  XVIII 

Diano,  XXIX. 

Didier,  ab.  du  Mont-Cassin,  XIX. 
Diogène  Laerce,  XXXV. 
Donus,  pape,  VI. 
Dorothée  (S.),  88,  1^. 
Dorothée,  cop.,  80 
Dosithée,  cop.,  54,  i52. 
Drosi,  14. 


"34 


INDEX  DES  NOMS  PROPRES. 


E 

Egypte,  V,  VL 

Elie(S.)  de  Tauriano,  IX,  XVII. 
Elie  (S.)  de  Reggio,  X[,  XIV,  XVI. 
Elie  (Saint-)  de  Massaniello,  XV. 
Ep arque  (Ant.),  3g. 
Ephrem  (S.),  XVII. 
Epire,  IX,  XXX. 
Episcopia,  XXIX. 
Esaro,  87. 

Etienne,  stratège,  XIII. 
Etienne,  ab.  de  Carbone,  10,  fi. 
Etienne  (Saint-),  égl.,  Messine,  14. 
Etienne  |Saint-),  église,  Palerme,  XXXI. 
Etna,  l3. 

Etymologicum  magnum,  87. 
Eugène  IV,  pape,  XXXVIII, 
Eugène  de  Palerme,  XXVI. 
Euloge  d'Alex.,  VI 
Euphémie  (Sainte-),  5. 
Eusèbe,  65. 
Euthalius,  5l,  70. 

Euthymius,  ab.  de  Carbone,  11,94?  ï6.i. 
Euthymius,  cop.,  81. 
Evriati,  voy.  Umbriatico. 

F 

Fallaqua  (J.-P.),  124. 

Fantin  (S.)  du  Mont-Mercure,  VVI,  XVII. 

Fantin  (S  )  de  Tauriano,  XI. 

Farnèse  (Card.  Ran.-),  XXXVII. 

Farnèse  (Card.  Alex.-),  40. 

Ferdinand  V,  r.  d'Espagne,  24? 

Fiescho,  év.  de  Savone,  28,  29. 

Filotetto.  m.,  19.  , 

Flavien  de  CP.,  65. 

Florence  (Concile  de),  XXVI I,  26. 

Fragala,  14. 

Francesco  di  Napoli,  128. 

Frédéric  II,  emp.,  XXVIII,  XXIX,  XXXIV, 

XXXV,  12,  14,  16,  21. 
Fulciniano,  XXVIII. 


G 

Gabriel,  m.duPatir,  23. 
Gaëte,  XVIII,  XX,  XXI,  XXII. 
Gala,  14. 

Galanti  (Dom  J.-B.),  54. 
Galateo,  XXIX. 
Galatone,  XXVIII. 


Galien,  XIX,  38. 

Gallinoto  (Andr.),  XXXVIII. 

Gallipoli,  If,  IV,  XH,  XXVIII,  95,  97, 

io5,  162,  i65. 
Gandulphus,  25. 
Gargan  (Mont-),  III,  XIX. 
Garigliano,  XXI. 
Gariopontus,  XIX. 
Gaspar  Blondus,  19. 
Gautier  Nani,  23. 
Geneocastrum,  6. 
Gênes,  I. 

Geoffroy  Malaterra,  XXVI,  5. 

Geoffroy,  év.  de  Messine,  16. 

Georges  (Légende  de  S.),  XX. 

Georges  de  CP.,  cop.  98,  166. 

Georges  de  Corcyre,  95. 

Georges,  pr.  de  Corigliano,  37. 

Georges  de  Gallipoli,  XXIX. 

Georges  Mavrogeorgios,  82,  1 53. 

Georges  Pachymère,  4r. 

Georges  Palamas,  XXXV. 

Georges  de  Syracuse,  VII. 

Georges  (Saint-)  au  Vélabre,  XXI. 

Georges  (Saint-),  casale  du  Patir,  16,  20. 

Georgilas,  stratège,  55,  1 53. 

Gerace,  II,  III,  IV,  VIII,  TX,  XII,  XIII, 

XXII,  XXV,  XXXII,  24,  25,  io5. 
Gérasime,  ab.  d'Arena,  94,  161. 
Gérasime,  ab.  de  Calamizi,  1 5g. 
Gérard,  tenancier  du  Patir,  19. 
Gesso,  14. 
Gravina,  III. 

Grégoire  (S.)  d'Agrigente,  VII,  VIII. 
Grégoire  (S.),  pape,  IV,  V,  VI. 
Grégoire  (S.),  de  Nazianze,  XVII,  XVIIT, 

XXXV,  52,  53,  55,  58,  61,  69,  79. 
Grégoire  (S.)  de  Nysse,  38,  63. 
Grégoire  V,  pape,  XXI. 
Grégoire  IX,  pape,  i3. 
Grégoire  X,  pape,  XXXIV,  22. 
Grégoire  XI,  pape,  XXXVIII. 
Grégoire  XIII,  pape,  28; 
Grégoire,  arch.  de  Rossano,  24. 
Grégoire  de  Salonique,  XXXV. 
Grimani  (Card.  D.),  27. 
Grotta-Ferrata,  XXII,   40,  42,  43,  45, 

48-5i,  62,  66,  67,  70,  93,  108,  118. 
Guardavalle,  27. 

Guaymar,  prince  de  Salerne,  XX. 
Guillaume  (Les  deux),  r.  de  Sicile,  XXVIII, 

XXXIV,  XXXV,   11,  12,    14,   19,  92> 

1^7. 

Guillaume  d'Alneto,  a3. 
Guillaume  de  Grantménil,  4,  17,  iS. 
Guillaume,  arch.  de  Reggio,  34. 
Guillaume,  év.  de  Strongoli,  $j. 


INDEX  DES  NOMS  PROPRES. 


'7 


H 

Hagia-Kiriaki,  voy.  Gerace. 

Hector,  év.  de  Paléocastro,  167. 

Hélène  (Sainte-),  casale  du  Patir,  20,  ai. 

Héliodore  (Légende  d'),  XX. 

Henri  II,  emp.,  XXIII. 

Henri  VI,  emp.,  14. 

Henri  VII,  emp.,  167. 

Henri,  év.  de  Nicastro,  17. 

Héphestion,  38. 

Hésiode,  97. 

Hiérissos,  6. 

Hiérothée,  cop.,  9.),  97,  162. 
Hilarion,  ab.  de  Carbone,  11. 
Hilarion,  ab.  de  Casole,  XXIX. 
Hilarion,  ab.  de  Grotta-Ferrata,  93,  1 59. 
Hippolytc  (S.),  J9,  7.0,  77. 
Holstenius,  41  • 

Honorius  III,  pape,  XXX,  l3,  19,  20,  35. 
Hugues,  arch.  de  Palerme,  XXXV. 

I 

Iconoclastes,  V,  79. 
Irène,  imp.,  6. 

Innocent  III,  pape,  i3,  16,  19. 
Innocent  VI,  pape,  a3. 
Innocent  XI,  pape,  4  r. 
Irnérius,  XIX. 
Isaac,  m.  du  Patir,  8. 
Isidore,  ab.,  87. 

Isola,  IX,  XII,  XXIV,  XXX,  18,  20. 
Itala  ou  Gitala,  14. 

J 

Jacques  (Liturgie  de  S.-),  XI,  5i. 

Jacques,  m.  du  Patir,  22. 

Jannina,  83. 

Jean,  m.  d'Arena,  94. 

Jean  Cantacuzène,  emp.,  XXXV. 

Jean,  pr.  de  Cassano,  34,-35, 

Jean  Chalkéopylos,  25. 

Jean  (S.)  Chrysostome,  XVII,  38,  48,  49, 

5o,  5i,  54,  55,  58,  63,69,  79, 
Jean-Chrys.  (Saint-),  couv.  j  83* 
Jean  (S.)  Climaque,  64. 
Jean,  pr.  de  Cassano,  i52. 
Jean,  év.  de  Crotone,  XXX. 
Jean,  cop.  80. 

Jean  (S.)  Damascène,  XVII,  55,  65,  70. 

Jean,  duc  de  Naples,  XX. 

Jean  Grassos,  XXIX. 

Jean  Honorius  d'Olrante,  cop.,  98. 


Jean,  év.  d'Isola,  18. 

Jean,  m.  du  Mont-Mercure,  XVI, 

Jean  Philagatus,  36,  56. 

Jean  (S.)  le  Moissonneur,  XV,  XXXIV. 

Jean  Muzalon,  XXIII. 

Jean  de  Nardo,  g5,  96,  162. 

Jean  d'Otrante,  XXIX. 

Jean  V,  pape,  VI. 

Jean  X,  pape,  XXI. 

Jean  XV,  pape,  88. 

Jean  XVI,  pape,  XXI,  XXII. 

Jean  XXII,  pape,  i3. 

Jean,  arch.  de  Rossano,  XXXI. 

Jean  de  Sainte-Maure,  cop.,  98,  124. 

Jean  de  Salisbury,  XXXIV. 

Jean  (Saint-)  de  Flore,  XXX,  21. 

Jeanne,  reine  de  Naples,  XXVII,  2j. 

Jérusalem,  VI,  XVII. 

Joachim,  cop.,  97,  164. 

Joachim  de  Flore,  XXX. 

Jordani  (Terra-),  XXXVI. 

Joseph,  ab.  de  Casole,  XXXIX. 

Joseph  l'Hymnographe,  VIII. 

Jules  III,  pape,  XXXVII,  107. 

Julien  (Saint-)  d'Isola,  20,  21. 

Justinien,  emp.,  I. 

K 

Kerufulli,  i4- 

L 

Labonia,  casale  du  Patir,  20. 
Laïno,  II. 

Lancelotti,  arch.  de  Piossano,  28. 
Landolphe,  prince  de  Capoue,  XXIII. 
Lao,  1 1. 

Lascaris  (Const.),  XXXVIII,  XXXIX,  /, 
98. 

Lascaris  (Jan.),  37. 
Latran  (Concile  de),  VII,  VIII. 
Laurent,  cop.,  94,  95,  162. 
Laurent,  m.  du  Patir,  22. 
Laurent,  autre  m.  du  Patir,  23  . 
Laurino,  XXIX. 

Lazare  (Saint-),  couv.  à  CP.,  81. 

Lecce,  II,  IV,  XXVII,  XXVIII,  io5. 

Lemaître  (Dora  J.),  45. 

Léon  Chalkéopylos,  cop.,  25,  98. 

Léon  (S.),  pape,  65. 

Léon  IX,  pape,  XXIV,  88. 

Léon,  cop.,  49,  93,  i5i,  159,  160. 

Léon,  pr.  de  Gaète,  XVIII. 

Léon,  archipr.  de  Naples,  XIX. 


INDEX  DES  NOMS  PROPRES. 


Léon  Pîlatos,  XXXV,  XXXVI. 
Léon  III,  euip.,  V,  VIII,  XI. 
Léon  VI,  emp.,  XI. 
Léon,  stratège,  64. 
Léon  (Saint-),  égl.,  Messine,  14. 
Léonee,  m.,  92,  1 58. 
Léonce,  cop.,  55. 
Léonce,  autre  cop.,  94,,  160. 
Leone  (San-),  XXX. 
Leuca,  XIII,  106. 
Leucopetra,  XXXII. 
Liber  censuurn,  XXXIII,  6,  26. 
Liber  pontificalis . 
Liber  taxarurn,  26,  107. 
Liriano  (Jérôme),  107. 
Liscari,  ab.  de  Carra,  114. 
Locres,  voy.  Gerace. 
Lombards,  I,  II,  VIII,  XVIII,  XIX. 
Loritelli,  16. 
Louis  II,  emp.,  XX. 
Louis  de  Tarente,  23. 
Luc  (Madones  de  S.-),  7,  • 
Luc  (S.)  d'Armento,  XV,  XVII,  10. 
Luc  (S.)  de  Carbone,  10. 
Luc,  ab.  de  Carbone,  11. 
Luc  (S.)  de  Corleone,  XIV. 
Luc,  arch.  de  Cosenza,  20,  21. 
Luc,  ab.  du  Mont-Mercure,  88,  i56. 
Luc,  ab.  du  Patir,  9,  16,  18,  24,  25. 
Luc,  ab.  du  Saint-Sauveur,  9,  38,  92,  93, 
i58. 

Luc,  cop.,  87,  1 55. 
Lue,  autre  cop.,  94,  161. 
Luitprand,  év.  de  Crémone,  XXIII. 
Lupus,  catapan,  XVIII. 
Lupus  Protospatha,  XXIII,  33. 

M 

Mabilia  (Comtesse),  17,  18.  \ 
Macarius  Magnes,  37,  38. 
Macarios,  cop.,  93,  139. 
Macedones,  X. 
Maglie,  XXVIII. 
Maïda,  XXX. 

Maléinoi,XI,  XXXI,  6,  19,24,  34,  35,  61. 

Malvito,  87,  88,  90,  101,  l56> 

Manfred,  XXXV. 

Manuel  Ier,  emp.,  92,  1 5 7, 

Manuel,  patrice,  88,  89,  1 57 . 

Maratea,  XXIX. 

Marc  (Liturgie  de  S.-),  XI,  39,  5l,  75. 
Marc-Aurèle,  emp.,  41. 
Marc  d'Otrante,  XII,  XXIX. 
Marc  (Saint-),  égl.  à  Rossano,  XII. 
Marchisottus,  21. 


Marcianos,  m.  de  Vallelucio,  88,  157. 
Marco  (San-),  XXIV,  27,  88. 
Marguerite,  reine  de  Naples,  14. 
Marie  (Légende  de  Ste-)  l'Égyptienne,  XX. 
Marie  (Sainte-),  eccl.  du  Patir,  20. 
Marie  (Sainte-)  in  Cosmedin,  Naples,  XVIII. 
Marie  (Sainte-)  in  Cosmedin,  Rome,  XXI. 
Marie  (Sainte-)   de  Dionisio,  égl.,  Bari, 
XVIII. 

Marinus,  duc  de  Naples,  XX. 

Marsico,  1  l . 

Martin  Ier,  pape,  VII. 

Martin  IV,  pape,  i3,  22. 

Martin,  roi  de  Naples,  i5. 

Maitorana  (La),  Païenne,  XXXIV. 

Matera,  III. 

Mathieu  de  Castellamare,  XXXVI. 
Maur  (Saint-),  cas.  du  Patir,  16,  18. 
Maurice,  emp.,  VI. 
Mavrogeorgios,  59. 
Mavropantaleo,  XIX. 
Mavrozicos,  XIII. 

Maxime  (S  ),  VI,  55,  69,  70,  88,  i56. 
Médicis  (Laur.  de),  37. 
Melfi,  II,  XXIII,  XXIV,  XXV. 
Mélo,  XXIII. 

Mendoza  (Bernard,  de),  29,  123. 
Mennas  (S.),  VI. 

Mennas  (Saint-),  égl.,  Rome,  XXI. 
Mennas,  ab.  de  Carbone,  10. 
Menniti  (Dom  Pierre),  10,  12,  40-46. 
Mercure  (Mont.-),  XV,  XVI,  XVII. 
Messine,   VIII,    XI,    XXXV,  XXXVIII, 

XXXIX,  9,  10,  i3-i5,  16,  18,  24,  87,  88, 

92,  93,  96,  97,  98,  io5,  166. 
Métaphraste,  79. 
Méthodius,  m.,  i5. 
Mezzabarba,  102,  i63. 
Michel  IV,  emp.,  33. 
Michel  VII,  emp.,  XXVI. 
Michel,  catnerariusy  21.  . 
Michel,  catapan,  XIII. 
Michel  Cérulaire,  XXIV. 
Milazzo,XIV,  14. 

Mileto,  XXIV,  XXXII,  5,  8,  18,  94,  106, 

107.  v*»  ■•"  -  !  >':*  ù». 

Mili,  88. 

Militino,  3,  54,  117. 
Mingara,  XXIX. 
Miranti  (Jean),  5g. 
Monforte,  14. 
Montesano,  XXIX. 
Montesardo,  38. 
Montfaucon,  45,  78,  128. 
Montreale,  i5. 

Morée,  97,  98. 

Muratori;  44>  45.    -  ' 


■ 


INDEX  DES  NOMS  PROPRES. 


177 


N 

Naples,  I,  VII,  XVIII,  XIX,  XX,  1,  ia, 

i5,  19,  98. 
Nardo,  XXVIII,  95,  106,  162. 
Naucratios,  m.,  88,  i5"]. 
Nectarios,  cop.,  97,  i65. 
Nectarios,  ab.  de  Casole,  XXIX,  9. 
Nectarios,  m.  du  Patir,  22. 
Némésius,  XIX. 
Néophyte,  ab.  de  Gerace,  167. 
Néophyte,  cop.,  88,  i57- 
Néophyte,  m.  du  Patir,  22. 
Néophyte,  m.  de  Scilla,  16. 
Nestoriens,  VI. 

Nestorius,  ab.  du  Patir,  19,  24. 
Nicastro,  IX,  XII,  XXIV,  XXX,  17. 
Nicée  (Concile  de),  VII,  VIII. 
Nicéphore  Botoniate,  XXVI. 
Nicéphore,  chron.,  33. 
Nicéphore,  m.  du  Patir,  23. 
Nicéphore  Phocas,  XX,  XXI,  XXIII. 
Nicétas,  38. 

Nicétas  de  Serres,  37,  48,  49,  69. 
Nicodème,  ab.  de  Casole,  g5,  162. 
Nicodème,  ab.  de  Mili,  92,  1 58. 
Nicodème,  ab.  du  Patir,  20,  24. 
Nicodème,  m.  du  Patir,  22,  23,  47. 
Nicolas  (Légende  de  S.),  XX. 
Nicolas,  ab.  de  Casole,  XXIX. 
Nicolas,  cop.,  97,  i65 
Nicolas,  autre  cop.,  98. 
Nicolas,  autre  cop.,  86. 
Nicolas,  autre  cop.,  97,  i65. 
Nicolas,  pr.  de  Cassano,  i5l. 
Nicolas,  év.  de  Cotrone,  XXXI. 
Nicolas  d'Otrante,  io3,  164. 
Nicolas,  primicier,  81. 
Nicolas  IV,  pape,  i3. 
Nicolas,  arch.  de  Reggio,  XII,  87,  1 55. 
Nicolas  (Saint-),  eccl.  du  Patir,  20,  22. 
Nicolas  (Saint-)  des  Grecs,  égl.,  Altamura, 
XXXVII. 

Nicolas  (Saint-)  des  Grecs,  égl.,  Bari,  XVIII. 
Nicolas  (Saint-)  des  Grecs,  égl.,Bénévent, 

XVIII. 
Nicon,  m.,  XIII. 
Nicon  (Saint-),  XIV,  i4. 
Nicotera,  II,  IV,  IX,  XXXII,  IL. 
Nil  (S.),  XVI,  XVII,  XVIII,  XXI,  XXII, 

XXIII,  2,  3,  9,  46,  88. 
Nil,  ab.  de  Carbone,  11. 
Nil,  cop.,  5l. 

Nil,  autre  cop.,  88,  90,  107- 
Nil  Doxapatri,  XVIIf,  XXVI,  93. 


Nil,  m.  du  Patir,  22. 
Nil,  autre  m.  du  Patir,  23. 
Nimphus,  ab.  du  Patir,  21,  24,  95. 
Niphon,  m.  de  Calovito,  g5. 
Niphon,  ab.  de  Reggio,  86. 
Niphon,  cop.,  97,  i65. 
Noa,  XV. 

Noël,  39,  40,  75-77. 
Noha,  XXVIII. 
Noto,  157. 

o 

Ofanto,  II,  III. 

Onufre  (Saint-),  égl.,  20. 

Oppido,  XXV,  XXXII,  25. 

Oria,  II,  XXII. 

Oriolo,XXIX. 

Otrante,  II,  III,  IV,  VIII,  XXXIII,  XXXIV, 

XXXVII,  97,  98,  106,  164. 
Otton  Ier,  emp.,  XX,  XXI. 
Otton  II,  emp.,  XV,  XXI,  88. 
Otton  III,  emp.,  XXI,  XXII, 
Oursoulos,  tourmarque,  XIII. 

P 

Pacôme,  ab.de  Stilo,93,  160. 
Pacôme,  cop.,  55,  i52. 
Padoue,  XXXV. 
Paëz  de  Castro,  37,  3g. 
Paléocastro,  IX,    XII,    XXV,  XXXII, 
167. 

Paléologues,  XXXI. 

Palerme,  VI,  VIII,  IX,  XXVI,  XXVII, 

XXXI,  XXXIV,  4,  11,  106. 
Palladius,  64,  70. 

Pancrace  (Saint-),  eccl.  du  Patir,  20. 

Paphlagonie,  XIII. 

Paphnuce,  ab.  d'Areua,  94,  161 . 

Paris  (Université  de),  XXXV. 

Pascal  II,  pape,  6,  16,  20,  60,  61 ,  164. 

Patras,  IX,  XIV,  166. 

Patù,  XXVIII. 

Paul,  ab.  de  Carra,  55,  94,  i52. 

Paul  (Saint-)  hors-les-murs,  XIX. 

Paul,  cop.,  92,  1 58. 

Paul,  autre  cop-,  96. 

Paul  Diacre,  II. 

Paul,  cl.  de  Naples,  XX. 

Paul,  arch.  de  Rossano,  i63. 

Paul,  ab.  de  Saint-Adrien,  166. 

Paul  II,  pape,  19. 

Paul,  al>.  d'Arena,  161. 

Paul,  ab.  de  Carra,  161. 


12 


178 


INDEX  DES  NOMS  PROPRES. 


Paul,  ab.  du  Patir,  22,  24. 
Paul,  m.  du  Patir,  23. 
Paul  de  Samosate,  3g,  75-77. 
Péloponèse,  IX. 
Pentedattilo,  XXXII,  93. 
Perruccio  (Jean),  68. 
Perses,  VI. 
Pertoso,  12. 

Pétrarque,  XXXV,  XXXVI. 

Petrucci  (Ant.),  23. 

Pierre,  négociant  d'Alexandrie,  VI. 

Philippe  II,  roi  d'Espagne,  27,  37. 

Photius,  VII,  4- 

Pie  II,  pape,  XXXVIII. 

Pie  VI,  pape,  46. 

Pierre  (Liturgie  de  S.-),  XI,  5l. 

Pierre  (S.),  év.  d'Argos,  IX. 

Pierre,  cop.,  83. 

Pierre  de  Sicile,  VIII. 

Pierre  de  Strongoli,  21. 

Pierre  des  Vignes,  XXXIV. 

Pierre  (Saint-),  égl. ,  Corigliano,  16. 

Pierre  (Saint-),  égl. ,  Policoro,  12. 

Pietro  (San-)  in   Galatina,  XXVIII,  g5, 

97,  162,  i65. 
Platon,  XXXIV. 
Policastro,  II,  XXIX,  106. 
Policoro,  12. 
Polidoro  (Pierre),  95. 
Praxitano,  108. 
Polieucte  (S.),  70. 
Porphyre,  95. 

Proclus,  m.  du  Mont-Mercure,  XVII. 
Procope,  IV. 
Psellus,  97,  i65. 

o 

Quintus  de  Smyrne,  XXXIX. 

R 

Racanello,  23. 
Radelgis,  XVIII. 
Rametta,  88,  90,  157. 
Randa  (Ant.),  117, 
Raparo,  XV,  II,  12. 
Rapolla,  XV. 
Ravenne,  I,  IV. 

Raynald,  arch.  de  Tarente,  XXVIII. 
Reggio,  II,  IV,  VII,  IX,  XI,  XIV,  XXII, 

XXIV,  XXXI,  XXXII,  i5,  85,  86,  87, 

90,  93,  96,  106,  159,  160. 
Rende  (Dom  M.),  1,17,  24,  3o. 
Rivello,  XXIX. 
Rhosos  (Jean),  cop.  98. 


Robert  Guiscard,  XXVI,  2,  il,  12,  17, 
18. 

Robert  Grosseteste,  XXXIV. 
Robert  le  Sénéchal,  11. 
Robert,  év.  d'Umbriatico,  19. 
Robert,  cop.,  92,  i58. 
Robert,  autre  cop.,  97. 
Rocca  Felluca,  XXX. 
Rocca  di  Santa-Severina,  18. 
Roccelletta,  XII,  XXXIII. 
Rofrano,  XXIX. 

Roger,  comte,  XXIV,  XXV,  2,4,5,  14,  i5. 
Roger,  roi,  XXVI-XXVIII,  XXXI,  4,  8, 

9,  n-19,  25,  35,  94,  161. 
Roger  de  Durci,  19. 
Roger  de  Sangineto,  23. 
Roger,  arch.  de  Santa-Severina,  22. 
Romania,  XIX,  XXVI. 
Romain,  emp.,  33. 
Romain,  cop.,  102,  l63. 
Romain,  m.  du  Patir,  22. 
Romain,  autre  m.  du  Patir,  23. 
Romain,  arch.  de  Rossano,  XIII,  35. 
Rome,  I,   IV,  V,  VI,  VII,  XIV,  XVI, 

XVII,  XXI,  XXII,  XXVII,  6,  8,  12,  29, 

29,  37,40,41,  45,  78. 
Rossi  (Dom  Jean),  ab.  du  Patir,  68. 
Rotondo,  12. 

Ruffo,  ab.  de  l'ordre  de  S. -Basile,  29. 
Ruffo  (Dom  Jean),  m.  du  Patir,  54- 
Rossano,  II,  IV,  VIII,  XI,  XII,  XIII, 
XVI,  XXI,  XXIII,  XXV,  XXX-XXXII, 
2,  3,  4,  6,  9,  11,  16,  18,  20, 
22,  23,  24,  27,  28,  29,  35,  42,  44, 
52,  53,  54,  57,  59,  64,  68,  95,  99,  102, 
106,  116,  117,  i63. 

S 

Sabinus,  cl.  de  Rome,  IV. 
Sages  (Roman  des  Sept-),  XX. 
Saintes  (Cl.  de),  39. 

Salerne,    II,  XVIII,  XIX,  XX,  XXIX. 

11,88. 
Salomon,  cop.,  92,  157. 
Salonique,  XVII,  XXXV. 
Santorio  (Paul-Em.),  10. 
Sanza,  XXIX. 
Sapri,  XXIX. 

Sarrasins,  III,  VII,  VIII,  IX,  XIV,  XV, 

XXII,  XXIII,  88. 
Sassano,  XXIX. 

Sauveur  (Saint-),  eccl.  du  Patir,  20. 
Scala-Oliveri,  14. 
Scanzano,  12. 


INDEX  DES  NOMS  PROPRES. 


79 


Scarfb  (Dom  J.-C),  44,  45- 
Scilla,  i5. 

Scioramari  (Dom  B.),  3o. 

Scorso  (Fr.),  36. 

Seminara,  XXXH,  XXXV,  44. 

Sergius,  pape,  VI. 

Serrapotamo,  10. 

Senise,  12. 

Severina  (Santa-),  IX,  XII,  XXIV,  XXX, 

XXXIV,  22. 

Severino  (Bern.  de  San-),  24. 
Siacca,  14. 
Sibari,  32. 
Siginulfe,  XVIII. 
Sila,  II,  XXX,  3,  21,  3l. 
Silvestre  (Saint-),  couv.  à  Rome,  92. 
Siméon  (S.)  de  Chios,  57,  l53. 
Siméon  (S.)  Stylite,  92. 
Siméon  (Saint-\  égl. ,  Bari,  1 1,  12. 
Siméon,  év.  de  Gerace,  XXXIII. 
Siméon  Boulcaramos,  92,  1 58. 
Siméon,  cop.,  67,  1 54* 
Siméon,  autre  cop.,  g3. 
Siméon,  autre  cop..  87,  1 56. 
Siméon,  autre  cop.,  94,  160. 
Simeri,  XXX,  1,  3. 
Sinaï,  XVII. 
Sinni,  10,  II. 
Sirgivanni  (Dom  J.),  42, 
Sirleto  (Card.  G.),  2,  17,  18,  19,  39,  40, 
64,65. 

Sixte  IV,  pape,  XXIX,  12,  l3. 

Sixte-Quint,  pape,  72. 

Soleto,  XXVII,  XXXVII,  97. 

Sophronius,  3g. 

Sorrente,  XX. 

Sottano  (André),  92. 

Souabes,  XXXVI,  12,  14. 

Spatafora  (Annibal),  92. 

Squillace,  II,  IV,  V,  VIII,  XII,  XXIV, 

XXV,  XXXII,  XXXIII,  27,  106. 
Squillacium  vêtus,  XII,  XXXIII. 
Staletti,  XXXIII. 
Stefano  (San-),  XXVIII. 
Stilo,  XII,    XXI,  XXV,  XXXI,  XXXII, 

XXXIII,  27,  44,  95,  107. 
Stoudion,  XVII,  80,  81. 
Strabon,  62. 
Strongoli,  21 . 

Syracuse,  IV,  VII,  VIII,  IX. 
Syrie,  V,  VI,  XXVIII. 

T 

Taberna,  XXIX,  94,  99,  i53,  161. 
Tancrède,  XXXI,  i2.  ' 


Taormina,  VII,  VIII,  IX,  XXXI,  87,  90. 

Tarasius  de  CP.,  VII. 

Tarente,  II,  III,  VII,  VIII,  XIII,  XXIV, 

XXV,  XXVII,  XXIX,  108. 
Tauriano,  II,  IV,  VIII,  IX,  XI,  XVII. 
Taurisano,  XXVIII. 
Teana,  12. 
Tempsa,  II. 

Terracina  (Dom  Marcel-),  107,  n5. 
Terrisius,  év.  de  Cassano,  21. 
Thalassium  [Quœstiones  ad-),  63. 
Théobald,  ab.  du  Mont-Cassin,  91. 
Théoctiste,  év.  de  Rossano,  64,  l54- 
Théodoli  (Laur.),  92. 
Théodore  (S.),  pape,  VI. 
Théodore  (S.)  Stoudite,  XVII,  64,  70,  94. 
Théodore,  pr.  de  Cassano,  i5l. 
Théodore,  ab.  du  Patir,  23,  24, 
Théodore,  év.  de  Squillace,  XXIV. 
Théodore,  cop.,  64. 
Théodore,  autre  cop.  87,  1 55. 
Théodoret,  XVII,  5o,  70. 
Théognoste,  m.  de  Vallelucio,  88,  157. 
Théophane  Cérameus,  arch.  de  Rossano, 

XXXI,  9,  35,36. 
Théophano,  imp.  d'Ail.,  XXI. 
Théophylacte,  94. 
Thomas,  bourg,  de  Rossano,  56. 
Thomas,  cop.,  66,  67. 
Tiriolo,  XXII,  XXX. 
Timothée,  ab.  du  Stoudion,  80. 
Torraca,  XXIX. 
Torres  (Fr.),  3g,  76. 
Toscani,  bourg,  de  Rossano,  29. 
Toscano  (Nil.),  m.  du  Patir,  68. 
Traîna,  14,  93,  159. 
Trani,  XVIlî. 
Trecchina,  XXIX. 
Tricarico,  III. 
Troia,  III,  XXIII. 

Tropea,  II,  IV,  VIII,  IX,  XXIV,  XXXII, 

94. 

Tryphiodore,  38. 
Tuchi,  XXXIII,  14,  i5. 
Tursi,  III. 

Tusculum,  XXII,  106. 
Tzetzes,  97. 


u 


Umbriatico,  IX,  XII,  XXIV,    XXX,  14, 

Urbain  V,  pape,  XXXVII. 

Urbain  VI,  pape,  XXXVII,  i3,  87. 

Urbain  VIII,  pape,  41. 


i8o 


INDEX  DES  NOMS  PROPRES. 


V 

Vaste,  XXVIII. 
Vallelucio,  88,  90. 
Verchio  (Dom  J.-C.),52. 
Venise,  X,  XXXVIII,  XXXIX,  39. 
Venosa,  XXV. 

Vibo,  II,  IV,  VIII,  IX,  XXXII. 
Victor  (S.),  ab.  de  Casole,  XXIX. 
Violante  (Jules),  110. 


Virgile  (Légende  de),  XX. 
Vital  (S.),  XV,  XVI. 
Vital,  ab.  de  Carbone,  11. 
Vitali  (Dom  J.),  46,  72. 
Vossius  (Isaac),  76. 

z 

Zacharie  (S.),  XVI. 
Zelada  (Card.de),  46. 
ZolHno,  XXVIII. 


MONASTÈRES  BASILIENS 


Saint-Adrien,  Rossaao,  XIII,  XXV,  XXXI, 

44,  108,  114,  116,  117, 166. 
Saint-Ananias,  Orioli,  XIII. 
Saiut-André,  Gerace,  XIII. 
Saint-André,  Rotondo,  12. 
Saint- Antoine  de  lo  Carnpo,  112,  116. 
Saint-Barbaros,  Demenna,  14. 
Saint-Barthélemy,  Tarente,  12. 
Saint-Barthélemy,  Trigona,  XXXIII,  36, 

44,  106,  108,  1 1 5 ,  1 16,  166. 
Saint-Barthélemy  le  vieux,  111. 
Saint-Basile,  Scamardi,  44,  107,  li3. 
Saint-Basile,  Reggio,  m. 
Saiut-Basile,  Traîna,  14. 
Saint-Basile  de  Temuento,  106. 
Saint-Biaise,  Mammola,    XXXIII,     11 3. 

116. 

Saint-Basile  délia  Torre,  1  r 5. 
Saint-Conon,  14. 
Saint-Conon  de  Muro,  m,  n5. 
Saint-Constantin,  Isola,  XXX. 
Saint-Elie  de  Calatio,  XXXIII,  106. 
Saint-Elie,  Carbone,   XXXI,    n-i3,  i5, 

17,  26,  42,  43,  44,  94,  9.5,  96,  105, 

1 16,  120. 
Saint-Elie  de  Embola,  14  • 
Saint-Elie-le-Jeune,  voy  Saint-Philarète, 

Seminara. 
Saint-Elie,  Melicucca,  XXXIII,  1 16. 
Saint-Elie,  Galatrano,  108,  1 1 5. 
Saint-Elie,  Scala-Oliveri,  14. 
Saint-Elie  de  Spelunca,  110,  II 5. 
Saint-Etienne,  Umbriatico,  19. 
Saint-Fantin,  Bova,  112,  116. 
Saint-Fantin,  Seminara,  XXXIII,  i5,  uo, 

Il5. 

Saint-Georges  de  Piscopio,  XXV. 
Saint-Georges,  Siacca,  14. 
Saint-Georges,  Troclo,  14. 
Saint-Grégoire,  Gesso,  14,  io5. 


Saint-Grégoire,    Staletti,  XXXIII,  108, 

1 1 3,  116. 
Saint-Jacques  de  Cala,  14. 
Saint-Jean,  Calovito,  XXXI,  117. 
Saint-Jean,  Castaneto,  XXXIII,  106,  m, 

n5,  1 16. 

Saint-Jean  in  Motta,  Reggio,  86,93,  112, 
116. 

Saint-Jean,  Frulizano,  i4- 

Saint-Jean  de  Lauro,  XXXIII,    l5,  108, 

1 10,  1 1 5. 
Saint-Jean,  Piro,  XXIX,  42,  106. 
Saint-Jean  de  Psichro,  14. 
Saint-Jean,   Stilo,  XXXIII,  43,  44,  93, 

94,  96,  102,  107,  u5,  160. 
Saint-Julien,  XV. 

Saint-Laurent, Arena,  XXXIII,  116. 
Saint-Léon,  Gerace,  XIII. 
Saint-Léonce,  Stilo,  XIII. 
Saint-Léonard,  Catanzaro,  107,  114»  1 16. 
Saint-Martin  de  la  Messa,  III,  Il5. 
Saint-Maur,  Gallipoli,  XXVIII,  Iû5. 
Saint-Mennas,  Rossano,  XII. 
Saint-Mercure,  Traîna,  14. 
Saint-Michel,  Brolo,  14,  106. 
Saint-Michel,  Castronuovo,  12. 
Saint-Michel,  Maida,  114. 
Saint-Michel,  Raparo,  12. 
Saint-Michel,  Tiriolo,  114,  116. 
Saint-Michel,  Traîna,  106. 
Saint-Michel,  Vallelucio,  XVIII,  88,  167. 
Saint-Michel,  Tuchi,  XXXIII,  ni,  116. 
Saint-Nicandre,  Messine,  14. 
Saint-Nicandre,  Santo-Nico,  14,  i5. 
Saint-Nicodème,  Galalro,  il 5. 
Saint-Nicodème,  Mammola,  XXXIII,  44» 

107,  1 13,  1  16. 
Saint-Nicolas,  Bruxitano,  Il 5,  116. 
Saint-Nicolas,  Calamizi,  XXVIII,  XXXIII, 

14,  i5,  27,  108,  ni,  1 1 5. 


l82 


MONASTÈRE 


S  B A SILIENS. 


Saint-Nicolas,    Casole,    XXVIII,  XXIX, 

95,  97,  106,  125,  162,  164,  i65. 
Saint-Nicolas,  Drosi,  XXXIII,  14,  i5. 
Saint-Nicolas  de  Flagiario,  XXX. 
Saint-Nicolas  de  la  Fico,  97,  106,  i65. 
Saint-Nicolas  de  Magliotis,  XXXIII,  ro8. 

.i3,  116. 
Saint-Nicolas  de  Molochi,  110,  1 1 5. 
Saint-Nicolas,  Monopoli,  XIII. 
Saint-Nicolas,  Morban,  XXV. 
Saint-Nicolas,  Tauriano,  Il5. 
Saint-Nicolas  de  Pellera,  14. 
Saint-Nicolas  de  Pergolis,  io5. 
Saint-Nicolas,  Pertoso,  12. 
Saint-Nicolas  de  Prato,  11 3,  116. 
Saint-Nicolas,  Senise,  12. 
Saint-Nicolas  de  Yse,  14. 
Saint-Onuphre  del  Chao,  XXXIII,  43,  116. 
Saint-Pancrace,  Scilla,  XXXIII,  i5,  16. 
Saint-Pancrace,  Umbriatico,  14. 
Saint-Pantaléon,  Gerace,  Ii3,  116. 
Saint-Pantaléon,  Messine,  108. 
Saint-Philarète,  Seminara,   XXXIII,  28, 

43,  98,  108,  110,  1 15,  116,  124. 
Saint-Philippe,  Fragalà,  14,  106. 
Saint-Philippe,  Gerace,  XXXIII,  11 3,  116, 

167. 

Saint-Philippe,  Messine,  14. 
Saint-Philippe  de  Mirrisii,  112,  116. 
Saint- Philippe,  San-Chirico,  12. 
Saint-Philippe,  Teana,  12. 
Saint-Pierre,  Agro,  14,  io5,  143. 
Saint-Pierre,  Arena,  XXXIII,  42,  44,  94, 

96,  109,  n5,  116,  123,  164. 
Saint-Pierre,  Bragalla,  XXV. 
Saints-Pierre-et-Paul,  Ciano,  XXXIII. 
Saint-Pierre  de  Deca,  14. 
Saints-Pierre-et-Paul,  Itala,  14,  43,  io5, 

106,  128,  143. 
Saint-Pierre  de  largo  flumine,  14. 
Saint-Pierre  Impérial,  Tarente,  XIII,  XXV, 

XXVII. 

Saints-Pierre-et-André,  Tarente,  XXVIII, 
106. 

Santi-Quaranta,  Cerchiara,  12. 
Santi-Quaranta,  Reggio,  III,  il 5. 
Saint-Sauveur,  Bordonaro,  106. 
Saint-Sauveur  de  Calamano,  XXXIII,  108, 
m,  1 1 5. 

Saint-Sauveur  de  Calanda,  m,  11 5. 
Saint-Sauveur  de  la  Chilena,  108,  n5. 
Saint-Sauveur,  Messine,  XXVIII,  XXXI,  9, 
i3-l5,  26,  38,  42,  43,  45,  70,  9a,  93, 

97,  io5,  128,  164. 


Saint-Sauveur,  Païenne,  4,  126. 
Saint-Sauveur  de  Plaga,  14,  io5. 
Saint-Sauveur  Scholarii,  14. 
Saint-Théodore,  Milazzo,  14. 
Saint-Théodore,  Nicotera,  14. 
Saint-Vit,  Buzzano,  14. 
Saint-Vit       Pizzo,  XXVIII,  106. 
Saint-Zacharie,  Mont-Mercure,  88. 
Sainte-Anastasie,  Reggio,  ni,  n5. 
Sninte-Anne,  Gerace,  Ii3,  116. 
Sainte-Anne,  Monforte,  i4. 
Sainte-Catherine,  Bova,  112,  116. 
Sainte-Catherine,  Motta-Felluca,  114,  116. 
Sainte-Dominica  de  Galligo,  m  u5. 
Sainte-Fébronie,  m,u5. 
Sainte-Jérusalem,  14. 
Sainte-Marie,  Calzano,  XXVIII,  106. 
Sainte-Marie   de    Cantatsedri,  XXVIII, 
106. 

Sainte-Marie,  Carra,  XXXIII,  27,  55,  94, 

96,  99,  108,  112,  l52. 
Sainte-Marie,  Cerchiara,  12. 
Sainte-Marie  de  Ferratis,  XXXVIII,  io5. 
Sainte-Marie,  Gala,  XXXIII,  14. 
Sainte-Marie  de  Grotta,  Palerme,  106. 
Sainte-Marie  de  Kur  Zosi?>w,  XIII,  XXV. 
Sainte-Marie  de  Lovito,  XXVIII,  109,  1 1 5- 
Sainte-Marie  de  Mallimachi,  14. 
Sainte-Marie  de  Mandanice,  106- 
Sainte-Marie  de  Massa,  14. 
Sainte-Marie  de  Matinea,  n3,  116. 
Sainte-Marie,  Melicucca,  43,  ï  1 5. 
Sainte-Marie,  Mili,  96,  106. 
Sainte-Marie  de  Molochiy  108,  il 5. 
Sainte-Marie  de  Pertusia,  XXV. 
Sainte-Marie  de  Pergolis,  112,  116. 
Sainte-Marie  Montis-Arati,  XIII. 
Sainte-Marie  de  Pesaca,  114,  116. 
Sainte-Marie  de  Popsi,  XXXIII,  io5. 
Sainte-Marie,  Rofrano,  XXIX. 
Sainte-Marie,   Rovito,  XXXIII,  43,  u6. 
Sainte-Marie,  Scalito,  18,  20,  3o,  43. 
Sainte-Marie,  Scanzano,  12. 
Sainte-Marie,  Tireto,    XXXII,  XXXIII, 

107,  108,  112,  116. 
Sanite-Marie  de  Toxa,  110,  11 5. 
Sainte-Marie,  Trapezometa,  XXXIII,  43, 

112,  116. 

Sainte-Marie  de  Tridetti,  112,  116. 
Sainte-Marie,  Trigona,  110,  n5. 
Sainte-Marie  de  vetere  Squillacio,  XXXIII, 

113,  116. 
Sainte-Marie  de  vitis,  XXIX. 
Santa-Venere,  1 16. 


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9,  rue  de  Fleurus,  9 


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